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Le journaliste égyptien Ibrahim Issa « Poignarder des civils israéliens n’est pas un acte de résistance. Les couteaux de cuisine ne libéreront jamais la Palestine »


Le journaliste égyptien Ibrahim Issa « Poignarder des civils israéliens n’est pas un acte de résistance. Les couteaux de cuisine ne libéreront jamais la Palestine »

Les journaux et médias égyptiens ont pour beaucoup soutenu la récente vague d’attaques palestiniennes à Jérusalem et dans les autres villes israéliennes. Ibrahim Issa, rédacteur en chef des journaux égyptiens Al-Dustour Al-Asly et Al-Maqal, a toutefois fait entendre un autre son de cloche.

Dans un éditorial intitulé « Les couteaux de cuisine ne libéreront jamais la Palestine », il se dit solidaire des Palestiniens et leur accorde le droit de se révolter contre Israël, qu’il critique vivement, mais dans le même temps, il dénonce les deux Intifadas précédentes et les attaques actuelles contre des civils, qui selon lui sont contre-productives et portent atteint à la légitimité morale de la cause palestinienne. 

Extraits : [1]

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« Le destin actuel des pays [arabes] semble être de toujours desservir leurs [propres] révolutions »

Nul ne conteste le droit du peuple palestinien à se soulever. Sa situation est telle qu’il est naturel qu’il se révolte. Il est vrai que les deux précédentes Intifadas du peuple palestinien n’ont pas amélioré sa situation, et qu’il n’a pas été libéré d’un colonialisme territorial raciste et religieux, car des groupes et des individus qui sont montés dans ce train ont gâché les chances potentielles de lutte populaire avec du sang facilement versé.

Mais le destin actuel des pays [arabes en général] semble être de toujours déjouer leurs [propres] révolutions. Les révolutions qui ont été faussement étiquetées « Printemps arabe » ont mené, au bout du compte, comme nous le voyons, à des guerres civiles, à l’effondrement des États-nations et [à la propagation] de groupes terroristes…

Les conditions en Palestine, ou dans ce qu’il en reste, sont de plus en plus difficiles : des murs se dressent, et les sionistes ne laissent pas un seul centimètre de leurs consciences [intactes]… Pour cette raison, l’Intifada permet aux Palestiniens de donner libre cours à une rage brûlante et de mugir contre leurs oppresseurs, même si c’est sans résultat, sans planification, sans structure politique, sans progression tactique et sans aucune stratégie claire.

Ainsi l’Intifada de la colère est susceptible de se solder par un nouvel échec, si elle se limite à un soulèvement de rage, en particulier dans le contexte arabe actuel… Nous voyons un pays arabe acheter pour une valeur d’un milliard de dollars l’armement le plus avancé au monde pour bombarder le peuple yéménite et faire sauter des bâtiments à Sanaa et Aden, avec les plus puissants moyens de destruction produits par la civilisation occidentale. Oui, ils bombardent, explosent et tuent au Yémen, et non en Israël.

Nous assistons à un grand zèle national dans un autre pays arabe, où les enfants revêtent le treillis militaire à l’école, en signe de solidarité pour son armée et sa guerre contre le Yémen ! Oui, contre le Yémen, et non contre Israël.

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Si [notre] fierté nationale et le gaspillage des ressources arabes servent des guerres intestines, et si nous sommes pitoyablement fiers de nos actes héroïques – de notre massacre des nôtres, où se trouve la solidarité vis-à-vis de la Palestine ? Il est évident que les pays arabes réservent leurs avions, balles et artillerie, et même le sang de leurs fils, à la guerre contre leurs voisins arabes.

Cela [devrait] inciter les Palestiniens à réfléchir quelque peu à l’Intifada…

Nous entendons parler du désir sincère, résolu – fondé sur la confiance en Allah – de former des forces militaires arabes conjointes dotées de capacités avancées d’intervention rapide… mais rien ne prouve qu’elles soient destinés à confronter l’occupation israélienne de la Palestine. Au lieu de cela, ils sont destinés (malgré le long délai de leur mise au point) à permettre une réaction rapide dans les problèmes relatifs à nos guerres civiles, et l’idée qu’ils puissent être dirigés contre un ennemi commun qui occupe la terre arabe, eh bien, est inconcevable…

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Donc, les Palestiniens ne doivent-ils pas ralentir quelque peu leur Intifada ?

Ensuite, il existe un courant islamiste qui utilise l’islam comme outil pour déchirer et morceler les pays [et] déclarer des créatures d’Allah apostates, trafiquant le terme « djihad » et appelant ses jeunes et ceux qu’il a dupés à se suicider au nom du djihad dans la voie d’Allah. Mais ce chemin ne mène jamais à la Palestine. C’est une voie à sens unique contre les Arabes et les musulmans. Jamais ces moudjahidines ne se battent en Palestine – ou ne se frayent de chemin vers elle ; ils sont prêts à mourir dans la voie d’Allah, avec des éloges funèbres envoyés pour chaque frère moudjahid, mais seulement en Tchétchénie, Afghanistan, Syrie, Libye, Sinaï, Yémen ou en Irak.

« Les couteaux de cuisine ne libéreront jamais la Palestine »

Ce qui est affligeant, c’est que les Palestiniens, quand ils choisissent la colère (en admettant que la colère puisse être un choix), se contentent de poignarder les Israéliens avec des couteaux. Permettez-moi, au milieu de toute cette fièvre enragée, de contester ces actes. Pour moi, lorsque vous utilisez des couteaux pour poignarder des passants ou des individus qui marchent çà et là, vous trahissez notre noble cause.

La résistance – si elle doit être armée – doit être dirigée contre des soldats de l’occupation, et non contre des civils qui ne font que passer. Quand quelqu’un se précipite pour poignarder un jeune Israélien qui passe dans la rue, ou un colon qui traverse au feu, ce n’est pas de la résistance. Cela n’a rien de noble et ne sert pas la cause de la libération. Ce n’est que l’expression d’un flot de rage qui a tu, aveuglé et noyé la raison.

Les attentats à la bombe contre des cafés, des magasins et des transports publics israéliens, bien que nombreux lors de la précédente Intifada, n’ont pas aidé notre cause, mais l’ont au contraire desservie. Ceux d’entre nous qui ont soutenu cette cause avec zèle et passion doivent veiller à ce qu’elle ne perde pas sa justification morale ni ne se départisse des valeurs humaines.

Ce n’est pas en tuant des civils que la patrie sera libérée, et pour être plus clair encore : des couteaux de cuisine ne libéreront jamais la Palestine.

[1] Al-Maqal (Egypte), le 12 octobre 2015.

Source





Avocate en droit international - Entre New York, Genève, Paris et Tel Aviv



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  • One thought on “Le journaliste égyptien Ibrahim Issa « Poignarder des civils israéliens n’est pas un acte de résistance. Les couteaux de cuisine ne libéreront jamais la Palestine »

    1. Armand Maruani

      Nous remarquons de plus en plus une liberté de parole et de critiques chez certains muzz envers les nazillons muzz et les palos .

      Ils ont peur eux aussi des extrémistes , alors pour cacher leur inquiétude ils utilisent Israël et les Juifs .

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