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Boualem Sansal à Orléans « le totalitarisme islamique va l’emporter »


Boualem Sansal à Orléans « le totalitarisme islamique va l’emporter »

Boualem Sansal qui répond, ce vendredi 20 novembre, à l’invitation de la Librairie « Les Temps Modernes » et du CRIF du Loiret est un homme et un écrivain courageux.

Il est né dans un petit village  d’Algérie, « un pays qui était très agréable à vivre lorsque j’avais entre 20 et 30 ans », dit cet écrivain qui en a maintenant 66. Il n’empêche qu’il y réside toujours bien qu’il soit honni par les islamistes et par le régime algérien. Il a été accusé de « haute trahison » par le Hamas et privé en 2012 du Prix du roman arabe pour avoir osé se rendre en Israël au Salon du livre de Jérusalem. Il a été censuré par le régime de Bouteflika pour son essai « Poste restante: Alger ». « Le Village de l’Allemand » dans lequel il établissait le parallèle entre islamisme et nazisme et « Le serment des barbares » dans lequel il s’attaquait au chaos politique et religieux de son pays lui ont valu de nombreux prix, une reconnaissance et une estime internationales.

Ecrivain de langue française qu’il manie à merveille, avec précision et humour  en mettant à contribution un remarquable éventail de vocabulaire, il vient d’obtenir le grand prix du roman de l’Académie française et a figuré dans la dernière liste du Goncourt 2015 pour « 2084. La fin du monde ». Avec ce dernier ouvrage, Boualem  Sansal  se met dans les pas de George Orwell, l’auteur  du pertinent et prémonitoire 1984.

Interrogé lors d’un débat et dans différents interviews, Boualem Sansal avoue qu’il ignore où se situe les dangers que nous encourrons:

guillemets-anglais-ouvrantOn ne sait pas trop ce qui est réellement, durablement et supérieurement dangereux: est-ce l’islamisme qui sombre dans la folie et qui finira par s’autodétruire et détruire le monde ?

Est-ce l’islam qui s’appauvrit et éclate comme une banquise fragilisée dont les masses erratiques vont se fracasser l’une contre l’autre ? Est-ce le mode d’organisation abominablement stérile des sociétés arabo-musulmanes, tout à la fois patriarcales, féodales, tribales, claniques, hypercentralisées, constamment en porte à faux avec le temps, la modernité et l’Autre ?

Le fait est que l’islamisme (sous toutes ses formes : modérée, salafiste, wahhabite, djihadiste) et l’islam dans sa version identitaire se propagent énergiquement dans le monde et partout se créent de solides bastions, autarciques et bien défendus, dans les pays musulmans comme au cœur de l’Occident le plus matérialiste et même dans les pays les mieux ancrés dans leurs traditions.

Une culture nouvelle se développe ainsi qu’une nouvelle langue. La dictature a besoin d’une langue magique pour transformer les hommes en moutons idiots»

La religion au service des pouvoirs

« La religion n’a jamais servi qu’à  subjuguer les peuples et les mettre au service du roi, représentant autoproclamé de Dieu sur terre et protecteur de l’Église. Dès lors qu’on lui retire cette fonction, elle s’effondre et Dieu libéré devient un sujet relevant de la science et de la philosophie.

En Europe, la laïcité n’a pas fait que séparer l’État et l’Église, elle a signé la fin de l’Église. En terres d’islam, il s’est produit l’inverse : la mosquée a détrôné l’État, balayé les rois et pris tout le pouvoir. Demain, elle chassera Allah et réalisera cette chose impossible, elle sera Allah.

Selon la croyance islamique, l’islam est la perfection des religions et en cela il est l’avenir du monde. C’est peut-être vrai, mais force est de constater qu’au cours du temps l’islam n’a pas reçu les soins nécessaires pour le garder dans sa perfection initiale. Il a été fracturé, dénaturé, dévoyé, abâtardi, et en premier par ceux-là, califes, commandeurs, sultans, docteurs de la foi et lettrés divers, qui avaient le devoir de le protéger.

De triche en trafic sur sa teneur et son aloi, ils en ont fait des choses abominables: l’islam religion d’État, l’islamisme, le wahhabisme, le salafisme. C’est cela qu’il faut expliquer aux jeunes qui s’adonnent à l’islam. Ce qu’on leur enseigne s’appelle « islam », mais, avant de signer l’engagement, il faut bien vérifier qu’il ne s’agit pas d’une vulgaire contrefaçon ».

 La mondialisation musulmane

« La dynamique de la mondialisation musulmane est en marche. Après le monde arabe et l’Afrique, l’islam se propage en Occident avec une présence physique de plus en plus visible de barbus, de femmes voilées et de commerces halal. Dans mon analyse c’est le totalitarisme islamique qui va l’emporter parce qu’il s’appuie sur une divinité et une jeunesse qui n’a pas peur de la mort alors que la mondialisation s’appuie sur l’argent, le confort, des choses futiles et périssables. 

Vu avec nos yeux, les exécutions de Palmyre, celles des talibans en Afghanistan sont révoltantes, celles d’innocents à Paris sont révoltantes. Mais dans un système religieux comme Daesh, elles font partie de la normalité. Il n’y a ni bourreau, ni victime mais des croyants qui appliquent la loi de Dieu. L’un donne la mort sans haine, l’autre la reçoit sans crainte ».

« La mort c’est la vie », professe-t-on en Abistan

2084 se déroule  à Qodsabad, capitale de l’Abistan. Un empire dirigé par Abi, alias Bigaye, délégué sur terre de Yölah, le dieu, qu’on prie neuf fois par jour, qu’on sert via une langue sacrée appelée l’albilang et une kyrielle d’organisations, d’institutions et de médias. Le Conseil de redressement organise le respect du culte et maintient la peur, donc l’ordre des choses : « La mort c’est la vie », « Le mensonge c’est la vérité », « La logique c’est l’absurde », professe-t-on en Abistan. Pour seule distractions, le pèlerinage et les châtiments publics. Une seule date dans l’histoire du pays, 2084, la grande guerre sainte.

Alors que  Daesh sème le chaos à Paris, met en scène ses assassinats dans des théâtres antiques et où le mot « mécréant », qui pue le Moyen Âge, fait un malheur sur le net Sansal nous offre Ati, longtemps tuberculeux, un héros candide qui ne veut pas le rester. Cet être veut seulement comprendre comment le système qui l’opprime fonctionne et puis partir. Juste partir. L’Abistan est réputé ne pas avoir de frontières car il est, forcément, la totalité du monde. Mais Ati n’y croit pas et veut trouver « la Frontière » et pourquoi pas la franchir. 2084 est une fable en forme de lanceur d’alerte.

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Journaliste québécois, pro-atlantiste, pro-israélien,pro-occidental



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  • One thought on “Boualem Sansal à Orléans « le totalitarisme islamique va l’emporter »

    1. Robert Davis

      L’analyse de Sansal est très très courte. Un peu comme un missile lancé par un enfant n’ayant pas calculé la trajectoire ni le temps pour atteindre sa cible mouvante. Celle-ci étant à 1000 m. il a « calculé » une durée correspondant à …1000 m. mais le temps du trajet n’a pas été compté de sorte que le missile arrive sur sa cible mobile lorsque celle ci …n’y est plus!

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