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Pourquoi devrions-nous subventionner des artistes qui nous méprisent ?


Pourquoi devrions-nous subventionner des artistes qui nous méprisent ?

Peu de temps après les dernières élections de mars 2015, les représentants des milieux artistiques en Israël décidèrent d’organiser une grande réception pour remercier Limor Livnat, la ministre de la culture sortante. Interrogé par un journaliste qui s’étonnait de voir les artistes, très impliqués à gauche, célébrer une ministre issue du Likoud, un des organisateurs expliqua qu’il s’agissait de faire passer un message au futur ministre: travailles avec nous, soutiens-nous, défends nos intérêts, et tu seras récompensé ; opposes-toi à nous et notre vengeance sera terrible. Limor Livnat avait parfaitement rempli son rôle aux yeux des commissaires politiques du monde artistique. Elle n’avait rien remis en question, elle s’était battu pour l’augmentation des budgets « à la culture », et elle avait même fait voter l’infâme « Loi sur les livres » qui interdisait les promotions sur les nouveaux livres afin d’assurer le revenu des auteurs établis au détriment des nouveaux auteurs et du public.

Mais voilà. Miri Regev, qui a remplacé Livnat au poste de ministre de la culture, a décidé de ne pas jouer suivant les règles du « milieu ». Elle pense que son rôle n’est pas de servir les intérêts d’une caste qui s’est accaparé tous les postes culturels du pays et vit grassement au frais du contribuable. Une de ses premières décisions fut de remettre en question la Loi sur les Livres – définitivement annulée depuis le 1er septembre 2016. Elle se bat aussi pour une plus grande diversité culturelle à la radio publique et pour la prise en compte de la culture des Juifs non-ashkénazes. Elle pense que la culture payée par l’Etat doit refléter les choix et les gouts de la population. Elle affirme que des artistes qui défèquent sur le drapeau d’Israël, qui contestent l’existence de l’Etat, qui vont de pays en pays pour cracher contre leur nation, ne peuvent prétendre à recevoir de l’argent publique. En conséquence, la garde et l’arrière-garde du monde culturel et ses alliés médiatiques et politiques crient à la censure et au fascisme et se sont lancés dans une guerre totale contre elle, allant de l’insulte aux manifestations et jusqu’à la provocation pure et simple comme lors de la dernière cérémonie des Ophirs (l’Oscar israélien).

L’hypocrisie sans limite et l’outrance insensée de ces gens prêteraient à sourire si les enjeux réels n’étaient pas aussi important. Derrière les déclarations sur la liberté artistique de la part de gens qui appellent à interdire à la ministre de s’exprimer, se cache une bataille pour les centaines de millions distribués par le ministère. Les slogans sont flatteurs – promotion de la culture, réduction des écarts culturels entre le centre et la périphérie – mais la réalité est beaucoup moins jolie. Un petit groupe de gens qui se cooptent entre eux se partage la majeure partie de l’argent. Deux hommes décident quels films auront droit au financement de l’Etat et ils siègent sans interruption chacun depuis près de 20 ans. On retrouve la même longévité à la tête de toutes les institutions culturelles publiques. Et tous appartiennent au même milieu, ont les mêmes origines, les mêmes idées et les mêmes opinions. Gare à celui qui ne suit pas la ligne idéologique fixée par le milieu.

Quand aux discours sur la nécessité d’amener la culture aux zones défavorisées, il apparait, par exemple, que 67% du budget de subvention aux théâtres est attribué à des théâtres de la ville de Tel Aviv (5% de la population, au niveau de vie très supérieur à la moyenne). Dans la pratique, les subventions culturelles sont une taxe prise sur les pauvres pour financer les riches.

Quelle solution alors ? Evidemment pas remplacer un groupe hégémonique par un autre – par exemple faire passer le contrôle de la culture publique aux mains d’artistes de droite. La politique que semble vouloir mener Miri Regev tient plutôt de l’idéologie pluraliste/ multiculturelle: partager le gâteau entre différents courants et tendances « représentatifs » de la population.

Cependant qui décide ce qui est représentatif et ce qui a le droit d’être subventionné ? Qui décide des critères, qui décide de la qualité ? Les occasions sont innombrables pour le développement de la corruption et des passe-droits, exactement comme c’est le cas aujourd’hui. On ne peut pas non plus demander à l’Etat de payer et s’étonner quand l’Etat veut influencer les contenus. La vraie liberté artistique nécessite l’indépendance économique de l’Etat.

Plus fondamentalement, pourquoi donc la culture devrait-elle être subventionnée ? Pourquoi le théâtre et pas la littérature ? Pourquoi le cinéma et pas les séries télés ou les jeux vidéo ? La réponse est simple: parce qu’ils n’en ont pas besoin, et ils n’en ont pas besoin parce qu’il y a un public suffisamment nombreux qui veut ces produits. On a célébré il y a quelques jours la fête du cinéma israélien. A cette occasion on apprenait que malgré l’augmentation des aides et la multiplication des films, le public israélien continuait à bouder la production locale.

Si au lieu de produire des œuvres pour faire plaisir à un petit cercle de pseudo-intellos les cinéastes israéliens essayaient de faire des films qui intéressent le public comme ils le faisaient jusqu’aux années 70, avant l’ère des subventions, la situation serait meilleure. Tous les films israéliens considérés comme des classiques sont antérieurs au cinéma subventionné par l’Etat – Le Policier Azoulay, la Colline Halfon ne répond plus etc… Mais les cinéastes actuels n’ont aucune raison d’essayer, puisqu’ils vivent de subventions aux frais du contribuable. Le succès ou non succès commercial de leur film ne joue qu’un role marginal dans leur carrière.

Le cinéma hollywoodien n’est pas subventionné et domine le monde. Savez-vous ce qui marche aussi très bien ces dernières années à Hollywood ? Les séries télé israéliennes. Elles non plus ne sont pas subventionnées. Et en conséquence elles sont capables d’innover, de faire preuve de créativité, et de séduire une audience mondiale.

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La culture subventionnée est médiocre. Elle n’est pas libre. Elle ne sert qu’à entretenir une classe de fonctionnaires de la culture sans talent. Elle ne mérite pas d’exister. Que les gens qui aiment le théâtre paient pour le théâtre avec leur argent. Les théâtres seront obligés de s’adapter, de réduire les gaspillages et de proposer des pièces qui intéressent un plus large public. Sinon ils disparaitront. Personnellement je n’y vois aucun drame. Je n’accorde aucune valeur particulière au théâtre. On peut vivre une vie pleine, riche et entière sans jamais voir une seule pièce de théâtre. Mais je conçois parfaitement que d’autres gens pensent différemment et soient persuadés que le théâtre est le summum de la civilisation humaine. Cependant, je ne vois pas pourquoi mon argent devrait être dépensé pour satisfaire les gouts personnels d’autres personnes. Les gens pour qui le théâtre (ou tout autre art) est essentiel paieront pour ce qu’ils estiment être important et moi je paierai pour les choses qui sont importantes à mes yeux. Et tout le monde sera content.







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  • 3 thoughts on “Pourquoi devrions-nous subventionner des artistes qui nous méprisent ?

    1. Malcolm Ode

      L’art n’est pas une activité accessible à tous : n’est pas « artiste » qui veut. Cela demande des dispositions naturelles plus rares encore que pour devenir un scientifique ou un « chercheur qui trouve »!

      Les autres volent leur vie sous la formule : « Passez-moi la casse, je vous passerai le séné »… : mon « Association fictive » reçoit des subventions bien réelles pour inviter des artistes fictifs membres d’Associations fictives qui reçoivent des subventions toutes aussi réelles pour inviter mon Association fictives : c’est l’art de rien faire en étant payés comme des stars avec l’argent de ceux qui n’y comprennent rien!

      Subventionner l’Art! C’est comme donner de l’argent à un trisomique parce qu’il fait des grimaces. C’est amoral.

    2. zanaroff

      En Israël aussi il y a la cinquième colonne, des collabos venus de l’étranger pour détruire l’état et la nation d’Israël. Cette cinquième colonne est perfide, se sert d’idées gauchistes, qui renversent le bien en mal et mal en bien. Il veulent détruire les fondements des valeurs, mettre le chaos et pensent agir dans le bon sens de l’histoire, alors qu’ils sont les pourvoyeurs de la destruction. Honte à ceux qui renient leur patrie, leur histoire. C’est toute la tragédie de BABEL que Dieu a détruite pour éparpillée les nations, leur donner un langage propre à leur contrée, une culture propre. Il a décidé ainsi pour que les nations aient une identité, une sécurité, une histoire. C’est la la force de Dieu. Les hommes sont heureux quand ils appartiennent à une famille, un clan, une tribu, des ancètres. La mondialisation c’est la mort de la civilisation, sa destruction totale. Cela s’appelle LA FIN DES TEMPS, L’APOCALYPSE, LA DESTRUCTION DE BABYONE, LA COLERE DE DIEU, LE RETOUR DU ROI DES ROIS.

    3. Roland

      Aprés la « Culture », si nous arrêtions nous Européens à donner l’aide sociale à ces gens immigrants qui n’ont jamais cotisés ? Ils sont indépendants, qu’ils fassent fructifier leurs pays. Avant , ils hurlaient que leur misère venait des colonialistes .J’ai été en vacances : Egypte, Tunisie, Maroc, 5 Km aprés les stations balnéaires fréquentées par les Européens mécréants, c’est le moyen âge. Allez les comiques, restez chez vous et modernisez le bled….

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