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Les combats de France-Israël : Un entretien avec Gilles-William Goldnadel.


Les combats de France-Israël : Un entretien avec Gilles-William Goldnadel.

Gilles-William Goldnadel, l’avocat et publiciste de talent préside désormais l’association France-Israël. Dans l’entretien qu’il  a accordé à la rédaction d’Information juive, il  évoque les projets et les combats  qu’il a l’intention de porter à la tête de cette association.

Par ailleurs, l’intellectuel présent dans le débat national et qui défend avec courage et obstination  les points de vue de l’Etat d’Israël, revient dans ses déclarations essentiellement sur le danger que représente aujourd’hui  dans la communauté nationale  l’alliance totalitaire entre l’islamisme et le gauchisme.

Pourquoi avez-vous accepté de présider l’association France-Israël, alors que l’image du gouvernement israélien dans l’opinion publique française aujourd’hui n’est pas  bonne ? 
C’est bien parce que défendre Israël contre les menées d’une idéologie perverse est ingrat, harassant et impopulaire que je me suis engagé. Si c’était seulement pour participer à des mondanités ou à des commémorations, d’autres que moi auraient présenté un bien meilleur profil.

Quelle sorte de projets ou d’initiatives comptez-vous  mener dans le cadre de France-Israël ?
C’est souvent, hélas, l’actualité proche-orientale qui dicte le tempo et s’emploie à déranger nos plans bien ordonnés. Nous sommes contraints de boxer en contre. Pour l’heure, j’ai donné pour consigne de consacrer l’essentiel de notre temps et de nos moyens au combat contre le boycott de l’État juif.

Je ne suis pas peu fier de rappeler que c’est France Israël-avec Avocats Sans Frontières-qui a été à la pointe d’un combat  qui a remporté des victoires judiciaires, des tribunaux correctionnels jusqu’à la Cour de Cassation, qui ont fixé une jurisprudence confirmant l’illégalité du boycott. Au grand dam du BDS.

Comment définiriez-vous aujourd’hui l’état des relations franco-israéliennes ?
Les relations bilatérales sont moins mauvaises qu’elles n’ont été du temps calamiteux de Jacques Chirac. Je me dois de reconnaître avec honnêteté que, contrairement à mes craintes, le gouvernement socialiste ne conduit pas une politique plus hostile à Israël que le gouvernement de droite qui l’a précédé. Et ce en dépit des inacceptables alliances électorales ou gouvernementales du parti socialiste avec des partis d’extrême gauche très hostiles  à Israël et aux juifs. Il faut plutôt y voir une médiocre continuité. Le consulat français de Jérusalem continue de se montrer aussi sottement prévenu contre Israël. Une partie du personnel politique français  est toujours aussi perméable aux arguments de toutes sortes, y compris parfois financiers, de potentats arabes richissimes et obscurantistes. De manière générale, la classe politique française est influencée par une classe médiatique qui se caractérise par une idéologie fantasmatique et assez indifférente aux faits.

Au cours des récentes négociations avec Téhéran à propos de l’uranium iranien, beaucoup ont considéré que la diplomatie française et M. Fabius en particulier  ont peu ou prou défendu le point de vue israélien. Quelle est votre opinion  à ce sujet ?

Je crois plutôt que la diplomatie française a tenu à défendre, et pas seulement pour des raisons de principe, le point de vue saoudien-qui correspondait par chance au point de vue Israélien… La diplomatie française a contribué à rendre la vie des diplomates iraniens un peu plus difficile, mais elle a malheureusement calé sous les intenses pressions américaines et de promesses iraniennes mirifiques.

Dans quel domaine en particulier aimeriez-vous  que s’opère  une amélioration entre les deux pays ?
Je souhaiterais que la France cesse d’épouser -à l’instar de sa presse-le récitatif arabe palestinien. Je soutiens depuis longtemps que c’est l’irrédentisme d’un nationalisme arabe de Palestine  ( qui refuse toujours de se faire à l’idée d’un Etat pour le peuple juif ) et sa culture mortifère du terrorisme  qui entraînent la partie israélienne dans un raidissement psychologique et sécuritaire que je comprends. Mais je suis sans illusion quant à la politique française: lorsque l’idéologie rejoint l’intérêt mercantile, il y a peu de chances, dans notre monde futile, de pouvoir compter sur un personnel politique ou diplomatique qui ait suffisamment de profondeur morale ou intellectuelle pour pouvoir s’extraire des contingences vulgaires.

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Quand bien même suis-je persuadé que, dans notre monde occidental menacé démographiquement et physiquement par l’islamisme le plus cruel et le plus rétrograde, l’intérêt évident de la France et de ses habitants seraient de faire cause commune avec l’État démocratique d’un des rares peuples encore déterminés à dire non au nouveau totalitarisme islamiste.

Comme avocat et comme publiciste, vous êtes depuis longtemps attentif à la manière dont il est rendu compte dans la presse française de l’actualité israélienne. Comment expliquez-vous  que cette presse – tous titres confondus – soit si régulièrement critique à l’égard d’Israël ?
Comme vous le savez, mon explication de cette détestation pathologique d’Israël ne se résume pas à l’antisémitisme intemporel. Plus exactement, j’ai soutenu dans mes derniers essais que le drame actuel du juif moderne-dont l’incarnation vivante est l’Israélien qui se bat -est d’être associé à un Occident détesté en Occident. J’ai écrit dans mes « réflexions sur la question blanche » que désormais l’Israélien qui défend son État-nation bec et ongle était vécu comme « un blanc au carré ». Il se trouve qu’au sein de l’inconscient collectif occidental, depuis la Shoah-commise par un diable blanc -le blanc est détestable. Et un État-nation   «  blanc » , une sorte de remake diabolique de l’État nazi. Le fait que ce traumatisme névrotique post-shoatique se retourne en premier contre l’État juif constitue la dernière ruse d’Adolf Hitler… À moins que ce ne soit celle du diable…

C’est dans ce cadre irrationnel souterrain qu’une idéologie sommaire et pavlovienne réagit systématiquement. Entre un palestinien dépenaillé et une armée rutilante, le choeur médiatique, très conformiste ne balance plus. Le casting est désormais en place et les rôles distribués pour longtemps.

Bien entendu, cette explication en profondeur n’invalide certainement pas des explications superficielles autrement plus prosaïques mais taboues : l’argent, le confort intellectuel, voire la sécurité physique. Il est plus facile d’être critique envers le gouvernement israélien à Tel-Aviv  que neutre à Gaza ou dans le fief du Hezbollah à Beyrouth. Lorsque l’intérêt rejoint le sentiment épidermique, celui-ci devient aveugle et jubilatoire.

Quand on vous lit depuis longtemps, on est frappé par le courage – et parfois la témérité – dont vous faites régulièrement preuve. Quel est votre credo ? Qu’est-ce qui vous fait réagir ainsi ? 
Je vous remercie de ce commentaire gratifiant, mais très sincèrement je ne me vois plus comme téméraire. Si on veut résumer mon combat obstiné, c’est celui contre l’islamo-gauchisme. Je suis convaincu qu’il s’agit aujourd’hui de l’alliance totalitaire la plus dangereuse et la plus perverse contre non seulement Israël et le peuple juif mais encore la France et le monde occidental démocratique dans son ensemble. Sans l’extrême gauche et sa puissance de feu médiatique, jamais l’islamisme n’aurait pu autant étendre son influence en Europe. C’est l’extrême gauche qui a terrorisé les intellectuels dissidents. C’est l’extrême gauche qui a bâillonné les musulmans critiques au point de les faire passer pour des traitres. C’est l’extrême gauche qui a nazifié Israel et s’est montrée compréhensive envers le terrorisme. C’est l’extrême gauche qui a interdit, en les intimidant, aux Etats démocratiques européens de faire respecter les lois républicaines en matière de flux migratoires et qui a ouvert les vannes d’une immigration mal ou non intégrée. J’inclus bien entendu dans cette responsabilité l’extrême gauche juive antisioniste ou carriériste. Si courage il y a, c’est de m’être colleté contre cet extrémisme de gauche à la vigilance implacable pour tenter de vous disqualifier et de vous exclure des débats intellectuels et médiatiques. Celui qui combat extrêmement l’extrême gauche est collé à l’extrême droite du mur politique pour y être exécuté. Si courage il y a également, c’est de dire aujourd’hui que l’extrême gauche représente pour les juifs et les autres un danger plus grand qu’une extrême droite en évolution inachevée, ce qui vous expose à être fiché par les imbéciles et les malhonnêtes comme d’extrême droite, fascisante évidemment…

Je ne dis pas cela seulement par esprit d’équité, mais pour combattre cette focalisation sur la seule extrême droite qui, par défaut, à autorisé les excès de l’extrémisme de gauche.
Cette hémiplégie morale-toujours active au sein de certains cercles juifs par sottise ou calcul politique- a commis des dégâts immenses.

Mais je ne vois plus aucune témérité aujourd’hui dans l’expression de cette pensée  si compréhensible au regard de la cruelle réalité que nous vivons. Ce combat que j’ai lancé il y a trois décennies, très seul, et plus encore au sein de la communauté juive, est en passe d’être gagné intellectuellement et politiquement, y compris au sein de cette communauté qui a enfin compris à l’exception de certains notables myopes et sourds. Les gens ont largement assimilé que l’intelligence et la générosité n’étaient plus à gauche et qu’il était même un peu ringard de se glorifier d’en faire partie. Reste bien entendu que l’astre médiatique gauchisant continue de briller et d’aveugler beaucoup, même s’il est déjà mort. Toute la question est donc de savoir jusqu’à quand ses rayons malfaisants continueront d’irradier notre pauvre pays en péril de mort.







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  • One thought on “Les combats de France-Israël : Un entretien avec Gilles-William Goldnadel.

    1. Marie-Ange

      Bonjour,
      Je pense que la gauche et l’extrême gauche, y compris les verts bien sûr, sont contre Israël et les Juifs tout simplement pour ramener à eux le vote musulmans. Les musulmans étant bien plus nombreux en France et les gauches ayant de moins en moins d’échos dans la « classe populaire », il faut bien se rabattre sur le plus grand nombre quitte a engendré des violences insupportables. Il faut avoir au pouvoir quelqu’un qui se soucie véritablement du pays. Le gouvernement fait très souvent des visites amicales à leur homologue du maghreb. C’est vraiment pas gagné ! En voyant tous ceux qui se bousculent pour avoir une place sous les ors de la République.
      Il faut garder espoir, toujours. De plus en plus de français ouvrent les yeux.

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