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Népal : au cœur du Beth Habad de Katmandou


Népal : au cœur du Beth Habad de Katmandou

Au cœur du Beth Habad de Katmandou
 


Un peu plus de deux semaines après le tremblement de terre catastrophique qui a eu lieu au Népal, nous avons pu nous entretenir avec Madame Hani Liepshitz. Elle et son mari, le Rav Hezki, sont les envoyés du Rabbi de Loubavitch à Katmandou. Leur Beth Habad a, plus que jamais, joué le rôle d’un refuge dès les premières minutes qui ont suivi le tremblement de terre.

Le Plus Hebdo : Où étiez-vous quand le tremblement de terre s’est produit ?

Hani Liepshitz : C’était pendant Shabbat. Nous avions plusieurs invités : des touristes jeunes et aussi moins jeunes. Mon mari était en train de lire la paracha à la synagogue quand, quelques minutes avant midi, tout a commencé à trembler.

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Le tremblement de terre était très puissant et quelques minutes après la terre a encore tremblé. Nous avons tout de suite compris ce qui se passait. Nous sommes sortis dans la cour car elle n’est pas entourée par de hauts immeubles.

A ce moment les pensées se précipitent : que faire ? Que faire avec les enfants (nous en avons 5, le grand venait juste de partir en Israël) ? En tant qu’envoyés du Rabbi, en tant que dirigeants du seul centre juif du Népal nous pensons tout de suite à tous ces randonneurs : que leur est-il arrivé ?

Ceux qui étaient proches du Beth Habad sont tout de suite arrivés, comme un réflexe naturel de se retrouver dans ce moment difficile.

Dès la sortie de Shabbat, le téléphone a commencé à sonner sans arrêt : des centaines de parents inquiets pour leurs enfants. En effet, tout le monde sait que lorsqu’un touriste juif arrive, il nous laisse ses coordonnées, les détails de son parcours (lieux, accompagnateurs, durée de chaque étape, etc.).

Le tremblement de terre n’était que le début : les infrastructures se sont toutes arrêtées. Plus d’électricité, plus d’eau, plus de téléphone, plus rien. Nous avons vécu pendant plusieurs jours sur les réserves que nous avions sur place. Personne ne bougeait, nous nous enroulions dans des couvertures dans la cour, nous utilisions des lampes de poche ou des bougies et quand Internet revenait pour quelques minutes, nous envoyions des whatsapp aux parents pour les rassurer.

Le plus grand défi était de localiser ceux qui étaient en pleine excursion et de trouver le moyen de les ramener en ville. Un sentiment de peur et de confusion régnait. Mais nous sommes parvenus à atteindre les centaines de Juifs qui étaient dans le pays, sains et saufs, sauf un… Or Asseraf, z »l… Après huit jours de recherche, il a été trouvé sans vie sur un rocher. Il a du être évacué à pied par ses amis qui s’étaient battus avec lui l’été dernier à Gaza. Mon mari s’est occupé de transporter le corps en ville et en a pris soin jusqu’à ce qu’il soit emporté en Israël où il a été enterré la veille de Lag Baomer. C’était très dur…

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Lph : Comment avez-vous réussi à entrer en contact avec tout le monde ?

H.L. : Nous avons monté une cellule de crise avec des volontaires à laquelle sont venus se joindre les membres de la délégation israélienne quelques jours après. Nous avons épluché nos listes, téléphoné à tous.

Nous nous sommes aussi appuyés sur un téléphone satellitaire que nous proposons à tous les groupes de touristes depuis que 5 randonneurs israéliens ont été tués l’année dernière. Grâce à cet appareil nous avons pu en localiser plusieurs.

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Dès que nous trouvions un signe de vie, nous transmettions immédiatement la nouvelle aux parents. Nous étions mobilisés jour et nuit, nous nous sommes souciés de nourrir tout le monde, d’encourager, de rassurer.

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Lph : Qu’est-ce qui vous attend dans les prochains mois ?

H.L. : Tout d’abord, nous avons envoyé nos quatre enfants, qui étaient avec nous ici, en Israël avec l’avion de Tsahal. Ils ont d’ailleurs été reçus par le Président Rivlin. Ils resteront chez leurs grands-parents jusqu’à ce que la situation se calme ici et que nous puissions leur rendre visite.

Nous allons continuer à nous soucier de tous les randonneurs ici jusqu’à ce qu’ils puissent repartir en Israël ou vers d’autres destinations.

Et nous nous préoccuperons aussi du peuple qui nous accueille : le peuple népalais, ce peuple extraordinaire qui subit en silence la plus grande catastrophe qu’il ait connue depuis plus de 80 ans, causant la mort de plus de 8000 personnes et en blessant des dizaines de milliers.

Nous ramassons des fonds afin de leur procurer des logements provisoires. Depuis quelques jours seulement, j’ai pu commencer à me rendre sur le terrain. La situation est choquante : tout s’est effondré comme des châteaux de cartes. Nous allons à la rencontre de la population avec des repas chauds ainsi que des denrées qui se conservent. Ils nous remercient tous très chaleureusement. Pour nous, c’est le minimum que l’on puisse faire.

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Lph : Quel message souhaiteriez-vous transmettre au peuple juif en général et au peuple israélien en particulier ?

H.L. : D’abord que notre peuple est unique et formidable. Les Israéliens étaient les premiers à envoyer des hommes pour aider et soigner les Népalais. Ce souci de l’autre au point de voyager pour lui à l’autre bout du monde même si on ne le connaît pas, c’est une qualité qu’il faut souligner.

A cela s’ajoutent les prières de tout le peuple juif pour que l’on retrouve les disparus, pour que tout le monde aille bien, cela m’émeut chaque fois profondément. Aucune joie n’est comparable à celle d’annoncer à des parents que leur enfant est en vie, en sécurité, au Beth Habad. Ce sont près de 1800 Israéliens qui étaient présents au Népal pendant le tremblement de terre : nous ne pouvons que remercier D’ de ses miracles. Malheureusement Or Asseraf, z »l, n’a pas survécu et nous portons tous son deuil.

Cela prendra beaucoup de temps au peuple népalais pour se reconstruire que ce soit psychologiquement, physiquement et au niveau des logements et des infrastructures. Je pense que les prochains randonneurs ne viendront que dans un long moment. En attendant, nous sommes là pour aider. Nous serons là pour la prochaine saison de randonnées en espérant qu’elle soit plus calme et que nous n’ayons que des bonnes nouvelles.

Pour aider le Beth Habad du Népal :

Bank Hadoar, Snif 001. Compte 8297295. Nom du compte : Yedidei Habad Nepal

Dons en ligne : http://www.chabadnepal.com/donate

Téléphone : 054-5453770

Guitel Ben-Ishay

Source







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