Le cargo ne battait pas pavillon des Etats-Unis, selon Washington, qui dément les rapports des médias arabes
Des patrouilleurs iraniens ont tiré des coups de semonce sur le pont d’un cargo battant pavillon des îles Marshall qui traversait le détroit d’Ormuz dans les eaux territoriales iraniennes, a déclaré mardi un responsable du Pentagone.
Après que des rapports d’Al Arabiya ont annoncé mardi que la marine iranienne avait pris le contrôle d’un « cargo américain » avant de l’arraisonner au port de Bandar Abbas, le Pentagone a affirmé qu’il s’agissait d’un navire de la société Maersk qui battait pavillon des îles Marshall, et non des Etats-Unis.
Au moins cinq navires iraniens ont demandé au Maersk Tigris de se diriger vers l’île iranienne de Larak, après avoir tiré des coups de semonce devant la proue, a-t-on appris de même source, qui a précisé que les Etats-Unis suivaient la situation de prêt.
« Un différend commercial est à l’origine de l’arraisonnement d’un navire marchand battant pavillon des îles Marshall », conduit mardi vers un port iranien, a indiqué l’agence de presse iranienne Fars. Aucune confirmation des autorités iraniennes n’a pu être obtenue dans l’immédiat.
L’agence Fars, citant « une source informée », a affirmé que le navire de la société danoise Maersk « avait un contentieux avec l’administration des ports iraniens qui a obtenu d’une cour de justice la confiscation » du bateau. Elle n’a pas précisé la nature du contentieux.
Un porte-parole du Pentagone, le colonel Steeve Warren a indiqué que le capitaine du cargo avait ignoré les ordres iraniens. Warren a ajouté que le cargo avait lancé des appels de détresse, et que le Commandement central des forces navales des États-Unis, basé dans la région, a envoyé un destroyer américain et un aéronef dans la zone de l’incident.
Aucun blessé n’a été signalé à bord du navire qui ne contenait pas de ressortissants américains, selon le Pentagone.
L’Iran arraisonne régulièrement des bateaux de pêche accusés de violer ses eaux territoriales. En 2013, la marine iranienne avait consigné pendant un mois un pétrolier indien qui avait, selon Téhéran, pollué les eaux du Golfe. Mais la presse indienne avait évoqué un possible acte de représailles après la décision de l’Inde de se tourner vers l’Irak pour lui fournir du pétrole.

Les USA ont renforcé leur dispositif militaire naval dans le golfe d’Aden ces dernières semaines. Le navire lance-missiles Normandy et le porte-avions Theodore Roosevelt, qui compte 5 000 hommes, se sont rapprochés du golfe Persique.
La région est sous haute tension depuis le début des frappes de la coalition arabe contre les rebelles chiites au Yémen, soutenues par les Etats-Unies.
Jeudi dernier, un convoi de bateaux iraniens soupçonné par les Américains de transporter des armes pour les rebelles chiites du Yémen a fait demi-tour, selon de hauts responsables américains.
Mais les bateaux, qui progressent lentement, « peuvent à tout moment » reprendre leur cap vers le Yémen, selon une source, précisant que les Américains « surveillaient de très près » ce convoi.
« Nous souhaitons que l’Iran contribue clairement à la désescalade » au Yémen en éloignant ces navires sans ambiguïté, avait ajouté ce responsable. Le convoi iranien était composé de neuf navires, dont deux patrouilleurs armés.
C’est après la découverte de ce convoi que les États-Unis ont renforcé leur présence navale dans la région, amenant notamment près des côtes du Yémen le porte-avions Roosevelt qui se trouvait dans le golfe Persique. En tout, neuf navires de combat et trois navires de soutien américains se trouvent dans la zone s’étendant du sud de la mer Rouge au golfe d’Aden et au nord de l’Océan indien.