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États-Unis : Comment l’universalisme de gauche détruit le sionisme juif américain


États-Unis : Comment l’universalisme de gauche détruit le sionisme juif américain

Par Jonathan Bronitsky

On m’a déjà signalé il y a quelques années que les passagers non juifs étaient plus nombreux que les Juifs sur les vols d’El Al entre New York et Tel-Aviv. Probablement une simple rumeur… Soit ! Mais, comme vous le savez, le soutien à Israël apporté par les non-Juifs, notamment les Chrétiens Évangéliques, a sérieusement augmenté lors des dernières décennies. Néanmoins peu d’entre vous ont pris conscience du déclin constant de l’intérêt des Juifs américains vis-à-vis d’Israël.

L’enquête de Pew de 2013 « Portrait des Juifs américains » est une photographie de cette inquiétante tendance. À la question « Qu’est ce qui est essentiel pour être juif ? », la réponse « Défendre Israël » ne vient que loin derrière de nombreuses autres, comme : « Mener une vie morale, éthique« , « œuvrer pour la justice, l’égalité« , « être curieux intellectuellement« … et ne dépasse que de peu la réponse « avoir de l’humour« !

Comme la vérité gêne, la principale ou seule raison de cette aggravation de l’érosion du lien qui unit « les membres de la Tribu » est volontairement ignorée.

Je ne vais pas tourner autour du pot. Les Juifs qui ne sont pas orthodoxes représentent 90% de la population juive américaine. Ils sont déjà en grande partie assimilés ou en cours d’assimilation, à travers les mariages mixtes. Selon Pew, ces 15 dernières années, ceci est le cas de 72% d’entre eux. Alors comptez combien il restera de Juifs non assimilés dans 2 ou 3 générations ?

Mais alors pourquoi les Juifs qui se marient en dehors du Judaïsme et qui s’assimilent ne se sentent-ils pas concernés par l’État d’Israël ?

Je suis un jeune adulte et la réponse concerne surtout ma génération et celles qui vont suivre. La plupart de mes congénères juifs dits de « gauche » pensent presque tous de la même manière : Que l’assimilation, loin d’être une tragédie pour le judaïsme, est un succès triomphal de la tolérance. L’amour d’autrui est le mantra.

Sans le dire ouvertement, la plupart de mes congénères juifs sont persuadés qu' »épouser un autre Juif frôle l’intolérance« . Je ne blague pas, c’est le résultat d’une étude sérieuse et moi-même j’ai vécu la situation. Je dînais un soir avec un ami intime, un universitaire européen, qui se vante de son ouverture et de son « cosmopolitanisme« .

Notre conversation dériva vers les projets d’avenir et je lui parlais de mon intention d’épouser une fille juive. Mon copain n’hésita pas pour me traiter de « raciste« !

Sans raison évidente car j’aurais été heureux d’épouser une Juive éthiopienne, indienne ou chinoise. Pour vous dire à quel point le « libéralisme d’aujourd’hui » est tombé dans les abysses de l’absurdité.

Ainsi je suis un raciste qui, au lieu d’élargir ses horizons, à travers le mariage, préfère construire sa vie avec une personne avec laquelle il partage quelques expériences culturelles et religieuses.

De même, il y a à peine deux mois, un site antisioniste, créé par des Juifs, m’a catalogué sur le net comme « un religieux extrémiste ». Pourquoi ?

Lors d’une discussion à une conférence dans le Michigan, j’ai émis l’opinion que pour affirmer son identité juive, il fallait se familiariser avec la Torah. On m’a répondu que « ma vision myope du monde » m’a conduit directement vers le tribalisme et la domination d’autres peuples…! Cette réaction semble extrême, mais elle reflète assez bien l’impasse où a conduit le « libéralisme » américain (1).

Il est de plus en plus évident que le « libéralisme moderne » est devenu dogmatique, obligeant l’être humain à renoncer à sa spécificité, à une partie de lui-même, pour être accepté au royaume doré de l’urbanité libérale.

Pure hypocrisie, car ce dit libéral ne traitera pas de raciste un Noir américain épousant une Noire américaine, mais un Juif américain épousant une Juive américaine, c’est une autre histoire…. On peut aussi s’étonner que de nombreuses organisations juives américaines s’empressent de prêcher le multiculturalisme, mais ne prennent aucune mesure pour défendre leur propre culture.

L’exagération de cette multi-culture, cet « amour des autres », ne laissant plus aucune place pour sa propre identité, a mené droit à une assimilation, admise comme bienvenue et comme faisant « progresser la civilisation »…

Et cette nouvelle idéologie qui est en train d’éloigner les Juifs américains de leur judaïsme, les éloigne parallèlement d’Israël. Ce superficiel et rassurant « TiqounO’lam » ou « réparation du monde » enseigné dans certaines synagogues est en train de se nicher dans les esprits. L’universalisme démesuré et utopique est devenu un mode de pensée si banal que le judaïsme tout autant qu’un « état juif » sont considérés comme quelque chose de « dépassé, provincial, paroissial »… Et ces idées sont transmises de plus en plus aux générations futures.

Le sionisme s’effrite au bénéfice de la nouvelle utopie de « justice sociale universelle ».

Les jeunes Juifs se sentent bien et très à l’aise en Amérique. Pour eux, « partir en Israël » c’est aussi étrange qu’aller créer une colonie sur Pluton. Ils ont leur confort et les habitudes des parties de tennis ou des exercices de yoga, des jeux sur le net, accros à leur tablette. La Shoah est loin et de plus en plus loin, autant que le danger islamiste, à des milliers de km.

Personne n’a enseigné à ces jeunes Juifs ce qu’est exactement leur véritable identité. La famille, la synagogue, l’école juive, ont toutes failli dans leur enseignement et n’ont pas su endiguer la vague moderniste et snob de l’universalisme de pacotille.

Pour défendre Israël, il faut une identité juive de fer. Et celle-ci est un enseignement quotidien qui doit se poursuivre après une préparation solide à la bar ou bat mitvah.

La survie du judaïsme ne se limite pas à la nourriture cacher et/ou à la prière. Certes elles y contribuent, mais l’étude permanente et adaptée de la Torah, de l’histoire et des traditions doit être facilitée et devenir prioritaire. Il faut favoriser et faciliter des séjours en Israël dès la Bar ou Bat Mitswah, pour que le jeune Juif américain s’imprègne de réalités plutôt que d’utopies. Tâche parfois difficile, encore faut-il le vouloir.

Résumé et adapté par Albert Soued

Source

(1) Ce développement peut aussi s’appliquer au judaïsme français ou européen.





Journaliste québécois, pro-atlantiste, pro-israélien,pro-occidental



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  • 3 thoughts on “États-Unis : Comment l’universalisme de gauche détruit le sionisme juif américain

    1. Robert Davis

      Ce que vous dites n’est pas faux mais n’oubliez pas que dans l’allemùagne des années 30 c’était exactement la même chose pour les juifs allemands. Evidemment l’Histoire ne se répète pas encore qu’avec un zerobama on peut presque se poser la question, mais elle bégaye. Il y aura forcémment un retour en arrière, il y en a toujours. Le monde n’est pas statique. Les enfants de ces gauchistes iront cracher sur les tombes de leurs parents j’en suis sûr.

    2. MK

      Mon Père, qui était loin d’être pratiquant, mais qui a quand même donné 5 ans de sa vie à la République Française pour se battre en tant que soldat de 39 à 42 puis en tant que résistant, me disait : « Les Juifs ont besoin de coup de pied aux fesses pour leur rappeler qu’ils sont Juifs et pour les faire monter en ERETZ ISRAËL ».
      Bien que non patriquant, il était profondément sioniste, aidait ISRAËL du mieux qu’il pouvait, et mes parents n’ont pas failli à me donner une bonne éducation Juive.
      Mais il faut savoir que même lorsque les Juifs sont sortis d’Egypte, seul 10 % sont réellement arrivés en ISRAEL. Le reste s’est « dilué » en diaspora.

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