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Israël et l’Egypte se rapprochent, mais l’antisémitisme demeure une partie de l’équation.


Israël et l’Egypte se rapprochent, mais l’antisémitisme demeure une partie de l’équation.

Tandis que le Moyen-Orient récolte les fruits des révolutions dites «printemps arabes» avec la montée de groupes terroristes comme l’Etat islamique, les Etats arabes recherchent une coopération accrue avec Israël dans les domaines militaires et du renseignement pour faire face aux menaces constantes.

Mais cette coopération, en particulier quand il s’agit de l’Egypte, conduira-t-elle à une normalisation arabe plus profonde des relations bilatérales avec l’Etat juif?

Le 28 mai, l’éminent historien égyptien Maged Farag a fait les gros titres quand il a appelé son pays à normaliser les relations avec Israël et à réduire le soutien à la cause palestinienne, qui selon lui n’a causé « que du tort » à l’Egypte.

Selon un rapport de l’Institut de Recherche sur les Médias du Moyen-Orient (MEMRI), qui a traduit la déclaration de Farag sur la chaine Mehwar TV d’Egypte, Farag a lancé un appel à ses compatriotes pour qu’ils quittent « la vieille idéologie et l’héritage culturel sur lequel nous avons été élevés » – se référant à l’antisémitisme rampant parmi la population égyptienne – et à embrasser Israël au nom des intérêts nationaux.

La déclaration de Farag représente-t-elle une nouvelle perception chez les Egyptiens dans le contexte des nouvelles menaces, ou l’antisémitisme rampant de la société et l’antisionisme constituent-ils toujours un obstacle à la normalisation des relations avec Israël?

«L’antisémitisme est extrêmement répandu en Egypte, c’est le moins que l’on puisse dire, » dit à JNS.org. Samuel Tadros, chercheur senior au groupe de réflexion du Centre pour la liberté religieuse, de l’Institut Hudson, « C’est probablement la seule composante idéologique avec laquelle toutes les factions égyptiennes sont d’accord, que vous soyez islamiste, laïque ou même ceux que l’Occident décrit comme les libéraux et les démocrates. »

« C’est la langue commune de l’Egypte, » ajoute Tadros. Il est nécessaire, pense Tadros de faire « la différence entre la société en général et son antisémitisme généralisé, et les réalités géopolitiques de la situation sécuritaire qui ont entraîné le gouvernement égyptien à coopérer avec leurs homologues israéliens. »

Selon le remarquable commentateur des affaires étrangères Walter Russell Mead, l’antisémitisme « est à la fois une cause et une conséquence d’une défaillance de base dans la compréhension de  la manière dont les sociétés pluralistes et libérales se comportent. » Mead fait valoir que « les nations et les instances politiques, faussées par cette haine ont en conséquence tendance à prendre des décisions plus stupides les unes que les autres, à mettre en avant l’opacité, à conjurer des dangers imaginaires, à ne pas comprendre la nature des problèmes auxquels elles sont confrontées. »

Comme dans beaucoup d’autres pays musulmans du Moyen-Orient, les médias égyptiens sont dominés par des théories sauvages antisémites de conspiration et des livres antisémites tels que « Les Protocoles des Sages de Sion », une fabrication qui reste un best-seller. Alors que de nombreux extrémistes islamiques d’aujourd’hui interprètent les versets coraniques et les hadiths pour justifier leur antisémitisme, et que d’autres, principalement à la gauche de l’échiquier politique, mettent sur le compte de la création d’Israël, l’antisémitisme rampant d’aujourd’hui, les experts disent que les racines de l’antisémitisme moderne musulman sont plus profondes.

Selon Tadros, l’antisémitisme est lié à « la fois à la crise de la modernité dans le monde arabe et l’importation des idéologies et des idées européennes, » en particulier l’antisémitisme des nazis, qui a eu un impact sur le fondateur de l’Egypte moderne, Gamal Abdel Nasser.

En conséquence, l’antisémitisme en Egypte et ailleurs dans le monde arabe peut être classé comme une forme d’évasion, les dirigeants arabes et les sociétés en général se servant de l’antisémitisme comme diversion à leurs propres échecs à moderniser et rattraper le reste du monde. « Cela leur permet de ne pas endosser la responsabilité de leurs propres échecs et la misère qu’ils s’infligent à eux-mêmes », déclare Tadros à JNS.org. « Naturellement, les Egyptiens s’accrochent à l’idéologie la plus attrayante et la plus répandue en blâmant les Juifs ou Israël pour tout ce qui va mal dans la région, » dit-il.

Pourtant, des événements sans précédent au cours des dernières années ont transformé la région, les Etats arabes sont contraints de faire face à l’extrémisme islamique croissant qui cherche à renverser leurs gouvernements. L’Egypte en particulier, est confrontée à une insurrection généralisée dans la péninsule du Sinaï, menée par des terroristes alignés avec l’État islamique. Dans le même temps, le président égyptien Abdel Fattah El-Sisi mène une charge contre les Frères musulmans, qui ont brièvement occupé le pouvoir en Egypte avant qu’il les évince à l’été 2013. Confronté à la fois aux terroristes du Sinaï et aux Frères musulmans, l’organisation mère du groupe terroriste palestinien de Gaza- le Hamas au pouvoir, est la première priorité de El-Sisi.

Les mêmes questions sont ressenties ailleurs dans la région, en particulier dans les Etats arabes du Golfe qui craignent la menace croissante d’un Iran nucléaire ainsi que l’influence iranienne dans les guerres en cours en Syrie, Irak, au Yémen et en Libye. Dans un discours prononcé le 1er janvier à l’Université Al-Azhar en Égypte, El-Sisi a déclaré un ambitieux plan pour une «révolution» de l’Islam afin de lutter contre ces menaces et réformer une religion qui croit-il a fait du monde musulman une source de «destruction» et qui fait « du monde entier, ses ennemis « . La vision de El-Sisi inclut [la nécessité] de purger l’islam de l’intolérance et de la violence extrême, des éléments que les groupes terroristes d’al-Qaïda et de l’Etat islamique utilisent comme outils de recrutement.

Le dirigeant égyptien a également trouvé un terrain d’entente avec Israël en ciblant le Hamas, en détruisant plus de 1600 tunnels et en créant une zone tampon près de la frontière de l’Egypte avec la bande de Gaza. Dans une interview du mois de mars avec le Washington Post, El-Sisi a déclaré qu’il parle «beaucoup» au Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, et que «l’humeur hostile et le scepticisme ont diminué avec la paix avec Israël. » El-Sisi a été salué par de nombreux partisans d’Israël, qui le considèrent comme un allié important dans le maintien du traité de paix de 1979 entre l’Egypte et l’Etat juif, la lutte contre le terrorisme islamique, et la confrontation avec l’Iran.

« Sisi est très bon, il est l’une des meilleures choses qui se passent [au Moyen-Orient]. Il est tellement mieux que [l’ancien président égyptien Hosni] Moubarak n’a pu l’être et certainement mieux que [l’ex-président égyptien et leader des Frères musulmans, Mohammad] Morsi, » a déclaré récemment, le sénateur américain Chuck Schumer (DN.Y.) dans un discours à ses partisans juifs .

El-Sisi « n’a pas d’autres options, que de coopérer avec Israël », dit tadros à JNS.org. « Le Sinaï est un désordre complet, l’armée égyptienne a lamentablement échoué à étouffer ou contrôler l’insurrection dans le Sinaï, » dit-il. « Ironiquement, ce sont les Israéliens, qui n’ont contrôlé le Sinaï que de 1967 à 1982, qui ont une meilleure compréhension de la région que les Egyptiens, qui l’ont négligé pendant des décennies. »

À bien des égards, la coopération de El-Sisi avec Israël reflète celle de Moubarak, l’ancien président déchu, qui pendant ses près de 30 années au pouvoir a maintenu une relation étroite de gouvernement à gouvernement avec Israël. Mais la politique d’El-Sisi se démarque essentiellement de celle de Moubarak, en ce que l’actuel président  évite de rencontrer publiquement des responsables israéliens.

«Moubarak a maintenu une formule étrange. Il permettait aux médias d’attaquer Israël, de publier des articles antisémites, etc. … mais il se faisait également photographier avec des responsables israéliens. Cela lui a causé un grand tort et a semé la confusion dans le public », déclare Tadros. Par contraste, El-Sisi « n’est pas vu publiquement avec les Israéliens, une distanciation d’avec Israël qui le protège ainsi aux yeux du public, » dit-il. Néanmoins, les ennemis d’El-Sisi se sont servis de l’antisémitisme pour le diffamer, affirmant que sa mère est une juive marocaine du nom de Malika Titani. Des théories similaires affirmant que le fondateur des Frères musulmans, Hassan al-Banna, est un Juif, ont aussi été publiées.

« Les deux parties en Egypte utilisent l’antisémitisme pour critiquer leurs adversaires », a déclaré Tadros. En tant que tel, alors que les réalités géopolitiques ont conduit à une coopération militaire et de renseignements sans précédent entre l’Egypte et Israël, l’antisémitisme dans la société égyptienne dans son ensemble peut empêcher toute normalisation avec l’Etat juif dans un proche avenir. « L’un des théories de conspiration dominante, après la chute des Frères musulmans a été que les Frères musulmans coopéraient avec Israël et les Etats-Unis afin de donner le Sinaï au Hamas », ajoute-t-il. « Rationnellement cela a peu de sens, mais voilà comment est répandu le cancer de l’antisémitisme dans la société égyptienne. »

Image à la Une: le Président égyptien Abdel Fattah El-Sisi (droite), avec le Secrétaire d’Etat John Kerry en juillet 2014, favorise des liens militaires et de renseignements plus étroits avec Israël mais évite de rencontrer publiquement les responsables israéliens. (Photo: US State Department)

Par JNS – 9 juin 2015

Read more at http://www.breakingisraelnews.com/42753/israel-and-egypt-grow-closer-but-anti-semitism-remains-part-of-the-equation-middle-east/#SHAmc8IuJVWakbTH.99

Traduction Europe Israël

 







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  • 2 thoughts on “Israël et l’Egypte se rapprochent, mais l’antisémitisme demeure une partie de l’équation.

    1. Marianne

      Faut-il utiliser le terme « antisémite » pour parler de l’Egypte ou du monde arabe ?

      Ce terme inventé après l’affaire Dreyfuss et propre à la configuration européenne et plus particulièrement française, aucun des rares juifs n’ont été visés ces dernières années dans les pays arabes et cela contrairement aux chrétiens qui eux subissent des pogroms de la part des extrémistes musulmans, les quelques familles d’Alep en Syrie ont pu fuir sans subir de haine, ni de la part des sunnites et ni de la part des chiites, tout comme Daesh qui n’a pas promulgué de fatouah à l’encontre d’Israël.

      je parlerais plutôt de décennie de propagandes anti-israéliennes enkystées de propagandes antisémites diffusées par quelques mouvements extrémistes eux mêmes très rejetés dans les sociétés arabes, mais pas à vraiment de ce que l’on perçoit comme de l’antisémitisme chronique propre au monde chrétien.

      Traditionnellement, les musulmans n’ont pas vraiment développés les mêmes enzymes que l’a fait l’occident envers le judaïsme, même si l’occident a largement tenté d’implanter ces ferments, les musulmans ne les intègrent pas dans leurs langage ni dans leurs paternes sociales, il n’y a pratiquement plus juif dans les sociétés arabes et c’est plutôt la disparition des juifs de ces pays qui provoque certaines frustrations chez les musulmans dans les pays arabes.

      C’est compliqué, mais les paternes occidentales envers le judaïsme ne sont pas applicables qu monde arabe, c’est certain et personnellement, je ne suis pas pessimiste vis-à-vis de « l’antisémitisme » musulman pour ainsi dire absent dans la culture ancestrale des musulmans.

    2. Aude

      C’etait prevu. Lors d’un de mes precedents commentaires, j’avais evoque ce rapprochement inevitable de certains pays arabes avec Israel. Ils n’ont pas d’autre choix s’ils veulent eviter l’invasion des groupes extremistes qui renverseraient leurs regimes et quu mettraient leurs pays a feu et a sang.
      u

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