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«En tant que femmes musulmanes, nous vous demandons de ne pas porter le hijab par solidarité»


«En tant que femmes musulmanes, nous vous demandons de ne pas porter le hijab par solidarité»

Les auteures de cet article, Asra Q. Nomani et Hala Arafa, sont des musulmanes américaines participant au Muslim Reform Movement regroupant des réformistes de plusieurs pays. Elles préviennent les non-musulmanes que porter le hijab par solidarité lors du WorldHijabDay renforce l’oppression des musulmanes. Elles suggèrent plutôt de soutenir les réformistes contre l’idéologie islamiste conservatrice qui demande aux musulmanes de couvrir leurs cheveux. 

(Washington Post) – La semaine dernière, trois leaders religieuses – une rabbin juive, une vicaire épiscopalienne et une révérende unitarienne – et un imam (leader de la prière musulmane) de sexe masculin, sont entrés dans l’espace sacré devant le minbar joliment carrelé, ou la chaire, du Centre islamique Khadeeja de West Valley City, Utah. Les femmes arboraient un large sourire, leur chevelure recouverte de foulards aux couleurs vives, pour soutenir la journée «Portez un Hijab».

Le quotidien Salt Lake Tribune a publié la photo d’adolescentes aux visages angéliques dans le public à la mosquée, qui ne sont pas musulmanes et portaient de longs foulards. Plus tard, KSL-TV a rapporté que «Le hijab – ou foulard – est un symbole de pudeur et de dignité. Les femmes musulmanes qui portent un foulard sont facilement identifiées comme des adeptes de l’islam».

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Pour nous, en tant que femmes musulmanes mainstream, nées en Égypte et en Inde, ce spectacle à la mosquée fut un rappel douloureux de l’effort bien financé des musulmans conservateurs visant à dominer les sociétés musulmanes modernes. Ce mouvement des temps modernes propage l’idéologie de l’islam politique, appelée «islamisme», et mobilise les bien-pensants et les médias dans la promotion de l’idée que le «hijab» est virtuellement un 6e pilier de l’islam, après ses «cinq piliers» : la shahada (profession de foi), la prière, le jeûne, l’aumône et le pèlerinage.

Nous rejetons l’interprétation faisant du «hijab» un simple symbole de modestie et de dignité adopté par les musulmanes observantes.

Ce mouvement de l’ère moderne, codifié par l’Iran, l’Arabie Saoudite, les talibans en Afghanistan et l’État islamique, a erronément interprété le mot hijab comme synonyme de «foulard». Cet amalgame du mot hijab avec le mot laïque «foulard» est trompeur. «Hijab» signifie littéralement «rideau» en arabe. Ce mot signifie également «cacher», «obstruer», et «isoler» quelqu’un ou quelque chose. Il n’est jamais utilisé dans le coran pour signifier foulard.

En arabe dialectal, le mot «foulard» est tarha. En arabe classique, «tête» est al-ra’as et «couvrir» est gheta’a. Peu importe la formule utilisée, «hijab» ne signifie jamais foulard. Les médias doivent cesser de répandre cette interprétation trompeuse.

Nées dans les années 1960 dans des familles conservatrices mais à l’esprit ouvert (Hala en Égypte et Asra en Inde), nous avons grandi sans une fatwa prescrivant que nous devions couvrir nos cheveux. Mais à partir des années 1980, après la révolution iranienne de 1979 de la secte chiite minoritaire et la montée des religieux saoudiens bien financés de la secte sunnite majoritaire, nous avons été victimes d’intimidation dans le but de nous amener à couvrir nos cheveux devant les hommes et les garçons. Les femmes et les filles parfois appelées «celles qui les forcent» ou «les filles musulmanes méchantes», font un pas de plus, allant jusqu’à se moquer des femmes qui, selon elles, portent le hijab de manière inappropriée, appelant les «hijabis» aux jeans serrés des «ho-jabis», un terme vulgaire signifiant «putes».

Des théologiens du 7e siècle à nos jours, allant de feu l’intellectuelle marocaine Fatima Mernissi jusqu’à Khaled Abou El Fadl de l’UCLA et Leila Ahmed de Harvard, en passant par l’égyptien Zaki Badawi, l’irakien Abdulah al Judai et le pakistanais Javais Ghamidi, ont clairement établi que les femmes musulmanes ne sont pas tenues de couvrir leur chevelure.

Contester le hijab

Pour nous, le «hijab» est le symbole d’une interprétation de l’islam que nous rejetons, et qui voit les femmes comme une distraction sexuelle pour les hommes, lesquels sont faibles et doivent, par conséquent, être protégés contre la tentation à la vue de nos cheveux. Nous n’en croyons rien. Cette idéologie favorise une attitude sociale qui absout les hommes du harcèlement sexuel des femmes et reporte sur la victime le fardeau de se protéger en se couvrant.

Le nouveau Muslim Reform Movement, un réseau mondial de leaders faisant la promotion des droits humains, de la paix et de la gouvernance laïque, soutient le droit des femmes musulmanes de porter ou de ne pas porter le foulard.

Malheureusement, l’idée de «hijab» en tant que foulard obligatoire est promue par des initiatives telles que «World Hijab Day», lancée en 2013 par Nazma Khan, propriétaire banglado-américaine d’une société de foulards basée à Brooklyn, et Ahlul Bayt, une chaîne de télévision de prosélytisme chiite que l’Université de Calgary, dans le sud-ouest du Canada, présente comme une ressource pour la participation au World Hijab Day. La chaîne de télévision fait valoir que le port du «hijab» est nécessaire pour éviter d’attirer «l’attention non désirée». World Hijab Day, Ahlul Bayt et l’Université de Calgary n’ont pas répondu aux demandes de commentaires.

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Dans ses «ressources», Ahluly Bayt comprend un lien vers l’idée que «la femme est awrah», ou interdite, une idée qui conduit au confinement, à la subordination, au mutisme et à l’oppression de la voix et de la présence des femmes dans l’espace public. Il comprend également un article intitulé «Les 10 principales excuses données par les musulmanes qui ne portent pas le hijab, et leurs faiblesses évidentes», avec l’argument : «Prends le train de la repentance, ma sœur, avant qu’il ne passe devant ta gare».

L’empressement à couvrir les cheveux des femmes a atteint son paroxysme avec des organisations et sites Web musulmans ultraconservateurs qui promeuvent cette interprétation, tels que VirtualMosque.com et Al-Islam.org, qui publient même une section appelée «Hijab Jokes» qui se moque des musulmanes qui ne couvrent pas leur chevelure «islamiquement».

La semaine dernière, des étudiantes du Vernon Hills High School, près de Chicago, ont porté le foulard pour l’activité «Marche un kilomètre avec son hijab» parrainée par la Muslim Students Association, une association conservatrice dans l’école. Nous avons été troublées à la vue de ces jeunes filles portant le foulard.

En outre, des groupes d’intérêts musulmans fournissent des articles sur les «Femmes musulmanes voilées» en état de siège. Les membres du personnel du Council on American-Islamic Relations (CAIR), qui a déposé des plaintes légales et de relations publiques contre des sociétés américaines ayant empêché des employées de porter le hijab au travail, ont même qualifié leur organisation de «fonds de défense juridique du hijab».

Aujourd’hui, au 21e siècle, la plupart des mosquées à travers le monde, y compris aux États-Unis, nient notre droit islamique, en tant que femmes musulmanes, de prier sans foulard, ce qui constitue une discrimination à notre encontre en nous refusant l’accès aux lieux de culte à moins de porter un foulard. À l’instar de l’Église catholique qui, après les réformes de Vatican II en 1965, a supprimé l’exigence que les femmes se couvrent la tête pour entrer dans les églises, les mosquées devraient rendre le port du foulard facultatif si elles veulent vraiment rendre les lieux de culte accueillants pour les femmes.

Heureusement, il y a des musulmanes suffisamment courageuses pour contester ces prescriptions religieuses. En mai 2014, une journaliste iranienne, Masih Alinejad, a entamé une nouvelle campagne, #MyStealthyFreedom, pour protester contre les lois sur le port obligatoire du hijab adoptées par le régime théocratique d’Iran après avoir pris le pouvoir en 1979. La campagne a pour slogan : «Le droit individuel pour les musulmanes de choisir si elles veulent porter le hijab».

[…]

Reconquérir notre religion

En 1919, les femmes égyptiennes ont défilé dans la rue pour exiger le droit de vote; elles ont enlevé leur voile, une tradition culturelle importée de l’empire ottoman et non une prescription religieuse. Le voile est alors devenu une relique du passé.

Plus tard, le président égyptien Gamal Abdel-Nasser a déclaré dans un discours au début des années 1960 que, quand il a cherché à se réconcilier avec les Frères musulmans, qui avaient tenté de l’assassiner en 1954, le Guide suprême de la Confrérie lui a donné une liste de revendications, y compris «imposer le hijab aux Égyptiennes». Les membres de l’auditoire ne comprenaient pas ce que le mot hijab signifiait. Quand Nasser a expliqué que la Confrérie voulait que les Égyptiennes portent un foulard, le public a éclaté de rire.

En tant que femmes ayant grandi dans des familles musulmanes modernes avec des théologiens, nous essayons de libérer notre religion des griffes d’une interprétation stricte. Comme dans notre jeunesse, nous assistons à des tentatives de présenter cette idéologie stricte comme la seule et unique acceptée par l’islam. Nous avons vu ce que la résurgence de l’islam politique a fait à nos régions d’origine et notre pays d’adoption.

En tant qu’Américaines, nous croyons en la liberté de religion. Mais il nous faut clarifier aux universités, aux médias et aux forums de discussion qu’en explorant le «hijab», ils n’explorent pas l’islam, mais plutôt l’idéologie de l’islam politique telle qu’elle est pratiquée par les mollahs en Iran et en Arabie saoudite, les Talibans en Afghanistan et l’État islamique.

Au nom de l’«interreligieux», ces Américaines bien intentionnées se font duper par l’ordre du jour des musulmans affirmant que l’honneur d’une femme est tributaire de sa «chasteté», et en poussant à leur insu un programme aspirant à couvrir toutes les femmes.

S’il vous plaît, faites plutôt ceci à la place : Ne portez pas un hijab en «solidarité» avec l’idéologie qui nous réduit le plus au silence, et qui assimile notre corps à «l’honneur». Tenez-vous plutôt à nos côtés avec courage moral contre l’idéologie de l’islamisme qui nous demande de couvrir nos cheveux.

source





Journaliste canadien indépendant. Spécialiste des questions sur l'islamisme, le terrorisme, la géopolitique, et sur le conflit Israélo-arabe.



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  • One thought on “«En tant que femmes musulmanes, nous vous demandons de ne pas porter le hijab par solidarité»

    1. fernand

      meme reformiste c’est quoi ce titre que cette femme se donne  »rabine »
      elle ne peux representer les femmes juives , si elle fait partie des temoins de jeova elle devrai le dire mettre le voile musulman pour temoigner sa solidaritee a l’islam c’est bien une femme completement a la masse , a mon avis c est encore une connerie de la part des antisionistes , une de leurs pub traditionnel enfin je dirai tout haut ce que d’autres pensent tres bas de peur de ce faire matraques femmes respectees vous , restees commes vous etes cheveux au vent un beau decolte qui vous met en valeur un maquillage qui eclaire votre visage des habits qui montre que vous etes une vrai et belle femme et non un sac de poubelle , laisser ces connards de barbus dont la pluparts sont homos sexuels ou pedofils tous ces imans qui preches le coran en le bafouant en disant des mensonges tous cela viennent du katar , vous oublier ce qu ils ont fait dans les annes 80 en algerie les massacres de ces pauvres gens
      regardez ce qui ce passe en syrie en irak en tunisie en lybie enfin tous des pays arabes ils s’entretuent a cause du coran ,
      ils faut cesser de donner la possibilite a ces fouteur de merde de prendre la paroles dans des mosques et laisser les gens prier comme ils le veulent
      jettez les hors de vos maisons hors de vos mosques hors de votre pays car ils rramene que le malheur
      leon

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