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En Allemagne, les opposants d’Erdogan vivent dans la crainte


En Allemagne, les opposants d’Erdogan vivent dans la crainte

Après la tentative du coup d’Etat, les sympathisants de Gülen à Berlin sont la cible des partisans d’Erdogan

Lorsque Ercan Karakoyun se rend dans un restaurant de Kreuzberg ou de Neukölln, les arrondissements de Berlin avec une importante population immigrée, il ne s’assoit jamais dos à la porte. Lorsqu’il quitte le restaurant, il regarde à gauche et à droite pour s’assurer que personne ne l’attend. Il a même arrêté de fréquenter les mosquées turques par crainte d’être attaqué. Telle est la nouvelle réalité pour ceux qui critiquent le gouvernement turc, même dans la capitale allemande.

M. Karakoyun, qui dirige la fondation pour le dialogue et l’éducation en Allemagne, est le représentant officiel du mouvement Hizmet identifié comme étant proche de l’ex-imam Fethullah Gülen, accusé par le président turc Recep Tayyip Erdogan d’avoir initié le coup d’Etat de juillet dernier.

La fondation – qui nie fermement les allégations d’Ankara – opère en Allemagne au sein de 150 centres de soutien scolaire, 30 écoles et quelque 15 espaces de dialogue inter-religieux, soutenus par 100.000 germano-turcs – qui sont maintenant devenus une cible pour les partisans de M. Erdogan.

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« Nous recevons des menaces de mort, nos institutions sont attaquées, on y jette des pierres, on y dessine des graffitis », raconte M. Karakoyun à i24news. Lui aussi a reçu des menaces de mort, notamment de la part d’anciens camarades de classe, ou encore d’amis.

« Les gens trouvent maintenant leurs noms sur des listes envoyées sur WhatsApp à des personnes différentes, qui les désignent comme des sympathisants du mouvement Hizmet, et les incitent à les boycotter. C’est très alarmant et les gens ont peur », ajoute-t-il. La police a lancé des dizaines d’enquêtes, mais aucune arrestation n’a été faite à ce jour, et les auteurs sont encore dans la nature.

Polina Garaev/ i24news

Polina Garaev/ i24news « Ercan Karakoyun »

La communauté germano-turque a toujours été divisée, avec des rivalités entre les partisans conservateurs d’Erdogan, les modérés religieux de Hizmet, et les Kurdes et les kémalistes (adhérents aux réformes laïques effectués au début du 20ème siècle par Mustafa Kemal Ataturk). « Mais nous n’avons jamais fait face à quelque chose comme ça en Allemagne », souligne M. Karakoyun.

Les tensions entre les opposants du président turc et ses partisans se sont aussi intensifiées ces derniers mois en Belgique et aux Pays-Bas, qui abritent également une importante minorité turque. Mais l’Allemagne avec une communauté forte de trois millions de Turcs (la plus grande hors de la Turquie) est devenue la principale zone sensible.

Les menaces proférées contre les adeptes du mouvement Hizmet peuvent facilement constituer un crime de haine, affirme le chef allemand du mouvement. « Tout simplement parce que si vous épelez le nom Gülen, vous êtes considérés comme un terroriste, ce qui est absurde. Les gens ici n’ont rien à voir avec le coup d’État. Je ne pense même pas que les personnes appartenant au mouvement Hizmet en Turquie aient quelque chose à y voir, sans parler d’un propriétaire d’un supermarché du quartier de Kreuzberg de Berlin ».

« Mais les persécutions dont ils sont victimes depuis le coup manqué rebute même des résidents allemands à nouer un contact avec l’association, entravant ainsi les efforts du mouvement pour créer le dialogue et faciliter l’intégration », affirme M. Karakoyun.

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« Nous voulons juste éviter les confrontations. Nous disons à nos sympathisants de se rendre à des mosquées bosniaques ou arabes à la place des mosquées turques, juste pour éviter les provocations », ajoute-t-il.

Un tel comportement est la principale raison pour laquelle aucun incident violent significatif n’a été enregistré à ce jour, mais avec les rapports des médias selon lesquels les services de renseignements turcs opère en Allemagne, le spectre d’une escalade de la violence se fait de plus en plus pressant.

Ozan Kose (AFP/File)

Ozan Kose (AFP/File) « Pro-Erdogan supporter walks on a poster picturing US-based preacher Fethullah Gulen during a rally at Taksim square in Istanbul on July 18, 2016 following the military failed coup attempt of July 15 »

De nombreux sympathisants du mouvement Hizmet cherchent à obtenir la citoyenneté allemande, quitte à abandonner la leur, estimant que résider sur le sol allemand les protégerait s’ils visitent la Turquie.

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« Cette démarche est également en grande partie motivée par l’envie », fait valoir M. Karakoyun. « Alors que la majorité des Turcs en Allemagne sont conservateurs et peu instruits, les membres Hizmet représentent une nouvelle classe moyenne germano-turque bien intégrée », précise-t-il.

« Mais le débordement du conflit turc met en danger tout cela – non seulement en faisant le jeu de l’extrême-droite qui se demande comment les migrants peuvent être autorisés à ‘mener à bien leurs combats dans nos rues’, mais même chez les politiques allemands, y compris la chancelière Angela Merkel, qui se questionnent pour savoir si cela reflète un manque de loyauté des germano-turcs envers leur nouvelle maison », s’inquiète-t-il.

M. Karakoyun rejette ces allégations. Pour lui, il s’agit davantage d’un problème d’intégration que d’allégeance.

« Ils [les partisans d’Erdogan] ne comprennent pas ce qu’est la démocratie et ce que les droits humains signifient vraiment. Lors d’une manifestation à Cologne après le coup d’Etat, 30.000 Turcs criaient en faveur de la peine de mort et soutenaient de facto un dictateur qui interdit toutes sortes de manifestations dans son pays ».

« Erdogan tente également d’instrumentaliser les institutions turques en Allemagne et de diffuser la propagande en son nom, dans l’espoir d’influencer la politique allemande grâce à son importante communauté turque », ajoute Karakoyun.

« Les autorités allemandes devraient donc prendre une position plus ferme contre une telle intervention, insiste-t-il.

« Nous avons besoin de plus de soutien et de déclarations plus claires, car reporter l’atmosphère de la Turquie en Allemagne n’apporte que des dommages à l’intégration des Turcs et de l’islam dans le pays », conclut-il.

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  • One thought on “En Allemagne, les opposants d’Erdogan vivent dans la crainte

    1. Aline1

      Erdogan est tellement le chouchou de l’Occident,

      que je suis perplexe sur l’aide que l’Allemagne pourrait donner à ses ressortissant turcs dissidents.

      Je ne sais ce que fera Mme Merkel en cas de grand danger pour eux, mais je crains qu’elle ne s’arrange à les sacrifier.

      On ne doit pas fâcher Erdogan, dans l’ensemble de l’Occident.

      Il se voit le grand Manitou du Monde arabe, je me demande pourquoi, je le perçois déjà comme le grand Manitou des européens, américains et autres…

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