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Yémen, l’Arabie malheureuse. Une bataille de la guerre froide irano-saoudienne


Yémen, l’Arabie malheureuse. Une bataille de la guerre froide irano-saoudienne

L’Arabie saoudite et la coalition arabe qu’elle dirige continuent leurs raids au Yémen contre des cibles de la rébellion houthie dans le cadre de l’opération Tempête décisive, désormais rebaptisée « Redonner espoir ». Dans le même temps, les navires iraniens que les  Etats-Unis soupçonnent de transporter des armes pour le compte des houthis, ont fait demi-tour.

L’Iran dément ces soupçons et assure ne fournir qu’une aide humanitaire aux Houthis dont la pratique cultuelle est considérée depuis un certain temps – sans doute pour des raisons plus géopolitiques que théologiques – comme proche du chiisme. En tout cas, une chose est sûre : pour Téhéran, allumer des feux autour du royaume des Saoud, que ce soit à l’ouest – Bahreïn – ou dans le sud – au Yémen – et même en pleine mer est toujours une bonne chose.  Et si Barack Obama a dépêché dans le golfe d’Aden une douzaine des navires de guerre, une véritable « task force » autour du porte-avions Roosevelt, pour imposer  un blocus maritime – sous couvert d’une décision du Conseil de sécurité de l’ONU -, cela n’a rien d’innocent.

Ainsi, depuis quelques jours une situation rappelant – d’un peu loin, c’est vrai – la crise cubaine s’est développée au large de ce qui est devenue après presque cinq  décennies de guerres civiles successives, l’Arabie malheureuse.  Les forces navales américaines se sont positionnées à quelques centaines de kilomètres de la flottille iranienne (à une trentaine de minutes de vol de F-18 et hors d’atteinte des missiles iraniens) pendant que la marine saoudienne, ainsi couverte par son allié, annonçait vouloir aborder « tout navire qui essaie d’entrer dans un port yéménite ». Après avoir testé les Etats-Unis, Téhéran a semble-t-il décidé de reculer.

Sur le front diplomatique en revanche, la coalition « anti-houthie » et surtout le nouveau roi saoudien Salman qui doit gérer sa première crise en tant chef d’Etat, patauge. Le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif flanqué de son chef d’état-major a conclu hier une visite en Arabie saoudite sans prendre clairement parti et encore moins engager des troupes au Yémen aux côtés des Saoudiens. La presse pakistanaise évoque « un lot de consolation » d’Islamabad à Riyad, sans donner de détails. La prudence pakistanaise agace les Saoudiens qui, au moment du lancement de l’opération, avaient laissé entendre que l’intégration de la puissance nucléaire musulmane dans sa coalition n’était qu’une question de temps. À Islamabad, paraît-il, on préfère voler au secours de la victoire de la coalition arabe plutôt que d’y contribuer. À en juger par les atermoiements pakistanais,  malgré la reculade iranienne, le triomphe des Saoudiens au Yémen n’est pas à portée de main.

Si Téhéran a subi un revers tout relatif en mer, la République islamique chiite peut se targuer de ce beau succès diplomatique : le Pakistan reste neutre, et l’Arabie saoudite apparaît comme le bourreau des civils yéménites, qui ont payé un lourd tribut dans les bombardements.  Pour gagner le cœur des opinions arabes, Riyad ne peut se payer le luxe de perdre la bataille de communication. Comme toutes les guerres postmodernes, l’affrontement sunnites-chiites est aussi une guerre de mots et d’images.

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Journaliste québécois, pro-atlantiste, pro-israélien,pro-occidental



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