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Christian Didier, l’assassin de Bousquet demande Justice


Christian Didier, l’assassin de Bousquet demande Justice

Christian Didier, qui a tué en 1993 l’ancien chef de la police de Vichy, souhaite être réhabilité.

La voix est rauque, presque inaudible.
Entre deux phrases il arrête de parler pour reprendre son souffle. Malade, Christian Didier, l’homme qui s’est fait connaître des Français, le 8 juin 1993, en abattant de cinq balles de revolver le « collabo » René Bousquet, ancien secrétaire général à la police du régime de Vichy, est très affaibli. Libéré en 2000, après sept ans de prison, il vit reclus dans son petit appartement de Saint-Dié-des-Vosges, sa ville natale.
Sur les murs, il a affiché les photos d’une existence « sulfureuse et mouvementée, sans complaisance ni concessions ». Et celles de son éclectique panthéon personnel où Bob Dylan, la grande admiration de sa vie, côtoie Rimbaud, Verlaine, Lautréamont, Malraux, le père de Foucauld, l’écrivain américain Jack Kerouac et même Johnny Hallyday.
A 71 ans, Christian Didier sait que ses jours sont comptés. « Mes poumons sont foutus, confie-t-il à Paris Match, le cœur aussi. Je me prépare pour la grande inconnue. »
Après l’écriture d’un ultime livre de souvenirs, « Fugaces traits de plume… en roue libre ! », disponible seulement sur Internet (christiandidier.fr), l’assassin de René Bousquet se lance dans un dernier combat, celui de sa réhabilitation. « Après Pétain et Laval, René Bousquet fut le plus haut responsable de la livraison aux Allemands des 80 000 juifs de France déportés et assassinés dans les camps de concentration, avec parmi eux 11 000 enfants, nous explique-t-il. En m’arrogeant le droit de sauver l’honneur de la France, je suis fier de les avoir vengés en ayant exécuté leur bourreau. A ce titre, je réclame l’acquittement qui m’est dû. »

Les traits creusés par la maladie, celui que la justice a reconnu sain d’esprit, mais qui a souvent été traité d’« illuminé », s’exprime posément, dans un français châtié, littéraire. Selon ses dires, c’est un correspondant israélien devenu son ami et le préfacier de son dernier livre, Jacques Lévi, qui l’a incité à se lancer dans cette nouvelle bataille. « Il m’a écrit pour me féliciter de mon action, raconte-t-il. Il s’étonnait de l’omerta sur Vichy qui a longtemps pesé en France et du manque de soutien de la communauté juive pendant mon procès. Pour lui, ma condamnation signifie l’acquittement de Vichy. Il espère que, avec la demande de ma réhabilitation, le procès de Bousquet et de Vichy puisse enfin avoir lieu. »
Quand on lui fait remarquer que l’assassinat de René Bousquet a empêché sa comparution en justice, réclamée à l’époque par l’avocat Serge Klarsfeld, Christian Didier lève les yeux au ciel : « Bousquet était un proche ami de François Mitterrand. Il le tenait et savait beaucoup de choses sur beaucoup de monde. Ne vous faites aucune illusion : le procès de René Bousquet n’aurait jamais eu lieu. »

Christian Didier

Il réfute aussi l’hypothèse d’une éventuelle manipulation par de sombres commanditaires ayant eu intérêt à la suppression de l’ex-collaborateur. « J’ai découvert l’existence de René Bousquet au journal télévisé de Patrick Poivre d’Arvor, affirme-t-il. Auparavant, j’avais déjà essayé de tuer Klaus Barbie, mais je me suis fait repérer. Je suis né à Saint-Dié-des-Vosges, une ville entièrement dynamitée par les Allemands en 1944. Quand j’étais gosse, les habitants ne parlaient que de ce drame. J’en ai tiré une idée de vengeance. Elle n’est jamais passée. A 7 ans, j’ai aussi vécu un événement très lourd. Il a développé chez moi un instinct de mort, des démons intérieurs. J’avais pensé que ce serait bien de flinguer quelqu’un pour une cause juste, que ce geste me libérerait. »

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Fils de coiffeur, d’abord « mécano » dans la marine sur un dragueur de mines, Christian Didier a eu une vie plutôt rock’n’roll. Les années 1960 le voient barouder en Australie, puis en Californie à l’époque de la « beat generation » et des hippies. Puis, pendant quinze ans, il devient « chauffeur de stars » à Paris, trimbalant dans sa Rolls-Royce Salvador Dali, Charlie Chaplin, Richard Burton, David Bowie, Catherine Deneuve ou encore Romy Schneider. Quand il comparaît devant la cour d’assises de Paris, c’est un jeune avocat débutant, Arnaud Montebourg, qui le défend aux côtés de Thierry Lévy. Guitariste à ses heures, épris de poésie et d’écriture, Christian Didier, toute sa vie, a couru après la notoriété. Il concède qu’en tuant Bousquet il espérait bien trouver grâce auprès des éditeurs pour les sept livres qu’il n’arrivait pas à publier. « Ce ne fut pas le cas, déplore-t-il. Mais mon nom a fait le tour du monde. »
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