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L’enfant prophète, avant le grand déni


L’enfant prophète, avant le grand déni

Yéochua Sultan – La Palestine, contrairement à ce qu’un mensonge de dimension planétaire prétend, a toujours été et sera toujours la patrie du peuple d’Israël. Nous avons relevé pour vous quelques citations d’un roman publié par Edmond Fleg en 1926 chez Gallimard, abondant dans le sens de ce qui sans désinformer restera toujours une évidence.

L'enfant prophàte Edmond Fleg Capture

En 1926, à 52 ans, Edmond Fleg publie l’Enfant prophète. Ce roman est raconté volontairement dans un langage d’enfant : « Quand j’ai commencé de comprendre, j’avais quel âge ? Cinq ans, quatre ans peut-être. Mais vais-je trouver des phrases assez simples ? Écrire comme je parlais, comme je pensais à cinq ans ! Pourrai-je ? … Essayons toujours.» (L’enfant prophète p. 11).

C’est sur ces mots que s’ouvre le premier chapitre. Le livre relate le parcours d’un jeune enfant pour qui tous les hommes se valent, mais dont le voisinage resté profondément chrétien, avec tout ce que ça implique sur leur vision du Juif – «Elise (la « nounou » qui promène le jeune enfant) dit, d’une drôle de voix : « C’est un petit Juif, Monsieur le Curé. » Il répond : « Dommage! » et s’en va. » (p. 12) – le poussera à rechercher son identité, et à vouloir célébrer sa majorité religieuse.

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Si la relation des Français chrétiens aux Juifs est largement envisagée dans cet ouvrage, sur le plan purement confessionnel, l’auteur n’oubliera pas toutefois de considérer le Juif en tant que peuple, que nationalité.

«Pendant la récréation, Styrinovsky est venu à moi. (…) Il me dit :

  • Tu es juif, toi, n’est-ce pas ?
  • Oui, je vais préparer ma Bar-Mitzwah. (…) Pour apprendre.
  • Apprendre quoi ?
  • A être juif.
  • Et tu crois que les rabbins t’apprendront ça ?
  • Pourquoi pas ?
  • Juif, ça n’est pas une religion ; c’est une patrie.
  • Quelle patrie ?
  • Jérusalem, la Palestine.» (Idem p. 95-96).

l'enfant prophete chap 6 Capture

Il était encore bien évident, avant le grand déni imposé par la désinformation lancinante et agressive que nous connaissons tous bien malgré nous, que si le Juif était partout considéré comme étranger, c’est qu’il était originaire d’une patrie, connue de tous.

«En rentrant du lycée, accoudé au parapet (…) je pensais :

… La Palestine, ça existe encore ?

Et je tâchais de me rappeler mon Histoire de sixième : les Égyptiens, les Assyriens, Abraham, l’allié de D., Moïse, la Terre Promise (…).

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… Ça existe encore, la Palestine ? Il y a des Juifs qui la cultivent ? C’est une patrie ?» (Idem. P. 96-97).

N’oublions pas que pendant l’entre-deux guerre, le sentiment d’appartenance à aux divers pays d’accueil est encore très fortement ancré dans les consciences :

«Et je me disais :

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C’est ici que je suis né !… Le père de mon grand-père vendait du drap, rue de Turbigo, sous Louis-Philippe. Le père de mon père était l’ami de Gambetta. Et mon père s’est battu comme un héros, pendant quatre ans… Est-ce pour que ma patrie soit à Jérusalem?… Une patrie, j’en ai une. Ce qu’il me faut, c’est un D.! » (p. 97).

Il est vrai que les attaches à l’exil étaient si fortes que le fait juif était considéré sincèrement souvent comme secondaire dans l’identité toujours individuelle. On se sentait français puis on se définissait selon sa religion :

«La Palestine ? Moi, je suis français.

  • Alors tu n’es pas juif, tu es israélite (…) Tu es un Français israélite!…»

On avait pratiquement créé une catégorie annexe au peuple juif :

«Mais toi, si tu es de Palestine, que fais-tu en France ?

  • Il faut que tous les Israélites qui ont des patries dans le monde nous aident à refaire notre patrie» (idem p. 96), lit-on dans la suite de cette étrange discussion.

Cependant, si, aujourd’hui, après que les Juifs ou Israélites ont appris tragiquement que les nations les plus progressistes ont bien montré qu’elles les considère tous comme faisant partie d’un seul et même ensemble indissociable ; quand les Français de confession mosaïque ont été déchus de leur nationalité par le régime pétainiste jusqu’à l’Algérie pour ne faire plus partie que d’une seule nationalité étrangère malgré toutes les concessions et les efforts fournis à titre individuel ; et surtout, depuis l’avènement de l’Etat d’Israël, on a bien compris que la patrie de tous les Juifs se situe sur le sol de cet Etat, il reste un autre avènement, qui fait encore partie du futur, que d’aucuns aujourd’hui n’entrevoient toujours pas.

Et c’est dans son langage enfantin digne du Petit prince que Fleg décrit la suite du rassemblement des exilés pressenti dans le fil de cette discussion entre élèves :

«Alors, vous voulez reconstruire le Temple ?

  • Quel Temple ?
  • Le Temple de Salomon.

… Je crois que ses petits yeux se sont fermés.

  • Nous bâtissons des écoles, nous desséchons des marais ; nous traçons des routes ; nous plantons des vignes…
  • Et D. ?
  • ? Nous ne faisons rien contre D. Nous lui élevons même des synagogues. Mais voilà deux mille ans qu’on attend qu’il nous rende la Palestine. Qu’il nous aide, s’il veut. Nous n’attendons plus.

… Il n’a pas l’air de compter beaucoup sur D., Styrinovsky !» (Idem p. 96).

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Toutes les mentalités qui caractérisent ou ont caractérisé le peuple d’Israël se donnent rendez-vous dans ce dialogue anodin au premier regard : les Juifs qui considèrent que leur nationalité est celle de leur terre d’accueil et dont la judéité serait un aspect purement privé, secondaire, comme émanant d’un choix (noircissez la case correspondant à la religion qui vous convient le mieux) ; les Juifs qui se considèrent comme une patrie mais séparent l’essence spirituelle de leurs motivations nationales ; et ceux pour finir percevant l’idée de la Rédemption qui voient les exilés se rassembler, se battre contre les nations (le texte ne le suggère pas nécessairement directement, mais lorsque le père de l’écolier se bat pendant quatre ans, on comprend qu’une patrie, ça se défend), et restaurer dans un aboutissement heureux la splendeur divine préconisée par la Bible et ses Prophètes.

De nos jours, le nombre de Juifs qui réclament politiquement que le Mont du Temple cesse d’être profané ne fait qu’augmenter, quand on pense que l’emplacement du Saint des Saints ne perd rien de son importance et que seul le Grand Cohen est autorisé à y pénétrer le Jour de Kippour. Beaucoup exigent que le droit légitime de s’y rendre et d’y prier soit reconnu. Et le tribunal leur a récemment donné raison.

Certes, d’autres penseurs et éminents rabbins préfèrent ne pas s’y rendre, mais ils n’en attendent pas moins que nos jours soient renouvelés comme les jours d’antan, et que la splendeur de Jérusalem, avec son Temple reconstruit, rayonne à nouveau sur le monde.

Juif, ce n’est pas qu‘une religion, c’est une patrie. Et c’est aussi le Temple. Si nous, Juifs, ne le ressentons pas encore, les Nations, elles, l’ont senti. D. rassemble ses exilés, rebâtit les ruines du pays, mais surtout, il est en train de réapparaître dans les destinés de l’humanité, ce qui n’est pas forcément du goût de tout le monde.

«Et ce sol dévasté sera cultivé, au lieu d’offrir l’image de la désolation aux yeux de tout passant. Et l’on dira : Voyez-vous, cette terre dévastée est devenue comme le jardin d’Éden, et ces villes ruinées, dépeuplées, écroulées, les voilà fortifiées et habitées ! Elles sauront alors, les nations, qui sont restées autour de vous, que c’est moi, l’Éternel, qui ai rebâti les décombres, replanté le sol dévasté, moi, l’Éternel, qui l’avais annoncé et qui l’aurai accompli.» (Ezéchiel, XXXV, 34-36, version Z. Kahn).

 ©Yéochua Sultan pour  Europe Israël – reproduction autorisée avec un lien vers la source







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  • One thought on “L’enfant prophète, avant le grand déni

    1. COBUT

      Voilà le premier drapeau de Palestine avec l’ étoile de David ;les Juifs sont le vrais peuple de Palestine pas les arabes comme Arafat l’ Egyptien ; ni Abbas le Jordanien .

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