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La réforme du collège, Najat Vallaud-Belkacem, Cambadélis : le blogdnadel


La réforme du collège, Najat Vallaud-Belkacem, Cambadélis : le blogdnadel

FIGAROVOX/CHRONIQUE – «Xénophobie», «pseudo-intellectuels»: Gilles-William Goldnadel s’interroge sur l’outrance verbale d’une partie de la gauche antiraciste.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est secrétaire national à l’UMP chargé des médias. Il préside par ailleurs l’Association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l’actualité pour FigaroVox.

Le phénomène de projection psychique n’a plus besoin d’être longuement expliqué depuis qu’il a été analysé par Freud: projeter sur l’autre en l’accablant ses propres fantasmes et perversions.

Sans vouloir inviter Jean-Christophe Cambadélis à s’allonger sur le divan, il n’est pas difficile de voir dans ses dernières déclarations taxant, sans le moindre élément à charge, Nicolas Sarkozy de xénophobe léger pour avoir osé critiquer sévèrement Najat Vallaud-Belkacem, ses propres obsessions raciales.

Ne plus pouvoir s’en prendre, fusse injustement, à une ministre de la justice sous prétexte de sa couleur de peau ou à une ministre de l’Éducation nationale, en raison de son nom, devrait placer implacablement le premier secrétaire du Parti Socialiste devant une alternative cruelle: soit, ne vouloir voir nommer que des ministres colorés et empêcher ainsi toute critique de l’action gouvernementale, soit ne plus vouloir en voir nommer aucun, et éviter ainsi tout dérapage.

On voit où peuvent conduire ces extravagances délirantes, grosses de privilèges pour les uns et d’exaspérations pour les autres, dont on ne sait si elles sont motivées par un désir d’intimider désormais vain, une manie post-trotskiste de déstructurer la société nationale, une xénophilie obsessionnelle, un désarroi intellectuel, une panique politique, une volonté de dissuader des enseignants de gauche de se mêler dans leur opposition à la réforme à une droite qu’on voudrait à nouveau sulfuriser avec les bonnes vieilles méthodes antiracistes qui hier encore fonctionnaient si bien. Encore que toutes ces explications soient psychologiquement et politiquement compatibles.

Mais la méthode est désormais obsolète. L’accusation est tombée à plat. La gauche communiste est morte de ses délires et aveuglements prosoviétiques. La gauche gauchisante à la française est en train de sombrer corps et âme sous ses délires maniaco-dépressifs faussement antiracistes.

Au risque d’encourir les foudres et anathèmes de M. Cambadélis, je crains bien que lorsque la ministre de l’Éducation nationale taxe ses opposants (RTL, I Télé, le Monde) de menteurs, elle ne soit, elle aussi, victime d’une projection mentale. Il est vrai qu’elle en est coutumière, elle qui jadis reprochait à ses contradicteurs d’avoir inventé de toutes pièces, pour mieux la critiquer, une théorie du genre imaginaire, alors même qu’elle en avait livré une définition militante très précise lorsqu’elle était en charge des questions de moeurs au parti socialiste.

En dépit de ses dénégations outrées, alors que l’enseignement de l’islam -ce qui n’est ni nouveau ni critiquable-demeure obligatoire, celui du christianisme est restreint non plus à l’étude d’une religion mais à celui de l’église, lui-même réduit à son rôle d’encadrement.

Comme l’explique très bien Sylvain Gougenheim, professeur d’histoire médiévale à l’École Normale Supérieure: «l’intitulé du thème «société, église de pouvoir» est révélateur: il évoque un monde où l’église, servant d’articulation entre le pouvoir et la société, est une forme d’encadrement social. Ce qui n’est pas faux, mais réducteur, car le rôle de l’église ne se limite pas à cela. On oublie la foi, les pèlerinages, l’art.» Et celui-ci de s’interroger implacablement sur ce tropisme vers le sud «l’islam est-il plus important dans l’histoire de l’Europe que l’empire carolingien ou que Byzance ?… N’est-il donc pas d’autres espaces: la Méditerranée? La Hanse ? L’Europe centrale avec l’empire allemand ?… À l’heure de faire l’Europe, se focaliser sur sa frange méditerranéenne est curieux.»
À moins qu’il ne s’agisse de mettre en oeuvre la promotion du caractère arabo-musulman de la France, telle que préconisée dans un rapport qui fit du bruit et de la fureur par certains idéologues de l’Éducation nationale.

Plus largement, Jean Christian Petitfils explique bien dans le Figaro-Magazine de cette semaine la philosophie gouvernementale: «ce programme agit comme un désherbant. Il s’agit d’éradiquer les trois grandes racines de l’histoire de France: la chrétienté médiévale, l’humanisme de la Renaissance et les Lumières. Il faut tuer Saint Louis, Rabelais et Voltaire pour déconstruire notre passé. Tout cela pour satisfaire une vision moraliste et communautariste de l’Histoire, reflétant le pluralisme culturel actuel qui favorise l’étude de l’islam au détriment de notre héritage chrétien-les élèves en sauront plus sur la grande mosquée des Omeyyades que sur la cathédrale de Reims, sur l’étude de l’esclavage, et la condition féminine. C’est une vision bobo de l’histoire de France qui évacue les guerres et le tragique pour se focaliser sur l’anticolonialisme permanent et la repentance généralisée.»… «Najat Vallaut Belkacem est, avec Vincent Peillon, un des ministres les plus idéologues que nous ayons eus sous la Ve République.».

Mais à tout seigneur tout honneur, Michel Lussault, le président du Conseil Supérieur des programmes, mérite la palme académique. C’est à lui que l’on doit l’idée géniale de remplacer les notes traumatisantes par des pastilles de couleur. Dans une interview au Monde, il explique sans complexe qu’en dépit des critiques, on ne saurait imposer de force aux professeurs des programmes qui n’auraient pas leur assentiment. Exactement comme on n’impose pas aux magistrats idéologues du Syndicat de la Magistrature une politique pénale qui ne correspondrait pas à leur vision du monde. Il ne manquerait plus que l’on se fie aux avis des criminologues…

Et le subtil Jean Sévillia, de s’interroger dans le même Figaro-Magazine: «quand Michel Lussault soutient que les critiques à l’égard du projet dont il a accouché émanent de «gens malintentionnés qui font une lecture idéologique de l’histoire», mais qu’il affirme de son côté que le rôle d’un programme d’histoire n’est pas de «faire réciter aux jeunes le roman national, le petit doigt sur la couture du pantalon», n’est-ce pas lui qui cède à l’idéologie ?
Ou à une projection mentale ?

Retour et fin sur Mme la ministre de l’Éducation nationale. Très irritée des critiques à elle adressée, elle confesse avoir été encore encolérée lorsqu’elle s’est moquée des «pseudo intellectuels» qui osent lui en remontrer. Voilà qu’elle explique à présent qu’elle ne visait «qu’ un nombre limité» de personnes. Le Goff, Finkielkraut, Onfray, Bruckner et Nora seront rassérénés.

Gilles William Goldnadel ©

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  • 3 thoughts on “La réforme du collège, Najat Vallaud-Belkacem, Cambadélis : le blogdnadel

    1. esther

      Je ne dirai pas du mal de NVB parce qu’elle possède une des plus grandes qualités (envers le gouvernement ): la loyauté.
      C’est comme pour Fleur Pellerin, j’en serai incapable aussi parce que c’est un petit Moïse.

    2. Escandell

      il faut dire à Mr Cambadélis qu’à l’époque le premier ministre de l’éducation nationale à être noir (Guyanais ) a été obligé de retirer sa loi parce qu’il y avait une opposition…. mais on ne parlait pas de racisme, et bien d’autres ministres se sont cassés les dents ….

      il faut arrêter ce cirque il y a une opposition quoi de plus normale dans une démocratie …. et quand vous étiez dans l’opposition Mr Cambadélis ????

    3. Alauda

      Si les notes avaient été remplacées par des pastilles de couleur, il aurait fallu hiérarchiser les couleurs de la meilleure à la plus mauvaise…
      De tables rondes en débats, il aurait fallu s’entendre sur la valeur chiffrée dont chacune serait revêtue, trouver un consensus pour les figer dans un ordre, et pour ce préalablement déterminer les critères d’attribution du bon/vrai/beau/bien à la meilleure d’entre elles, et inversement pour la plus déplorable ceux du mauvais/faux/laid/mal. Tandis que les érudits se seraient fendus de quelques thèses archéologiques, il aurait fallu en passer par leurs symboles que des siècles d’histoire ont contribué à leur attacher, symboles aussi variables que les écus et les drapeaux.
      Tandis que les partisans du rouge ou du vert se seraient targués d’incarner le progrès contre un bleu jugé réactionnaire, les clivages entre les goûts et les couleurs auraient fait le bonheur… des caricaturistes.

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