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John Kerry : « Nous avons une certitude absolue » concernant « certaines activités militaires » des Iraniens ; l’Iran refuse les conditions américaines quant à de futures inspections


John Kerry : « Nous avons une certitude absolue » concernant « certaines activités militaires » des Iraniens ; l’Iran refuse les conditions américaines quant à de futures inspections

Dans un communiqué publié le 16 juin 2015, le secrétaire d’Etat américain John Kerry reconnaît que les Etats-Unis étaient informés des dimensions militaires du programme nucléaire iranien.[1] Kerry a déclaré : « Les possibles dimensions militaires, pour parler franchement, ont été quelque peu déformées dans certaines discussions, du fait que nous ne sommes pas fixés sur l’exigence que l’Iran rende spécifiquement compte de ce qu’ils ont fait à un moment ou à un autre… Nous savons ce qu’ils ont fait… Nous n’avons aucun doute. Nous avons une certitude absolue concernant certaines activités militaires dans lesquelles ils se sont engagés ». [2]

Cette déclaration révèle au grand jour la duperie iranienne relative à l’existence d’une fatwa du Guide suprême Ali Khamenei autorisant les armes nucléaires, qui a pourtant été reçue par l’administration Obama. [3] Les remarques de Kerry indiquent que l’administration savait que Khamenei mentait au sujet de cette fatwa et d’un prétendu interdit religieux d’obtenir des armes nucléaires. 

Les concessions demandées aux Etats-Unis afin de parvenir à un accord 

Des concessions américaines sur la recherche de possibles dimensions militaires (PDM) du programme iranien 

Kerry a clarifié le fait que les Etats-Unis n’étaient pas intéressés à se focaliser sur les violations militaires passées de l’Iran, visant plutôt à garantir que le programme nucléaire iranien puisse être inspecté dans l’avenir. Il a déclaré : « Nous sommes préoccupés par l’avenir. Il est essentiel pour nous de savoir que pour l’avenir, ces activités ont été stoppées et que nous pouvons nous en assurer de manière légitime… Ceci fait clairement partie des exigences, selon notre jugement de ce qui doit être atteint afin de parvenir à un accord légitime… Et afin de parvenir à un accord, pour déclencher toutes sortes de sanctions substantielles et significatives, nous devrons obtenir ces réponses ». [4]

Par cette déclaration, les Etats-Unis renoncent à leur demande concernant les PDM de l’Iran – à savoir, que l’Iran fournisse des explications à l’AIEA sur les soupçons antérieurs de PDM de son programme nucléaire. Sans cette demande, tous les accords futurs concernant l’inspection n’auront aucun sens, parce que cette concession des Etats-Unis établit un précédent, qui permettra à l’Iran de s’abstenir de répondre à tous soupçons dans l’avenir. [5]

Possibilité de concessions américaines sur des inspections futures

A ce stade, il apparaît que les Etats-Unis puissent faire marche arrière sur le futures inspections dans deux autres domaines :

Selon des informations encore non vérifiées, au lieu d’une inspection à « tout moment et en tout lieu », [6] une commission constituée de représentants de tous les pays participant aux négociations, y compris l’Iran, décidera des installations iraniennes suspectes particulières qui seront inspectées, s’ils parviennent à un consensus à ce sujet. De la sorte, l’AIEA serait privée de toute compétence indépendante.

L’accès aux installations militaires, s’il est autorisé – et actuellement, le Guide suprême iranien Ali Khamenei, le Corps des gardiens de la révolution islamique de l’Iran (CGRI), le Majlis (parlement) et l’équipe de négociateurs iranienne ont tous totalement rejeté cette option – ne sera plus une condition inhérente à tout accord, mais sera repoussé jusqu’à la signature d’un accord.

Pourquoi le processus de négociations a-t-il capoté ? 

Les perceptions américaine et iranienne de l’essence et des implications d’un accord nucléaire global sont diamétralement opposées :

La perception américaine

Les Etats-Unis considèrent un accord nucléaire global comme une occasion de tourner une nouvelle page avec l’Iran, et même de développer l’influence américaine et occidentale dans le pays, le transformant ainsi d’Etat hostile en un Etat amical, partageant des intérêts avec l’Occident.

C’est pourquoi la politique de l’administration Obama est fondée sur l’annulation des six résolutions du Conseil de Sécurité des Nations unies qui sanctionnent l’Iran pour ses violations nucléaires, et sur une occultation des rapports de l’AIEA sur des soupçons de violations de la part de l’Iran. C’est pourquoi le dossier iranien à l’AIEA a été traité à partir de l’opinion de la communauté internationale, qui considère l’Iran comme un Etat suspect, six résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies étant toujours en instance à son encontre, en raison de ses différentes violations en matière nucléaire.

Toutefois, depuis que les négociations avec l’Iran ont été reprises par l’administration Obama, et qu’elles ne sont plus entre les mains des EU3, l’Iran est passé d’Etat suspect, objet d’enquêtes et de sanctions, en partenaire bénéficiant d’un statut égalitaire dans les négociations, au cours desquelles ses demandes ont le même statut que celles de l’autre partie. Autrement dit, une procédure quasi-judiciaire contre un Etat suspect – l’Iran – s’est transformée en négociation entre un juge et un suspect. Tout ceci est destiné à transformer de facto l’Iran en Etat amical envers l’Occident et sous influence occidentale. Ce modèle est le même que celui par lequel le secrétaire d’Etat Henry Kissinger avait amené l’Egypte, dans les années 1970, puis la Chine et l’Union soviétique, à entretenir des relations beaucoup plus amicales envers l’Occident. 

La perception iranienne 

Le Guide suprême iranien, Ali Khamenei, rejette entièrement la perception américaine. En ce qui le concerne, l’accord annule un préjudice infligé à l’Iran, et n’a rien à voir avec le fait de tourner la page – il ne s’agit ni d’expurger le passé, ni de transformer l’Iran en Etat amical envers l’Occident, qui soit ouvert à l’influence occidentale, ou qui partage les intérêts occidentaux. Il perçoit ces dernières notions comme un complot contre le camp idéologique qu’il dirige, visant à renforcer le camp pragmatique iranien, et à éliminer le régime révolutionnaire islamique – processus qu’il veut empêcher. Selon lui, l’avenir de l’Iran dépend de sa confiance en une « économie de résistance » – et absolument pas de l’Occident ou des investissements étrangers.

Par conséquent, il y a lieu de supposer que Khamenei ne souhaite pas parvenir à un accord qui conforterait les visées américaines. Il faut se souvenir qu’en avril 2015, à Lausanne, les Iraniens ont catégoriquement refusé de signer un quelconque accord ou même de serrer la main à leurs homologues, et qu’un résultat positif des négociations ne prendra pas la forme d’un accord entre les parties, mais devra être soumis au Conseil de Sécurité des Nations unies pour faire l’objet d’une résolution.

Il semble que l’opinion de Khamenei soit fondée. Si l’administration Obama fait toutes ces concessions, ce n’est ni par naïveté, ni dans un geste gratuit de conciliation, mais dans une tentative de realpolitik, qui est par essence manipulatrice et impérialiste, et vise à obtenir un changement de régime en Iran, non pas au moyen d’un processus interne authentique mais par une manipulation politique externe. Le camp idéologique, également conscient de ces intentions, se prépare depuis plusieurs années à les contrer, en particulier après l’émergence du mouvement de protestation civile en  2009. [7]

De même que l’Iran ne renonce pas à sa perception de lui-même comme un empire, il ne peut renoncer à considérer la politique américaine comme une tentative impérialiste de manipuler les acteurs internes iraniens, de jouer les faiseurs de rois et de renverser le régime. C’est aussi la raison pour laquelle il se montre si suspicieux et totalement dénué de confiance envers l’administration Obama. En dépit de tous les gestes accomplis par l’administration envers l’Iran, et de sa soumission aux demandes iraniennes, sa politique est toujours perçue comme n’étant autre qu’un élément d’un complot impérialiste américain pour renverser le régime actuel. Cette attitude explique l’utilisation répandue d’une terminologie concernant les Etats-Unis, que les porte-parole du régime peinent à abandonner – « l’arrogance globale », le « Grand Satan », et le slogan « Mort à l’Amérique » scandé par Khamenei tout récemment, lors d’un discours prononcé le 21 mars 2015 pour marquer le Nouvel An perse, Norooz, et en réponse aux vœux de Nouvel An du président Obama au peuple iranien. (voir MEMRI TV Clip No. 4838). [8]

Dans des  déclarations faites le 4 juin 2015 sur la tombe du fondateur du régime iranien, l’ayatollah Ruhollah Khomeini, Khamenei a confirmé cette position, affirmant : « Chacun doit savoir que l’Arrogance [les Etats-Unis] surveille toujours notre nation, en vertu de son importance géopolitique et de ses richesses. Ils n’ont pas reculé, et ils ne reculeront que lorsque la nation iranienne trouvera la force particulière et le progrès qui les amèneront [les Etats-Unis] à désespérer… Le fait de continuer à utiliser l’expression ‘le Grand Satan’ est hautement significatif. Lorsqu’une certaine personne ou une certaine entité sont qualifiées de ‘Satan’, notre comportement à leur encontre et les sentiments qu’on doit leur porter sont manifestes. L’imam [Khomeini] s’est comporté ainsi envers l’Amérique jusqu’à son dernier jour, l’appelant le ‘Grand Satan’… C’est la logique de l’imam à l’égard de la lutte contre l’arrogance, et cette logique nous aide à comprendre les questions mondiales actuelles et à adopter la position appropriée [à leur égard]… »

« Chacun doit savoir que notre ennemi [les Américains], avec ses expressions faciales changeantes – parfois grimaçantes, parfois souriantes, parfois pleines de promesses et d’autres fois menaçantes – vise à conquérir notre pays. L’ennemi veut reprendre le contrôle total de l’Iran [dont il jouissait autrefois], et il est opposé à l’islam parce que l’islam s’oppose à lui en retour… L’ennemi s’oppose à l’islam parce qu’il sait que les dictats de l’islam sont tel un puissant barrage sur son chemin. Il s’oppose à la nation iranienne parce que cette nation s’oppose à lui comme une montagne. Il est encore plus hostile à ceux au sein de cette nation qui font preuve d’une plus grande résistance à son égard… Il s’oppose encore plus aux organisations et institutions révolutionnaires, et aux éléments du Hezbollah [tels que le CGRI, les Basij, etc.], parce qu’ils sont comme un barrage puissant qui l’empêche de s’infiltrer. »

« L’ennemi cherche la domination, et tous ses efforts sont dirigés pour entraver le mouvement islamique du régime iranien, qui fait progresser la nation. Un homme d’Etat américain a dit… ‘ce qui nous importe est [le régime de] l’Iran islamique, parce que l’Iran veut créer une civilisation.’ Mais il a utilisé le terme erroné d’‘empire’. Il a dit : ‘Nous devons considérer l’Iran comme notre ennemi le plus significatif’. Cette déclaration nous montre combien il est important de construire notre nation. » [9] 

Conclusion 

Khamenei continuera de faire obstacle aux négociations, en contrecarrant délibérément les représentants de son rival, le camp pragmatique, et en maintenant des demandes qui ne pourront jamais être satisfaites. Plus encore, il pourrait empêcher le camp pragmatique de mettre en œuvre la perception américaine d’un accord – à savoir, l’ouverture de l’Iran aux influences économiques, politiques et culturelles américaines et occidentales – même au prix du recours à la force, comme cela s’est déjà produit auparavant dans l’histoire de la Révolution iranienne.

Par A. Savyon et Y. Carmon

MEMRI

A. Savyon est directrice du Projet de MEMRI sur les médias iraniens ; Yigal Carmon est président de MEMRI.





Journaliste québécois, pro-atlantiste, pro-israélien,pro-occidental



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  • 2 thoughts on “John Kerry : « Nous avons une certitude absolue » concernant « certaines activités militaires » des Iraniens ; l’Iran refuse les conditions américaines quant à de futures inspections

    1. San Remo

      Merci John Kerry pour ce super SCOOP!!!
      Y a pas à dire, mais les professionnels de la diplomatie qui font le tour du monde pour des conférences de la paix et autres, des années durant ont vraiment l’esprit affuté!

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