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Lydia Guirous « Ce n’est pas à l’école de s’adapter aux minorités. Les femmes voilées sont les idiotes utiles du salafisme »


Lydia Guirous « Ce n’est pas à l’école de s’adapter aux minorités. Les femmes voilées sont les idiotes utiles du salafisme »

Ex-porte-parole des Républicains, remerciée à cause de son absence de langue de bois, Lydia Guirous publie « #Je suis Marianne« . Interview de Jean-Paul Brighelli.

L’actualité étant ce qu’elle est depuis ces derniers mois, c’est avec un léger retard que j’ai lu #Je suis Marianne* (Grasset), le dernier livre de Lydia Guirous (aprèsAllah est grand, la République aussi, Jean-Claude Lattès, 2014). Alors, plutôt que de rendre compte de ma lecture (enthousiaste), j’ai préféré interviewer directement l’auteur – qui n’a pas sa langue dans sa poche.

C’est donc le dernier livre (paru en janvier, oui, je sais, je date, mais bon, tant de sollicitations…) de Lydia Guirous, éphémère porte-parole des « Républicains », virée pour cause de langue bien pendue. À tel point que Luc Le Vaillant, qui est à peu près le dernier à ne pas penser courbe chez Libé, en arrive à la plaindre.

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À tel point aussi que Yann Moix, le sémillant roquet de la Pensée Unique et du Bien réunis, a cru intelligent de l’agresser sauvagement quand elle est passée à On n’est pas couché.
Pour mémoire, Lydia Guirous avait écrit il y a deux ans Allah est grand, la République aussi — et le parallèle entre Allah l’Incomparable et la Gueuse, comme disent les ultra-cathos, lui a amené quelques tombereaux d’insultes et de menaces.

Plutôt que de vous faire l’article, je l’ai interviewée sur les sujets les plus brûlants. Comme quoi on peut être (de culture) musulmane et ne pas dire d’énormités.

JPB. « L’islam radical tue parce que nous sommes heureux », dites-vous au tout début de votre livre : pourriez-vous définir le bonheur d’être Français ?

LD. Le bonheur d’être Français c’est avant tout le bonheur d’être libre. Libre d’aller et venir, libre de s’exprimer, libre de choisir sa vie professionnelle et personnelle. C’est également le bonheur de vivre dans l’égalité, égalité entre les hommes et les femmes bien sûr, mais également égalité devant la loi, égalité devant le savoir et la culture grâce à l’école républicaine. Enfin le bonheur d’être Français, c’est également avoir la certitude de vivre dans une société dans laquelle la fraternité n’est pas qu’un simple mot et dans laquelle la solidarité nationale accompagne chaque citoyen de manière bienveillante comme dans les services publics par exemple. L’hôpital public est l’illustration la plus parfaite de la solidarité à la française, où tout le monde peut-être soigné quelque soit sa condition sociale, ses moyens et ses orientations politiques ou religieuses. Cela semble une évidence, pourtant si l’on se compare à d’autres pays, c’est surtout une chance qu’il faut préserver comme un trésor.

JPB. Après Charlie, vous avez appelé les Musulmans de France à manifester — ce qui vous a valu « un flux interminable d’insultes, de menaces, de violence, d’appel à la haine ». Il y a donc une France qui « est Kouachi, qui est Coulibaly » ? Qu’avons-nous raté pour que tant de jeunes s’identifient à des assassins ?

LD. Oui, j’ai reçu des menaces et des insultes et j’ai fait condamner récemment en Correctionnelle un jeune de Créteil qui me harcelait sur les réseaux sociaux et voulait me tuer. C’est mon quotidien malheureusement et je dirais que c’est le quotidien de tous ceux qui n’ont pas peur d’affronter la réalité et de dénoncer la montée en puissance d’un islam politique qui veut tuer la France et la République. Moi je ne suis pas dans l’islamophilie béate comme certains médias et une bonne partie de la gauche communautariste. L’Islam radical (et j’inclus naturellement les salafistes et les Frères Musulmans dans cette appellation) a pris en otage les Français de confession musulmane et est en passe de gagner la bataille des idées. L’omerta serait la pire des réponses. Les Français de confession musulmane après ces périodes d’attentats islamistes doivent clairement montrer leur attachement à la République et à la France, sans ambiguïté, sans faux-semblants, comme toute personne qui aime son pays, sa culture et ses valeurs. Le discours qui consiste à dire « ça n’a rien avoir avec l’Islam » est inaudible et de moins en moins crédible. Les attentats n’ont rien avoir avec les Français de confession musulmane, c’est vrai, en revanche qu’ils n’aient rien avoir avec l’Islam, c’est beaucoup plus discutable. Ce que je voudrais, c’est un mouvement général des Français de confession musulmane qui expriment clairement l’idée : nous sommes Français d’abord, musulmans après.

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Quant à la deuxième partie de votre question, je crois qu’il faut arrêter de se culpabiliser en permanence : la France n’a rien raté ! Elle a su accueillir dignement tous ses immigrés (à l’exception notoire des harkis et des chibanis que l’on a mis trop longtemps à reconnaître), leur donner du travail, un toit, des écoles, des médecins… C’est ce que je rappelle dans mon dernier livre « Je suis Marianne ». Oui Marianne éduque, protège, soigne, accueille et il n’y a pas plus généreux que la France. Si une poignée d’ahuris se radicalisent et deviennent violents, ce n’est pas une raison pour se remettre en question. Il faut juste les sanctionner lourdement au premier dérapage. La fin du laxisme des politiques pénales serait je pense de nature à stopper cette radicalisation des comportements.

JPB. Comment éviter le repliement identitaire, l’entre-soi, le repliement sur le ghetto ?

LD. Il faut appliquer nos lois avec plus de sévérité (par exemple la loi sur la burqa), étendre le champ de loi de 2004 sur l’interdiction du voile à l’université et aux entreprises ; corréler le respect de nos valeurs et de nos principes à l’attribution des aides sociales, stopper la construction anarchique de mosquées, interdire les menus de substitution dans les écoles publiques car on ne classe pas les élèves en fonction de leur religion… Bref il faut se respecter, respecter notre histoire, notre culture, notre identité, pour que tout le monde la respecte comme il se doit. Il ne faut rien céder.

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JPB. « C’est mon choix », disent les femmes qui portent des vêtures islamiques. Est-ce si sûr ? Quelle est votre position de femme sur ces signes extérieurs de servilité et d’infériorité ?

LD. Je me suis longuement exprimée sur ces sujets dans mes deux derniers livres : le voile est à la fois un instrument de soumission des femmes et un instrument de prosélytisme religieux pour servir les idées nauséabondes de l’Islam politique. Les femmes qui portent le voile sont les marionnettes des salafistes et des Frères musulmans. Elles portent le voile pour s’acheter une respectabilité alors qu’elles se construisent une prison. Mais de toute façon la question, n’est pas là, libre ou pas de le porter…ça c’est une réflexion de bobos et de médias. Pour moi, le voile ne correspond pas à l’identité culturelle et politique de notre pays, la France.

JPB. « La France se meurt de sa naïveté » — belle formule : mais encore ?

LD. La France est la victime collatérale de la pensée relativiste et multiculturelle de la génération de mai 68. Pour se donner bonne conscience, certains ont cru bon de sacrifier notre histoire, nos valeurs et notre culture. Quand on parlait d’immigration, on nous traitait de racistes, quand on parlait d’islamisme, on nous disait que nous étions islamophobes (alors que finalement nous étions les seuls à ne pas faire d’amalgame entre les musulmans républicains et les islamistes), quand on parlait de mérite et de travail, on nous qualifiait de réacs ! La pensée unique a nié la réalité de notre pays et la souffrance du peuple, bien trop occupée à garder sa zone d’influence dans les médias. Aujourd’hui nous en payons le prix fort : crise identitaire, islamisme et Front National aux portes du pouvoir.

JPB. Les « accommodements raisonnables » amènent la RATP, dites-vous, à changer de bus au changement d’équipe afin que des chauffeurs musulmans ne prennent pas un volant contaminé, si je puis dire, par leurs homologues féminines. En même temps l’Observatoire de la laïcité de Jean-Louis Bianco propose d’aménager la laïcité — dont vous dites vous-même qu’elle est « un principe non évolutif ». Dans quelle mesure ces compromissions avec des superstitions d’un autre âge sont-elles un danger pour la France — et pour l’Occident en général, parce que les « accommodements » sont bien pires outre-Manche, par exemple ?

LD. Ce n’est pas parce que c’est pire ailleurs qu’il ne faut rien faire et tout accepter. La RATP est une entreprise publique en charge d’une mission de service public, les revendications religieuses ne doivent pas pouvoir s’exprimer en son sein. Ceux qui ne veulent pas conduire après une femme doivent être licenciés pour faute grave. Concernant Jean-Louis Bianco et l’observatoire de la Laïcité … comment lui donner une quelconque crédibilité après qu’il a déclaré « Il n’y a pas de problème de laïcité en France » ?

JPB. Certains élus, dites-vous, brisent le pacte républicain par clientélisme électoral, important en France des pratiques multi-culturelles qui sont l’apanage des pays anglo-saxons. Est-ce bien la culture de la République ?

LD. Non, ce n’est pas la culture de la République. La France a toujours été un pays multi-ethnique, mais jamais un pays multi-culturel. Notre culture, tout comme notre communauté, est unique et elle s’appelle la République. N’en déplaise à certains, chez nous on vit les uns avec les autres et non les uns à côté des autres.

JPB. Vous avez écrit votre livre avant les attentats de novembre dernier — et vous y dénoncez l’angélisme et le déni de la gauche face à la montée du communautarisme religieux. Les choses ont-elles changé depuis sept mois ? Au passage, n’y a-t-il pas des gens de droite qui font eux aussi de petits calculs électoralistes à courte vue — y compris parmi les candidats à la primaire au sein des Républicains ?

LD. A gauche, rien n’a changé, il y a juste un discours de façade un peu plus agressif… Mais rappelez-vous que Manuel Valls après Charlie et l’Hyper-Cascher trouvait des excuses sociales aux terroristes ! Finalement il renvoyait la faute sur nous, ce qui est plus que scandaleux. La gauche se complaît dans le communautarisme et particulièrement le communautarisme islamique car elle y voit de manière cynique des électeurs acquis à sa cause, qu’il faut brosser dans le sens du poil et à qui on doit céder à la première revendication. Incapable de garder l’électorat ouvrier qui a fui vers le Front National, la gauche se réfugie vers de nouveaux « prolétaires », les musulmans des banlieues, quitte à mettre en place une société communautarisée. Quant au fait qu’il y ait eu du clientélisme dans nos rangs à droite et du relativisme sur ces questions… c’est vrai, mais je vous ferai observer que François Hollande est au pouvoir depuis 4 ans et que la menace islamiste n’était pas la même avant 2012. La France a changé.

JPB. Comment expliquez-vous l’irrésistible montée du FN ?

LD. Le communautarisme et le multiculturalisme mielleux de la Gauche y sont pour beaucoup… A cela vous ajoutez le chômage endémique et la trahison du peuple et de l’électorat de gauche de 2012 par Hollande et Valls et vous obtenez un début de réponse… Le FN c’est 10 points sous Mitterrand, 10 points sous Jospin, 10 points sous Hollande !

JPB. Vous dites que nombre d’imams radicaux sont antisémites. Mais enfin, c’est un délit ! Pourquoi n’applique-t-on pas la loi ?

LD. Pour ne pas stigmatiser sans doute, comme disent les socialistes ! Ce pays est en faillite d’autorité. Il nous faut de nouveau un Président expérimenté aux commandes de la France. Un Président sans ambiguïté face à la menace de l’Islam radical et qui défende notre identité, notre histoire et nos valeurs.

JPB. Face à l’islam extrémiste, « les féministes sont aux abonnés absents ». Comment expliquez-vous cette cécité volontaire ?

LD. Le féminisme depuis plusieurs années n’est plus là pour défendre les femmes mais pour servir la soupe au PS et faire la claque dans les meetings ou dans les défilés. Elles se mobilisent pour Malala [Yousafzai] et les jeunes filles enlevées par Boko Haram, ce qui est un bonne chose, mais pour les Malala de nos quartiers elles préfèrent pratiquer la politique de l’autruche ! Alors naturellement pour ces féministes, il est plus important de défendre le multi-culturalisme et le relativisme à travers le voile que de défendre la pauvre fille qui se fait tabasser le soir en rentrant chez elle parce qu’elle a refusé de le porter… . C’est un féminisme couard, petit-bourgeois et finalement raciste et néo-colonial, à l’image de la gauche. Quelle régression !

Jean-Paul Brighelli

Jean-Paul Brighelli : Vous insistez à plusieurs reprises dans votre livre sur l’abyssal mépris de certains pédagogues – ceux qui dirigent la Rue de Grenelle depuis trente ans – pour le peuple. Pouvez-vous en donner des exemples ? Qu’en a-t-il été pour vous, née en Kabylie, petite fille d’une famille nombreuse déracinée dans le nord de la France par la montée des périls en Algérie, et parlant un français qui n’était pas forcément celui de vos petits camarades ?

Lydia Guirous : La gauche bien-pensante aime se donner bonne conscience en faisant semblant de s’intéresser aux enfants de condition modeste, et particulièrement aux enfants issus de l’immigration. Ils font leur BA, en bons scouts de la pensée unique, mais attention : il ne faut pas croire qu’ils souhaitent que tous les enfants modestes se mélangent avec les autres et que l’école républicaine tire tout le monde vers le haut, riches comme pauvres.

Non, ce qu’ils veulent, eux, c’est garder les gens enfermés dans leurs cases : le pauvre, l’ouvrier, l’immigré… Eh oui, si tout le monde se mélangeait, on ne pourrait pas les entendre geindre sur les plateaux télé alors que leurs enfants sont tranquillement enfermés dans les bonnes écoles parisiennes. Alors ils ont trouvé la solution pour concilier leur volonté de se faire du bien et de leurrer le peuple : ils ont nivelé le niveau scolaire vers le bas dans les zones d’éducation difficile. De cette manière, ils ont l’illusion d’avoir œuvré pour le bien commun, alors que, finalement, ils ont créé des bataillons d’élèves de faible niveau qui seront très rapidement largués dans l’enseignement secondaire et supérieur et qui finiront chômeurs, car malheureusement le marché du travail, lui, augmente en permanence ses exigences.

C’est cela, le mépris : faire croire au peuple qu’on l’aide, alors que l’on construit une barrière autour de lui et qu’on lui lance avec beaucoup de mépris quelques cacahuètes pour calmer sa colère. À titre personnel, à Roubaix, il a fallu que je me batte et que je travaille seule pour apprendre les grands auteurs, car de nombreux enseignants pensaient que l’étude du rap, du graph et des tags nous parlait plus… Mais ce n’est pas avec cette « culture urbaine » qu’on réussit ses copies de culture générale lors des concours de grandes écoles…

« C’est justement pour préserver ce qui est neuf et révolutionnaire dans chaque enfant que l’éducation doit être conservatrice. » Un propos auquel j’adhère entièrement. Comment expliquez-vous que son évidence ne saute pas aux yeux de nos modernes pédagogues, qui se veulent (ou se croient) « de gauche » ?

Tout simplement parce que ces idéologues vieillissants sont les produits du ravage culturel de Mai 68 : « il est interdit d’interdire », « Sous les pavés la plage », « CRS, SS »… vous vous souvenez ? Eh bien, ce sont ces dinosaures, ces apparatchiks gauchistes, qui ont pris le pouvoir et lénifié la pensée et le sens critique pendant plus de quarante ans. Ils ont menti au peuple et à ses enfants en développant des théories absurdes sur l’autonomie des élèves et en n’ayant de cesse de niveler l’école vers le bas. Najat Vallaud-Belkacem est leur digne héritière !

Le pire dans tout cela, c’est que les pédagogues de gauche savent très bien qu’ils ont tort et que leur idéologie est dangereuse. Leur pensée, c’est un dol culturel et idéologique qui n’a pour seule ambition que de garder leur zone de pouvoir, leurs enseignements à la fac et leurs contrats d’édition… Dans le fond, ils savent très bien que ce qu’ils prônent ne marche pas, sinon ils n’y aurait pas autant d’enfants de profs à Sciences Po, à l’Ena et dans les grandes écoles… L’élitisme, ils connaissent – pour leurs enfants !

« La discrimination positive à l’école n’est rien d’autre qu’un néo-colonialisme déguisé » – bien sûr ! Mais alors, comment faire lorsque certaines populations sont de toute évidence en décalage culturel ? Leur proposer de travailler deux fois plus que les autres ?

Oui, c’est une évidence. Cela n’a rien de stigmatisant, quand on est moins bon, il faut travailler plus. Cela est vrai pour l’école, le sport, la musique, partout ! C’est comme ça. Quant au décalage culturel dont vous parlez, il y a deux points. Concernant les nouveaux entrants, il faut stopper l’immigration massive et passer à une immigration choisie, avec des populations en accord avec nos besoins économiques et nos valeurs culturelles et politiques. Concernant les immigrés qui sont déjà sur notre territoire, il faut imposer des cours de langue française, d’instruction civique et d’histoire et sanctionner ces derniers par un examen. La réussite à cet examen devrait, selon moi, conditionner l’obtention de la nationalité française et d’un certain nombre d’aides sociales. Cela permettrait une meilleure assimilation et nous retrouverions plus de cohésion nationale.

Vous retrouvez les formules de Jean Zay, homme de gauche qui préconisait, comme vous, « une école hermétique aux pressions de tout ce qui se présente avec le masque de la sacro-sainte modernité ». Il n’y a donc pas d’école de droite ou d’école de gauche ?

Non, il n’y a qu’une seule école, l’école de la République, celle dans laquelle votre mérite et votre travail construisent votre avenir, celle dans laquelle vous devenez des citoyens, celle dans laquelle vous devenez des hommes. Malheureusement, ce gouvernement a choisi l’école du nivellement par le bas. Ils mettent l’école au niveau des plus mauvais élèves et y font entrer « tout ce qui se présente sous le masque de la modernité » en supprimant les notes, le redoublement, les classements…

Ils remplacent les livres par des tablettes, l’apprentissage de l’écriture par des « clics », les exposés se font par copier-coller sur Wikipédia sans un effort réel de compréhension… Et la laïcité est bafouée en laissant des femmes voilées accompagner les enfants lors des sorties scolaires. Cette école-là est une école à deux vitesses, qui s’apparente plus à une garderie qu’à un sanctuaire du savoir. Je souhaite une école de l’instruction, de la rigueur et de la discipline. C’est la seule manière de permettre à tous les élèves – quelle que soit leur condition – de réussir, de construire une génération de citoyens à l’esprit critique et éclairé, c’est la seule façon de rendre possible la méritocratie républicaine.

« La réforme du collège détruit l’ambition d’excellence pour tous et installe la médiocrité pour tous. » Comment expliquez-vous que Najat Vallaud-Belkacem, née dans le Maghreb comme vous, petite fille d’une famille nombreuse comme vous, avec des parents ouvriers, n’ait pas pensé à revivifier l’école primaire et le collège qui lui ont permis de devenir ce qu’elle est – et même qu’au contraire elle ait à cœur de détruire ce qu’il en reste en mettant en place, comme vous le dites fort bien, « une école à deux vitesses, celle de l’instruction face à celle de la garderie » ? Par idéologie, par obéissance aux règles fixées par l’Europe – ou quoi ?

Le problème, c’est que bien des gens oublient de regarder derrière eux et de dire merci. C’est ce qui doit se passer pour Najat Vallaud-Belkacem, qui a oublié que c’est l’école de la République qui a fait d’elle ce qu’elle est aujourd’hui. Elle n’aime pas l’excellence ? Alors pourquoi est-elle allée sur les bancs de Sciences Po ? Elle aime la mixité sociale et ne supporte pas les élites… Et pourtant, son mari est énarque et secrétaire général adjoint de l’Élysée. Tout cela est factice, le positionnement idéologique de NVB comme de toute la gauche repose sur un mensonge, mais, rassurez-vous, leurs enfants, eux, sont dans les filières d’excellence ! Finalement, avec la gauche, c’est « faites ce que je dis, mais pas ce que je fais ». Quel manque de considération pour les Français ! Quel cynisme, quel mépris !

« Une famille dont les enfants ont un fort taux d’absentéisme et causent des troubles au sein de l’école doit voir ses allocations diminuées ou complètement supprimées » – fort bien. Ne pourrait-on pas également repenser le système des bourses en les attribuant plus systématiquement au mérite, au lieu de les indexer systématiquement sur l’état des ressources ?

C’est une évidence, c’est le mérite qui doit primer. Il est vrai que, chaque année, certains bénéficient de bourses dans le supérieur sans suivre les cours ensuite. Avoir une bourse alors que l’on ne veut pas travailler réellement est une insulte pour tous les étudiants qui, sans bourse, vivent souvent dans 6 ou 7 mètres carrés avec des douches et des toilettes communes sur le palier.

« La religion se vit pour soi, chez soi, et ne doit pas se porter comme un étendard en place publique. » Vous exprimez votre désir de voir étendue aux universités la loi de 2004. Mais êtes-vous favorable à une interdiction totale du voile dans les rues ? Et que pensez-vous de la décision de Mme Vallaud-Belkacem d’autoriser des mères voilées à encadrer des sorties scolaires ?

Je souhaite que le voile soit interdit à l’université, mais également dans les entreprises. Il est un instrument de prosélytisme religieux employé par les salafistes et les Frères musulmans pour construire une société où la religion s’impose dans l’espace public et défie la République. L’idée, c’est de dire nous sommes musulmanes avant d’être françaises : cela est incompatible avec le sens même de la République.

Les femmes voilées sont les idiotes utiles du salafisme, elles ne se rendent même pas compte de leur degré de soumission aux hommes et à leur « communauté ». Celles qui portent le jilbeb ou le niqab sont les instruments de propagande d’une idéologie mortifère surtout chez les jeunes. Si c’est leur choix, elles doivent être cohérentes et aller vivre dans un pays où cela ne dérange personne et ne heurte pas les valeurs et le mode de vie. Il y a plein de beaux pays musulmans où leur pratique rigoriste et leur mode vestimentaire ne dérangeront pas… Mais pas en France.

Quant à la décision de NVB d’autoriser le voile aux mères accompagnatrices en revenant sur la circulaire Chatel, je la condamne fermement depuis plusieurs années. C’est une honte, un renoncement, une lâcheté, un recul grave qui consiste à laisser s’installer l’idée que le fait religieux a toute sa place à l’école publique de la République française. Je ne peux pas l’accepter. Et puis c’est aussi une façon d’habituer les enfants à voir des voiles sur la tête des femmes et des signes ostentatoires à l’école… Ensuite, comment pourront-ils comprendre la loi de 2004 ? C’est une façon sournoise d’attaquer encore une fois la laïcité à l’école. Par ailleurs, cela installe l’idée que c’est l’école qui doit s’adapter aux minorités. Je combats cette idée. L’école est une institution pilier de notre République, il faut la renforcer. Ce n’est pas à elle de s’adapter aux élèves, aux parents, aux revendications religieuses, aux minorités.

Comme vous le notez, ce n’est plus seulement la viande de porc qui est rejetée par les petits musulmans à l’école, mais toute viande, à partir du moment où elle n’est pas halal – si bien que des centaines de kilos de viande sont jetés à la poubelle chaque jour. J’ai vu moi-même des élèves refuser des légumes qui étaient susceptibles d’avoir touché une viande non halal. Que proposer alors aux enfants dans les cantines ?

Vous savez, c’est un faux problème, le porc est servi moins d’une fois par semaine dans les cantines et, à chaque fois, on peut prendre en parallèle des légumes et des féculents, ainsi que des entrées, des desserts ou du fromage avec du pain. Je pense que le fait de ne pas manger de viande à un repas n’est pas un drame. D’ailleurs, aujourd’hui, ils ne mangent même pas le poulet, le bœuf, l’agneau, car ils ne sont pas « halal »… À mon sens, c’est un signe de radicalisation des esprits, c’est la pression des parents qui amène à ces comportements. Beaucoup de personnes d’origine maghrébine m’ont rapporté les pressions subies par leurs enfants. Des pressions venant d’autres camarades et même du personnel des cantines scolaires pour exiger qu’ils choisissent le menu de substitution. Cela s’appelle la pression communautaire, et elle se fait aujourd’hui au sein de l’école.

Pour moi, les menus de substitution à l’école, c’est comme le voile : c’est encore de la mauvaise foi pour remettre du religieux à l’école publique et faire céder la République en se victimisant et en jouant sur la culpabilité. Ces gens doivent savoir que l’école publique et laïque ne cédera pas à leur chantage, comme elle n’a pas cédé lorsque des filles voilées hurlaient qu’on les privait de l’accès au savoir en leur interdisant le voile en 2004. Finalement, elles ont retiré le voile dans le secondaire et sont allées à l’école quand même. Force doit rester à la loi. Ne nous laissons pas berner.

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Les livres de Lydia Guirous :





Journaliste québécois, pro-atlantiste, pro-israélien,pro-occidental



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  • 11 thoughts on “Lydia Guirous « Ce n’est pas à l’école de s’adapter aux minorités. Les femmes voilées sont les idiotes utiles du salafisme »

    1. Malcolm Ode

      Quelle belle clarté de vue! Comment des immigrants accueillis par la République et toutes ses institutions édifiantes pour ses citoyens peuvent-ils saborder imbécilement le paquebot qui les sauve? Exiger des menus halals, des mosquée du mal et des voiles…

      On dirait un remake de la grenouille qui sauve un scorpion d’un déluge et qui finit par la piquer… parce qu’il est un scorpion.

      Dans ces conditions, il vaut mieux laisser le scorpion se noyer.

      Je n’aime pas trop poser cette question, mais dans la réalité dure et crue, la Méditerranée ne serait-elle pas un obstacle naturel aux métastases de l’islam?

    2. michel boissonneault

      si Marine Lepen est pas Présidente alors cette femme le mériterais de l’être….
      elle a la force et la volonté de lutter contre ses enragés

    3. Pierrot

      Les musulmans et c’est ce qui les coulera ont toujours été décalés de la réalité et ont toujours formulé des exigences exorbitantes en guise de sommation ou tir de semonce

      Pensant que la surenchère allait faire venir une victoire qu’ils croient certaine

      Comme la CGT , le P C F et les totalitaires en général

    4. Olivier

      Merci !!!!! Bravo !!!! Enfin un discours et une pensée claire et lucide
      Un grand merci à vous Madame , si vous pouviez être entendu part les autres membres de votre parti ! Pour ma part je vote pour vous a 100 pour 100 .
      J’avais 20 ans en 1980 je suis de la génération Tonton ! Et avec le recul votre analyse est toute à fait exacte ! Malheureusement

    5. patricia

      Je la verrais bien ,ministre de l education, elle a du avoir des parents responsables et dignes. Ceci dit si il y a 14 millions de musulmans et que 10 millions comme elle, votent pour la droite, la France peut etre sauvee

    6. Jacques B.

      Lydia Guirous est une des rares politiciennes à parler clairement de ces questions, ce n’est pas la première fois qu’elle se fait remarquer pour cela, et pour son courage, car il en faut dans le contexte actuel.

      Pas vraiment étonnant (mais tellement triste) qu’elle ait été virée du poste de porte-parole des Républicains… lesquels me donnent trop souvent l’impression de faire du suivisme par rapport aux socialo-communistes pour qu’on puisse leur faire confiance. Quelle mesquinerie !

      En tout cas j’aime bien la façon dont elle parle de « notre histoire… notre culture » en parlant de la France, alors qu’elle n’est même pas née dans notre pays.
      Bien des gauchistes, héritiers comme elle le remarque avec justesse du désastreux Mai-68, qui renient le pays qui les a faits, qui les nourrit et leur fournit tout en abondance, feraient bien de s’en inspirer, pour eux-mêmes et pour tous les immigrés et enfants d’immigrés qu’ils prétendent défendre.
      Ah oui mais non en fait : ces gens sont des menteurs et des manipulateurs professionnels : « faites ce que je dis, pas ce que je fais ». Pourritures.

    7. misterClairvoyant

      Lydia Guirous merci. Il nous faut beaucoup de Mariannes comme toi, pour vaincre le mal qui rogne l’autorité de notre République. C’est à l’islam de s’adapter à nos écoles, nos cantines et nos administrations et pas l’inverse.
      Le salut de notre culture viendra de nos femmes, car les hommes ont démissionné ou sont corrompus. C’est l’intérêt des femmes de mener une lutte sans merci, si elles ne veulent pas perdre sa liberté pour tomber dans un être humain très inférieur aux autres être humains par la charia musulmane.

    8. Alice

      Jacques B. Lydia Guirous soutient Nicolas Sarkozy !
      « michel boissonneault
      —————————————————–
      18 juin 2016 at 13 h 40 min
      si Marine Lepen est pas Présidente alors cette femme le mériterais de l’être….
      elle a la force et la volonté de lutter contre ses enragés »
      de son radio bocal vous voulez dire ?

    9. Alice

      Wallerand Saint Just le trésorier du FN est pour la poursuite de la grêve et l’arrestation des casseurs…… et roule galère …
      on a du mal à s’y retrouver , il y a les » déçus » ceux qui attendaient des réformes qui auraient dû être faites et ne l’on pas été et maintenant les même appellent aux blocages ? ? ?

    10. Pinhas

      Tout ce que nous pensons ,que nous ressentons est dit ici par la voix de Lidia Guirous.
      Nous ne sommes donc pas fous mais lucides.
      Oui moi aussi je verrai bien une Femme comme Lidia prėsidente de la Rėpublique.

      De toute façon ,il nous faut un très grand changement .
      Il faut en finir avec ce laxisme .

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