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Israël, terre promise de la sécurité


Israël, terre promise de la sécurité

 

L’Etat hé­breu n’est pas cho­qué de voir des vi­giles armés par­tout. La me­nace per­ma­nente a fait de la sé­cu­rité la norme.

Che­mise bleue, cas­quette frap­pée du mot « bi­ta­hon » (sé­cu­rité) sur la tête, Avra­ham El­ma­liah a, comme tous les jours de la se­maine, pris son poste de garde à l’en­trée d’un jar­din d’en­fants « Joyeux gar­ne­ments » à Holon, dans la ban­lieue sud de Tel Aviv. Il porte un pis­to­let 9 mm à la cein­ture mais per­sonne ne s’en of­fusque. Par­fois, les en­fants le touchent « pour voir com­ment c’est ».

« Je suis d’au­tant plus contente qu’Avra­ham garde l’en­trée que c’est un po­li­cier re­traité et qu’il a gardé des ré­flexes d’an­tan, lâche Ga­vriela Korn, mère de deux blon­di­nets ins­crits aux ac­ti­vi­tés es­ti­vales de l’école. Puisque nous vi­vons avec le ter­ro­risme au quo­ti­dien, nous avons ap­pris à en­vi­sa­ger tous les évé­ne­ments. À part le vi­gile, il y a des ca­mé­ras de sur­veillance sur les toits et l’éta­blis­se­ment est en­touré de grillages mé­tal­liques de haute sé­cu­rité. Si cela ne te­nait qu’à moi, il y au­rait en­core plus de me­sures car la vie de nos en­fants n’a pas de prix. »

« Le fait de se sen­tir me­nacé quo­ti­dien­ne­ment fait que notre pays s’adapte au dan­ger de ma­nière conti­nue. »

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Erez Perl­man consul­tant en sé­cu­rité : Il y a un an à peine, Israël pas­sait pour un Etat pa­ra­noïaque coupé de la réa­lité et uni­que­ment bra­qué sur sa sé­cu­rité. Mais les at­ten­tats is­la­mistes de ces der­niers mois ont changé la donne et le concept de « bi­ta­hon » (sé­cu­rité) qui rythme de­puis des di­zaines d’an­nées tous les as­pects de la vie quo­ti­dienne des Is­raé­liens, in­té­resse de plus en plus de monde à l’étran­ger. Sur­tout en Eu­rope.

Au nom du « tout sé­cu­ri­taire », les accès de tous les lieux pu­blics, des écoles et des hô­pi­taux de l’Etat hé­breu sont donc sur­veillés. Vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept. Les centres com­mer­ciaux éga­le­ment. Pour y pé­né­trer, il faut im­pé­ra­ti­ve­ment ou­vrir son sac et fran­chir un por­tail ma­gné­tique gardé.

Même me­sure pour en­trer dans un par­king puisque l’in­té­rieur de chaque voi­ture est scruté som­mai­re­ment. Y com­pris le coffre. « Est-ce em­bê­tant? Di­sons que l’on ap­prend vite à s’y faire, lâche Guy Wein­man, un homme d’af­faires qui voyage ré­gu­liè­re­ment en Eu­rope. À part à l’aé­ro­port de Tel Aviv où les pas­sa­gers sont contraints de prendre leur mal en pa­tience, le ‘bi­douk bi­te­ho­ni’ (contrôle sé­cu­ri­taire) ne per­turbe pas spé­cia­le­ment le rythme de la vie quo­ti­dienne puis­qu’il ne dure pas plus de dix à trente se­condes selon les en­droits où l’on va. Donc, per­sonne ne s’en plaint. A contra­rio, lorsque je passe par Bruxelles, Am­ster­dam, Nice et Rome, je me fais sou­vent la ré­flexion qu’il est fa­cile d’y com­mettre un at­ten­tat pré­ci­sé­ment parce que les me­sures de pré­cau­tion en vi­gueur en Israël n’existent pas là-bas. »

La guerre des Six Jours

L’es­ta­blish­ment mi­li­taro-po­li­cier de l’Etat hé­breu a vrai­ment com­mencé à se pré­oc­cu­per de « bi­ta­hon » dans la fou­lée de la guerre des Six Jours (juin 1967), lorsque le mou­ve­ment na­tio­nal pa­les­ti­nien a dé­cidé de com­battre l’oc­cu­pa­tion des ter­ri­toires par le ter­ro­risme. Pris au dé­pourvu, ses res­pon­sables ont alors dé­ve­loppé des mé­thodes sé­cu­ri­taires qui se sont af­fi­nées au fil du temps.

le ré­sumé

Les mé­thodes de pro­tec­tion sé­cu­ri­taire sont om­ni­pré­sentes dans la vie quo­ti­dienne des Is­raé­liens. La plu­part d’entre eux ne s’en plaignent pas. Au contraire.

Pa­ra­doxa­le­ment, la me­nace n’em­pêche pas les nom­breuses fêtes et évé­ne­ments pu­blics.

« Au début des an­nées 70, on trou­vait dans les écoles des af­fiches mon­trant les dif­fé­rents types de mines uti­li­sées par les or­ga­ni­sa­tions pa­les­ti­niennes alors fort ac­tives. Je me sou­viens que l’on nous se­ri­nait à lon­gueur de jour­née qu’il ne fal­lait pas ra­mas­ser des ob­jets dans la rue parce qu’ils pou­vaient être pié­gés et que l’on de­man­dait aux pro­prié­taires de vélo de contour­ner les colis sus­pects au mi­lieu de la route. Bref, nous étions for­més, voire condi­tion­nés, pour pen­ser en termes sé­cu­ri­taires. »

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Qua­rante ans plus tard, cette for­ma­tion est tou­jours bien pré­sente puisque les en­fants en bas âge ap­prennent à se ca­cher sous la table en cas d’ex­plo­sion. Au fil de leur cur­sus sco­laire, ils par­ti­ci­pe­ront en­suite à des exer­cices d’alerte or­ga­ni­sés plu­sieurs fois par an ainsi qu’à des cours de pre­miers soins.

« Ajou­tez à ce back­ground le ser­vice mi­li­taire de trois ans pour les hommes et de deux ans pour les femmes et vous com­pren­drez pour­quoi les Is­raé­liens sont tou­jours sur le qui-vive même lorsque la si­tua­tion semble calme au Proche-Orient, lance le chro­ni­queur Moshé Nuss­baum. Que ce soit en ef­fec­tuant leurs courses au souk (mar­ché), au res­tau­rant ou sur la plage, leur tour­nure d’es­prit les pré­pare au pire. C’est une deuxième na­ture chez eux. »

De fait, per­sonne dans l’Etat hé­breu n’est cho­qué de voir des vi­giles en arme pa­trouiller dans les trains et les moyens de trans­port pu­blics en scru­tant mi­nu­tieu­se­ment chaque voya­geur. Et per­sonne ne s’of­fusque da­van­tage de voir des ci­vils se pro­me­nant avec un 9 mm à la hanche. « Nous sa­vons tous pour­quoi ils le font, c’est ras­su­rant lorsque je me pro­mène en ville avec mes en­fants, af­firme Ga­vriella Korn. Et mal­gré tout, quel que soit l’en­droit où je me trouve, je suis tou­jours sur mes gardes. Cela ne veut pas dire que je suis stres­sée en per­ma­nence mais que ce soit en ache­tant des fringues, en fai­sant mon jog­ging ou en me pro­me­nant avec une co­pine, j’ai tou­jours en tête l’idée qu’il peut se pas­ser quelque chose m’obli­geant à ré­agir. Re­mar­quez, mes amies et tous les autres Is­raé­liens pensent d’ailleurs la même chose. Au début de l’in­ti­fada des cou­teaux, à l’au­tomne 2015, plu­sieurs de mes connais­sances se dé­pla­çaient avec un mar­teau et une bon­bonne la­cry­mo­gène dans leur sac. Pour le cas où. »

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Confiance au ren­sei­gne­ment

Cette dis­po­si­tion ex­plique aussi pour­quoi tant de gens si­gnalent spon­ta­né­ment à la po­lice le moindre com­por­te­ment bi­zarre ou la pré­sence d’in­di­vi­dus « sus­pects ». Une col­la­bo­ra­tion per­ma­nente car, contrai­re­ment à ce qui se passe en Eu­rope, les res­sor­tis­sants de l’Etat hé­breu ac­cordent une confiance ab­so­lue à leurs ser­vices de ren­sei­gne­ment. « Bien sûr, ces der­niers ne par­viennent pas à cir­con­ve­nir tous les at­ten­tats mais ils en em­pêchent beau­coup. Et des gros, pro­clame Erez Perl­man, ex-di­rec­teur du per­son­nel dans une en­tre­prise de gar­dien­nage et consul­tant en sé­cu­rité.

Le fait de se sen­tir me­nacé quo­ti­dien­ne­ment fait que notre pays s’adapte au dan­ger de ma­nière conti­nue. Dans le cou­rant des an­nées 80, lorsque les or­ga­ni­sa­tions pa­les­ti­niennes ont com­mencé à dé­po­serdes bombes dans les pou­belles pu­bliques, les mu­ni­ci­pa­li­tés les ont rem­pla­cées par des cy­lindres blin­dés qui étouf­faient le souffle de l’ex­plo­sion. À la même époque, tous les Is­raé­liens se sont dotés d’une porte blin­dée après que des ter­ro­ristes se sont in­tro­duits dans des do­mi­ciles pri­vés pour y per­pé­trer des mas­sacres. Et lorsque les at­taques à la voi­ture bé­lier et au bull­do­zer se sont mul­ti­pliées vers 2013-2014, des blocs de béton, des plots et des bar­rières mé­tal­liques sont ap­pa­rus aux abords des voies de tram­way et des abri­bus. Vous croyez que les gens râlent? Oui, ils râlent, mais parce que cela n’avait pas été fait plus tôt! »

La fête conti­nue

Pa­ra­doxa­le­ment, la me­nace n’em­pêche pas les nom­breuses fêtes et évé­ne­ments pu­blics qui se dé­roulent tout au long de l’an­née en pré­sence de di­zaines de mil­liers de per­sonnes. Quant aux ter­rasses des cafés, elles ne désem­plissent pas.

« En Bel­gique comme par­tout ailleurs en Eu­rope, vous ap­pren­drez vite que l’on peut vivre nor­ma­le­ment sous la me­nace ter­ro­riste et qu’il est in­utile de se cloî­trer chez soi, as­sène Shi­mon Ohana, pa­tron d’un bar à steaks de Bat Yam, une sta­tion bal­néaire proche de Tel Aviv. Ici, on re­çoit les clients en per­ma­nence et si un at­ten­tat se pro­duit dans le quar­tier comme ce fut le cas en 2002, on ouvre dès le len­de­main parce que les gens se­ront au ren­dez-vous quitte à venir avec une arme pour se pro­té­ger. »

Guy Keren

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  • 2 thoughts on “Israël, terre promise de la sécurité

    1. Claude

      Bien sûr que cela n’a rien de comparable avec ce qui se passe ici.

      D’abord il n’y a plus de service militaire , grave erreur !

      formation de jeunes gens « réservistes » en 2 semaines dans la police et la gendarmerie !

      en 1 mois dans l’armée !!!!

      Pour ma part cela ne me rassure pas du tout ! franchement c’est bien peu pour avoir une confiance totale dans cette protection !

      ce n’est pas vraiment ce que l’on appelle réservistes , qui je crois, en Israël font des périodes de réserve, chaque année, ce qui est normal !

      D’autre part, les civils et les gardes privés ne sont pas armés .

      Et de plus, les services de renseignements , en laissant passer des faits énormes, les fichés « S » par exemple, ont prouvé qu’ils étaient bien peu performants !

      Tout cela ne peut donner un meilleur moral à la population ! Nous ne sommes plus en sécurité , même en ajoutant des tas de forces de l’ordre, beaucoup de choses, qu’il faudrait faire, ne sont pas faites à la base !!

    2. capucine

      bien sûre qu’ Israël à trouver les moyens de donner plus de difficultés aux terroristes de faire des attentats , mais ici il n’y a rien de fait pour ça ! il y a certainement des policiers municipaux qui ne sont pas armés au cas où il arriverait un drame , ou un même un braquage dans un magasin ….nous ne sommes pas en sécurité …et les touristes vont boudés la France …
      c’est le laxisme de Hollande-Valls-Cazevide …pour ne pas déplaire à leur électorat muzz , voyons ?

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