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Des bons et mauvais Juifs aux bons et mauvais Israéliens


Des bons et mauvais Juifs aux bons et mauvais Israéliens

Doit-on languir Sarkozy ?

Aujourd’hui, en France, en pleine période d’Hollande, à l’heure où de surcroît plus personne n’est Charlie, d’aucuns regrettent amèrement la période où Sarkozy était au pouvoir. Il est vrai que la victoire de François Hollande a été apparemment celle de tous les drapeaux du tiers-monde islamique, et non plus celle du drapeau tricolore en souvenir duquel chacun essuie une larme aujourd’hui. S’il est vrai que de deux maux, il faut choisir le moindre, il se pourrait bien que l’avant-dernier président n’était peut-être pas nécessairement le moindre.

Et il s’est trouvé, dans sa façon de se pencher sur ce que l’on a généralement l’habitude de désigner comme la «question juive», que Sarkozy a eu dans sa démarche des points de ressemblance troublants avec celle d’un ancien de ses prédécesseurs, Pétain. Sarkozy ne serait-il qu’un fils de Pétain, spirituellement parlant, s’entend ? Peut-être bien, et peut-être bien que de Pétain à Sarkozy, il n’y ait qu’un pas.

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On peut en termes plus ludiques poser la question au présent : quelle différence y a-t-il entre Pétain et Sarkozy? Puis répondre: aucune. Bien entendu, la conjoncture n’est pas tout à fait la même, celle de Pétain ayant concerné le court terme alors que celle de Sarkozy porte sur le long terme. De plus, les prises de positions du dernier, courantes pourtant en Europe et ailleurs, pourraient bien ne jamais obtenir de résultats. Souhaitons-le! Mais penchons-nous d’abord, sans nous perdre en conjectures, sur cette similitude flagrante entre ces deux chefs d’Etat au niveau des intentions. Si le premier s’intéressa aux Juifs, le second a voulu s’occuper d’Israël. Tous deux veulent nuire – pour revenir au présent de narration – mais ils ne cherchent dans un premier temps qu’à limiter l’inquiétude du public général qu’ils visent en définitive en ne s’attaquant qu’à une moindre partie de ce public.

Et voici comment: le régime pétainiste n’a cherché au départ à inquiété que les Juifs qui n’avaient pas la nationalité française, de la même façon qu’avant-hier, le régime « sarkozyste » et les autres n’ont cherché et ne cherchent à inquiéter que les Juifs qui vivent en Judée-Samarie, Jérusalem dite Est comprise. Pour ne pas prendre le risque de susciter un mouvement de panique, ou de résistance massive, voire une levée de boucliers qui s’étendrait à la population française non-juive, Pétain ne s’est attaqué dans un premier temps qu’aux «ressortissants étrangers de race juive», comme il le définit dans la loi du 4 octobre 40, et comme le rappelle si bien un analyste en vogue aujourd’hui. Après tout, on peut bien comprendre que s’il ne s’agit que d’étrangers, ils ne peuvent prétendre jouir des mêmes droits que les Français, fussent-ils juifs.

Donc, Pétain, à l’esprit plus pétillant que ce qu’on pourrait se figurer, endort habilement l’opinion. Il donne ainsi l’impression de ne pas s’en prendre aux Juifs, puisqu’il n’importune pas au même niveau les Juifs français, quoique… Il a d’abord un problème à résoudre avec des personnes qui relèvent d’autres nationalités, et qui n’ont pas leur place en France. Cette loi prévoit donc la possibilité d’interner les Juifs qui n’ont pas la nationalité française dans des camps particuliers. Le texte ne parle absolument pas de déportation vers les camps de concentration ou d’extermination, ce qui représente un point de plus pour dédramatiser la situation.

On peut toutefois considérer que le gouvernement français a pris les devants ; car si les Juifs qui ne sont pas français ne sont pas assez nombreux, que faire pour les rendre plus prépondérants ? Il suffit de les faire passer d’un groupe à l’autre, en dénaturalisant une partie de ceux qui le sont. Il suffira d’avoir recours à une loi antéposée dans le temps : car cette possibilité de dénationaliser, elle est bien réelle et officialisée par la loi du même nom promulguée le 22 juillet 40. Cette loi s’applique rétroactivement à des époques allant jusqu’à 17 ans en arrière, puisqu’elle concerne tout ressortissant français ayant acquis sa nationalité à partir du 10 août 27. Ici, un autre élément rassure et endort l’opinion : elle ne s’attaque pas qu’aux Juifs, et ce serait pour eux souffrir de la maladie de la persécution que de se sentir particulièrement visés. Un seul problème : elle touche près d’un million de citoyens, à cent mille près, ce qui représente un effort administratif rudement fastidieux. Aujourd’hui, à l’instar de la tentative de Laval du lendemain de la guerre, certains s’imaginent ou cherchent à nous laisser nous imaginer que le gouvernement de Vichy aurait protégé les Juifs de France, du moins ceux qui en détenaient encore la nationalité. Certes, pour cette loi, il manquait à Laval l’aval de Pétain, qui n’a pas contresigné le projet de juillet 40.

Mais dans les faits, la rafle de Marseille en 43 ne fait pas cette distinction, et celle du Vel d’Hiv est dirigée entièrement par la police française, là où le gouvernement collaborateur, qui avait conservé une certaine autonomie, aurait pu faire la sourde oreille. Sans trop spéculer, il semble évident aujourd’hui que si l’Allemagne avait maintenu son hégémonie plus longtemps, l’élimination de tous les Juifs n’eût été qu’une question de temps. Que se serait-il passé si le pouvoir français n’avait pas joué au jeu de la division, des bons et des mauvais Juifs, ces derniers mettant ces premiers en mauvais odeur de sainteté devant le pouvoir? Il est malgré tout difficile de répondre à cette question. Ils se seraient peut-être montrés plus solidaires, que l’opinion générale eût été plus sensible à l’injustice qui les frappait. Il se peut aussi qu’ils auraient pris les devants, en rejoignant plus massivement le maquis, ou en s’envolant pour d’autres horizons. Mais il faut savoir d’un autre côté que les gens ne savaient pas ou ne croyaient pas qu’ils étaient destinés au-delà des convois à une mort atroce autant que certaines. Nous ne savons ni comment ils auraient réagi ni comment nous aurions réagi en pareilles circonstances. Toujours est-il que les excuses invoquées par Pétain et les siens selon lesquelles ils n’auraient pas eu le choix n’ont pas convaincu la Haute cour de justice qui a condamné celui-ci pour intelligence avec l’ennemi, quoique sa condamnation à mort a été mutée en peine de réclusion à perpétuité.

Mais n’augurons rien de fâcheux pour le président français en poste de 2007 à 2012. D’aucun s’indigneront de cette étude comparative. «Mais ça n’a aucun rapport!!», pourrait-on s’insurger. Il est vrai que celui-ci n’a pas eu, et de loin, le pouvoir de nuire qu’avait Pétain à l’époque, mais ses pressions, tractations et autres tentatives d’intimidation, peuvent peser dans la balance ; le pouvoir en Israël est si influençable, de nos jours. Nous ne pourrions ne pas être frappés cependant par des similitudes troublantes entre la tactique de Sarkozy et ce que nous venons de voir. Des bons et mauvais Juifs en France, on passe aux bons et mauvais Israéliens. Comme tous les Israéliens ne sont pas juifs, on pourrait penser que ce discours ne vise pas particulièrement les Juifs, à l’instar de la dénaturalisation précitée. Il n’est pourtant pas difficile de comprendre dans la rhétorique sarkosyste – qui ne lui est pas exclusive d’ailleurs sur ce sujet – que les mauvais Israéliens sont tous juifs. Ici, le mauvais n’est pas celui qui n’a pas de nationalité, mais celui qui n’est pas tout à fait au bon endroit. Le «mauvais» Israélien n’est plus celui qui ne possède pas la nationalité de son pays, ou à qui on l’a confisquée – quoique Sarkozy eût pu le suggérer à Netanyahou – mais celui qui vit au «mauvais» endroit. Et de la même façon que Pétain n’a inquiété sérieusement qu’une partie de la population juive, Sarkozy n’inquiète qu’une partie de la population israélienne.

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En revanche, de la même façon que la menace, dans la France d’août 1941, s’est étendue à tous les Juifs, les «bons» comme les «mauvais», les décrets qu’accompagnait l’avant-dernier président français de ses vœux et non de ses craintes, risqueraient sans l’ombre d’un doute, s’ils étaient appliqués, de mettre à mal les «bons» Israéliens au même titre que les «mauvais». Mais, en attendant, on s’efforce de faire en sorte que le sort réservé aux uns n’inquiète pas les autres. Pourquoi les «bons» auraient-ils une raison de s’inquiéter ? Pourtant, la réalité d’aujourd’hui – dont nous parla un demi-siècle durant Pérès, qui voyait de ses yeux prophétiques un NMO sans savoir vraiment ce qu’il voyait – ce Nouveau-Moyen-Orient, donc, nous montre plus que jamais, avec l’avancée de forces islamiques «nouvelles» qui prennent le pas sur des forces islamiques plus anciennes et conventionnelles que cautionnait semble-t-il l’Occident, que ni la France ni personne ne viendra à la rescousse le jour où Israël, pour leur faire plaisir et se faire d’eux bien voir, aura lâché ses «mauvais» et vu ses «bons» en mauvaise posture.

Si tout ce chaos aura existé uniquement pour que nos yeux se dessillent et que nous cessions de brader notre terre et nos droits en croyant voir en l’Occident un allié et protecteur, cela nous aura suffi.

Yeochoua Sultan

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Illustration : l’emplacement du Troisième Temple, indiqué et gardé par la coupole d’or. (Photo Y. Sultan)







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  • 4 thoughts on “Des bons et mauvais Juifs aux bons et mauvais Israéliens

    1. San Remo

      « On peut en termes plus ludiques poser la question au présent : quelle différence y a-t-il entre Pétain et Sarkozy?  »

      Plutôt que de critiquer en termes « ludiques » le temps si douloureux des impostures, pensez à balayer devant la porte, combien de misères pourraient être éviter avec beaucoup mais beaucoup plus de loyauté entre personnes juives.
      Ici je découvre une situation en 2015, 577 incroyable de déloyauté, comme tant d’autres:
      http://legimobile.fr/fr/jp/j/c/civ/1ere/2015/2/11/13-28131/

    2. BERNARD Gilbert

      Comparaison à garder en vigilance. Mais n’oublions pas que toute la terre israélienne appartient aux israéliens, même si elle est habitée par des ‘étrangers non juifs’. Le Créateur d’Israël a choisi cette terre et l’a donnée à Israël irrévocablement. Alors, rappelons-nous que les nations sont mal placées de donner un avis quelconque sur ce fait. Si les ONU ne sont pas d’accord, qu’ils s’en prennent au commanditaire de base, le Créateur LUI seul et qu’ils s’écrasent devant SA volonté et SA décision. Un point c’est tout.
      Gilbert, chrétien évangélique français non juif ET ami d’Israël, inconditionnellement
      [email protected]

    3. BERNARD Gilbert

      Je regrette qu’on ait mis en photo cette coupole en forme de verrue cancéreuse.
      Il y a des choses biens plus belles au Pays.
      Gilbert, chrétien évangélique français non juif ET ami d’Israël, inconditionnellement
      [email protected]

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