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Le Fatah déclare : « Nous lutterons jusqu’à la concrétisation du droit au retour des réfugiés dans leurs maisons ».


Le Fatah déclare : « Nous lutterons jusqu’à la concrétisation du droit au retour des réfugiés dans leurs maisons ».

La commémoration palestinienne du 67e anniversaire de la Nakba, qui a eu lieu le 15 mai 2015, a été marquée par des manifestations et des discours de représentants officiels du Fatah et de l’Autorité palestinienne (AP). Ceux-ci ont souligné qu’ils continueraient d’oeuvrer pour le droit au retour individuel et collectif des réfugiés palestiniens, auquel ils disent ne pas pouvoir renoncer.

Dans son discours, le Président de l’AP Mahmoud Abbas a appelé à une solution juste et acceptée par tous au problème des réfugiés, promettant que les actions de résistance populaire non violente se poursuivraient. Le Fatah a publié un communiqué appelant au retour des réfugiés, affirmant que ce droit était sacré, et des représentants palestiniens ont déclaré que ce droit était transmis de génération en génération et qu’il ne disparaîtrait pas, même après l’instauration de l’État palestinien.

Des manifestations et des rassemblements se sont tenus dans tout le territoire de l’AP ; ils ont parfois donné lieu à des affrontements entre Palestiniens et forces armées israéliennes. Le rapport ci-après résume les activités de la Journée de la Nakba et sa couverture par les médias du Fatah et de l’AP.

A gauche : un drapeau palestinien et une clé qui symbolise le droit au retour (Source : Alquds.com, 15 Mai 2015). A droite : carte des villes et villages dans lesquels les Palestiniens espèrent retourner (Source : Alquds.com, 15 mai 2015)

A gauche : Parade des clés ; les tee-shirts des manifestants portent le slogan : « Retour » (Source : Al-Ayyam, AP, 14 mai 2015). A droite : Caricature célébrant la reconnaissance de l’État palestinien par le Vatican (Source : Al-Ayyam, AP, 15 mai 2015)

Abbas se prononce pour une solution juste et acceptée au problème des réfugiés et félicite les résidents de Jérusalem-Est pour leur combat

Dans son discours prononcé à l’occasion de la Journée de la Nakba, le 14 mai 2015, le Président de l’AP Mahmoud Abbas a exprimé son soutien au combat des résidents de Jérusalem-Est, et souligné que l’activité de résistance populaire non violente se poursuivrait : « Les projets des gouvernements israéliens [successifs] d’éliminer la cause palestinienne ont échoué. Selon l’opinion [israélienne], le peuple palestinien était considéré comme non-existant pendant des années, parce que les vieux meurent et que les jeunes oublient, et [par conséquent] la seule solution serait de réinstaller les réfugiés dans les pays arabes… [Mais] ce qui s’est passé en 1948 ne se reproduira plus jamais. Grâce à notre unité et à notre conscience [nationale], nous triompherons de tous les complots et de toutes les machinations ourdis contre nous, destinés à marginaliser la cause palestinienne par des plans douteux, tel que la création d’un État à Gaza ou celle d’un État doté de frontières provisoires…

S’agissant de l’occupation et des colons, l’activité de résistance populaire non violente se poursuivra. Je félicite les chevaliers palestiniens [de la résistance populaire] et ceux à travers le monde qui sympathisent [avec la résistance populaire]. Je salue aussi la fermeté héroïque de notre peuple à Jérusalem-Est, qui résiste aux diverses opérations racistes des colons fanatiques et de leurs parrains, les forces de sécurité israéliennes. Ceux-ci intensifient leurs incursions quotidiennes sur le site de la mosquée Al-Aqsa, et mènent des fouilles qui mettent en danger les fondations [d’Al-Aqsa]. Nous lançons ici un avertissement, car cela pourrait déclencher des guerres religieuses qui n’épargneront personne.

Notre position concernant un accord et les négociations est totalement claire. Nous sommes engagés à une solution fondée sur la fin de l’occupation israélienne de 1967, la création d’un État palestinien indépendant avec Jérusalem-Est pour capitale, et une solution juste et acceptée au problème des réfugiés, selon la Résolution 194 de l’ONU et l’Initiative de paix arabe ».[1]

Selon le Fatah et les associés d’Abbas, le droit au retour individuel est sacré et ne peut être abandonné

Munib Al-Masri : « La création d’un État palestinien n’annule pas le droit au retour »

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Le magnat palestinien et associé d’Abbas, Munib Al-Masri, qui préside le Consortium des Palestiniens indépendants et a joué un rôle important dans les tentatives de réconciliation Fatah-Hamas, a affirmé : « Même si les grands-parents et les parents sont en effet décédés, ils ont légué à leurs descendants le droit au retour dans les villes et les villages d’où ils avaient eux-mêmes été expulsés. Le droit au retour est un droit individuel et collectif, qui ne peut être abandonné. La création d’un État palestinien dans les frontières de 1967, avec Jérusalem pour capitale, est une certitude. Mais cela ne met pas fin au droit au retour, conformément à la Résolution 194 des Nations Unies ».[2]

Manifestation à Ramallah avec des cartes de la Palestine (Source : Al-Ayyam, AP, 14 mai 2015)

Nabil Shaath : « Nous avons le droit de retourner à Jaffa, Safed, Jérusalem, Beersheba ; nous continuerons notre combat pour le droit au retour »

Une des manières dont les Palestiniens commémorent la Nakba consiste à transmettre des récits relatifs à la Nakba, de génération en génération. Les plus âgés évoquent leur aspiration à retrouver les maisons qu’ils ont quittées et leurs souvenirs de visites dans leur patrie. Dans un article décrivant une visite à Jaffa, le membre du comité central du Fatah Nabil Shaath écrit : Jaffa reste présente dans mes pensées, mes rêves et dans mon cœur. Elle ne m’a pas quitté et je ne l’ai pas oubliée dans mon enfance et ma jeunesse. C’est l’image [qui est apparue] lorsque j’ai fermé les yeux et pensé à la Palestine… une personne [là-bas] m’a demandé : ‘Est-ce que vous vous sentez [à présent] étranger dans votre ville ?’ Je lui ai répondu : ‘Absolument pas. Je sens que je suis dans ma ville et que je ne l’ai jamais quittée. Mon droit au retour ici n’a jamais été perdu. Safed, la ville de ma naissance, est ma ville ; Gaza, la ville de mon père et de sa famille, est ma ville ; Jaffa est ma ville, et la glorieuse Jérusalem est ma ville. Naplouse, ville de ma femme, ainsi que Hébron, Acco, Bethléem, Beersheba et Nazareth sont toutes mes villes ».

Notre cause est juste et nous avons sincèrement proposé [à Israël] deux solutions humaines, pour obtenir notre patrie et la paix : soit un État démocratique pour les deux [peuples], soit deux États voisins, souverains et indépendants ,vivant en paix et en sécurité, tandis que nous bénéficierions du droit au retour dans les villes et les villages d’où nous avons été expulsés. Mais [les Israéliens] ont refusé.

Notre peuple n’abandonnera pas son combat, son espoir, sa créativité et sa détermination, jusqu’à ce qu’il parvienne à la liberté et à l’indépendance sur sa terre et au retour de ses habitants. Jaffa restera dans les cœurs et dans les esprits ».[3]

Nabil Shaath : « Abbas n’a jamais renoncé à son droit de retourner à Safed ; le droit au retour est sacré »

Dans une interview à l’hebdomadaire arabe israélien Al-Sinara, Shaath a souligné le fait qu’il avait le droit de retourner en « tout lui » de la Palestine : « Les Israéliens croient qu’ils ont le droit de rêver au retour après 4000 ans, mais que nous n’avons pas le droit au retour. Ils voudraient non seulement effacer nos vies et notre terre, mais aussi contrôler notre histoire. Les Britanniques ont occupé notre pays, avant de retourner chez eux. Les Croisés ont conquis notre pays puis sont retournés chez eux. [Les Israéliens] prétendent être ici en vertu du droit à revenir après 4000 ans. Comment peuvent-ils contester que notre peuple jouisse [également] de ce droit ?

Interrogé sur la question de savoir si la deuxième solution invaliderait le droit au retour en Israël, Shaat a répondu : « Non, bien entendu. Le droit au retour est sacré et nous n’y renoncerons jamais.»

Nous avons essayé d’actualiser [nos droits] par la lutte armée, mais avons échoué. Les négociations elles aussi ont échoué. Nous essayons à présent la méthode de l’Afrique du Sud, à savoir continuer le combat par des moyens non violents, tant localement qu’internationalement, pour qu’ils soient assaillis de toutes parts et qu’ils n’aient pas où fuir. En fin de compte, ils devront comprendre qu’ils n’auront pas de répit, jusqu’à ce que la paix véritable et la justice soient réalisées. Il n’existe que deux modèles pour trouver une solution : un État démocratique [unique] dans toute la Palestine, ou deux États souverains distincts, la Palestine et Israël… »

Interrogé sur la question de savoir si la deuxième solution invaliderait le droit au retour en Israël, Shaat a répondu : « Non, bien entendu. Le droit au retour est sacré et nous n’y renoncerons jamais. Mais s’ils souhaitent négocier, nous discuterons de la méthode et du mécanisme, [à savoir] combien de personnes retourneront dans leur pays et comment la paix sera assurée une fois qu’ils le feront. Mais il n’y aura pas d’abandon du droit au retour. Comment peuvent-ils revendiquer le droit au retour tout en contestant le nôtre ?

Mahmoud Abbas a déclaré : [4] « Je ne peux pas retourner personnellement à Safed, parce que je vis aujourd’hui à Ramallah. Mais Safed est ma ville et c’est mon droit d’y retourner ». Rien dans cette déclaration n’augure de la renonciation au droit au retour. Après avoir visité Safed, Mahmoud Abbas a précisé que personnellement, il n’y vivrait pas ,[du fait que] ses responsabilités exigent de lui qu’il soit à Ramallah. « Je suis né à Safed et j’ai ensuite déménagé à Hébron et Jaffa. Ensuite nous avons quitté la Palestine et Jaffa. Plus tard je suis retourné à Gaza, et aujourd’hui je vis à Ramallah. Tous ces endroits sont en Palestine. C’est mon droit de retourner là où je le souhaite, et personne ne peut me retirer ce droit ». [5]

Des réfugiés âgés parlent à leurs petits-enfants de la Nakba ; la photo à gauche porte la légende : « Récits de la Nakba et du Rêve du Retour » tandis que celle de droite représente la clé et un réfugié âgé tenant l’acte de propriété de sa maison (Source : Facebook.com/fatehwatanps, 13-14 mai 2015)

Le Fatah : Le droit des Palestiniens à retourner dans leurs maisons est aussi sacré que le droit à la vie

Une déclaration publiée par le bureau d’information et de la culture du Fatah à l’occasion du Jour de la Nakba dit : « Le droit au retour est aussi sacré que le droit à la vie. Aucune force au monde… ne peut usurper ce droit de notre peuple et le contraindre à obéir à sa politique ».

Il a ajouté que le Fatah avait été fondé pour obtenir la liberté et l’indépendance [des Palestiniens] et pour concrétiser le retour des réfugiés palestiniens dans « leurs villes et leurs villages, et dans les maisons qu’ils ont bâties et transmises [à leurs enfants] depuis les débuts de l’histoire humaine dans [leur] patrie naturelle – la Palestine – à laquelle ils ont lié leur destin… Le Fatah est certain que les initiatives politiques ne porteront jamais atteinte au droit au retour des réfugiés [palestiniens]. Le droit au retour est le cœur du conflit avec l’entreprise d’occupation et d’implantation sioniste… »

Dans cette même déclaration, le Fatah a félicité les millions de réfugiés palestiniens à travers le monde de « n’avoir pas renoncé à leur droit individuel et collectif et à leur foi en ce droit sacré, qui n’a jamais été abandonné. Le Fatah est fier de leur capacité à tenir bon dans les camps de réfugiés, étape provisoire sur la route qui mène à l’étape finale de la patrie ».

Il a conclu : « Le Fatah combattra sur tous les fronts pour triompher du complot contre les camps de réfugiés, destiné à les impliquer dans les conflits intérieurs aux [pays arabes] afin d’abolir le problème palestinien et d’éliminer le droit au retour – [complot qui existe] alors que le Fatah a souligné que le peuple palestinien et ses camps de réfugiés étaient neutres et respectaient la souveraineté et les lois des pays d’accueil ».[6]

Le Fatah : « Nous continuerons notre combat et à adhérer à nos objectifs nationaux » (Source : Facebook.com/Fatehwatanps, 13 mai 2015

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Activités de la Journée de commémoration de la Nakba

Lors d’un rassemblement à Ramallah : sirène de 67 secondes, promesse de retour à Haïfa, Jaffa, Acco et Safed

Les activités de la Nakba, qui ont débuté par une sirène de 67 secondes entendue dans tout le territoire de l’AP, ont comporté des manifestations où des clés – symboles du retour – et des cartes de la Palestine ont été brandies. Lors d’un rassemblement à Ramallah regroupant 10 000 personnes vêtues de noir, les participants ont réitéré le serment de préserver leur droit historique au retour dans leur patrie et leurs maisons, dont ils ont été expulsés par les « gangs sionistes ». Agitant des drapeaux palestiniens et tenant des clés et des cartes montrant les villages qu’ils ont quittés, ils chantaient : « Nous consacrerons tous nos efforts pour protéger le droit au retour jusqu’à ce que nous revenions à Haïfa, Jaffa, Acco et Safed ».

Rassemblement central à Ramallah (Source : Facebook.com/Fatehwatanps, 13 mai 2015)

(Source : Facebook.com/325384247479817, 14 mai 2015)

Lors d’une marche à Bethléem près du tombeau de Rachel, les participants ont agité des drapeaux noirs et appelé à « préserver le droit au retour dans les villes et les villages dont [les réfugiés] ont été bannis, et à poursuivre en justice le gouvernement de l’occupation devant les tribunaux internationaux, pour ses crimes et ses massacres ».

Lors d’une cérémonie d’allumage de torches dans le camp de réfugiés de Daheisheh dans la région de Bethléem, les orateurs ont évoqué la nécessité d’entretenir des « relations plus étroites entre les réfugiés et les maisons et les biens qu’ils ont abandonnés » et de se « raccrocher au droit au retour ».[7]

Rassemblement de Bethléem : « Nous n’oublierons jamais notre droit au retour » (Source : Al-Ayyam, AP, 15 mai 2015)

Certaines manifestations, comme celles de Qalqiliya et de Ramallah, ont dégénéré en affrontements entre les manifestants palestiniens et l’armée israélienne.

A gauche : Qalqilya ; à droite : camp de réfugiés de Jalazoun (Source : Al-Ayyam, AP, 16 mai 2015)

Point de passage de Huwwara près de Naplouse (Source : Palinfo.com, 16 mai 2015)

Un éditorialiste du quotidien de l’AP : La mobilisation populaire est indispensable pour défendre le droit au retour, auquel le renoncement ne peut s’appliquer

Rajab Abou Suriya, éditorialiste du quotidien de l’AP Al-Ayyam, a exprimé ses appréhensions que l’AP puisse être contrainte de renoncer au droit au retour dans le cadre des négociations. Il a écrit que les circonstances politiques avaient généré une situation dans laquelle les Palestiniens n’avaient pas obtenu plus que l’autonomie, et que les négociations offraient un simulacre de retour des réfugiés en Israël, la grande majorité de ceux-ci devant revenir dans l’État palestinien. Considérant que cela n’est pas satisfaisant, il a proposé la création d’un mouvement populaire palestinien pour combattre en vue de la réalisation pleine et entière du droit au retour : « Le manque de soutien populaire pour la demande de réaliser le droit au retour rendra son application difficile, parce que les politiciens sont dépendants des négociations diplomatiques et qu’ils n’ont pas d’autre choix que d’accepter un compromis tenant compte de la réalité sur le terrain.

Toutefois, les aspects individuels et humanitaires [du droit au retour] sont ancrés dans la demande de ceux qui bénéficient [de ces droits]. Par conséquent, pourquoi ne pas établir des groupes palestiniens, y compris dans le cadre des conseils municipaux et locaux, ou dans celui des tribus et des clans, pour exiger le droit à la réunification des familles et des individus sur les maisons et les terrains, pour préparer des procédures en justice et obtenir l’attention et l’aide des organisations de défense des droits de l’homme ? » [8]

« Nous reviendrons » (Source : Facebook.com/Fatehwatanps, 13 mai 2015)

Notes:

[1] Fatehwatan.ps, 14 mai 2015.

[2] Al-Ayyam (PA), 14 mai 2015.

[3] Al-Quds (Jerusalem), 15 mai 2015.

[4] Shaath fait apparemment référence aux déclarations d’Abbas du 2 novembre 2012 lors d’une interview à la télévision israélienne. Voir MEMRI Inquiry & Analysis No.897, « ‘Abbas In Interview On Israeli TV: I Have Right To Visit Safed But Not Live There; ‘Abbas In Interview On Egyptian TV: I Did Not Waive Right Of Return, Was Expressing My Private Opinion, » 12 novembre 2012.

[5] Al-Sinara (Israël), 15 mai 2015.

[6] Fateh-voice.net, 13 mai 2015.

[7] Al-Ayyam (PA), 15 mai 2015.

[8] Al-Ayyam (PA), 15 mai 2015.

Memri





Journaliste québécois, pro-atlantiste, pro-israélien,pro-occidental



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