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Le Kosovo : un terrain fertile pour l’EI ?


Le Kosovo : un terrain fertile pour l’EI ?

Le Kosovo a laissé la guerre derrière lui mais la menace de l’extrémisme islamique occupe une place importante.

Où êtes-vous exactement quand vous vous trouvez au Kosovo? Géographiquement, vous êtes en Europe. Le plus récent des pays à avoir acquis son indépendance -le Kosovo n’a que 8 ans- faisait jadis partie de la Yougoslavie.

Si vous regardez autour de vous à Pristina, la capitale du pays, vous pouvez facilement vous croire au Moyen-Orient. Les minarets, les mosquées et les appels fréquents à la prière créent une atmosphère dans laquelle le visiteur se sent mentalement ailleurs. Ou, selon les mots du président du Kosovo, Hashim Thaci: « L’avenir de l’Europe est dans la diversité; nous sommes au cœur de l’Europe ».

C’est exactement dans cet espace que les Kosovars manœuvrent: le destin leur a donné des citrons, alors ils font de la limonade. L’hétérogène Kosovo, qui panse encore les blessures des trois années de la brutale guerre (1996-1999) ethnique, religieuse et territoriale contre la Serbie du criminel de guerre Slobodan Milosevic, tente de devenir un modèle de coexistence.

Le pays respecte la minorité serbe et la petite communauté juive (environ 60 personnes) et a fait de la catholique albanaise Mère Theresa (qui sera bientôt proclamée une sainte) l’une des leurs. Il n’y a pas seulement des mosquées additionnelles qui ont été construites dans ce nouveau climat religieux, mais aussi des cathédrales, dont une magnifique serbe orthodoxe et une catholique spectaculaire dédiée à Mère Theresa.

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Kosovo

Le gouvernement a aussi tout récemment décidé de construire une nouvelle synagogue. Le besoin réel de ces trois constructions est plutôt discutable – leur existence est surtout symbolique. Depuis la déclaration d’indépendance en février 2008, le Kosovo a tenté de se tailler un rôle de médiateur interconfessionnel.

Sur le plan pratique, cela semble fonctionner: ce qui a commencé il y a cinq ans comme une conférence inter religieuse insignifiante avec environ deux douzaines de participants est devenu un rassemblement de 300 participants issus de toutes les religions et de plusieurs pays. Deux lauréats du prix Nobel de la paix (Shirin Ebadi de l’Iran et Tawakkol Karman du Yémen) y ont participé, ainsi que des invités de marque tels que le professeur Abdoulgahir Qamar, expert pakistanais renommé de la charia. Il a refusé avec une extrême politesse d’être interviewé par les médias israéliens.

Dans les milieux diplomatiques au Kosovo, des rumeurs récentes ont fait état de l’ouverture d’un « bureau de liaison » entre Israël et le Kosovo. Ce serait un début. « Les pays qui ont chez-eux des minorités réclamant activement leur indépendance sont réticents à nous reconnaître », a expliqué à contrecoeur un jeune diplomate du ministère des Affaires étrangères.

L’absence totale de reconnaissance est inquiétante, mais certainement pas le plus gros problème auquel le petit pays est confronté. La dernière conférence était intitulée « Le rôle des femmes dans la promotion du dialogue interreligieux et dans la lutte contre l’extrémisme violent » – un long titre pour simplement dire l' »État islamique » (EI).

                   « Un terrain fertile pour l’EI »

Quelques jours avant la rencontre internationale au Kosovo, le New York Times publiait un long article sous le titre: « Comment le Kosovo s’est transformé en un terrain fertile pour l’EI ». Le papier affirmait que des extrémistes religieux et des associations secrètes financées notamment par les Saoudiens ont transformé une société musulmane autrefois tolérante en une usine à extrémisme, en un pipeline pour djihadistes.

Dans une interview accordée à I24news, des diplomates locaux ont qualifié l’article de « vendetta verbale des Américains contre les Saoudiens en utilisant le Kosovo – comme d’habitude – comme seul outil ». Le président du Kosovo n’est pas resté indéfférent à l’article: « Le Kosovo n’a pas de problème d’extrémisme », a-t-il dit. « Ce genre de publication s’apparente à de l’islamophobie; nous sommes en faveur de l’Amérique, de l’OTAN et de l’UE. Toutes les enquêtes le prouvent (…) Oui, il y a des gens comme cela parmi nous. Il y a des gens qui sont partis du Kosovo vers la Syrie et l’Irak – mais pas au cours des deux dernières années ». Le Premier ministre Isa Mustafa était encore plus en colère, soulignant que « le Kosovo est devenu un acteur important dans l’alliance contre l’EI. »

La situation est un peu plus complexe. Arbana Xharra, rédactrice en chef de Zeri, un quotidien populaire au Kosovo, avait 17 ans quand la guerre au Kosovo a éclaté. Elle se souvient que jusque-là, la religion n’avait jamais été un problème. Depuis lors, c’en est toutefois devenu un.

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Un imam local a récemment indiqué que « la place de Mère Theresa est en enfer ». Des leaders religieux obtiennent des bourses dans les pays du Golfe et reviennent radicalisés, exigeant même que les petites filles se couvrent la tête. « Le Kosovo fournit un climat parfait pour ce processus », explique la journaliste, qui cite « la pauvreté, le chômage élevé, (plus de 30%, NDLR) et le fait que le seul pays où les Kosovars peuvent se rendre sans visa est la Turquie ».

Selon ses recherches, 42 femmes ont rejoint l’EI. Elles étaient toutes issues de milieu laïque. Elles ne se sont pas toutes jointes au groupe armé pour combattre, certaines suivant seulement leurs maris. En 2014, 40 personnes ont été arrêtées pour appartenance à l’EI. La jeune rédectrice trouve toutefois encourageant d’entendre des voix fortes et significatives au Kosovo condamner non seulement la mobilisation active dans l’EI, mais aussi toutes les formes de radicalisation.

La capitale n’affiche aucune trace de la guerre sanglante qui a pris fin il y a 17 ans. Tout comme les Israéliens, qui s’efforcent d’effacer rapidement les traces laissées par les bombardements, les Kosovars ont été prompts à couvrir la destruction physique causée par la guerre.

Curieusement, l’un des rappels de ces jours tragiques est une immense statue triomphante de Bill Clinton, dont l’engagement militaire avait mis fin à la guerre. Il y a aussi une avenue qui porte son nom (elle croise la rue Mère Teresa), un magasin nommé Hillary et une rue George Bush, qui était président lorsque l’indépendance a été déclarée. Le seul signe visible des troubles passés ou potentiels est le nombre élevé de soldats des forces de maintien de la paix au Kosovo.

Kosovo-islamisme

Le général Miglietta, commandant de la force de l’OTAN au Kosovo, a qualifié la situation de « calme et stable, pour le moment », dans une entrevue à I24news. « Nous sommes ici pour la liberté de mouvement et assurer un environnement sûr », dit-il. Pourtant, il semble que toutes les forces déployées sont là pour un but principal: maintenir le Kosovo en Europe.

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  • 2 thoughts on “Le Kosovo : un terrain fertile pour l’EI ?

    1. Aline1

      Un article bienvenu. Il me fait comprendre ce qui était un peu flou pour moi. En partie du moins.

      D’après ce que j’en retire, je souhaite à ce petit état d’être reconnu et de ne surtout pas se retrouver entre les pattes de l’EI, ou d’autres fondamentalistes.

    2. Brétagnol Michel

      Ce que je sais du Kosovo c’est que les chrétiens, n’y sont pas en sécurité,qu’au contraire ils vivent sous la menace des Kosovars musulmans

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