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Est-il encore possible de stopper ou d’endiguer le flux de millions de migrants? – Opinion de Christoph Wittmann – Partie 2/2 : Peut-être une solution?


Est-il encore possible de stopper ou d’endiguer le flux de millions de migrants? – Opinion de Christoph Wittmann – Partie 2/2 : Peut-être une solution?

L’Europe se trouve enfermé dans un «piège moral», un piège dont elle ne sortira qu’en faisant des compromis vis-à-vis de ses propres standards moraux.

Partie 1: Constat

La vérité que les médias ne veulent pas montrer

Les mouvements de migrations que connait l’Europe depuis des années et qui se sont considérablement accélérés en 2015-2016 relèvent plus du «pull» que du «push». Malgré tous les efforts des médias et l’agitation hystérique de quelques célébrités, l’immense majorité des migrants qui débarquent sur les côtes européennes ne le font pas pour échapper aux bombes et se mettre en sécurité, mais pour améliorer leurs perspectives économiques et leurs conditions matérielles. Même dans le cas des réfugiés de guerre syriens et irakiens, effectivement menacés par les bombes dans leur village, on sait que la plupart d’entre eux avaient déjà fui leur domicile et vivaient dans des camps de réfugiés au sein de zones épargnées par les combats ou dans les pays limitrophes lorsqu’ils ont été abordé par les passeurs. Ces derniers leur ont fait miroiter tous les avantages d’un passage en Europe en leur expliquant les différences entre les régimes de droit d’asile et les systèmes d´aide sociale des différents pays européens, ce qui explique qu’ils veulent tous aller dans les mêmes pays.

Le fait même que les migrants soient constitués à 75% d’hommes entre 15 et 35 ans est caractéristique d’une migration économique.

On sait des milliers de récits de migrants récoltés depuis le début de la crise que l’Europe leur a été «vendue» à l´aide de joli photos de maisons dans lesquelles les réfugiés sont hébergés ou de photos de joli jeunes filles, blondes de préférence, mais en tout cas «pas farouches». Il n’y a que quelques doux idéalistes pour penser que les migrants viennent en Europe pour nos systèmes démocratiques et nos valeurs. Certains hommes politiques en Allemagne se sont même déclaré «fiers» que l’Allemagne soit la destination favorite des migrants et ce sentiment de fierté était très répandu dans le peuple allemand, du moins au début de la crise.

Les médias audiovisuels se sont appliqués à nous montrer une autre réalité, une réalité à la fois pathétique et militante, en évitant soigneusement, par exemple, de filmer les camps de réfugié de «très bon standing» (selon la page internet de l’UNHCR) en Turquie, préférant filmer les camps insalubres du Liban ou montrer des familles en fuite sur fond d’images de guerre pour suggérer que l’accueil de ces migrants en Europe était le seul moyen de sauver leurs vies. Quiconque, dans ce contexte, veut fermer la porte aux migrants ne pouvait être que qu’un être méprisant ou raciste, en tous les cas méprisable. L’opération des médias, de concert avec les discours des dirigeants européens, a longtemps été un immense succès de propagande. Très peu de politiciens ou d’intellectuels au second semestre 2015 osèrent questionner le narratif des médias ou mettre en doute le dogme du «droit d’asile inaliénable et illimité» et ceux qui s’y sont risqué, ont récolté dégoût et stigmatisation.

Les évènements du Nouvel An à Cologne, qui ont montré une image des migrants très différente de celle servi par le marketing des médias, ont un peu libéré le discours. Depuis Cologne, la nécessité de stopper ou freiner les flux migratoires en direction de l’Europe est abordée ouvertement et l’Europe a commencé à chercher des solutions, pas toujours très heureuses comme le montre le deal avec la Turquie.

L´Europe se trouve enfermé dans un «piège moral»; un piège dont elle ne sortira qu´en faisant des compromis envers ses propres standards moraux

Autant que l´on peut souhaiter l’échec des entreprises de ces passeurs et le tarissement des flux migratoires, on ne peut souhaiter que leurs embarcations disparaissent en mer avec leurs occupants pour agir comme dissuasif vis-à-vis de potentiels futurs migrants. Dans l’état actuel des choses, stopper les opérations en mer de Frontex et des états ou organismes impliqués consisterait à accepter délibérément et en connaissance de cause une perte importante en vies humaines.

Il est trop tard pour regarder ailleurs. En l’absence d´accord avec les pays de transit ou d’origine sur le renvoi des migrants, l´Europe semble condamnée à continuer ses opérations de sauvetage en mer, mais elle n´est pas obligée de perpétuer son rôle de «passeur».

Sauver les vies humaines sans fournir d´incitatifs à de futurs candidats à l´immigration, là est tout l’enjeu

La «solution turque», négociée personnellement par le nouveau leader de l´Europe, Angela Merkel, va dans ce sens et a effectivement contribué à réduire le nombre de migrants par son effet dissuasif. Le système mis en place permet, en théorie du moins, de privilégier les «réfugiés de guerre» vis-à-vis des migrants économiques qui ne seraient pas autorisé à entrer en Europe et à déléguer une partie du «sale travail» dont l´Europe ne se sent pas digne, à la Turquie.

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Mais cet accord a aussi un coût énorme pour l´Europe: Un coût politique d’abord avec la mise en dépendance de l´Europe vis-à-vis d´un autocrate turque de plus en plus imprévisible; un coût civilisationnel et économique aussi avec la perspective d’une immigration illégale massive en provenance de la Turquie et d’un afflux de réfugiés de l’éthnie kurde brutalisée par Erdogan et son gouvernement. Enfin l’accord avec la Turquie a un coût pour nos institutions, car les perspectives d’une entrée de la Turquie dans l´Union Européenne consisterait à faire entrer le «loup dans la bergerie» et à faire éclater l’Europe si les politiciens de Bruxelles et Angela Merkel n’y sont pas parvenu d´ici là.

L’accord, qui d’ailleurs ne concerne que la route Turquie-Mer Egée, est suspendu depuis trois semaines, en raison d´un changement d’humeur de notre «allié» turque. L´Europe se retrouve donc livrée à elle-même, avec l´épineux problème de la sécurisation de ses frontières extérieures maritimes.

Au milieu de ce marasme, enfin une proposition courageuse

Sebastian Kurz, le jeune Ministre des Affaires Etrangères autrichien a rappelé ces derniers jours, dans un entretien au journal « Krone », comment l’Australie, confrontée elle-aussi à une migration illégale sur ses 29.000 kilomètres de côtes, est parvenu à contrôler son immigration.

Sa proposition? S’inspirer du modèle australien: Stopper les bateaux de migrants et les retourner vers les côtes d’embarquement. Là où cela ne sera pas possible, pour des raisons de sécurité des embarcations ou de droit international, les migrants seraient débarqués sur une île où il sera procédé à l´examen de leur droits d’asile. Si leur demande d’asile est rejetée, les migrants seront soit retournés vers leur pays d’origine ou un autre pays d´accueil soit, si cela n’est pas possible, retenus sur l’île. Un transfert ultérieur vers l’Europe serait exclu pour que la mesure soit vraiment dissuasive.

Ces mesures paraissent dures et le sont certainement aussi pour les migrants concernés, mais cette fermeté peut sauver de nombreuses vies, celles de tous ces migrants qui ne se mettront pas en route et ne confieront pas leur vie à des passeurs sans scrupules.

Bien sûr, si l’Europe applique une telle solution, les images que ne manqueront pas de produire les médias télévisés ne seront pas belles. Mais sans briser de rêves et sans marketing-à-revers, avec la diffusion d’images sur le désespoir de quelques milliers de migrants qui ont vu leur rêve d’Europe stoppé net, les flux migratoires en direction de l´Europe ne se tariront pas et avec eux, leur cortège de morts.

Qu’est ce qui nous fait croire que la solution proposée par Sebastian Kurz permettrait de stopper ou considérablement freiner l´immigration illégale?

Quelques simples observations attestent que les flux entrants de migrants en Europe dépendent directement de leurs chances d’atteindre les pays les plus convoités d’Europe de l’Ouest et que cette perspective est la cause principale pour laquelle ils se mettent en marche, au-delà de toute autre motif:

D’abord, le spectacle de milliers de migrants manifestant violemment à Idomeni pour quitter l´Union Européenne et entrer an Macédoine, qui n’est pas un pays de l’UE, mais une simple étape sur la route vers l’Europe de l’Ouest, ainsi que le refus des migrants de déposer une demande d’asile en Grèce, est révélateur.

Depuis le début de l´application de l´accord avec la Turquie, les réfugies «coincés» dans les «hot spots» des îles de la Mer Egée se sont vu offrir la possibilité de déposer une demande d’asile en Grèce en lieu et place d’une expulsion vers la Turquie. La majorité des migrants qui l’ont fait ont vu leur demande acceptée. Malgré l’aspect contre-productif en terme dissuasif de cette procédure, le taux élevé de reconnaissance par les juges grecs n’a pas entrainé une recrudescence des passages en Mer Egée. La perspective d’un asile en Grèce ne suffit pas à mettre en mouvement les populations, ce qui montre bien que celles-ci se trouvent déjà à l’abri de la guerre dans des camps de réfugié ou dans la société des pays limitrophes.

Enfin, l’ile de Chypre, membre de l’Union Européenne et de la zone Euro, un pays paisible et développé dont l’économie a bien redémarré depuis la crise de 2012, ne se trouve qu’à 100 kilomètres des côtes syriennes, turques et libanaises! Pourtant, que très peu de migrants ont accosté l’île depuis le début de la crise, cent fois moins que la Grèce. Les migrants essaient à tout prix d’éviter Chypre. Qu’elles en sont les raisons?: Chypre n’est pas membre de la zone Schengen. Les migrants ne sont pas autorisé à quitter l’île pour rejoindre la Grèce et ultérieurement l’Europe de l’Ouest. Par ailleurs, l’état chypriote leur accorde rarement le statut de réfugié, mais celui de «protection subsidiaire» qui n’autorise pas le regroupement familial.

Sur la base de ce dernier exemple, on voit bien, que si les états européens, en premier lieu la Grèce et Italie, ne pratiquaient pas le transport des migrants des îles (Lampedusa, Lesbos, Chios, etc.) vers le continent et ne leur permettaient pas de poursuivre leur périple vers l’Europe de l’Ouest, les flux migratoires tariraient.

En dehors du fait, que cette solution épargnerait des vies, elle permettrait aussi de stopper la déstabilisation dangereuse du continent européen, sauvegardant ainsi la capacité du continent à produire des richesses et à financer l’aide au développement des plus défavorisés de la planète.

Et si on rêvait un peu?

Il y a fort à parier, qu’une fois soulagé par la maîtrise regagnée des frontières extérieures et le tarissement de l’immigration massive, les citoyens européens soutiendraient l’Union Européenne dans toute une série de mesures visant à améliorer les conditions des réfugiés au Moyen-Orient et en Afrique et pas seulement de ceux qui ont la force et les moyens de financer leur passage en Europe.

Paradoxalement, la maîtrise des frontières de l’Europe permettrait également de sauver le droit d’asile qui continuerait à exister à côté d’une politique «d´immigration-par-points» sur le modèle canadien afin de garantir que l´Europe accueille les immigrés dont le continent a besoin.

Le nouveau droit d’asile continuerait à fournir protection aux individus ou minorités persécutées de par le monde et les possibilités de déposer une demande à l’extérieur de l’Europe seraient facilitées. Par contre, les peuples victimes de situation de guerre seraient abrités le plus près possible de leur village, dans les pays limitrophes et dans des camps financés par l’ONU, l’UE et les autres grandes puissances, sans oublier les riches pays arabes.

Ces mesures seront coûteuses, mais beaucoup moins que les mesures d´intégration de millions de musulmans qui de par leur culture, leur langue et leur religion représentent un immense challenge pour l’Europe, autant sur le plan financier que sociétal. Par exemple, l’accueil de plus d’un million de migrants en 2015 va coûter à l’Allemagne, d’après certaines estimations sérieuses, plusieurs centaines de milliards d’euros étalées sur plusieurs années (nourriture, logement, formation, insertion, soins, dépenses de sécurité,..)

Retour à la réalité

Les propositions de Sebastian Kurz ont déja récolté un feu nourri de critiques en Autriche, en particulier de la gauche qui lui reproche son mépris des êtres humains. Comme d´habitude les bien-pensants préfèrent polir leur bonne conscience tout en sachant que le cours actuel des choses mène droit à la catastrophe. Il est tellement plus facile d’avoir tort avec la majorité des politiciens et des médias que d’avoir raison en s’exposant au lynchage médiatique.

L’Europe a plus que jamais besoin de personnalités politiques courageuses, comme Sebastian Kurz, qui s’affranchissent du politiquement correct et de fausse morale pour guider le continent sur une autre voie et sauver ce qui fait la grandeur de l’Europe et du monde occidental.

Les peuples d’Europe ne peuvent plus se permettre de manquer un rendez-vous avec les urnes. Déjà, ils sont en train de s’affranchir de la propagande multi-culturaliste des médias audiovisuels. Il leur faudra encore s’affranchir de la stigmatisation provenant de la gauche et des médias. Avoir du cœur ne signifie pas qu´il ne fasse pas parfois dire « STOP » et être ferme et conséquent, dans l´intérêt de tous. C’est vrai en politique comme dans d’autres domaines.

Partie 1 : Constat

Christoph Wittmann pour Europe-Israël

 

 







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  • 3 thoughts on “Est-il encore possible de stopper ou d’endiguer le flux de millions de migrants? – Opinion de Christoph Wittmann – Partie 2/2 : Peut-être une solution?

    1. Aline1

      Mr Christoph Wittmann,

      Vos deux articles sur le sujet sont intéressants et passionnants- en même temps les réalités qu’ils dévoilent sont désespérantes, quand l’on a un peu idée de ce qui mène de pauvres hères, oui ce sont de pauvres hères en majorité, ces migrants…Même si pour être lucides nous savons que parmi eux se trouvent des fondamentalistes et de dangereux extrémistes.

      Mais ces êtres humains sont tout de même la proie de jeux de pouvoirs émanant de tant d’endroits et de personnes…Ils sont comme nous, de simples marionnettes pour ceux qui tirent les ficelles.

      Pour autant, la logique, les réalités, le pragmatisme font qu’il est difficile pour des citoyens honnêtes ayant vécu dans une certaine civilisation (qu’ils ont gagné quelquefois au prix du sang) que ceux-ci acceptent de concevoir leurs assurances, leurs mode de vie, leur niveau de vie, etc…Tout cela devant être bouleversé.

      Ils partageraient bien s’ils étaient eux-mêmes dans l’aisance. Mais ce n’est pas le cas. Et ils ne peuvent accepter des mœurs où les Droits de l’Homme, de la femme et des Enfants soient bafoués.

      Comment leur en vouloir ?

      Alors, je vois bien que vous n’êtes pas très commenté, et je comprends que les gens ne savent pas quoi dire en fait :

      – partagés entre la compassion et la lassitude et le refus légitime de voir l’Europe entière transformée…Non pas pour le mieux, mais avec des perspectives effrayantes.

      Alors que diraient-ils sans passer pour des fachos (nous savons combien il est facile aujourd’hui d’être traité ainsi) ?

      Merci de vos éclairages qui sont certainement lus par beaucoup.

    2. Christoph Wittmann Post author

      Merci Aline d’avoir lu attentivement mon article et pour votre commentaire. Je reste convaincu que l’on peut avoir une influence sur le cours des choses, en étant généreux avec ceux qui sont véritablement menacés, persécutés, qui se plient aux règles d’obtention de l’asile et ont une véritable volonté de s’intégrer dans nos sociétés, mais en étant ferme avec tous les autres, s’y tenir et le faire savoir. Nos dirigeants ont en permanence envoyé les mauvais messages et l’Europe récolte les fruits de leur politique.

    3. Francois

      Bravo pour votre article. Simple et clair, l’évidence même. C’est notre acceptation systématique des migrants, et mieux encore notre aide logistique à les amener à terre, qui a généré le flux migratoire.

      D’ailleurs ce flux a augmenté fortement suite au naufrage de Lampedusa, quand l’Europe a commencé à silloner la Méditerranée à la recherche des migrants. L’augmentation massive de la migration ne correspond qu’à cela, et pas à un changement des conditions dans les pays d’origine.

      Mais le gauchisme dominant, qui touche aussi une bonne partie de la droite, comme Merkel, ne permet pas de voir clair.

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