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Quand Lieberman joue à Iznogood


Quand Lieberman joue à Iznogood

Le fascisme est à nos portes. Enfin, si on en croit les différents commentateurs politiques israéliens en réaction à la nomination d’Avigdor Lieberman au poste de ministre de la Défense. Pourquoi la nomination au gouvernement d’un homme qui a été de presque tous les gouvernements depuis 2001 nous rapprocherait du fascisme ? C’est déjà un mystère en soi. Mais le plus amusant est que les mêmes personnes qui dénoncent avec ferveur l’arrivée de Lieberman, vantaient encore il y a peu ses qualités de pragmatisme et de modération quand ils l’imaginaient rejoindre une grande coalition de centre / centre-gauche pour faire tomber Netanyahou.

En effet, une des causes principales de la chute du précédent gouvernement était le rapprochement entre Yair Lapid, Kahlon et Lieberman, notamment, et leur intention de créer ensemble un grand parti centriste qui devait remplacer le Likoud au pouvoir. On ne sait pas qui exactement devait siéger à sa tête et au vu des égos surdimensionnés des personnes impliquées, c’est probablement ce qui a fait échouer cette initiative, mais plusieurs sources journalistiques évoquaient la possibilité de voir Lieberman postuler au rang de Premier ministre, ou au moins, de ministre de la Défense. Et ces journalistes, comme le très anti-Netanyahou Raviv Drucker de la Chaine 10, appelaient un tel développement de leurs voeux.

Ce même Drucker s’inquiète aujourd’hui de la menace pour la démocratie que représente la nomination, parfaitement légale et légitime, de Lieberman à la Défense. Parce que la seule chose qui compte aux yeux de cette presse de gauche est de faire tomber Bibi, par tous les moyens, tous les mensonges, et toutes les calomnies.

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La seule question qui se pose est de savoir pourquoi Lieberman, qui avait refusé avec virulence de rejoindre le gouvernement l’an passé, a subitement changé d’avis. Ce n’est pas un secret que Lieberman et Netanyahou ont des relations personnelles compliquées. Mais les raisons sont liées aux ambitions politiques de Lieberman. Lors des élections de 2013, le Likoud et Israel Beitenou se sont unis en une liste commune dont l’objectif était d’obtenir au moins 45 sièges. C’était du moins le calcul de Lieberman qui pensait que la réunion des deux partis créerait une dynamique à droite autour de la liste. Cette union était le premier pas vers la fusion des deux partis qui devait mener Lieberman à se poser en successeur de Netanyahou à la tête du Likoud.

Malheureusement, cette stratégie fut un échec, la liste commune n’obtenant que 31 sièges – contre 42, séparément, en 2009 -, et provoqua un fort mouvement de rejet au sein du Likoud envers Lieberman, tenu, à juste titre je pense, pour responsable de ce résultat.

Voyant son plan de fusion avec le Likoud compromis, Lieberman s’est mis à chercher une autre voie pour accéder au poste de Premier ministre, d’où l’idée de création d’un nouveau grand parti du centre. Mais là encore, cette stratégie ne porta pas ses fruits, notamment à cause des enquêtes pour corruption lancées contre plusieurs membres hauts-placés d’Israel Beitenou et le fait que Netanyahou provoqua les élections avant que les « comploteurs » soient prêts à passer à l’action.

Lors des élections de 2015, Israel Beitenou a survécu de justesse, ne passant le seuil d’éligibilité qu’après que Lieberman eut abandonné sa réthorique centriste pour revenir à ses fondamentaux: la défense des intérêts des olim de l’ex-URSS et la dénonciation des Arabes israéliens.

Lieberman, frustré et humilié, a refusé d’entrer dans le gouvernement faisant le calcul qu’une coalition de 61 ne tiendrait que quelques mois, et qu’en jouant l’opposition de droite, il pourrait réunir les mécontents lors des inévitables élections qui se produiraient rapidement. Ce pari s’est avéré, une fois encore, erroné. Le gouvernement est resté stable même si soumis au chantage de quelques députés, et était sur le point de faire entrer le « Camp sioniste ». Lieberman a compris qu’il allait se retrouver trois années supplémentaires dans le désert de l’opposition et qu’il risquait d’y disparaitre à jamais. Il a donc saisi la première opportunité qu’il pouvait pour entrer, abandonnant au passage la plupart de ses demandes, sauf celles concernant les retraites pour les olim de l’ex-URSS, qui restent la base électorale du parti.

Netanyahou de son côté trouvait un excellent prétexte pour se débarrasser de Moshe Yaalon dont le comportement pour le moins étrange ces derniers mois ne pouvait plus être toléré. Lieberman comme ministre de la Défense fera probablement la même chose qu’à ses autres postes ministériels – c’est-à-dire rien du tout. En attendant de fomenter un nouveau plan, voué à l’échec, pour devenir calife à la place du calife.

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© Binyamin Lachkar pour Europe Israël News







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  • 7 thoughts on “Quand Lieberman joue à Iznogood

    1. yoniiii

      hi

      trop de democratie tue la democratie

      israel tombera a cause de sa democratie et son humanité … debilitante et auto siucidaire

      nous sommes dans une 3e guerre mondiale , nocidaire avec un ennemi sans foi ni loi et qui n essitera pas a genocider israel et le pleuple juifs

      avec de tel ennemi

      muzz
      dhimmis occidentaux , israel compris

      la seul reponse c est de livrer cette 3 E GUERRE MONDIALE avec britalité et efficacité avec pour seul but  » SURVIVRE COUTE QUE COUTE

      ce qui implique des loi d exception

      des mesure de defense et de securité qui von a l encontre de la democratie mais assure notre survie

      toute sindividus affaiblissant la capacité du peuple juifs et d israel de vaincre ses ennemi et en sortir vainqueur de cette 3e guerre mondiale

      devient l ennemi a abattre

      dans tous les sens du terme

      mieux vaut éléminer ses ennemi
      plutot que ce soient eux qui vous elimine

      by

    2. Aline1

      J’ai bien peur que le pire ennemi d’Israël soit cette volonté d’être comme qui dirait :

      « Plus démocrate que moi tu meurs »

      Quand un Pays est en danger, Il y a en effet des mesures et des Lois d’exception comme le fait remarquer Yoniii.

      Le comportement des opposants à netanyahou, me donne la nausée.

      Il ne réalisent pas tout le mal qu’ils ont déjà fait pas seulement à leur pays, mais également combien ils ont aidés à justifier un antisémitisme galopant, au nom de l’antisionisme. Ils se font les alibis pour cet antisémitisme. Merci Messieurs, nous serons nombreux dans la diaspora à vous devoir les grands malaises dans lesquels nous vivons dans nos pays où nous devons à présent quasiment cacher le fait que nous sommes juifs et raser les murs.

      Sans compter, bien sur, le préjudice à votre propre pays. L’idéologie devient une véritable plaie. Bien sur qu’une démocratie a besoin d’opposants – Mais devant des incendies on éteint d’abord le feu. Herzog aimerait son Pays et ses concitoyens, il se serait rallié, mais non ! D’abord les intérêts de cette gauche qui décidément semble recevoir beaucoup « d’aides » de partout dans le monde.

      Peuvent-ils y renoncer ? Lol, la gauche pour les plus misérables. Quelle farce !

      Et comment ne voient-ils pas que c’est ainsi qu’il en est pour Israël aujourd’hui ? Qu’il y a d’abord des feux existentiels à éteindre, avant de se battre pour des égos et même des principes qui ne sont pas de mise, face au danger.

    3. Serge de netanya

      @Aline quel plaisir de vous lire je rajouterais qu’une ou deux phrases je réside en ISRAEL depuis de nombreuses années et je comprend vos récriminations a l’égard de toute cette gauche israélienne qui n’a d’égal que les juifs gooooochiste européens mais de grâce ne rasez pas les murs venez vivre ici c chez VOUS je sais c facile a dire mais le coup de pied au c.. fait mal parfois

    4. Aline1

      @Serge de netanya,

      Il se trouve que j’aime encore le pays ou j’habite- Il traverse une crise que j’espère passagère. Le bon sens finit toujours par revenir, non ? Alors pour l’instant, je défends mes congénères d’ici.

      Je me persuade que beaucoup des concitoyens de mon pays ne sont pas antisémites, et que ce sont les plus hargneux qui s’expriment.
      Je pense que l’on peut encore attendre et voir.

      Le bonjour à tout Netanya.

    5. Pafilou

      J’aime beaucoup Europe-Israël cela va sans dire. Mais je pense que l’article comporte beaucoup d’erreurs et d’imprécisions. Lieberman est un peu plus futé que ce que croit l’auteur de l’article.
      En fait, s’il est évident que la coalition Likoud-Israël Beitenou a été un échec, son refus d’entrer dans le premier gouvernement Bibi était une prise de risque stratégique très payante : à l’époque, il n’aurait eu que des miettes, aujourd’hui son entrée change la donne du tout au tout : il a réussi à faire du social labourant ainsi les plate-bandes de Moshé Kahlon, il est Ministre de la Défense laissant l’excellent Naftali Bennett sur sa faim, et il tire à droite la Justice en proposant une loi pour que la cour suprême réunisse un quorum entier pour annuler une loi du gouvernement, dépassant de loin les propos relativement modérés de l’excellente Ayelet Shaked.
      En outre, en fin politicien – mais cela ne me plait pas du tout – il sait calmer le jeu avec la « solution » à deux états : les US et la gauche sont rassurés. Avec le déni qui règne en maitre aujourd’hui il va pouvoir, la gauche étant sûre de ces « promesses », agir sans être inquiété.
      Au fait, pourquoi y a-t-il toujours des enquêtes judiciaires sur Israël Beitenou juste avant les 3 dernières élections : le parti Shass ne fait plus le plein des voix Sépharades, les Ashkénazes (russes) ne votent pas Avoda, Bibi et le Likoud n’aiment pas paraitre dépassés à droite, et la maison Juive (bait hyéoudi) c’est bien, mais Israël notre maison c’est mieux…

    6. MisterClairvoyant

      L’échiquier politique en Israël est compliqué avec, Bibi, mais sans lui, il serait plus compliqué encore. C’est pour cela qu’il est le Premier-ministre.
      La Solution à deux états, c’est suicidaire et le contraire d’une Solution, cela rendra plus fragile Israël, le privant de frontières sûres comme actuellement, en multiplient les frontières actuelles ce qui deviendra un pays fragilisé et a la porté de ses ennemis. Et en ouvrant des portes aux terroriste pour viser le cœur économique d’Israël depuis la Judée-Samarie en plus de Gaza, librement et légalement approvisionnés en armes depuis l’étranger. Il ne faut par abandonner quelque tours du « Château Israël » en pensant le rendre imprenable, car c’est le contraire qu’arrivera, et là, je suis en totale désaccord avec Lieberman et tout ceux qui pensent la Solution à deux états amènera la Paix comme un Miracle. Mais Bibi va le calmer sur ce sujet ou le fera dégager!

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