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De Merah à Salhi : «Il y a une méconnaissance absolue de la manière dont pense le terroriste nouveau»


De Merah à Salhi : «Il y a une méconnaissance absolue de la manière dont pense le terroriste nouveau»

Le journaliste Alex Jordanov a écrit un récit documenté sur l’affaire Merah. Il revient sur les évènements de mars 2012 et met en garde contre certains tabous qui nous empêcheraient de voir la réalité de la détermination des nouveaux terroristes.

LE FIGARO: Vous publiez Merah, l’itinéraire secret (Nouveau monde, 2015). Nemmouche, Kouachi, Coulibaly, Ghlam et maintenant Salhi.. diriez-vous que Mohamed Merah a été le pionnier et modèle d’une «génération djihadiste»?

Merah est effectivement une «idôle». C’est lui qui a inauguré cette longue liste, donc un pionnier. Il est souvent cité comme l’exemple à suivre dans les vidéos de propagande francophone diffusées par l’État islamique. Ce qui m’inquiète ce sont les conférences de presse de Mr. Cazeneuve après chaque attentat. Le temps passe, elles restent identiques. Tout comme Merah, Salhi avait «une fiche S et était connu comme salafiste». Bernard Cazeneuve a certes injecté «200 millions et 1 500 agents supplémentaires» à la lutte anti-terroriste, mais cela ne veut rien dire. 200 millions pourquoi? On ne peut pas jeter de l’argent à un problème sans connaître la nature de celui-ci. Le député Eric Ciotti qui se veut le champion de la lutte contre l’islamisme n’a pas voulu d’une commission d’enquête après Merah, ne voulant pas «d’un procès des services». Il est resté étrangement silencieux sur ce sujet après Charlie. C’est à croire que la classe politique ne veut pas définir la problématique, donc de penser des solutions. Les services les premiers semblent démunis parce qu’ils ne se sont pas adaptés au mode de pensée et à l’idéologie propagée. «Ils ont la tête dans le guidon, sont dans la procédure et débordés», me disait un haut gradé du renseignement. Tout est dit. Sans vouloir être alarmiste, je crains que le pire est à venir. C’est notre réalité.

Quels sont les points communs entre ces terroristes?

Ce sont les envoyés spéciaux de l’islam radical. Ils sont les représentants d’une vague terroriste qui a décidé de frapper chez nous, à travers de petites structures, et ce selon les préceptes élaborés par Al-Souri, théoricien du nouveau djihad, ou encore de al-Awlaki, l’américain qui a influencé le psychiatre musulman auteur de la fusillade de Fort Hood en 2009. Leurs cibles sont précises: les juifs (éviter les synagogues), les évènements sportifs, et les apostats militaires ou policiers. Le dernier en date, Ahmed Ghlam était le mauvais exécutant d’une chaine extrêmement bien organisée, provenant de Syrie.

A Toulouse, véritable place forte de l’islamisme français, ces écrits circulent. La forte immigration notamment d’anciens militants FLN dans le Languedoc-Roussillon pendant les années 1960, couplée a «l’apartheid» social des quartiers dont parle Manuel Valls a créé cette troisième génération «djihadiste» déboussolée, en quête d’identité. Dans le quartier des Izards, Merah est l’idole absolue. Faire ce qu’il a fait, passer le palier psychologique et oser agir seul en France, affronter la police les armes à la main, comme il l’a fait, c’est «maximum respect» comme on dit dans les cités. Le profil de ceux qui osent «porter l’étendard» (selon les mots de Merah) en France n’est pas forcément le même que celui des ados qui partent en Syrie après avoir été radicalisé sur Facebook. Ils ont souvent une expérience, des années à esquiver les surveillances, de la délinquance à leur actif, plus la case prison et le voyage à l’étranger: Yémen pour les frères Kouachi, la Syrie pour Nemmouche qui îdôlatrait Merah. Lui même est allé dans 14 pays différents au Moyen-Orient, par des routes extrêmement détournées: en Algérie, en Afghanistan, en Irak, au Pakistan, en Syrie, au Liban, et même en Israël, à la rencontre de frères et de causes auxquels se dévouer. Ces multiples voyages étaient financés par des braquages et le narcotrafic, dont je retrace l’itinéraire dans mon livre.

Des dizaines d’ouvrages ont été écrit sur le terroriste de Toulouse et Montauban. Qu’apporte le vôtre de nouveau?

ALEX JORDANOV*: Beaucoup de livres ont été publiés juste après l’affaire. Quand j’ai récupéré le dossier en tant que journaliste j’ai été stupéfait par le volume des choses que l’on ne savait pas. J’ai voulu poser les bonnes questions. Et la plus importante: nos services de renseignement sont-ils vraiment outillés pour faire face à des terroristes type Merah? Je crois qu’il y a une méconnaissance absolue de la manière dont pense le terroriste nouveau. Il y a aussi un problème de rivalité entre les différents services, qui se font des croche-pattes. Le déficit de communication(collaboration) entre les spécialistes parisiens et les hommes de terrain à Toulouse a été frappant dans l’affaire Merah.

Où en est l’enquête trois ans après les massacres de Toulouse et Montauban?

Aujourd’hui l’enquête est finie, les familles ont demandé que le dossier soit clos. Il y aura un procès, mais personne dans le box des accusés. Du point de vue de la justice, c’est un fiasco absolu. Abdelkader, le frère de Mohamed, nargue les juges depuis sa prison de Villepinte. Sabri Essid le «beau-frère» de Merah, sans doute celui-qui en sait le plus, joue les bourreaux YouTube en Syrie pour l’Etat islamique.

Avez-vous l’impression que toutes les leçons ont été tirées de l’affaire Merah?

Du point de vue du renseignement, il y a eu une prise de conscience. Qui n’a pas pu empêcher la tuerie de Charlie Hebdo rendue possible par de nouvelles failles dans le renseignement. Mais le politiquement correct reste un frein qui, aux dires des policiers, empêche de parfois de voir le réel. L’affaire des voitures folles fonçant sur des foules à Nantes et Dijon à Noël qu’on a attribué à des «déséquilibrés» en dit long sur notre incapacité à saisir la détermination des nouveaux terroristes.

Propos d’Alex Jordanov, auteur du livre Merah, l’itinéraire secret. Pour obtenir cette enquête « parfaite » selon leFigaro, veuillez cliquer ici :

Merah "itinéraire secret" Alex Jordanov

Merah « itinéraire secret » Alex Jordanov

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Source





Journaliste pigiste Franco-israelien, titulaire d'un master d'histoire du Moyen-Orient à l'université de Jérusalem



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  • 8 thoughts on “De Merah à Salhi : «Il y a une méconnaissance absolue de la manière dont pense le terroriste nouveau»

    1. Alauda

      « Le politiquement correct reste un frein » qui ne va pas tarder à lâcher. Les embardées sont devant nous. Quand on entend le chef de l’exécutif s’interroger sur le moment où va tomber le prochain attentat : « La question n’est pas de savoir s’il y aura un nouvel attentat mais quand », on ne se fait plus aucune illusion.

      Quant à savoir ce qui se trafique dans la tête des nouveaux terroristes, la source est à chercher du côté de Ba‘al adh-Dhubāb.

      « Il suffit au disciple d’être comme son maître, et au serviteur comme son seigneur. S’ils ont appelé le maître de maison Belzébuth, combien plus les gens de la maison ! »
      Matthieu 10, 25

    2. Debout

      Depuis 4 ans, le nombre de mosquées salafistes a doublé, en passanr à 89…..La périodicité des attentats s’accélère, et il y a de plus en plus d’actes délictuels, menaces, provocations, un peu partout en France. Les terroristes
      étaient fichés « S » etc….

      « Il y a une méconnaissance absolue de la manière dont pense le terroriste nouveau » , dit ce journaliste….

      Le gouvernement actuel, par manque de courage politique, peur de passer pour « réac », « extrème-droite », et d’une grande incompréhension des mentalités du monde musulman, a nagé dans l’idéalisme et le politiquement correct, en laissant se développer des lieux, des mouvements radicaux, des
      provocations, qui maintenant infectent et gangrènent le pays tout entier….

      Nos dirigeants ont une certaine chance que les Français dans leur ensemble
      soient légalistes et assez courageux pour ne pas encore faire la révolution
      et foutre dehors tous ces gens qui sont toujours en retard d’une guerre !!……

    3. Laurence

      Donc le dernier terroriste en France appartient à la catégorie merah , mais il n’aura pas le total respect des jeunes de cités vu qu’il n’est pas tomber les arrmes à la main

      Les gouvernants ne pourront pas étouffer la réalité longtemps
      Ca va exploser de tout les cotés
      Quand les médias oseront rendre la réalité aux lieux de la déformée, comme les attentats de Noel à Nantes et à Dijon , un grand pas aura été fait

    4. Jacques

      Heureusement que nous avons encore des observateurs lucides comme ce journaliste. Le problème, c’est qu’il prêche dans le désert…

      Les Français sont occupés avec leurs vacances, leur retraite, leur prochaine voiture, la dernière tablette… et ne veulent pas vraiment voir ce qui pourrait troubler leur petite tranquillité. Cela aussi, c’est un frein. 70 ans sans guerre ont ramolli les consciences, déconnecté les gens d’une partie du réel. La guerre et ses horreurs, c’est forcément loin, pour les autres.

      Comme l’ont relevé plusieurs, il est frappant de voir comment nos dirigeants, Valls et Hollande en premier lieu, sont fatalistes : « nous devons nous habituer à vivre avec la menace terroriste » ; ou « le problème n’est pas de savoir si il y aura un attentat, mais quand ».
      Ce fatalisme qui signe une impuissance, une résignation devant la menace. Et c’est proprement intolérable : les dirigeants que nous avons ÉLUS et que nous payons (grassement) pour diriger le pays et assurer notre sécurité admettent publiquement qu’ils ne feront RIEN, ou presque, pour éviter que la situation empire, pour protéger les citoyens, enrayer l’escalade qui se profile.
      J’attends le jour ou ces incapables, ces prévaricateurs, ces parasites, ces traîtres, seront virés de leur place. Et il se peut que cela se fasse sans ménagement, et avant le terme prévu. L’histoire, y compris de France, contient des exemples de ce genre. Mais nous n’aurons pas le temps de nous apitoyer sur leur sort.

    5. Laurence

      Eh oui jacques l’histoire nous l’a montrer , mais nous n’y sommes pas encore

      Il n’y a pas eu assez de mort pour que celà révoltent les gens au point de se révolter

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