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RATP, «détail de l’histoire», Taubira : le réquisitoire de Goldnadel


RATP, «détail de l’histoire», Taubira : le réquisitoire de Goldnadel

La RATP et les chrétiens d’Orient, Jean-Marie Le Pen et le «détail», Taubira et le vocabulaire de droite: Gilles-William Goldnadel revient sur les mots et les maux qui ont secoué l’actualité de ces derniers jours.

Gilles- William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l’association France-Israël. Il tient une chronique hebdomadaire sur FigaroVox.

Les mots qui vivent. Les mots qui sauvent. Les mots qui tuent. Les mots qui blessent. Les mots qui trahissent.
Il y a aussi les mots qui sont interdits. Il y a quelques années, une médiocre polémique avait traversé l’Atlantique. Une association anti-islamiste américaine avait osé placarder une affiche dans le métro new-yorkais qualifiant les djihadistes de «sauvages». Certains humanistes d’opérette avaient pensé qu’elle stigmatisait l’islam. J’avais considéré qu’elle offensait plutôt les sauvages.

Le métropolitain parisien n’avait pas encore interdit son dernier mot: «chrétien».Vocable pas très catholique à ses oreilles dressées par réflexes conditionnés. La RATP et sa régie publicitaire sont comme les chiens de Pavlov. «En faveur des chrétiens d’Orient». Méfiance craintive. Une partie de la clientèle va être indisposée, et pourquoi pas stigmatisée. Pour déguiser leur peur, les cerbères de l’enfer xénophile vont aboyer les prétextes les plus ineptes: «respect de la laïcité» sauf que la régie a accepté par le passé sans barguigner une publicité en faveur du «secours islamique» et une autre souhaitant un «bon ramadan» ou: «neutralité dans le cadre d’un conflit armé»!

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Secours chretiens d'Orient

Secours chretiens d’Orient

Les chrétiens de Syrie décapités, les coptes d’Égypte massacrés, les chrétiens nigérians brûlés vifs dans leurs églises et les petites écolières violées ou vendues, les 147 étudiants du Kenya assassinés parce qu’ils ne savaient pas réciter le Coran, n’étaient pas armés. Les rames du métro leur passent allègrement dessus. Au-delà de l’insupportable sottise, ce qui se trame sous cette idéologie souterraine qui déraille est le refus persistant de considérer que le martyre chrétien puisse émaner de l’Autre, victime, forcément victime. Quand bien même, il porte la hache, le couteau, la bombe ou la kalashnikov.
On connaissait déjà le truculent «une minute pour les juifs, une minute pour Hitler». L’impayable Régie a inventé «entre les chrétiens tués et l’État islamique, vive la neutralité».

Il aura pourtant suffi que les caves de chrétiens se rebiffent pendant la Pâques pour que le responsable de la RATP considère soudainement l’évidence de pouvoir afficher les mots interdits. Une leçon pour le futur.

Il y a les mots que l’on ne veut pas entendre. La semaine dernière, le général Mohamed Reza Naqdi, commandant de la redoutable milice Basij des Gardiens de la Révolution iranienne a prévenu: «effacer Israël de la carte est non négociable». Le président Obama qui s’était répandu de ses commentaires sur les propos électoraux de l’ancien et nouveau premier ministre israélien n’en a fait aucun après la sortie du soudard de la république islamique. Les autres états occidentaux n’ont pas été plus diserts.

Lorsque les Israéliens disent qu’ils sont seuls et qu’ils n’ont aucune confiance dans la république des mollahs, ils sont taxés dans le meilleur des cas d’alarmistes et dans le pire de paranoïaques belliqueux. Par une Europe médiatique et frivole dont les mots dont elle use pour décrire respectivement les chefs perse et hébreu sont «modéré» et «faucon». Sur le fond, il est possible, pour autant que l’on en connaisse toutes les clauses encore vagues, que l’accord-cadre adopté à Lausanne puisse avoir été encore plus favorable aux Iraniens. La lucidité la plus élémentaire serait de reconnaître qu’on le doit non seulement à la suspicieuse fermeté de la diplomatie française à l’encontre d’une partie convaincue de multiples tricheries, mais encore à un premier ministre israélien qui a su mobiliser avec ses mots un Congrès remonté contre un président dont on ne sait s’il est machiavélique ou inconsistant.

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Le modéré Rouhani : « Nous n’aimons pas voir les gens en prison, alors nous les pendons »

Il y a aussi les mots dont on ignore qui ils veulent blesser. Lorsque Jean-Marie Le Pen persiste et signe des déclarations pleines de délicate humanité sur les chambres à gaz. Lorsque surtout, il clame que le parti qu’il préside avec un improbable honneur comprendrait des gaullistes mais aussi des pétainistes, il accable désormais aussi son camp. Gilbert Collard, Marine Le Pen et Marion Maréchal Le Pen ont su se distancer d’une nouvelle sortie qui ferait bien d’être la dernière. Seul cependant le retrait de sa candidature de la région provençale serait de nature à démontrer que le parti nationaliste veut tourner le dos définitivement à un passé que d’aucuns voudraient faire revivre pour ne pas mourir.

Il y aurait enfin, selon notre inoxydable garde des Sceaux, «les mots de la droite» que la gauche de gouvernement aurait eu grand tort d’employer. C’est ce qui expliquerait la déroute électorale d’une gauche ayant abandonné son territoire lexical. On laissera évidemment à Madame Taubira la responsabilité de ses explications politiques. Il n’est cependant pas sûr que lorsque son premier ministre a usé du terme «d’apartheid» pour expliquer aux Français les massacres commis ou sonné l’alarme «antifasciste», il ait fait grandement gagner des voix à son camp, du septentrion lillois au midi phocéen.

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Il n’est pas sûr non plus que remettre à l’usage «le vivre ensemble citoyen», «l’en commun», ou «le nous inclusif et solidaire» annonce forcément des lendemains qui chanteront l’internationale. Ainsi du mot «stigmatiser»., encore et toujours sur toutes les lèvres rouges.

M. Valls se vantait de vouloir «stigmatiser» le Front National: on a vu des crucifiés moins bien portants. L’intersyndicale des grévistes de Radio France reproche dans un communiqué à leur PDG de vouloir les «stigmatiser»(Le Figaro 5 avril). Ils devront faire un grand effort d’explication pour convaincre les Français de leur martyre christique. Enfin, Catherine Coutelle, député socialiste, reproche au délai de réflexion obligatoire de sept jours prévu par la loi Veil de «stigmatiser l’avortement». Les mêmes qui ne tolèrent pas la moindre réflexion sur la peine de mort donnée aux assassins les plus féroces, n’autorisent pas cette courte réflexion avant de commettre un acte lourd de conséquences pour l’embryon humain innocent. Héloïse Galili, conseillère au Planning Familial de Paris, se vante même impunément (le Figaro du 3 avril) de faire signer systématiquement des attestations antidatées de rendez-vous: «la plupart des femmes acceptent car cela les arrange». Alors que de nombreuses femmes reconnaissent avoir changé d’avis pendant ce délai désormais honni. Ce qui a sauvé des vies. Personne ne devrait souhaiter culpabiliser une femme en difficulté qui décide d’avorter. Il est cependant permis de détester l’avortement et même de le «stigmatiser», s’il heurte sa conscience.

Je m’en voudrais pour autant de vouloir stigmatiser ces mots de la gauche qui chaque jour un peu plus éclairent et ébaudissent le français libéré.

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Gilles William Goldnadel ©

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