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Etat de la liberté d’expression au Moyen-Orient : entre condamnations pour blasphèmes et insurrection sexuelle


Etat de la liberté d’expression au Moyen-Orient : entre condamnations pour blasphèmes et insurrection sexuelle

Par N. Szerman *

Extraits d’une conférence sur la liberté d’expression dans les pays du Moyen-Orient en date du 14 juin  2015 :

Le Moyen-Orient est une région vaste, qui déborde politiquement sur l’Asie du Sud et le Maghreb. Pour être exact, nous évoquerons la liberté d’expression dans les Etats où l’islam influe sur la marche politique du pays, car c’est souvent l’islam qui représente un défi à la liberté d’expression dans la région.

Une grande liberté de ton

En Occident, la presse est libre – et elle l’est aussi au Moyen-Orient. Les organes de presse dans le monde arabe font preuve notamment d’une grande liberté de ton – plus encore que dans les pays européens. Ce qui serait considéré en Europe comme des écarts de conduite peut passer sans causer d’émoi. Sur les plateaux de télévision, le débat peut s’enflammer très vite, notamment quand on place face à face les pro-Assad et les anti-Assad. Il est arrivé que sur un sujet aussi brûlant que la situation en Syrie, les intervenants en soient arrivés aux coups.[1] L’un d’eux a une fois sorti une arme sur un plateau.[2] Le 9 juin, sur Al-Jazeera, des journalistes en sont venus aux violences physiques (en s’envoyant des projectiles) dans un débat sur l’implication iranienne dans l’armée irakienne : le journaliste pro-Iranien Alaa Al-Khatib accusait de directeur de l’Agence de presse Sarmad Abdul Karim d’être un traître. Celui-ci déclarait pour sa part que la présence iranienne en Irak avait pour but de conquérir le pays, de s’étendre à la Syrie et finalement à l’Arabie saoudite.[3]

Le ton est très libre aussi quand il s’agit d’évoquer les Juifs et Israël. Il n’est pas mal vu de tenir des propos désobligeants à l’égard de « l’entité sioniste » ou même des Juifs. Cela peut être une façon de se montrer consensuel. Les propos injurieux, et même ouvertement diffamatoires – sont acceptables s’ils sont dirigés contre les ennemis du gouvernement, par exemple contre les Iraniens par un organe de presse saoudien. C’est comme si l’on voulait motiver les troupes, ou militariser la population civile.

Toutefois cette liberté d’expression a des limites ; elle en a en Occident et elle en a en dans les pays d’Orient. Mais ce ne sont pas les mêmes limites.

Les limites de la liberté d’expression : le tabou religieux et son extension aux autorités en place

Pour la France et les pays démocratiques occidentaux, la liberté, y compris la liberté d’expression, s’arrête là où commence celle de l’autre. Cela signifie que l’on est libre (en principe en tous cas) de critiquer les religions, les idées, les politiques, tant que l’on ne s’en prend pas à l’intégrité d’une personne ou d’un peuple, et qu’on n’incite pas à la violence.

Dans les pays imprégnés d’islam, ce n’est pas l’intégrité de la personne qui passe en premier ; le plus grave, en Iran comme en Arabie saoudite, c’est de remettre en question le pouvoir religieux (avec la figure sacrée de Mahomet). Ce n’est pas la personne humaine qui est sacrée et intouchable, mais le pouvoir religieux.

Ce tabou trouve sa source dans les Ecritures islamiques : le châtiment de ceux qui diffament le Prophète est évoqué dans le Coran, le hadith et la Sirah (biographie du Prophète). Pour la Charia, diffamer le Prophète constitue un acte blasphématoire devant être puni de mort, même si le blasphémateur se repent. Cette loi trouve sa source dans le Coran [9:61] : « Ceux qui portent atteinte au Messager d’Allah connaîtront un châtiment douloureux ». On peut donc bénéficier d’une grande liberté d’expression, et de ton, tant qu’on ne touche pas au tabou religieux.

Emettre des critiques en minimisant les risques : épargner l’islam et le pouvoir suprême

Il est donc risqué de contester l’autorité spirituelle de l’islam, et du Prophète Mahomet, et difficile aussi de contester le pouvoir en place, car souvent les deux se confondent : Certains dirigeants se disent descendants du Prophète Mahomet.

Le roi de Jordanie et la dynastie des Hachémites se réclament de Mahomet, par son gendre Ali. Le roi du Maroc, et la dynastie Chérifienne ou des Alaouides du Maroc se réclament également descendants de Mahomet, par son gendre Ali également. Cela leur confère une autorité et une aura particulières. En Iran, le Guide suprême Ali Khamenei est hériter spirituel de l’ayatollah Khomeiny, père de la Révolution islamique, qui fait figure de dogme intouchable. Ces configurations compliquent considérablement la formulation de critiques.

Il est toutefois possible de critiquer l’ordre établi, et certains le font. La militante saoudienne pour les droits de la femme Wajiha Al-Huwaidar est encore vivante, ce qui en étonne certains, car elle a enfreint la loi saoudienne en se faisant filmer au volant d’une voiture en Arabie saoudite et en postant la vidéo sur Youtube (les femmes ne sont pas autorisées à conduire en Arabie Saoudite).[4]

Toutefois, en écoutant les interventions de Wajiha Al-Huwaidar, on remarquera qu’elle prend soin de ne pas attaquer l’islam et encore moins Mahomet ; au contraire, elle prend même le Prophète de l’islam à témoin, en faisant valoir que le Prophète, lui, se situe très loin des interdits décrétés en son nom. De même, elle ne critique pas le roi, qu’elle présente au contraire comme un modèle d’ouverture. A ce prix, celui peut-être d’une certaine hypocrisie, les activistes peuvent mener un combat militant en limitant les risques.

En Iran, les camps réformateurs et conservateurs s’opposaient autrefois avec force, mais en se gardant de remettre en question la figure du Guide suprême Ali Khamenei, héritier spirituel de l’ayatollah Komeiny, père de la Révolution islamique, qui n’est donc pas critiquable.

C’est ainsi que Rafsandjani, ancien président de la Révolution islamique (de 1989 à 1997), et actuel président du Conseil de discernement, dont la ligne pragmatique diffère de celle de Khamenei, tente de se présenter dans les médias comme le véritable héritier spirituel de l’ayatollah Khomeiny. Il n’y a pas d’autre façon de faire face au Guide Suprême Khamenei, s’il veut demeurer légitime, que de se réclamer l’hériter du pouvoir spirituel (en savoir plus sur le sujet).

Les châtiments encourus

Dans les pays non démocratiques de la région, un lecteur qui consulte un organe de presse se posera la question de l’affiliation du média pris en compte : a-t-on affaire à un porte parole du régime, on non ? La presse officielle nous renseigne sur la ligne politique du pays. Pour bénéficier d’un regard indépendant sur un sujet, les lecteurs saoudiens, iraniens et autres se tournent donc vers les sites d’informations libres en ligne et notamment vers les blogueurs, dont certains sont extrêmement suivis.

Certains toutefois sont trop entiers, trop honnêtes et trop téméraires – et ne respectent pas l’hypocrisie qui leur permettra de se préserver. On a de nombreux exemples de jeunes blogueurs qui profitent de la liberté offerte par Internet pour se faire entendre, semblant oublier qu’ils n’habitent pas sur la planète Google mais en Arabie Saoudite, en Iran ou en Mauritanie. Ces blogueurs s’expriment sur leurs blogs, ou sur Facebook et Twitter. Certains sont  sous les verrous ; d’autres ont été fouettés ; d’autres encore ne sont plus.

a – Les blogueurs de la région MENA

Raif Badawi est un écrivain et blogueur saoudien créateur en 2008 du site Free Saudi Liberals sur lequel il militait pour une libéralisation morale de l’Arabie saoudite.

Accusé d’apostasie et d’insulte à l’islam, il est emprisonné depuis juin 2012. Il a été condamné à 1 000 coups de fouet et 10 années de prison. La presse internationale lui a consacré de nombreux articles, en espérant dissuader les autorités de mettre à exécution ces peines.

En janvier 2014, le blogueur iranien Soheil Arabi a été arrêté par les Gardiens de la Révolution pour avoir insulté le Prophète sur sa page Facebook. Il a été incarcéré dans la prison d’Evin pendant environ un an. Un tribunal iranien l’a condamné à mort.

Le blogueur saoudien Hamza Kashgari a été emprisonné pour avoir tweeté, le jour du festival de l’anniversaire du Prophète, le 4 février 2012 : « Pour ton anniversaire, je te vois partout où je vais. Il y a des choses chez toi que j’aime, des choses que je déteste, et il y a beaucoup de choses que je ne comprends pas. Pour ton anniversaire, je ne vais pas me courber devant toi et je ne vais pas t’embrasser la main. Je vais te serrer la main comme à un égal, te rendre ton sourire et te traiter comme un ami, rien de plus. »

Les tweets de Kashgari ont suscité un tollé dans les médias, sur les réseaux sociaux, et dans les cercles du régime. Des pages Facebook le dénonçant et appelant à le poursuivre ont été créées, ainsi que des pages et blogs le défendant. Le Comité permanent de la Fatwa, dirigé par le grand mufti saoudien, l’a déclaré infidèle et apostat pour avoir dédaigné Allah et Son messager, et a appelé à le punir conformément à la Charia. Le Comité a également sommé tous les musulmans de l’éviter.

Le prince Khaled bin Talal a dénoncé Kashgari à la télévision, affirmant que les propos offensants du jeune homme ne pouvaient être tolérés dans le cadre de la liberté d’expression, et qu’il faisait partie d’une cinquième colonne essayant de creuser un fossé entre la religion et la politique et entre les autorités et le peuple, et de répandre la haine et la fitna (dissension) au nom de la liberté d’opinion. Par conséquent, a-t-il dit, Kashgari et ses défenseurs méritaient d’être punis.

Le 24 décembre 2014, un tribunal mauritanien a jugé le blogueur Mohamed Ould Cheikh Mkhaitir pour ridha (apostasie) et l’a condamné à être fusillé pour « insulte au Prophète » dans un article paru sur son blog le 14 janvier 2014.

Dans l’article, Mohamed Ould Cheikh Mkhaitir critiquait des décisions prises par le Prophète et ses compagnons lors de leurs conquêtes militaires, pour critiquer en vérité, implicitement, la Mauritanie et son système discriminatoire de castes. Arrêté peu de temps après la mise en ligne de ce texte, il s’est défendu en précisant que son intention n’avait pas été d’insulter le Prophète : « Si mon article comporte la moindre insulte sous-jacente au Prophète, paix soit sur lui, j’exprime publiquement mes regrets. » Il a également dit : « Insulter le Prophète est une chose inconcevable… » Mais le tabou avait déjà été enfreint.

L’intellectuel saoudien Turki Al-Hamad est allé pour sa part jusqu’à suggérer de « corriger la foi de Mahomet ». Dr Turki Al-Hamad, journaliste et écrivain saoudien progressiste connu pour ses critiques de l’islam extrémiste, a été arrêté pour des déclarations faites via Twitter cette fois, le 22 décembre 2012, interprétées comme une insulte à l’islam et au Prophète. Al-Hamad avait tweeté : « Un nouveau [type de] nazisme est arrivé dans le monde arabe, nommé ‘islamisme’. Cependant, l’âge du nazisme est révolu et le soleil se lèvera à nouveau » ; et « Notre honorable Messager [Mahomet] est venu corriger la foi d’Abraham, et maintenant nous avons besoin de quelqu’un pour corriger la foi de Mahomet. » Le 24 décembre 2012, deux jours seulement après la mise en ligne de ces tweets, le ministre saoudien de l’Intérieur, l’émir Muhammad bin Nayef, ordonnait l’arrestation d’Al-Hamad.[5]

b – Kamel Daoud en France

L’écrivain et journaliste algérien Kamel Daoud est, pour sa part, menacé de mort par des salafistes en Algérie. Son cas est un peu particulier :  c’est en France, dans l’émission de Laurent Ruquier On n’est pas couché, sur France 2,  qu’il déclare à propos de son rapport à l’islam : « Je persiste à le croire : si on ne tranche pas dans le monde dit arabe la question de Dieu, on ne va pas réhabiliter l’homme».

Quelques jours plus tard, il est frappé d’une fatwa de l’imam salafiste Abdelfattah Hamdache Zeraoui, qui a appelé sur Facebook à son exécution, écrivant que « si la Charia islamique était appliquée en Algérie, la sanction serait la mort pour apostasie et hérésie ». Il précise : « Il a mis le Coran en doute ainsi que l’islam sacré […]. Nous appelons le régime algérien à le condamner à mort publiquement, à cause de sa guerre contre Dieu, son Prophète, son livre, les musulmans et leurs pays. ». Ses menaces ont été reprises sur les chaînes de télé et les quotidiens en arabe Ennahar et Echourouk.[6]

Le châtiment pour blasphème s’applique dans les Etats non islamiques et concerne aussi les non-musulmans

Mais tout cela n’est pas nouveau : on se souvient de la fatwa émise par l’ayatollah Khomeiny en 1989 contre l’écrivain Salman Rushdie, qui appelait à le tuer pour son livre Les Versets sataniques (cette fatwa est toujours valide en Iran) ; de l’assassinat du réalisateur néerlandais Theo van Gogh pour son film Submission, qui présentait des versets coraniques peints sur le corps d’une femme ; et bien sûr les fatwas autorisant le meurtre des auteurs des caricatures danoises publiées en 2005.

On remarquera que ces derniers exemples ne menaçaient pas des musulmans coupables d’avoir enfreint les préceptes de leur religion, mais des athées ou des chrétiens pour qui la critique du prophète Mahomet n’est aucunement un blasphème. Le péché de blasphème concerne, pour ces tenants de cet islam rigoriste, musulmans comme non-musulmans, l’essentiel étant de préserver l’image de la religion.

L’exemple récent le plus traumatisant pour la France est l’attentat qualifié de « 11 septembre culturel », qui a coûté la vie à une bonne partie de l’équipe de Charlie Hebdo. Ce « blasphème » consistant à représenter le prophète Mahomet a été commis en France par des non musulmans. L’interdiction de blasphémer s’est importée en Europe et s’est étendue aux non musulmans.

Les réactions à ce blasphème d’Européens non musulmans a suscité de nombreuses réactions au Moyen-Orient :

Au Pakistan, un mois après les attentats, le grand quotidien pakistanais, Roznama Ummat, publiait une série d’articles sur la question des lois islamiques relatives au blasphème, intitulée « Martyrs de l’honneur du Prophète » qui examine le point de vue islamiste sur le blasphème. Il s’agissait d’un dossier en 43 parties.

On y apprenait notamment que dans l’optique musulmane, le prophète Mahomet n’est pas l’unique cible d’un acte blasphématoire, qui peut aussi viser ses proches et compagnons, les califes de l’islam, ou le Coran. Toute critique d’un acte du Prophète peut être considérée comme blasphématoire.[7]

Sur un panneau d’affichage de la ville Tatyan, en Turquie, gouvernée par l’AKP, on a pu lire : « Hommage aux frères Kouachi, qui ont vengé le Messager d’Allah / Qu’Allah accepte votre martyre / Lorsque vous [l’Occident] frappez, c’est démocratique – lorsque nous nous vengeons, c’est du terrorisme ». Cette formule montre bien que ce qui passe en premier, ce n’est pas l’intégrité de l’individu mais la religion.[8]

Les réactions en arabe sur Twitter à l’attaque de Charlie Hebdo incluaient les hashtags #Paris est en feu, #Vengeance pour le Prophète, #Les loups solitaires terrorisent la France. Beaucoup ont loué les terroristes, les qualifiant de héros, et ont même annoncé qu’il y aurait de nouvelles attaques. Une grande partie des médias officiels et non officiels a justifié les attentats en mettant en avant que Charlie Hebdo avait blasphémé.[9]

Insurrection sur les réseaux sociaux en ligne de type blasphématoire et sexuelle

Mais à l’heure d’Internet, il existe un autre son de cloche que ces voix islamistes. L’interdiction de blasphémer, à laquelle s’ajoute la répression, notamment des femmes, et la dureté des châtiments encourus, sont vécues par beaucoup de jeunes du Moyen-Orient comme une injustice insupportable.

Un exemple : la chanson de Pharrell Williams « Happy » a été reprise dans le monde entier : dans quasiment tous les pays du monde, des clips ont été réalisés par des amateurs sur cette chanson, montrant des jeunes dansant dans leurs villes : on a un « Happy » à Beyrouth, un « Happy » à Amman,  un « Happy » à Ramallah et même un « Happy » à Gaza.

A Téhéran, des jeunes ont couru le risque de réaliser une petite vidéo du même type loin des regards, sur les toits, avec les volets baissés dans les immeubles alentour, et comme tout le monde, ils l’ont mise sur Youtube : en mai 2014, la vidéo filmée sur les toits de Téhéran a valu à ses acteurs une condamnation à la prison et à des coups de fouet (avec sursis), alors qu’ils se déclaraient, dans cette vidéo, heureux à Téhéran. Ils ont été accusés de vulgarité et d’atteinte à la chasteté du public.

En réaction à la répression des mœurs, on assiste sur Internet à de nombreux mouvements insurrectionnels, à des campagnes de protestation, qui ressemblent à une révolution sexuelle : elles sont souvent menées par des femmes – et il s’agit toujours de se découvrir : il y a eu une campagne de femmes se découvrant la tête en Iran et s’affichant « en cheveux » sur Facebook.[10] Dernièrement, les femmes algériennes ont entamé une campagne dévoilant leurs jambes sur Facebook;[11] elles ont été relayées par les Tunisiennes, qui ont arpenté les rues lors d’une Journée mondiale de la mini-jupe à Tunis, le 6 juin 2015. [12]

Sur les réseaux sociaux, l’explosion de la pensée libre s’apparente à une exacerbation de la liberté sexuelle et de la liberté de blasphème, et souvent les deux vont de pair : on a une prolifération de pages insurrectionnelles athées sur Facebook – de Libanais, Syriens, Tunisiens notamment : ces jeunes réagissent en masse à la répression islamique : ils sont athées, et ils sont dévoilés ; et ils sont souvent LGBT, une façon aussi d’affirmer leur aspiration à une totale liberté de penser et d’être.

L’association Syrie moderne démocratique laïque (Syrie MDL) rassemble des personnes indépendantes de toute mouvance politique, souhaitant que la Syrie, un des berceaux de la civilisation humaine, s’engage résolument dans un projet d’avenir, moderne, démocratique – et laïc. Il existe quatre pages d’organisations pour un Liban laïque sur Facebook – en français seulement. On a une Union des athées en Tunisie, et ce ne sont là que quelques exemples en français.

L’oppression exercée par les défenseurs de la vertu islamique conduit parfois aussi à un véritable antagonisme entre hommes et femmes, comme si les hommes en venaient dans leur ensemble à être assimilés au prophète Mahomet : homosexuels mis à part, les hommes sont vus pas beaucoup de femmes comme des ennemis. Cela est particulièrement vrai de l’Arabie saoudite, où la police religieuse exerce une oppression considérable sur les femmes. En Tunisie, on dit que Béji Essebsi a été élu grâce aux femmes. Les hommes auraient voté majoritairement pour Ennahda.[13]

En même temps que le blasphème est si fortement réprimé dans les Etats islamiques, et qu’il l’est aussi par les groupes terroristes islamistes, et bien sûr par l’Etat islamique, on assiste à un retour en force du blasphème sur les réseaux sociaux, couplé à un libéralisme sexuel extrême, une vague insurrectionnelle qui n’est pas sans rappeler Mai 68.

* Nathalie Szerman est directrice du Département francophone de MEMRI

MEMRI

NOTES
[1] Lebanese Journalists Come to Blows on Hizbullah TV sur MEMRI TV
[2] New Low in Live TV Brawls: Jordanian MP Muhammad Al-Shawabikah Pulls a Pistol on His Adversary sur MEMRI TV
[3] Iraqi Journalists Come to Blows on Al-Jazeera TV While Discussing Iranian Military Involvement in Iraq sur MEMRI TV
[4] Saudi Women’s Rights Activist Wajiha Al-Huweidar Drives Her Car, Calling upon Authorities to Allow Women to Drive sur MEMRI TV
[5] Pour plus d’informations sur le sujet, voir : Application de la Charia dans le monde musulman pour insultes à l’islam et au prophète Mahomet : arrestations, emprisonnements, flagellations, condamnations à mort sur MEMRI.fr
[6] Voir : Un imam demande la mort de l’auteur Kamel Daoud, Telquel,18 décembre 2014
[7] Voir sur le sujet : Suite aux attentats de Charlie Hebdo, un quotidien en ourdou publie un dossier exhaustif sur les lois islamiques relatives au blasphème, intitulé « Les martyrs de l’honneur du Prophète » sur MEMRI.fr
[8] Voir : Réactions en Turquie à l’attentat de Charlie Hebdo : Erdogan fustige l’hypocrisie occidentale, le racisme, les discours de haine, l’islamophobie ; Les médias islamistes/pro-AKP le justifient ; Les médias laïcs endeuillés sur MEMRI.fr
[9] Voir : Réactions sur Twitter à l’attaque de Charlie Hebdo – incluant les hashtags #Paris est en feu, #Vengeance pour le Prophète, #Les loups solitaires terrorisent la France sur MEMRI.fr
[10] Voir notamment : https://www.facebook.com/StealthyFreedom/info
[11] Lire sur le sujet :LES ALGÉRIENNES SE RÉVOLTENT ET DÉVOILENT LEURS JAMBES, Femmes du Maroc, 20 mai 2015
[12] Samedi 6 juin à Tunis, « Journée mondiale de la mini-jupe », Tunisie Focus, 4 juin 2015
[13] http://www.webmanagercenter.com/magazine/idees-et-debats/2014/12/26/158556/tunisie-elections-un-million-de-femmes-ont-vote-bce-c-est-le-plus-grand-parti-de-la-tunisie-hassen-zargouni





Journaliste québécois, pro-atlantiste, pro-israélien,pro-occidental



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  • 2 thoughts on “Etat de la liberté d’expression au Moyen-Orient : entre condamnations pour blasphèmes et insurrection sexuelle

    1. Alauda

      « Je ne croirai qu’en un Dieu qui saurait danser », écrivait Friedrich Nietzsche (Ainsi parlait Zarathoustra) en un temps où les hommes de quelque importance s’engonçaient dans leur faux-col et leur embonpoint, où leurs épouses s’étouffaient dans le carcan de leurs corsets.

      Or depuis un siècle le Génie de la danse, propre à l’Afrique noire, a colonisé la planète entière avec ses rythmes « endiablés », ses pas complexes, ses pulsations en contre-temps, sa joie de vivre incarnée sans discrimination de genre, d’âge, voire d’indice de masse corporelle.

      Pharrell Williams – Happy (Official Music Video)
      https://www.youtube.com/watch?v=y6Sxv-sUYtM

      Rien d’étonnant à ce que les mollahs, suppôt d’un prophète sanguinaire, voient rouge à Téhéran devant l’avancée inexorable des claquements de doigt qui changent la direction.

    2. Jacques

      Cette paranoïa fait penser à celle qui sévissait dans l’ex-URSS (et sévit certainement toujours dans les pays communistes) : un début d’ombre de semblant de critique, et vous vous retrouviez au goulag pour cinq ans.

      C’est ce qui est arrivé à Alexandre Soljénitsyne, par exemple. Emettant quelques réserves sur le plan militaire qu’ils étaient censés suivre sans discuter, le jeune capitaine de l’Armée Rouge et un de ses camarades virent leur carrière militaire et civile et même le cours de leur vie stoppés net, en l’espace de quelques heures.
      Certes, les adeptes de la charia sont plus violents encore.

      Le point intéressant dans cet article, c’est que la Révolution, c’est à dire l’écroulement de cette idéologie sectaire et mortifère qu’est l’islam, viendra de l’intérieur, à savoir des musulmans eux-mêmes. D’ailleurs, c’est à mon sens à cela qu’il faut appeler : que les musulmans fassent le ménage dans leurs rangs, comme les Français, les Anglais… l’ont fait en leur temps. C’est ainsi et ainsi seulement qu’une (r)évolution peut durer.

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