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Gaza: Entre l’Autorité palestinienne et le Hamas prônant la charia, quel avenir pour les Chrétiens?


Gaza: Entre l’Autorité palestinienne et le Hamas prônant la charia, quel avenir pour les Chrétiens?

Robert Nicholson analyse la rhétorique des chrétiens palestiniens envers Israël compte tenu de leur situation précaire. Il propose une solution qui paraît certainement utopique, mais mérite d’être envisagée.

J’ai traduit ce texte de Robert Nicholson* pour les lecteurs de Dreuz. Les termes « West Bank » sont habituellement traduits par « Cisjordanie » (Judée-Samarie) et ne sont pas de mon fait.

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La communauté internationale est à peu près d’accord sur la solution au conflit israélo-palestinien qu’elle préfère : deux États pour deux peuples vivant côte à côte.

Sur le terrain, les Juifs et les Arabes n’en sont pas si sûrs.

Une récente étude de Pew Research a révélé que les Juifs israéliens ne sont pas convaincus qu’un État indépendant palestinien pourra un jour vivre en paix aux côtés d’Israël (43 % de oui contre 45 % de non).

Les Arabes israéliens sont légèrement plus optimistes (50 % de oui contre 30 % de non), tandis que les Palestiniens en Cisjordanie (Judée-Samarie) et à Gaza — la population qui sera effectivement en mesure de construire un jour un État palestinien — sont beaucoup plus négatifs.

Selon un sondage d’avril 2016 du Centre palestinien de politique et de recherche par sondage (CPPRS), environ la moitié de tous les Palestiniens sont contre le modèle à deux États, et à peu près 60 % pensent que le concept n’est plus viable. Seulement 30 % sont d’accord pour préserver les Accords d’Oslo.

Cet écart philosophique entre diplomates internationaux et les communautés locales est de mauvais augure pour l’avenir du processus de paix.

Les diplomates vont continuer à exercer des pressions, et les gens sur le terrain vont continuer de résister.

Si la situation ne change pas, le concept de Palestine-État arabe démocratique et laïque en Cisjordanie et à Gaza — sera bientôt fini.

Et si cela se produit, la population la plus susceptible de souffrir sera la petite communauté chrétienne palestinienne déjà assiégée.

De nombreux articles ont déjà été écrits sur l’effondrement imminent du paradigme de deux États, généralement avec un accent sur la croissance des colonies juives.

Beaucoup moins a été dit sur les attitudes et les conflits à l’intérieur des territoires palestiniens eux-mêmes les conflits entre laïcs et islamistes, musulmans et chrétiens, ceux qui veulent coexister avec Israël et ceux qui veulent le détruire.

Pourtant, ce sont ces conflits qui sont les plus susceptibles de décider si la Palestine vivra ou mourra, et si elle vit, comment elle traitera les Juifs et les chrétiens qui vivent à proximité.

Les tenants de la sagesse conventionnelle répètent que le principal obstacle à la paix est le maintien par Israël de colonies juives en Cisjordanie.

Ces colonies, nous dit-on, empêchent la création d’un État palestinien viable.

Mitri Raheb, un ecclésiastique luthérien de Bethléem et auteur de « Faith in the Face of Empire » s’est fait l’écho à cette opinion : « L’activité de colonisation israélienne en Cisjordanie a fait du projet d’établir un État palestinien une impossibilité. »

Le mal cancéreux des colonies est un thème constant dans la rhétorique chrétienne palestinienne.

« toute personne ayant une connaissance même superficielle sait que le conflit judéo-arabe a précédé la naissance des colonies israéliennes d’au moins cinquante ans »

Un groupe d’ecclésiastiques éminents s’est réuni au Centre Carter en avril 2016 lors d’une conférence intitulée « Poursuite de la paix et renforcement de la présence ». Ils ont annoncé que « l’expansion continue des colonies israéliennes illégales sur les terres palestiniennes obscurcit de plus en plus les espoirs et les perspectives réalistes pour une solution à deux États et constitue une menace majeure pour la paix ».

Un autre document chrétien palestinien majeur, Kairos Palestine, reprend ce thème :

« Les colonies israéliennes ravagent notre terre au nom de D.ieu et au nom de la force, contrôlent nos ressources naturelles, y compris l’eau et les terres agricoles, privant ainsi des centaines de milliers de Palestiniens, et constituant un obstacle à toute solution politique. »

Ainsi parle la sagesse conventionnelle.

Mais toute personne ayant une connaissance même superficielle de l’histoire de la région sait :

  • que le conflit judéo-arabe en Terre Sainte a précédé la naissance des colonies israéliennes d’au moins cinquante ans ;
  • que les Juifs ont accepté la formule des deux États pour deux peuples dès 1947 ;
  • que les Arabes ne l’acceptaient pas jusqu’au début des années 1990 ;
  • que 95 % de la population palestinienne vit déjà sous le contrôle d’un gouvernement arabe indigène, l’Autorité palestinienne (AP) ;
  • que, même en utilisant des estimations maximales, les colons juifs ne représentent que 12 % de la population vivant sous l’AP ;
  • et que, en Israël, en revanche, les Arabes représentent environ 20 % de la population.

Il est difficile de prendre au sérieux l’affirmation que ce sont les colonies qui sont un blocage à la paix.

Et pourtant, les chrétiens palestiniens continuent de se servir de cet argument, et seulement de cet argument, repris chaque fois qu’il est question de dresser leurs coreligionnaires occidentaux contre l’État d’Israël.

Des rassemblements comme ceux du Centre Carter et du « Christ at the Checkpoint », une conférence évangélique biennale tenue à Bethléem, ont œuvré sans relâche pour convaincre les chrétiens aux États-Unis et en Europe que les colonies sont le principal obstacle à la paix.

La fin de la Palestine est peut-être proche, mais si la Palestine meurt, ce ne sera pas à cause des colonies.

Il suffit de lire les données des derniers sondages pour voir que les principaux obstacles à l’État sont la mésentente dans la société palestinienne, son indignation face aux dirigeants palestiniens, et une aversion fondamentale pour l’idée d’un État juif vivant à leur côté.

Beaucoup d’Occidentaux ne savent pas que les Palestiniens ont déjà un gouvernement qui leur est propre.

Ils savent encore moins que les Palestiniens ont, en fait, deux gouvernements : l’OLP contrôlée par le Fatah en Cisjordanie et le Hamas contrôlé par les Frères musulmans à Gaza.

Ces deux gouvernements se détestent, malgré les efforts continus des tiers intermédiaires.

Tout le reste mis à part, la Palestine ne verra jamais le jour si ces deux factions ne se réconcilient pas et ne coopèrent pas.

Ou mieux encore, si l’OLP ne parvient pas à vaincre le Hamas et l’expurger complètement des territoires.

Mais nous reviendrons là-dessus.

La vie sous les deux gouvernements palestiniens est difficile

  • Le sondage d’avril 2016 du CPPRS a constaté que la moitié des Palestiniens de Cisjordanie et les deux tiers des habitants de Gaza décrivent leur situation comme « mauvaise » ou « très mauvaise ».
  • Environ un cinquième des Cisjordaniens et la moitié des habitants de Gaza veulent émigrer, pour la plupart (70 %) en raison de manque de perspectives économiques et éducatives, de l’extrémisme religieux, ou de l’absence de liberté et de sécurité.
  • En revanche, seulement 20 % disent vouloir partir à cause de l’occupation israélienne.
  • L’Autorité palestinienne est un gâchis. Pas moins de 80 % de ses citoyens croient que leur gouvernement est corrompu. Seulement 17 % croient qu’il y a une liberté de la presse.
  • L’approbation publique pour le président Mahmoud Abbas a chuté à 36 %, et les deux tiers exigent sa démission.
  • Seulement 45 % des Palestiniens voir la fondation de l’Autorité Palestinienne dans les années 1990 comme une réussite. Davantage (48 %) considèrent l’AP comme un fardeau.
  • Pendant ce temps, une écrasante majorité de Palestiniens (76 %) estiment que le monde arabe ne se soucie pas du tout d’eux.

Se sentant mal dirigés chez eux et abandonnés à l’étranger, les Palestiniens sont de plus en plus enclins à commettre des actes désespérés (sic).

Le penchant pour la violence reste fort dans la société palestinienne.

Des majorités tant en Cisjordanie qu’à Gaza soutiennent la perspective d’une Intifada armée et croient que cela aiderait à faire avancer les droits nationaux palestiniens davantage que des négociations.

Environ 60 % soutiennent les attaques lancinantes aléatoires contre des civils juifs — oui, des civils — en Israël.

Le plus inquiétant est le fait que les jeunes Palestiniens (la génération du millénaire), la soi-disant « Génération Oslo », sont les moins favorables à la solution à deux États, les plus susceptibles de soutenir une Intifada armée, et les plus favorables au poignardage lors d’attaques contre des civils israéliens.

La tendance à la violence palestinienne découle d’une opposition fondamentale à l’existence d’un État juif au Moyen-Orient.

Pour la plupart des Palestiniens, l’État d’Israël (tout Israël, et pas seulement la version pré-1967) a été créé par l’Occident pour résoudre le problème juif de l’Europe et afin de retirer du même coup tout pouvoir aux Arabes.

Une écrasante majorité croit que le but ultime d’Israël est d’annexer leurs territoires et de nier leurs droits ou de les expulser.

Pour cette raison, 60 % disent que même après la création d’un État de Palestine et la résolution de toutes les questions en suspens, ils ne reconnaîtront pas Israël comme l’État du peuple juif.

Formé à voir Israël comme un avant-poste colonial rempli d’Européens, ce groupe repousse fondamentalement l’idée de « normaliser » les relations avec les Juifs.

Pour la plupart des Palestiniens, les colonies juives en Cisjordanie ne sont que la pointe de la lance impérialiste.

Ce qui empêche la paix en Terre Sainte, ce n’est pas la politique d’Israël, mais Israël lui-même.

La Palestine doit être purifiée, ramenée à son statu quo ante. Seulement alors le peuple palestinien pourra retrouver la liberté dont ils jouissaient autrefois (NDT : quel autrefois ???).

Les chrétiens palestiniens sont d’accord avec leurs frères musulmans au sujet de l’immoralité intrinsèque d’Israël.

Le document Kairos Palestine affirme que « L’Occident a cherché à faire amende honorable pour ce que les Juifs ont subi dans les pays d’Europe, mais il a fait amende honorable à nos dépens et aux dépens de notre pays. Ils ont essayé de corriger une injustice et le résultat a été une nouvelle injustice ».

« C’était, après tout, » écrit Mitri Raheb, « l’Empire britannique qui a implanté Israël au Moyen-Orient, et c’est le monde occidental qui continue de soutenir Israël militairement, financièrement et idéologiquement. Voici ce que j’appelle… un empire ».

Raheb s’en prend au « mythe d’une tradition judéo-chrétienne » et à sa « subtile idéologie coloniale ».

Il soutient que le peuple juif d’aujourd’hui a été inventé à la fin du 19e siècle et savamment relié aux Juifs des temps bibliques pour bâtir le projet colonial.

« Ceci, » écrit-il, « est précisément le nœud du problème : les indigènes de la terre ont été transformés en étrangers dans le but de faire de la place pour un peuple inventé afin d’occuper la terre. »

Lors d’un récent voyage à Bethléem, j’ai entendu une rhétorique similaire de collègues de Raheb de l’organisme Christ at the Checkpoint (CATC), un groupe qui affiche devant l’Occident un nationalisme palestinien infusé de foi en Jésus et qui constitue la base d’un petit mais bruyant groupe d’évangélistes palestiniens qui travaillent dur pour saper le soutien des chrétiens envers Israël.

En proie à quelques radicaux, la plupart des membres de CATC sont plus calmes que les autres activistes palestiniens : ils condamnent le terrorisme, rejettent l’antisémitisme, et appellent à faire la paix avec Israël.

Ils ont tendance à se positionner plus à droite dans les sondages d’opinion publique et sont très probablement les Arabes les plus sionistes du Moyen-Orient.

Ils sont, en fait, souvent étiquetés comme des normalisateurs par leurs voisins en colère, ce qui les oblige à parler plus durement afin de renforcer leur crédibilité toujours précaire auprès de la rue arabe.

Cela dit, la conférence de CATC en mars 2016 était basée sur un mode offensif exagéré.

Le thème était « L’Évangile face à l’extrémisme religieux », et lors de séances fastidieuses comme celle concernant le « sionisme chrétien comme théologie impérialiste », les organisateurs ont cherché à établir des comparaisons entre les terroristes islamistes, les colons juifs et les chrétiens sionistes.

Les idiots utiles étaient présents en abondance.

Les participants ont entendu parler de hordes d’évangéliques soufflant dans des schofars qui soutiennent les colonies au nom de l’eschatologie et approuvent l’oppression d’Israël sur l’église indigène.

Toutefois, ces idiots utiles ne servaient qu’à créer un nouvel « autre » afin d’inciter à la haine des esprits chrétiens voués à la justice.

Comme lors des années précédentes, l’autocritique était complètement absente.

Les haut-parleurs tempêtaient sans laisser paraître aucune prise de conscience de l’opinion publique palestinienne, faisant porter tout le blâme pour leurs difficultés sur Israël et aucun sur eux-mêmes ou sur les dirigeants.

Bien que « dire la vérité au pouvoir » était un des thèmes majeurs, les organisateurs ont invité des dignitaires de l’AP à assister à la conférence et ceux-ci ont été joyeusement applaudis.

La marque de toute société saine est sa capacité à réfléchir sur ses propres erreurs et sa résolution de faire mieux.

Malheureusement, le CATC reflète un manque général d’auto-réflexion dans la société palestinienne qui a jusqu’à présent empêché une véritable vision pour l’avenir de prendre racine. C’est un problème que les chrétiens palestiniens doivent aborder de front. Et rapidement.

Les chrétiens palestiniens étalent ouvertement leur nationalisme, mais ils ne sont pas stupides.

Ils crient leur bonne foi sur les toits, mais ils le font en tant que minorités conscientes (moins de 2 %) dans une société majoritairement musulmane.

Ils voient leur population diminuer rapidement par rapport à leurs voisins musulmans. Ils voient la popularité croissante des mouvements islamistes comme le Hamas et des niveaux inquiétants de sympathie (25 %) pour l’État islamique.

« Beaucoup de chrétiens palestiniens entretiennent l’espoir d’un effondrement de l’Autorité Palestinienne afin que la Cisjordanie puisse à nouveau être réintégrée dans l’État d’Israël »

Ils savent que l’article 4 de la Loi fondamentale palestinienne, propose la constitution du pays, promet que le futur État de Palestine sera un régime islamique régi par les principes de la charia.

Pendant ce temps, ils voient ce qui arrive à leurs frères et sœurs chrétiens en Irak, en Syrie et en Egypte. Ils savent qu’ils sont différents, et que, lorsque les choses se gâtent cette différence pourrait les faire tuer.

Les chrétiens dans les territoires sont des otages dans leur propre société.

Dans les conversations privées, beaucoup expriment leur peur des musulmans, des sentiments positifs envers les Juifs et Israël, et de l’envie pour les Arabes citoyens vivant à l’intérieur de l’État juif.

Beaucoup entretiennent même l’espoir d’un effondrement de l’Autorité Palestinienne afin que la Cisjordanie puisse à nouveau être réintégrée dans l’État d’Israël.

Mais la crainte des chrétiens de leurs voisins musulmans et un désir de statut égalitaire ne sont pas nouveaux.

En fait, c’était ce qui avait motivé les chrétiens syriens et libanais à initier un mouvement nationaliste arabe, il y a un siècle.

En mettant l’accent sur l’identité arabe plutôt que sur le caractère islamique de leurs sociétés, ces intellectuels chrétiens et leurs contemporains musulmans avaient réussi à raser le modèle califal de gouvernance au Moyen-Orient et avaient posé une nouvelle fondation, non-sectaire de la vie politique dans la région.

Le problème de ce nationalisme arabe était qu’il était artificiel.

Il n’y a jamais eu une nation panarabe, seulement une mosaïque régionale d’ethnies et de cultures qui se trouvaient à parler l’arabe.

L’hostilité envers Israël (et son envers, la solidarité avec les Palestiniens) est ainsi devenue un élément clé, unifiant les peuples disparates qui ont afflué sous la mince bannière idéologique du mouvement.

Pour être un nationaliste arabe, il fallait avoir la haine d’Israël et de ses soutiens impérialistes. Sans aucun doute.

Mais la langue arabe et l’antisionisme n’étaient pas suffisants pour constituer un mouvement, et sa faiblesse inhérente a été exposée lorsque des leaders comme Gamal Abdel Nasser, Hafez al-Assad, et Saddam Hussein n’ont pas eu d’autre choix que de supprimer brutalement les marxistes, les islamistes, et les mouvements nationaux non arabes qui contestaient leur légitimité.

C’était le seul moyen de garder le contrôle et de maintenir une façade d’unité arabe.

Ainsi a commencé un cycle de répression gouvernementale et des soulèvements populaires qui ont continué à travers le Moyen-Orient jusqu’à une époque récente.

Aujourd’hui, le nationalisme arabe est discrédité, ayant été remplacé par l’Islam dans les années 1970 et 1980 comme la source la plus authentique de l’identité culturelle et de la communauté politique.

L’État éventuel de la Palestine est l’un des derniers endroits où le nationalisme arabe laïque survit encore. Mais il est contesté.

En fait, la querelle palestinienne sur la solution des deux États reflète une plus grande querelle dans la région entre ceux qui sont encore accrochés au nationalisme arabe et ceux qui se sont tournés vers diverses formes d’Islam politique, la ligne de base historique de la vie politique au Moyen-Orient.

La rivalité entre le chef de l’OLP de la vieille garde, Mahmoud Abbas et le chef du Hamas, le PDG parvenu Ismail Haniyeh, illustre ce conflit idéologique et générationnel dans un microcosme.

Les chrétiens du Moyen-Orient préféreront toujours le nationalisme arabe à l’islam politique, et il n’est pas difficile de comprendre pourquoi.

Le plaidoyer chrétien palestinien découle de la même impulsion qui a motivé les nationalistes arabes des débuts comme Michel Aflaq, George Antonius, et Ibrahim al-Yaziji : le désir de vivre dans une société qui les protège et les traite comme des égaux.

Mais l’échec catastrophique de l’Autorité palestinienne à favoriser une société libre et à rivaliser avec la marée montante de l’islamisme ne fait que souligner l’échec du nationalisme arabe en général.

De nombreux Palestiniens estiment que la solution à deux États est non seulement irréalisable, elle est indésirable. La possibilité que la Palestine soit envahie par ceux qui cherchent à établir un État islamique sur les ruines d’un autre régime nationaliste (pensons à la Syrie, l’Irak, et la Libye) a de quoi effrayer.

Cette crainte pousse certains chrétiens palestiniens à travailler encore plus fort au nom de la laïcité. Elle en pousse d’autres vers la « solution à un seul État » : un État binational de « tous ses citoyens », Juifs et Arabes entre la Méditerranée et le Jourdain.

Cette proposition, qui est de plus en plus populaire dans la rue palestinienne, est symptomatique d’une (bien ironique) confiance envers la gouvernance juive au détriment de l’alternative islamique.

Pour les Juifs, le modèle d’un seul État est presque toujours inacceptable, car cela signifie effectivement la fin d’Israël en tant qu’État juif.

Sauvegarder la vision d’une Palestine laïque vivant en paix à côté d’un Israël laïque reste la meilleure solution pour tous les partis.

Mais les chrétiens palestiniens qui véhiculent cette vision doivent abandonner leur obsession des colonies juives en tant que cause de tous les maux et doivent trouver une solution à l’indignation et au désespoir qui saisit la rue palestinienne.

La « solution islamique » constitue une tentation forte comme réponse à cette indignation et à ce désespoir, et seule une vision plus convaincante sera en mesure de l’emporter.

La société laïque offre le meilleur et le plus authentique avenir pour les chrétiens palestiniens, mais il faudra que les dirigeants la présentent en termes positifs.

Ils ne peuvent plus construire l’identité palestinienne sur une réaction négative à l’agression juive.

Ils doivent énoncer ce que la société palestinienne propose pas seulement à quoi elle est opposée.

Mieux encore, ils doivent expliquer ce que la société palestinienne est et de quoi elle est faite.

Que se passera-t-il une fois qu’Israël aura démantelé les colonies ? Qu’arrivera-t-il lorsque toutes les questions politiques seront réglées ?

Le fait qu’une grande majorité des Palestiniens envisage toujours de nier l’existence d’Israël signifie que leurs dirigeants ont un sérieux travail à faire. Un travail qui n’a absolument rien à voir avec les colonies juives.

Les chrétiens palestiniens et leurs collègues musulmans laïques doivent faire revivre l’imagination de leur peuple et défendre la notion d’un nationalisme palestinien fier mais pacifique, et fondé sur la liberté religieuse et la coexistence pacifique en tant que vertus cardinales. L’existence ou la fin de la Palestine dépend de leur succès.

Les chrétiens palestiniens sont confrontés à seulement deux possibilités à long terme :

  • chercher asile ailleurs, peut-être en Israël ;
  • ou apprendre à survivre dans un État islamique.

Ni le temps ni la démographie ne sont de leur côté, et c’est maintenant le moment de faire des choix difficiles qui conduiront à des gains tangibles.

Seule une stratégie qui commence à partir d’une vision positive de l’avenir se révélera utile. Nous, en Occident, qui nous soucions de l’église palestinienne, nous devons encourager ses dirigeants à prendre le bon chemin.

*Robert Nicholson est le directeur exécutif du Projet Philos, une organisation à but non lucratif qui cherche à promouvoir l’engagement chrétien positif dans le Moyen-Orient. Il est titulaire d’une licence en Études hébraïques de l’Université de Binghamton, et d’un doctorat et d’une maîtrise (Moyen-Orient et Histoire) de l’Université de Syracuse. Ancien marine et devenu Tikvah Fellow en 2012 — 2013, Robert vit à New York avec sa femme et ses deux enfants.

Ce texte de Robert Nicholson, date du 13 septembre et a été publié dans le Providence Magazine, JOURNAL OF CHRISTIANITY & AMERICAN FOREIGN POLICY.

 © Magali Marc (@magalimarc15) pour Dreuz.info.

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  • 4 thoughts on “Gaza: Entre l’Autorité palestinienne et le Hamas prônant la charia, quel avenir pour les Chrétiens?

    1. Aline1

      Les Chrétiens en Israël qui prêchent contre ce que fait Israël, mériteraient que leurs désirs soient exaucés et surtout qu’ils se retrouvent totalement sous la coupe palestinienne.

      Je sais bien et je l’envisage, que la peur de parler les amène peut-être à de telles positions – Mais il y a des chefs dans ces communautés et ils se devraient d’être sincères avec eux-mêmes, c’est de leur responsabilités, pour les leurs…

      Qui des deux côtés, exécutent ceux qui ne leur ressemblent pas ?

      Qui désire avoir des territoires Judenrein ?

      Qui tue les Chrétiens partout ?

      Il y a des chrétiens à travers le monde, ailleurs qu’au Moyen Orient, qui souffrent et meurent de manière cruelle – Ce n’est pas leur rendre hommage pour ces Chrétiens apeurés du Moyen Orient et montrer ne serait-ce qu’une once de soutien.

    2. michel boissonneault

      seul les chrétiens en Israel sont encore en sécurité …. tout les autres sont condamner a court ou a long terme

    3. MisterClairvoyant

      Plus que les implantations, c’est la réussite économique des familles juives qui a rendus jaloux les musulmans.
      Les implantations des juifs, avant et pendant la Palestine mandataire n’étaient pas mal perçues, car créent du travail, des infrastructures et de la richesse, dans une zone très pauvre, où depuis 7 siècles les investissements (à part pour les temples chrétiens, étaient nuls). Les investissement des mécènes juifs qui ont construit le chemin de fer Jafa-Jérusalem, des villes, des routes des hôpitaux, des écoles, des universités à Tel-Aviv, Jérusalem etc n’avaient pas eu beaucoup critiques de la presse arabe ni occidentale, bien au contraire. Car les juifs construisent un pays et cela profité à tout le monde. Le nazisme que comme un poison à détruit l’Europe, est venu en Israël semer la zizanie entre arabes jaloux et juifs où les femmes étaient égales aux hommes dans le travail, la famille etc, et cela ne pouvait pas plaire à ses voisins musulmans où la société était bloquée au 7ème siècle.

    4. Frank Giroux

      J’ai lu 3 lignes et en partant, tout est dit : PERSONNE AU MONDE NE PEUT VIVRE EN PAIX SI SON VOISIN IMMÉDIAT EST UN ARABO-MUSULMAN.

      PERDEZ PAS VOTRTE TEMPS À ESSAYER L’HISTOIRE, L’EXPÉRIENCE PARLE POUR EUX C’EST LEUR CURRICULUM VITAE : CHICANE – GUERRE – ET TOUJOURS LE NEZ FOURRER DANS LES AFFAIRES DES AUTRES.

      CHRÉTIEN PARTEZ DE LÀ AU PLUS CHRIST !

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