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L’Iran célèbre sa victoire « Les superpuissances ont capitulé et se sont soumises aux droits iraniens »


L’Iran célèbre sa victoire « Les superpuissances ont capitulé et se sont soumises aux droits iraniens »

Après l’annonce par l’Iran et le P5+1 du JCPOA le 14 juillet 2015, des représentants iraniens haut-placés, sous la conduite du Guide suprême Ali Khamenei, affirment que leur pays est une superpuissance de même stature que les États-Unis, et que cette stature va encore se renforcer suite à l’accord.

Ils se vantent de la puissance de l’Iran, qui a contraint les superpuissances à capituler et à accepter ses demandes.

Extraits : 

Le ministre iranien de la Défense : Les superpuissances ont capitulé face à l’Iran et se sont « soumises aux droits iraniens » 

Lors d’une cérémonie à l’état-major de l’armée, le 30 août 2015, le ministre de la Défense iranien Hossein Dehghan a affirmé : « Aujourd’hui, l’Iran est parvenu à un statut tel que les grandes puissances ont capitulé face à lui, en raison de sa majesté, de sa fermeté, de sa résistance et de son unité. En dépit de sa grande fierté, le régime de l’Arrogance [l’Occident, mené par les États-Unis] s’est assis humblement à la table et s’est soumis aux droits de la nation iranienne. »[1] 

Le Guide suprême Khamenei : « Ceux qui ont imposé hier des sanctions contre nous sont en train de mourir aujourd’hui – parce que l’Iran est devenu la plus grande puissance militaire de la région »

Le 24 août 2015, le site Internet du Guide suprême iranien Ali Khamenei a diffusé une affiche intitulée « le Poing d’acier », symbolisant la puissance de l’Iran après l’accord. Selon le texte de l’affiche : « Ceux qui ont imposé des sanctions contre nous hier sont en train de mourir aujourd’hui, parce que l’Iran est devenu la plus grande puissance militaire de la région. La République islamique iranienne a prouvé qu’elle agissait avec diligence pour se défendre. La nation entière est unie comme un poing solide, et se dresse fermement contre les agresseurs dépourvus de toute raison. » L’affiche représente un poing orné de drapeaux iraniens qui traverse les nuages ; le poing est constitué d’équipements militaires, incluant des missiles, des avions, des bateaux, des tanks, etc. [2] 

Le site Internet Javan du CGRI : « L’Iran devient une puissance… égale à l’Amérique dans le monde » 

Le 15 juillet 2015, le site Internet Javan, affilié au Corps des gardiens de la révolution islamique d’Iran (CGRI), a affirmé que l’Iran était devenu une superpuissance de même stature que celle des États-Unis, et que c’était la raison pour laquelle les États-Unis avaient accepté de dialoguer avec lui dans le cadre des pourparlers sur le nucléaire : 

Extraits :

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Dans son discours suivant l’accord conclu entre l’Iran et le P5+1, Obama a déclaré : « Cet accord entre également dans la lignée d’une tradition des dirigeants américains. Cela fait à présent plus de 50 ans que le président Kennedy s’est présenté devant le peuple américain et a dit : ‘Ne négocions jamais avec nos peurs. Mais n’ayons jamais peur de négocier.’ »Il parlait alors de la nécessité de mener des discussions entre les États-Unis et l’Union soviétique.  [3]

Ce discours montre clairement que la puissance américaine est en déclin et que [les États-Unis] ont été rabaissés du rang de superpuissance à celui de puissance ordinaire. Tout d’abord, Obama considère la diplomatie et les négociations comme une tradition des dirigeants américains, alors que l’histoire de l’Amérique indique que depuis qu’elle a émergé sur la scène internationale au cours de la Première Guerre mondiale, elle n’a jamais choisi d’autre voie que celle de la force militaire. Les guerres en Corée, au Vietnam, en Irak, en Afghanistan, le bombardement d’Hiroshima et de Nagasaki et les dizaines d’autres crimes commis en Amérique latine montrent que les dirigeants américains n’ont jamais eu pour tradition la diplomatie. Les superpuissances se considèrent trop importantes pour perdre leur temps dans des négociations et des efforts diplomatiques avec des pays du tiers-monde ou des pays plus petits. Elles sont habituées à décider en remuant leur petit doigt comment les autres doivent se comporter, et à satisfaire leurs intérêts par des attaques militaires. Les antécédents diplomatiques de l’Amérique incluent plusieurs séries de négociations avec l’ex-Union soviétique. Par conséquent, nous pouvons affirmer que depuis la Deuxième Guerre mondiale et jusqu’en 1990, les dirigeants américains ont pour tradition de ne choisir la diplomatie ou les négociations qu’avec des puissances de stature égale…

Les déclarations d’Obama en faveur de négociations avec l’Iran ne peuvent conduire qu’à l’une des deux conclusions suivantes : soit l’Amérique considère l’Iran et sa capacité de dissuasion comme égale à celle de l’ex-Union soviétique… soit l’Amérique n’a plus la stature dont elle jouissait autrefois…

Ce qui s’est passé à présent est que le Secrétaire d’État américain [John Kerry] a renoncé à toutes ses fonctions et à sa vie pour négocier avec l’Iran, marchandant, capitulant et appelant les Européens à l’aide dans les pourparlers. Il ne considère pas l’Iran comme l’équivalent du Vietnam, de la Corée, de l’Afghanistan et de l’Irak. Alors que s’est-il vraiment passé ici ?

Dans son discours télévisé du 5 avril 2015, après l’accord de Lausanne, Obama a affirmé que parmi les trois options – attaque, sanctions et négociations – il n’en voyait pas d’autre que les négociations, et avant cela même, il avait déclaré : « Si j’avais pu, j’aurais démantelé la totalité du [projet] nucléaire iranien ». Le revers de la médaille de ce « si j’avais pu’ est « je ne peux pas ». Comment comprendre ce « je ne peux pas » ? Après tout, l’Amérique a une présence militaire dans 50 sites à travers le globe, y compris dans le Golfe persique…

Le comportement américain en l’absence de l’Union soviétique montre que l’Iran est en passe de devenir une puissance qui est à peine inférieure, voire égale à l’Amérique dans le monde. [Par conséquent,] l’Amérique n’a pas le courage de l’attaquer militairement ou même de mener des négociations bilatérales [avec lui], c’est pourquoi elle est aidée par trois pays européens [la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne].

Il n’est pas déraisonnable de penser que l’Amérique considère que nos capacités militaires ne surpassent pas les siennes, mais qu’elle craint le « soft power » [puissance douce, pouvoir de convaincre – de l’Iran], qui est plus fort qu’un bombardement militaire… Ce soft power repose sur deux axes principaux : une alliance entre la nation et l’Imam [l’ayatollah Ruhollah Khomeini] et une alliance avec les pays de la région [fondée sur] l’émotion et la foi. La nation irakienne est un exemple de cette alliance ; là-bas, l’Amérique a sacrifié 4 400 hommes et évincé Saddam [Hussein], mais les amis de la Révolution islamique [iranienne] se sont assis sur le trône de Saddam et n’ont d’aucune façon permis [aux Américains] de s’emparer du pouvoir. Ce soft power ne peut mener d’attaque militaire, c’est pourquoi la puissance grandissante de la Révolution islamique a amené l’Amérique à se transformer, par crainte, d’un ennemi stupide en un ennemi relativement intelligent. [4]

Un haut conseiller de Khamenei au sein du CGRI : L’accord nucléaire renforcera le statut et la puissance de l’Iran

Yadollah Javani, haut conseiller de Khamenei au sein du CGRI, a écrit dans un éditorial du 27 juillet 2015 de l’hebdomadaire du CGRI, Sobh-e Sadeq :

La guerre éclatera-t-elle entre l’Iran et l’Amérique ? On ne peut répondre à cette question par un oui ou un non décisif. Mais nous pouvons prouver qu’au cours des années écoulées, les États-Unis n’ont pas été capables, et n’ont pas eu le courage,  de mener une attaque militaire en Iran. Au cours de la dernière décennie, les Américains et les sionistes ont maintes fois menacé d’attaquer l’Iran, mais redoutant les conséquences d’une guerre éventuelle contre [l’Iran], ils n’ont pas mis leurs menaces à exécution… Par conséquent, les responsables américains ont annoncé que le dossier nucléaire iranien ne serait résolu que par des moyens diplomatiques.

Après la déclaration de Lausanne du [2 avril 2015], le président américain Obama a annoncé qu’une guerre ou des sanctions accrues ne soumettraient pas l’Iran ni ne détruiraient son industrie nucléaire. Tout au long de ces années, les Américains ont menacé de lancer des attaques militaires sur l’Iran, mais eux-mêmes et d’autres, y compris la nation iranienne, savaient parfaitement que cette menace relevait principalement de la guerre psychologique, et que l’Amérique n’allait pas décmencher une nouvelle guerre en Asie occidentale.

Avec leurs antécédents de vaines menaces militaires, les Américains ont de nouveau commencé à fanfaronner sur la question d’une attaque militaire contre l’Iran, après la conclusion des négociations de Vienne et les signes d’un accord nucléaire émergent entre l’Iran et le P5+1. La menace militaire est venue d’Obama, du Secrétaire d’État américain John Kerry, du Secrétaire à la Défense Ashton Carter et d’autres représentants américains, au cours des derniers jours, qui ont tous mis en avant l’option de l’usage de la force militaire contre l’Iran dans l’avenir…

Jusque-là, les Américains n’ont pas attaqué, en raison de la dissuasion iranienne, qui se renforce régulièrement. Il y a dix ans, les Américains étaient plus forts qu’aujourd’hui, et la République islamique iranienne était plus faible. Au cours de la dernière décennie, la puissance de l’Amérique et de ses alliés dans la région s’est érodée, tandis que celle de la République islamique et de ses alliés n’a fait que croître. Par conséquent, les soulèvements régionaux au cours de la dernière décennie ont joué en faveur de l’Iran, et au détriment des États-Unis. Grâce à l’accord sur le nucléaire, ce processus ne fera pas prendre à l’Iran de mauvais tournant, mais ne fera que renforcer sa puissance.

C’est précisément la source de préoccupation concernant l’accord nucléaire, exprimée par les représentants du régime sioniste et les autres alliés de l’Amérique dans la région, tels que le régime d’Al-Saud. Par conséquent, les vantardises de l’Amérique, suite à la reconnaissance d’un Iran nucléaire par l’accord entre l’Iran et le P5+1, s’imposent, et reflètent la tentative américaine de maintenir la façade de son statut de superpuissance mondiale.

Toutefois, la vérité est que l’ère de cette superpuissance est révolue, et que l’Amérique doit accepter les réalités du nouveau monde. L’équilibre de la puissance mondiale évolue et un nouvel ordre politique international est en train d’être façonné. [Ce nouvel ordre mondial] inclut la reconnaissance d’un Iran maîtrisant le cycle du combustible nucléaire, doté de capacités de dissuasion décisives dans la région par les six principales puissances mondiales… [5]

Notes :

[1] Tasnimnews.com (Iran), 30 août 2015.

[2] Farsi.khamenei.ir, 24 août 2015.

[3] Whitehouse.gov, 14 juillet 2015.

[4] Javan (Iran), 15 juillet 2015.

[5] Sobh-e Sadeq (Iran), 27 juillet 2015.

MEMRI







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