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Le Corbusier, un fascisme français.


Le Corbusier, un fascisme français.

Cinquante ans après la mort de l’architecte, deux ouvrages évoquent son compagnonnage avec le fascisme.

Les spécialistes le savaient, même s’ils tentaient parfois de le minimiser : la guerre de Le Corbusier n’avait pas été exemplaire. Cinquante ans après sa disparition, voici que les informations sur son parcours politique se multiplient. Les deux livres publiés ces jours-ci, Un Corbusier, de François Chaslin, et Le Corbusier, un fascisme français, de Xavier de Jarcy révèlent l’ampleur de sa part d’ombre.

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L’homme de la Cité radieuse avait été l’un des modèles d’Eugen Robick, l’«urbatecte» de la Fièvre d’Urbicande, l’un de mes premiers albums avec François Schuiten. Dès cette époque, j’avais peu de sympathie pour le doctrinaire. Mais je n’imaginais pas l’ampleur de ses engagements et de ses compromissions. La tentation fasciste ne fut pas pour Le Corbusier une simple marque d’opportunisme : ses relations avec les idéologues de la droite nationaliste ont duré des décennies et marqué en profondeur sa pensée urbanistique. On pourrait dire que Le Corbusier fut à l’architecture ce que Martin Heidegger, son contemporain presque exact, fut à la philosophie : un géant fourvoyé.
Mépris. Né en Suisse, à la Chaux-de-Fonds, le 6 octobre 1887, il s’installe à Paris dès 1917, rêvant de jouer un rôle actif dans la reconstruction. Il devra attendre une guerre de plus. En attendant, il bâtit quelques remarquables villas, tout en multipliant les projets radicaux. L’Esprit nouveau qu’il promeut n’est pas loin de l’Ordre nouveau. Le Dr Pierre Winter, leader du Parti fasciste révolutionnaire, l’avocat Philippe Lamour, rédacteur en chef de la revue Plans, et l’ingénieur François de Pierrefeu, passionné d’occultisme, sont ses amis les plus proches. Tous appartiennent à la frange la plus dure de la droite française, celle qui descend dans les rues de Paris le 6 février 1934. Un jour qui, selon Le Corbusier, marque «le réveil de la propreté».
Classement, hiérarchie, dignité sont pour lui les valeurs suprêmes. Inspirées par les vues aériennes, les perspectives qu’il trace réduisent les hommes à des silhouettes interchangeables. Champion de l’ordre, il affirme que «l’animal humain est comme l’abeille, un constructeur de cellules géométriques». La standardisation qu’il prône a d’abord une valeur morale, que vient souligner l’emploi systématique du blanc : «On fait propre chez soi. Puis on fait propre en soi.»
Le Corbusier cache d’autant moins son mépris de la démocratie parlementaire qu’elle ne donne aucune suite à ses projets. Et c’est donc aux régimes autoritaires qu’il propose ses services : eux seuls pourraient agir à l’échelle qu’il souhaite. Mais Staline ne veut pas de lui à Moscou. Et Mussolini ne répond pas à ses appels. L’architecte, pourtant, ne ménage pas ses éloges : «Le spectacle offert actuellement par l’Italie, l’état de ses capacités spirituelles, annonce l’aube imminente de l’esprit moderne.»
Impétuosités. Le pire est à venir. La débâcle de juin 1940 apparaît à Le Corbusier comme «la miraculeuse victoire française. Si nous avions vaincu par les armes, la pourriture triomphait, plus rien de propre n’aurait jamais plus pu prétendre à vivre», écrit-il à sa mère. Quelques semaines plus tard, il se réjouit du grand «nettoyage» qui se prépare :«L’argent, les Juifs (en partie responsables), la franc-maçonnerie, tout subira la loi juste. Ces forteresses honteuses seront démantelées. Elles dominaient tout.» Le ton de certaines lettres est plus nauséabond encore :«Nous sommes entre les mains d’un vainqueur et son attitude pourrait être écrasante. Si le marché est sincère, Hitler peut couronner sa vie par une œuvre grandiose : l’aménagement de l’Europe.»
L’architecte se persuade que son heure est venue. «Il s’est fait un vrai miracle avec Pétain. Tout aurait pu s’écrouler, s’anéantir dans l’anarchie. Tout est sauvé et l’action est dans le pays.» Cela fait tant d’années qu’il voudrait construire autre chose que de belles villas, tant d’années qu’il rêve de villes édifiées ex nihilo. Alors, pourquoi ne pas faire confiance au Maréchal, même si rien dans le parcours du vieil homme ne le prédispose à accueillir ses impétuosités modernistes ?
Le Corbusier rejoint Vichy dès la fin de l’an 40. Bientôt nommé conseiller pour l’urbanisme auprès du gouvernement, il dispose d’un bureau à l’hôtel Carlton et commence à écrire l’Urbanisme de la Révolution nationale. Le 27 mars 1941, il rencontre Pétain, «celui qui a les pleins pouvoirs pour mettre en œuvre le domaine bâti de la France». Les publications se multiplient : Sur les quatre routes, Destin de Paris, la Maison des hommes et la Charte d’Athènes. Malgré les nombreuses relations que Le Corbusier compte à Vichy, les choses ne tardent pas à s’enliser. En juin 1942, son plan d’urbanisme pour Alger est rejeté. Début juillet, il fait ses adieux «au cher merdeux Vichy». Rentré à Paris, il devient conseiller technique à la fondation du docteur Alexis Carrel, le théoricien de l’eugénisme. Il n’en démissionne que le 20 avril 1944, «l’esprit régnant là ne me convenant pas», découvre-t-il soudain.

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Amnésie. Après la guerre, la reconversion est instantanée : «La page tourne et il faut se décider à l’admettre !» Il n’est même pas question d’amnistie, mais d’une pure et simple amnésie.

Le Corbusier toilette habilement sa biographie. Non content de gommer les traces de son long séjour à Vichy, il se fait passer pour une victime des pétainistes. Mais il restera fidèle jusqu’au bout à quelques-unes de ses amitiés les plus douteuses, et ne reviendra ni sur son taylorisme ni sur son mépris des«populations parasitaires» et des «habitants stériles».
Soutenu par Claudius-Petit, ministre de la Reconstruction et de l’Urbanisme, admiré par Malraux qui voit en lui le plus grand architecte du siècle, Le Corbusier peut enfin construire les tours et les barres qu’il dessine depuis les années 20. Le fasciste d’hier est désormais le «fada», tandis que la Charte d’Athènes devient la bible des urbanistes. Le mythe Le Corbusier se solidifie. Le 1er septembre 1965, quelques jours après sa noyade à Roquebrune, Malraux salue son «vieux maître» et son «vieil ami», faisant du bâtisseur de la Cité radieuse l’une des incarnations de la France gaulliste…
S’ils se recoupent sur bien des points, les deux livres qui paraissent aujourd’hui procèdent de manière très différente. Nombreux documents à l’appui, Xavier de Jarcy instruit avec rigueur le procès d’un «personnage aux rêves totalitaires, au cynisme en béton armé». Dans son ampleUn Corbusier, débordant d’informations mais quelque peu chaotique, François Chaslin propose de son côté un portrait sans complaisance, doublé d’une évocation mélancolique du destin des Cités radieuses.
On ne pourra plus passer sous silence les engagements de Le Corbusier. On débaptisera sans doute quelques rues, on effacera son image de quelques billets de banque. Mais on n’est pas près d’en finir avec lui.
Paraît également «Le Corbusier, une froide vision du monde», de Marc Perelman (Michalon, 256 pp., 19 €).

Benoît Peeters – Article de LIBERATION du 18 Mars 2015.
http://www.liberation.fr/livres/2015/03/18/le-corbusier-plus-facho-que-fada_1223411

Extrait de sa fiche WIKIPEDIA

1941-1942 Le Corbusier et le régime de Vichy

Selon l’Encyclopédie Larousse : « Personnalité provocante : cet homme que les militants d’extrême droite qualifiaient si aisément de bolchevik était membre d’une organisation fasciste ». De même source : « En 1941 Destin de Paris reprenant le « Plan Voisin » est un appel ouvert à l’autorité de Vichy ».
En 1926, Le Corbusier se rapproche de membres du Faisceau de Georges Valois, dissout en 1928, associant antiparlementarisme et syndicalisme révolutionnaire, où certains participants prônent la mise en place d’une politique nationale d’aménagement du territoire et de planification urbaine. En janvier 1931 il devient ainsi membre du comité de rédaction de la revue Plans fondée en 1930 par Philippe Lamour, considéré comme le père de l’aménagement du territoire en France, un ancien membre de ce parti, tout comme Hubert Lagardelle membre du comité de rédaction. En 1933, Le Corbusier participe à la revue Prélude dirigée par son amiPierre Winter, ancien membre du Faisceau également. Néanmoins, dans un article publié la même année dans cette revue, Le Corbusier attaque à la fois « l’architecture mussolinienne moderne » et le régime lui-même : « Rome imitant Rome, une folle redondance »20. François de Pierrefeu contribue pour sa part à la revue Plans et à la revue Prélude.
Bien que d’origine suisse, Le Corbusier a tenté en vain de vendre ses idées au régime de Vichy, à l’occasion de la modernisation mise en œuvre de la règlementation de l’urbanisme21 et des futures reconstructions, pendant les 17 mois 1/2 de son séjour dans cette ville, de janvier 1941 à juillet 1942, malgré la nomination d’Hubert Lagardelle comme ministre du Travail dans le gouvernement Pierre Laval (avril 1942-novembre 1943). Pour ce faire, François de Pierrefeu est aux côtés de Le Corbusier, période durant laquelle ils signent ensemble le livre La Maison des hommes22. En juin 1942, son plan d’urbanisme pour Alger est rejeté. Après le départ de Le Corbusier de Vichy, le 1er juillet 1942, il devient de mi-1942 au 20 avril 1944 conseiller technique à la fondation du docteur Alexis Carrel23. François de Pierrefeu continue de défendre les intérêts de l’architecte auprès des autorités gouvernementales. Par la suite, en 1944, Pierre Winter sera quant à lui nommé Inspecteur Général du Travail du gouvernement de Vichy.
En 1943, en plein conflit, Le Corbusier avait comme principale préoccupation la publication de la Charte d’Athènes. Il est également soupçonné d’antisémitisme de sorte qu’en 2010, la banque UBS décida de le retirer de ses publicités
Soutenu par Eugène Claudius-Petit et André Malraux, il échappe à l’Épuration et engrange des commandes architecturales

Pour mémoire, voici ci-après l’article du POINT du 29 Septembre 2010 :  « UBS retire une publicité mentionnant Le Corbusier, accusé d’antisémitisme »

 

La banque suisse UBS a décidé de stopper une campagne publicitaire mettant en scène le célèbre architecte suisse Le Corbusier, accusé dans la presse helvétique d’antisémitisme, a déclaré mercredi à l’AFP une porte-parole d’UBS.
« L’intention de notre publicité est de communiquer un message à nos clients et nous voulons éviter que ce message soit affaibli par une controverse concernant Le Corbusier », a indiqué la porte-parole de la première banque helvétique dans une déclaration écrite transmise à l’AFP.
« Pour cette raison, nous n’allons plus utiliser les images de Le Corbusier dans notre campagne publicitaire », a-t-elle ajouté.
L’établissement zurichois, l’un des plus touchés dans le monde par la crise financière, a lancé fin août une importante campagne publicitaire internationale pour redorer son image et regagner la confiance de ses clients.
L’image de Le Corbusier, dont l’oeuvre est considérée comme étant une des bases de l’architecture moderne et dont l’effigie orne les billets de banque de 10 francs suisses depuis 1997, devait être utilisée dans ce cadre.
Mais des révélations dans la presse suisse sur l’architecte, de son vrai nom Charles-Edouard Jeanneret, qui a été accusé d’antisémitisme et d’admirer le dictateur nazi Adolf Hitler, ont amené la banque à revoir sa campagne publicitaire.
« Le Corbusier était un théoricien radical (…) et un antisémite violent », a affirmé Pierre Frey, professeur d’histoire de l’architecture à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, cité par le journal Sonntagszeitung.
L’architecte aurait, « sans coup férir, construit pour Hitler », a-t-il ajouté.
Son homologue Stanislaus von Moss, ancien professeur d’histoire de l’art à l’université de Zurich, a quant à lui révélé que les chercheurs avaient décelé dans la correspondance prolifique de Le Corbusier, décédé en 1965, « des dérapages antisémites sans équivoque », selon le journal Tages-Anzeiger.

 

. http://www.lepoint.fr/culture/ubs-retire-une-publicite-mentionnant-le-corbusier-accuse-d-antisemitisme-29-09-2010-1242855_3.php

 

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