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Syrte: l’ONG Human Rights Watch publie un rapport sur la situation des Libyens sous le joug de l’État islamique


Syrte: l’ONG Human Rights Watch publie un rapport sur la situation des Libyens sous le joug de l’État islamique

Crucifixions, charia, police des mœurs… Un rapport de l’ONG Human Rights Watch décrit les multiples exactions que subissent les habitants de Syrte, port du nord de la Libye contrôlé par Daech qui y impose sa loi d’airain.

L’enfer au bord de la Méditerranée. L’ONG Human Rights Watch vient de publier un rapport sur la situation des Libyens vivant sous la férule de l’État islamique dans la région de Syrte, un port méditerranéen du Nord du pays, aux mains de Daech depuis fin 2014. «Nous avons l’impression d’être maudits» est titré le rapport, reprenant l’expression d’un habitant.

Commencée fin 2014, l’infiltration de djihadistes de l’État islamique s’est achevée par le contrôle total de la ville d’origine de Mouammar Khadafi en juin 2015. Aujourd’hui, la branche libyenne de l’EI contrôle 200 kilomètres de côte, situés à 500 kilomètres à vol d’oiseau du sud de l’Europe. L’organisation terroriste s’est emparée du port, de la base aérienne, des centres de pouvoir, et des bureaux du gouvernement. Toutes les banques ont été fermées sauf une, qu’il contrôle entièrement.

Selon l’ONG, les combattants de l’État islamique en Libye sont 1800 à Syrte et 3000 dans tout le pays. Dans la zone qu’il contrôle, Daech enrôle des soldats dès l’âge de 16 ans, selon plusieurs sources citées par le rapport. Si de nombreux djihadistes sont Libyens, le pouvoir est entre les mains de combattants étrangers, Syriens, mais aussi Saoudiens, Égyptiens, et Soudanais. Le plus gros contingent de djihadistes étrangers provient de la Tunisie voisine. La frontière entre les deux pays reste poreuse malgré le renforcement récent de 200 kilomètres de clôture de sable par les Tunisiens.

Pour établir ce compte-rendu effrayant, Human Rights Watch s’est fondé sur 45 témoignages d’habitants de Syrte, pour la plupart réfugiés à Misrata. Les deux tiers des 80.000 habitants auraient en effet fui la ville. A travers divers récits recoupés, on découvre l’horreur de la vie quotidienne sous la dictature islamiste. «La vie à Syrte est insupportable. Tout le monde vit dans la peur. Ils tuent des gens innocents. Il n’y a plus de magasins, l’hôpital n’a plus ni médecins ni infirmières, il n’y a plus de médecine. Il y a des espions à chaque coin de rue. La plupart des gens ont fui, mais nous sommes bloqués. Nous n’avons pas assez d’argent pour partir» raconte ainsi Alham, 30 ans.

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