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Alex Jordanov est le plus grand reporter français vivant


Alex Jordanov est le plus grand reporter français vivant

Des origines du rap aux reportages de guerre, Alex Jordanov a tout connu. Au début des années 1980, fraîchement diplômé d’une école d’ingénieur, le Français d’alors à peine vingt ans ouvre à Los Angeles une boîte de nuit fréquentée par Prince, Chaka Kahn et Madonna. Entre deux mondanités, celui que l’on surnomme « Super AJ » trouve le temps d’enregistrer un morceau avec Dr. Dre. À la fermeture du club, il devient peintre.

En 1999, de retour en France, Jordanov décide d’être journaliste et intègre la bande de reporters du Vrai Journal, l’émission de Karl Zéro sur Canal+ mêlant humour et journalisme de terrain. Durant plusieurs années, l’homme au crâne chauve tourne des reportages sur l’intervention américaine en Irak ou les free parties belges. Suivront des documentaires sur le meurtre de Tupac ou le procès de Phil Spector. En parallèle, il écrit quelques piges de luxe, notamment pour le New Yorker.

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Le dernier livre d’Alex Jordanov « Merah l’itinéraire secret »

Aujourd’hui âgé de 51 ans, Alex Jordanov vient tout juste de signer son retour aux affaires. Après deux ans d’enquête et d’entretiens à travers le monde, le journaliste publie ces jours-ci Merah, l’itinéraire secret, un livre fouillé sur le parcours du « tueur au scooter ». J’en ai profité pour discuter avec lui de têtes nucléaires bulgares, de journalisme français et de rap américain.

Jordanov avec l'état major du Hamas à Gaza

Jordanov avec l’état major du Hamas à Gaza

VICE : Une dizaine de livres sont déjà parus sur l’affaire Merah. Pourquoi avoir choisi d’enquêter sur le sujet ?
Alex Jordanov : Grâce à des sources dont je ne peux pas parler, j’ai eu accès au dossier d’instruction. J’ai halluciné sur les personnages et sur ce milieu. Le patron deL’Express m’a dit : « C’est James Ellroy à Toulouse ». Il a raison, c’est un thriller. Dans ce pays, la violence terroriste monte crescendo. Ce n’est pas moi qui le dis, ce sont les mecs des Izards [ la cité de Merah à Toulouse, N.D.L.R.] aussi bien que Bernard Squarcini, l’ancien patron du Renseignement intérieur. Quand on a une farandole de types qui crient « Allahou Akbar » et qui foncent dans des décorations de Noël, on dit que ce sont des déséquilibrés, bien sûr. Mais il n’y a pas de fumée sans feu.

Comment avez-vous mené votre enquête ?
Il est extraordinairement compliqué d’approcher les milieux islamistes. On ne peut pas arriver comme ça aux Izards. C’est petit, tout le monde se connaît. Même les Stups ont du mal à travailler là-bas : ils ne peuvent pas circuler dans la cité, ils sont obligés de louer des appartements, d’observer de loin. Ceux qui nous éclairent, ce sont les femmes. Elles savent tout. Souvent, elles prennent des notes, elles n’oublient pas. Au niveau des autorités, c’est différent : il y a plusieurs services et des rivalités sans pitié. Il y en a qui m’aiment bien et ont accepté de me parler, d’autres qui m’aiment moins. Personnellement, j’adore les douanes.

Hormis la police et les proches de Merah, vous avez réussi à parler à Neal Dyson, le capitaine de l’armée américaine qui a interrogé Merah en Afghanistan, mais aussi à un agent des services secrets pakistanais. Comment vous y êtes-vous pris ?
C’est simple, j’ai demandé à un ami haut placé au Pentagone. [ Il montre une capture d’écran d’un e-mail du Bureau du département de la défense américaine ] « Please keep it off the record, m’a-t-il écrit. Play by my rules ». Il m’a donné les coordonnées du capitaine Dyson et je me suis débrouillé. L’agent secret pakistanais, ça s’est fait au cours d’un voyage où j’ai rencontré l’ancien président pakistanais Pervez Musharraf pour la chaîne NBC News. J’étais dans un avion, tout le monde voulait lui parler. Il y avait la BBC, les PPDA du monde anglophone, mais Musharraf ne parlait à personne… En revanche, il était extrêmement gentil avec mon caméraman. Je ne comprenais pas. Une fois arrivé à Karachi, le caméraman m’a dit que Musharraf était son oncle et qu’on allait passer un peu de temps chez lui. À un moment, j’ai parlé de mon enquête à Musharraf et il m’a conseillé d’appeler l’agent secret en question.

Jordanov avec Adel Mohamed, l'un des fondateurs du Mouvement du 6 avril, sur la place Tahrir au Caire, en 2011.

Jordanov avec Adel Mohamed, l’un des fondateurs du Mouvement du 6 avril, sur la place Tahrir au Caire, en 2011.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous lancer dans le journalisme ?
C’est un coup du sort. En 1999, je suis revenu en France après avoir vécu des années à Los Angeles, où je faisais de la peinture. J’exposais dans les galeries et les musées, je traînais avec Robert Longo et Basquiat. À mon retour, j’ai été accueilli par mon vieil ami Bernard Zekri, qui travaillait à Canal+. J’ai tourné un reportage sur les nouvelles drogues pour Envoyé Spécial. On avait rencontré le type qui a inventé le MDMA en Californie et des professeurs un peu dingues. Curieusement, l’émission a explosé les records d’audimat et on m’a demandé si je voulais faire partie du Vrai Journal . Des années plus tard, j’ai rencontré Walter Pincus, un vieux monsieur du Washington Post considéré comme le grand manitou du Watergate. Il m’a dit : « Les mecs comme toi me font marrer. Ils ne viennent pas du moule, ils ont eu une vision plus juste. » Ça m’a conforté dans mon cheminement.

Pensez-vous qu’il reste une place à la télévision pour des émissions comme leVrai Journal , avec des reportages laissant de la place à la subjectivité ?
Le Vrai Journal, c’était un OVNI. Le rédacteur en chef Jean-Marie Michel avait mis sur pied une équipe incroyable : John-Paul Lepers, Jérôme Fritel, etc. Les gens qui fabriquaient cette émission, c’était limite des repris de justice, des drogués. Mais c’était les meilleurs. Aujourd’hui, ce serait impossible, surtout vu le contexte économique des médias. Il faut trouver un nouveau modèle. Mais depuis la nuit des temps, depuis le New York Herald qui a chargé un reporter de retrouver Livingstone au XIXe siècle, il y a une constante : la qualité. Les gens paieront toujours pour la qualité.

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Journaliste québécois, pro-atlantiste, pro-israélien,pro-occidental



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  • 2 thoughts on “Alex Jordanov est le plus grand reporter français vivant

    1. Global

      Je n’irais pas aussi loin que Yéochoua mais le moins que l’on puisse dire est que cet article n’a aucune raison d’être et son « héro » ne présente aucun intérêt.

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