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Dix ans après les émeutes « l’Islam irrigue la vie sociale des cités »


Dix ans après les émeutes « l’Islam irrigue la vie sociale des cités »

Extraits d’une enquête du Monde sur la « visibilité » de l’islam de plus en en grande dans les cités.

Crainte d’un islam de plus en plus visible, peur du repli communautaire, montée en puissance de la menace djihadiste, crispations autour de la notion de laïcité… Depuis dix ans, le débat public s’est focalisé sur la religion musulmane et ses transformations, réelles ou supposées. Plus que jamais, dix ans après les émeutes urbaines de 2005, les jeunes des quartiers sont appréhendés sous le spectre de leur religiosité et du danger de la radicalisation.

Déjà, au sortir des émeutes, le philosophe Alain Finkielkraut avait assuré, dans le quotidien israélien Haaretz : «Il est clair que nous avons affaire à une révolte à caractère ethnico-religieux.»Ses propos avaient suscité un tollé et rien, dans les faits ni dans les analyses ultérieures, n’est venu accréditer cette thèse. Pour autant, l’élément religieux n’a pas été totalement étranger aux événements. […]

Ce rôle de l’islam comme vecteur de l’action collective est peut-être l’une des évolutions les plus notables dans les quartiers populaires ces vingt dernières années :

« Le fait de partager une religion, donc des pratiques et une temporalité, permet de recréer un support d’action collective là où il n’y en avait plus, croit Alexandre Piettre, post-doctorant rattaché au Groupe sociétés, religions, laïcités de l’Ecole pratique 
des hautes études. Il ne s’agit pas de se mobiliser au nom de l’islam, mais la religion joue un rôle de liant. »

«Il y a clairement une progression d’un islam très ritualiste, voire rigoriste », reprend Alexandre Piettre.

« C’est vrai qu’une pratique binaire de l’islam, salafi, s’est développée chez les jeunes des quartiers depuis dix ou quinze ans. C’est une pratique rigoureuse mais pas forcément radicale », défend le sociologue Etienne Pingaud. C’est-à-dire qu’elle n’entraîne pas nécessairement l’idée d’une rupture avec la société environnante. En outre, elle demeure minoritaire.

La thèse de Kepel d’une « affirmation de valeurs islamiques de clôture communautaire », en rupture avec la République, est contestée par une partie des chercheurs. Mais son constat d’un islam plus prégnant et visible est unanimement partagé.

source





Journaliste québécois, pro-atlantiste, pro-israélien,pro-occidental



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