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Opération antiterroriste d’Argenteuil : Reda Kriket, voleur et djihadiste. L’autre réseau terroriste qui inquiète


Opération antiterroriste d’Argenteuil : Reda Kriket, voleur et djihadiste. L’autre réseau terroriste qui inquiète

Un délinquant violent sans scrupules. Le profil de Reda Kriket, 34 ans, laisse imaginer le soulagement des enquêteurs de la DGSI d’avoir mis un terme à ses plans funestes. Braqueur patenté, le natif de Courbevoie (Hauts-de-Seine) a basculé dans l’islam radical dans les années 2000 sans pour autant mettre un terme à ses activités délictuelles.

Un mélange explosif peu à peu mué en projet terroriste.

Dans la ville où il a grandi, Reda Kriket s’est fait connaître dès l’adolescence comme cambrioleur. Plusieurs fois mis en cause dans des affaires de vol, il est monté en puissance pour devenir « un voyou dangereux », se souvient un avocat l’ayant côtoyé, notamment lors de son procès à Nanterre pour un règlement de comptes ultraviolent. Reda Kriket n’avait que 21 ans lorsqu’il a participé à une expédition punitive dont la victime a failli ne jamais revenir. Dans la nuit du 11 au 12 décembre 2003, il comptait parmi la dizaine de jeunes hommes qui ont enlevé un rival pour le tabasser. Jetée dans le coffre d’une Volkswagen, la victime fut emmenée dans une maison des Yvelines. Là-bas, la violence fut telle que le jeune homme avait sombré dans le coma pendant deux semaines.

«Il faisait partie du groupe des voleurs qui permettaient de financer les départs en Syrie»

Au procès, Reda avait admis sa participation au passage à tabac mais nié avoir tenu le couteau qui a balafré la victime. Reste que c’est lui, ainsi qu’un deuxième agresseur, qui avait été condamné à la plus lourde peine prononcée à l’issue de ce procès : cinq ans de prison.

En 2011 après un nouveau séjour en prison pour cambriolage, il part en Belgique, semble-t-il pour échapper à la justice de son pays. Déjà père d’un enfant, il se met en couple avec une Française. S’il est un délinquant notoire, son basculement vers la mouvance djihadiste est plus flou. Mais une enquête belge montre qu’il avait peu à peu acquis un rôle clé dans la nébuleuse radicale bruxelloise, en particulier auprès de Khalid Zerkani, jugé en 2015 pour avoir dirigé une filière d’une quinzaine de combattants vers la Syrie… dont un certain Abdelhamid Abaaoud.

Autour de Zarkani, un prédicateur improvisé décrit comme un « Papa Noël » par ses fidèles, gravitait une trentaine d’islamistes radicaux chargés de recruter et de soutenir le départ de jeunes de Molenbeek en Syrie. Parmi ces petites mains, Reda Kriket surnommé le Français. « Il faisait partie du groupe des voleurs et receleurs qui permettaient de financer les départs en Syrie », résume un proche du dossier.

«Il était considéré comme un pur caïd, un truand sans foi ni loi»

Le Francilien se spécialise dans l’écoulement de bijoux volés : tours de cou, montres de luxe, boucles d’oreilles… « Il était adepte de la ghanima, une croyance qui dit qu’on peut voler en temps de guerre si l’on verse une partie de son butin à la cause, en l’occurrence ici, à l’islam radical », poursuit cette source. Reda finance ainsi en partie le départ en Syrie d’un coprévenu et de 13 membres de sa famille, lui donnant 12 000 € sur les 45 000 € jugés nécessaires. Mais sa personnalité au sein de la cellule fait débat. « Il était craint et vu comme dangereux, non pas pour sa radicalité, mais parce qu’il était considéré comme un pur caïd, un truand sans foi ni loi », souffle une source judiciaire.

En mars 2014, le coprévenu est arrêté en Serbie sur la route de la Syrie de Daech. A l’automne de cette même année, Reda Kriket entreprend le même voyage, mais lui parvient à atteindre son but. Il est condamné en son absence à dix ans de prison en juillet dernier par la justice belge. « Un mec comme lui, il y en a beaucoup dans les banlieues : un peu violent, certes mais pas non plus antipathique, nuance l’un de ses proches. Je n’ai jamais imaginé qu’il puisse un jour verser dans le radicalisme. Il y a une marge entre être une petite crapule et un potentiel assassin de masse. »

VIDEO (le 25 mars). Intervention à Argenteuil, projet d’attentat déjoué

Le suspect interpellé à Argenteuil a des connexions en Belgique mais aussi avec un vétéran du djihad d’Al-Qaïda.

De l’aveu même du président de la République, François Hollande, le « réseau terroriste » qui a commis les attentats de Paris, le 13 novembre, et ceux de Bruxelles, mardi, est « en voie d’être anéanti ». Pour autant, le chef de l’Etat a, dans la foulée, aussitôt rappelé qu’« il y a d’autres réseaux ».

A commencer par celui qui vient d’être mis au jour par les enquêteurs de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), avec l’interpellation, jeudi matin, à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), d’un certain Reda Kriket, 34 ans.

Un réseau aux contours encore incertains

« L’enquête ne portait pas à l’origine sur Reda Kriket, a précisé une source proche de l’enquête. Elle avait été ouverte sur le possible séjour en Syrie d’un djihadiste présumé, expulsé un peu plus tôt de Turquie. » Parti en Syrie au dernier trimestre 2014, ce trentenaire réapparaît dans les radars des services de renseignement au début de cette année. Discrètement suivi et écouté aux cours de ces dernières semaines, Reda Kriket est observé prendre souvent la route depuis la région parisienne à destination de la Belgique. Officiellement, il réside dans la commune d’Ixelles, une banlieue chic de Bruxelles. Mais il a toujours des attaches à Courbevoie où réside encore une partie de sa famille. En Belgique, ses contacts avec « un vétéran du djihad international » intriguent les enquêteurs français. Ce dernier a été condamné en 2007 par la justice française pour avoir facilité l’acheminement de combattants dans la zone afghano-pakistanaise. Cette même filière a été utilisée par les meurtriers du commandant Massoud, tué le 9 septembre 2001 en Afghanistan.

« Ces deux hommes se sont rencontrés, précise un proche de l’affaire. Deux autres personnes résidant en Belgique ont également été en contact régulièrement avec Reda Kriket. » Ces trois suspects ont été interpellés, hier matin, dans les communes de Forest, Saint-Gilles et Schaerbeek. Le parquet fédéral belge a dévoilé partiellement les noms des deux premiers interpellés — Tawfik A. et Salah A. —, mais n’a pas précisé l’identité du troisième suspect, désigné comme le vétéran du djihad, blessé à une jambe au moment de son interpellation. Ils ont tous été placés en garde à vue.

Un arsenal dans sa planque d’Argenteuil

Quelques instants après son interpellation, Reda Kriket a livré aux enquêteurs de la DGSI qu’il avait entreposé plusieurs armes et de l’explosif dans un appartement, quelque part en banlieue parisienne. Finalement localisée à Argenteuil (Val-d’Oise), cette planque a été investie jeudi, en fin d’après-midi. Mais ce n’est que vendredi matin, aux premières heures du jour et après les minutieuses vérifications des démineurs, que les policiers ont pu l’investir. Et ces derniers ont constaté que Reda Kriket disait vrai. Le djihadiste avait déposé dans ce logement de 30 m 2 un coffre renfermant cinq kalachnikovs munis de huit chargeurs chacun, sept armes de poing, des dizaines de munitions, une bombe lacrymogène ainsi que divers produits chimiques tels que de l’acétone, de l’eau oxygénée, de l’acide et de la glycérine. Des billes d’acier et du matériel entrant dans la confection de détonateurs ont également été saisis. Une petite quantité de TATP, un explosif artisanal, a aussi été récupéré. « Tous ces produits entrent dans la composition du TATP, poursuit la source. C’est ce même explosif qui a été utilisé par les terroristes de Paris et de Bruxelles. »

Une cible toujours inconnue

Les enquêteurs de la DGSI tentaient toujours, hier soir, de déterminer la « cible » choisie par Reda Kriket et ses complices présumés. « Au regard des armes et des explosifs en sa possession, on peut légitimement penser qu’il envisageait de reproduire un scénario similaire aux attaques de Paris, estime un haut fonctionnaire. Le but poursuivi étant de faire un maximum de victimes, sans doute en région parisienne. »

VIDEO. Hollande : le réseau des attentats de Paris et Bruxelles « en voie d’être anéanti »

Source : Le Parisien





Journaliste québécois, pro-atlantiste, pro-israélien,pro-occidental



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