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La responsabilité des puissances occidentales dans la shoah


La responsabilité des puissances occidentales dans la shoah

HISTOIRE

La responsabilité des puissances occidentales dans la shoah par Didier BERTIN 

I – L’ORGANISATION DE FACTO DU PIEGE ANTIJUIF

A – La montée du racisme pseudo scientifique en France et son effet en Allemagne

En 1855 le Comte Arthur Joseph Arthur de Gobineau publia un essai sur la l’inégalité des races humaines où il développa le concept de race aryenne. Ludwig Schemann fit connaître les travaux de Gobineau en Allemagne où elles reçoivent un bon accueil en particulier dans la famille de Richard Wagner. Le gendre de Richard Wagner l’anglais germanophile Houston Stewart Chamberlain expliqua que la race supérieure décrite par Gobineau s’était développé avec succès en Allemagne et en Europe du nord. Il inspira Adolf Hitler lorsqu’il écrivit son livre « Mein Kampf ».

B – L’ANTISEMITISME AU ROYAUME UNI AU DEBUT DU XXe SIECLE ET LA FERMETURE DES FRONTIERES AUX JUIFS

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De 1903 à 1907 de nombreux pogroms eurent lieu dans l’Empire Russe dont les plus importants furent ceux de Kichinev le 6 et 7 avril 1903, de Jitomir en mai 1905 et de Bialystok le 1er juillet 1906. Face aux massacres que subissaient les juifs la réaction du Royaume Uni fut immédiate non pas en ouvrant ses frontières pour porter secours aux populations en danger « mais en les fermant. » Arthur Balfour premier Ministre du Royaume Uni fit voter l’Alien Act le 18 avril 1905.

L’Alien interdisait l’accès de la Grande Bretagne aux pauvres et aux criminels mais visait clairement les Juifs de l’empire Tsariste qui seraient tentés de venir s’y réfugiés. Au XIXe siècle la moitié des juifs de Russie (plus de 2 millions de personnes) avaient fuit les pogroms en immigrant aux États Unis et 150 000 d’entre eux au Royaume-Uni. Lord Balfour, chef du Parti conservateur, ne désirait pas que cette immigration recommence et préféra laisser les juifs se faire massacrer en Russie. En 1912 Lord Balfour inaugura à Londres le premier congrès d’Eugénisme.

La restriction de l’immigration fut une idée de l’anglais Francis Galton, le créateur des théories de l’eugénisme en 1883. Lord Balfour n’est malheureusement connu que pour la déclaration de son gouvernement en faveur de la création d’un État Juif en Palestine qui n’était peut-être encore une fois un moyen d’éviter l’arrivée de réfugiés au Royaume-Uni.

C – LA POLITIQUE D’IMMIGATION AUX ETATS UNIS PENDANT LA PREMIERE MOITIE DU XXe SIECLE

Afin de fermer leurs frontières à l’immigration les États Unis renforcèrent le 16 mai 1924 par l’Immigration Act (Johnson-Reed Act) les restrictions déjà fixés par le « Quotas Emergency Act » de 1921. Cette mesure visait les asiatique et en particulier les Japonais mais aussi les personnes d’Europe de l’Est (c’est à dire essentiellement les Juifs).

D -NAISSANCE DE L’IDEE D’EXTERMINATION DU PEUPLE JUIF DANS « MEIN KAMPF » EN 1925-1926

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Ce qui allait se passer jusqu’à la fin de la deuxième guerre mondiale et la Shoah en particulier était clairement prévisible à la lecture de Mein Kampf en 1925-1926. On doit s’étonner du peu d’importance que les leaders du monde ont donné à ce livre. Ils avaient le devoir d’en prendre connaissance au moins à partir de 1933 lorsque son auteur prit le pouvoir en Allemagne.

Mein Kampf explique comment construire l’État raciste et non démocratique,

  1. se venger de la France qui avait été trop loin dans exigences reflétées par le traité de Versailles,
  2. acquérir de nouveaux territoires à l’Est pour que s’y développe la race aryenne dont il faut protéger la pureté,
  3. lutter contre l’URSS dont les territoires sont convoités et le régime exécré, et
  4. surtout et de façon maladivement obsessionnelle comment neutraliser les juifs jugés nuisibles dans toutes les situations.

La vie des 9.6 millions de juifs européens était remise en question et la conquête de grands territoires à l’Est pour les Aryens ne pouvait déboucher que sur un conflit militaire majeur et en conséquence sur des millions de morts.

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E – LA CONFERENCE D’EVIAN DE 1938 : FERMETURE DU PIEGE SUR LES JUIFS EUROPEENS PAR LES NATIONS DU MONDE LES LAISSANT LIVRES A LEUR SORT : L’EXTERMINATION

La montée du Nazisme en Allemagne avec les lois antijuives de Nuremberg de 1935 puis l’annexion de l’Autriche le 12 mars 1938, avait déclenché la fuite de nombreux juifs. Afin de prendre des mesures relatives à cet afflux de réfugiés le Président Roosevelt organisa la Conférence d’Évian du 6 au 16 Juillet 1938.

30 pays furent présents et vingt neuf d’entre eux ne firent rien.

La liste de la Honte = Liste des pays présents à Évian et qui ne firent rien

1-Argentine2-Australie – 3-Belgique – 4-Bolivie – 5-Brésil6-Canada7-Chili8-Colombie – 9-Costa Rica – 10-Cuba – 11-Danemark – 12-Équateur –13-États-Unis14-France -15-Guatemala -16-Haïti – 17-Honduras – 18-Irlande – 19-Mexique – 20-Pays Bas – 21-Nouvelle Zélande – 22-Nicaragua – 23-Norvège

24-Panama – 25-Suède – 26-Suisse – 27-Royaume Uni – 28-Uruguay

29-Venezuela

Nous avons surligné les pays qui disposaient d’une grande superficie et gardons une place particulière pour les États-Unis, le Royaume Uni, le Canada, l’Australie et la France qui disposaient de place et prétendaient représenter un haut niveau de civilisation.

30-La République Dominicaine fut le seul pays à accepter de recevoir  des  réfugiés.

Le Royaume Uni avait accepté l’invitation à Évian sous réserve que ses quotas d’immigrations ne soient pas modifiés sur son territoire et en Palestine. Le 17 mai 1939 le Royaume Uni par son troisième livre blanc limita l’immigration juive à 75 000 personnes sur 5 ans. La France eût une position assez similaire à celle du Royaume.

-Les États-Unis ne modifièrent pas leur politique restrictive (Johnson-Reed Act).

F – ROOSEVELT, L’AMERIQUE ET LES JUIFS

1-Le Paquebot Saint Louis :

A la suite de la nuit de cristal de nombreux juifs obtinrent des visas pour Cuba et embarquèrent en mai 1939 sur le paquebot St Louis. Malgré les visas Cuba n’accepta pas de les accueillir et Franklin Roosevelt refusa de les autoriser à débarquer aux États-Unis ; ils ne furent pas non plus acceptés au Canada et durent retournés en Europe.

2-Les Juifs d’Algérie :

Bien que les américains libérèrent l’Algérie en novembre 1942, les lois de Vichy y furent maintenues. Les américains préférèrent maintenir au pouvoir en Algérie des pétainistes comme Darlan puis Giraud qui fit aussi allégeance au Maréchal Pétain. Giraud annula définitivement par l’Ordonnance du 19 Mars 1943 le décret Crémieux qui avait accordé aux juifs la nationalité française depuis 1870 et dont le régime pétainiste les avait privés. Les américains laissèrent faire.

Giraud fut écarté du pouvoir au sein du Comité français de Libération Nationale par le Général De Gaulle et Il fut alors possible pour René Cassin de faire annuler son ordonnance et de rétablir le décret Crémieux le 20 Octobre 1943.

G  – LE ROYAUME UNI ET LES JUIFS

1-Le Royaume Uni dûment informé à ses débuts de la Shoah par le MI-6 ne modifia pas les restrictions d’immigration des juifs en Palestine et prit ainsi une lourde part de responsabilité dans la Shoah.

2-Le 12 décembre 1941 le paquebot Struma quitta la Roumanie avec 769 réfugiés juifs à destination de la Palestine. Les Britanniques refusèrent de l’accueillir. Le Struma fut coulé avec ses réfugiés.

Le Royaume Uni et son leader Churchill (jusqu’en 1945) portent l’entière responsabilité de la mort des juifs qui ne pouvant se rendre en Palestine ont été victimes de la Shoah.

Il est à noter que le Pogrom du 4 Juillet 1946 à Kielce en Pologne contre les juifs rescapés de la guerre avait pourtant montré que des juifs rescapés n’avaient plus leur place dans les pays européens où ils vivaient même après la défaite des nazis.

3-Camps d’internement britanniques à Chypre

En Août 1946 les britanniques avaient ouvert des camps d’internements à Chypre pour les rescapés de la Shoah qui tentaient de se rendre en Palestine. Les internés eurent le statut de prisonniers.

4-Exodus 1947

En 1947 le Royaume Uni envoya en Allemagne, le navire Exodus 1947 qui transportait des rescapés de la Shoah tentant de se rendre en Palestine.

5-Partage de la Palestine

Le 29 Novembre 1947, le Royaume-Uni ne tira pas les leçons de ses fautes et de la Shoah et s’abstint lors du vote sur le partage de la Palestine.

6-Sir John Bagot Glubb attaque Israël en 1948

Le 15 mai 1948, Sir John Bagot Glubb (dit Glubb Pacha) général anglais qui commandait la légion Jordanie qu’il avait formée, attaqua Israël.

 

II – LES PREMISSES DE L’EXTERMINATION

Comme nous l’avons expliqué l’ouvrage d’Hitler Mein Kampf annonçait l’extermination dés juifs dès 1925.  En 1933 des mesures antijuives firent immédiatement prises et les conditions nécessaire pour être aryens définies. En 1935 les lois de Nuremberg furent mises en place suivant les idées indiquées dans « Mein Kampf » destinées à protéger la pureté de la race aryenne.

Le 1er Septembre 1939 l’Allemagne envahit la Pologne où se trouvait la communauté juive la plus importante d’Europe. L’Allemagne avait deux objectifs : coloniser le territoire polonais et exterminer les juifs. Dans un premier temps l’accent est mis sur la prise de possession du territoire Polonais et sa germanisation.

 

III – DEBUT DE LA SHOAH COINCIDANT AVEC L’OPERATION BARBAROSSA DU 22 JUIN 1941

Dessin de David Olere

Comme cela était expliqué dans Mein Kampf l’objectif des nazis et de détruire le Bolchévisme et de gagner toujours plus de territoires pour la race aryenne. L’attaque de l’URSS (opération Barbarossa) concentre trois objectifs :

  1. Détruire les Rouges,
  2. Conquérir en partie le territoire de L’URSS pour les aryens et
  3. Commencer l’annihilation des Juifs par balles.

Les exécutions par balles furent très efficaces : 1 200 000 juifs furent tués par balles dans les 6 derniers mois de 1941. Les exterminations furent aussi le fait des populations locales des pays de l’Est. En Pologne le massacre le plus célèbre est celui de Jedwabne en Juillet 1941 (800 victimes); des massacres sont réalisés dans 22 bourgades polonaises. A mesure de l’avancée des troupes allemandes les pogroms se multiplient dans les pays Baltes. Les Einsatzgruppen (groupes d’intervention – Police militarisée) furent chargés d’exécuter la Shoah par balles.

La Conférence de Wannsee du 20 janvier 1942 ne fut qu’une réunion technique de cadres nazis et un monologue de Reinhard Heydrich chef du RSHA.  

L’extermination totale des Juifs n’est pas une décision prise à Wannsee puisqu’elle avait commencé bien avant. La décision était en filigrane dans le livre-programme Mein Kampf et la politique menée à partir de 1933 montrait la volonté de la réaliser. Le nombre de Juifs tués par balles dans les 6 derniers mois de 1941 est bien supérieur à la moyenne « annuelle » des exécutions dans les camps d’extermination de 1942 à 1945.

Le Royaume-Uni et les États-Unis eurent des informations sur le démarrage de la SHOAH dés 1941 confirmée en 1942 par divers témoignages. L’URSS elle même été victime d’exterminations systématiques a dû gagner la guerre pratiquement seule.

V – ROLE PARTICULIER DE LA FRANCE

Alors que la guerre fut déclarée depuis le 3 septembre 1939 les hostilités ne commencèrent que le 10 mai 1940 à l’initiative de l’Allemagne. La France comme le Royaume-Uni n’intervinrent pas pour défendre la Pologne alors qu’ils s’y étaient engagés. Le 16 juin 1940 le maréchal Pétain fut nommé à la tête d’un nouveau gouvernement. Le maréchal Pétain était favorable à un armistice qui fut signé le 22 juin 1940.  

Le texte inclut vingt-quatre articles qui facilitèrent l’offensive allemande sur les autres fronts.  Le 10 juillet 1940, la République, par son assemblée nationale, mit en place une dictature en octroyant les pleins pouvoirs au maréchal Pétain qui bénéficiait d’un immense soutien populaire.

L’État français mena, dès 1940, une politique de collaboration zélée avec l’Allemagne nazie. Son gouvernement devança les demandes des allemands en ce qui concernait la politique antijuive. La France désirait être le bon élève de l’Axe afin d’avoir une place de choix dans la future Europe dirigée par l’Allemagne et apporta probablement l’aide la plus importante à l’Allemagne nazie parmi les pays de l’Axe sur les plans suivants :

  • Économique et financier: par des livraisons de marchandises et denrées diverses, par le paiement de 439 millions de francs par jour en moyenne pour couvrir les frais d’occupation de l’armée allemande et par la main d’œuvre livrée à l’Allemagne dans le cadre du STO. La France offre à l’Allemagne approximativement la moitié de son PIB.
  • Militaire :par des livraisons d’armes, le blocage de la flotte, par la lutte contre les opposants à l’Allemagne en France, par la construction du mur de l’atlantique par des entreprises et de la main d’œuvre françaises, financée avec l’argent de la France versée aux Allemands. 7 000 volontaires s’engagèrent aux cotés des allemands sur le front de russe.
  • Antisémite :par les lois restreignant l’activité des juifs et les arrestations de juifs livrés à l’Allemagne. Le gouvernement de Vichy fut très productif en matière de textes de loi et d’actions destinées à « aryaniser » la société française en en excluant les juifs et en les livrant aux nazis.

Certains commentateurs prétendent que l’action de la France a permis de réduire le nombre de victimes de la Shoah à 77 000 personnes en France. En réalité L’énorme aide économique et militaire apportée par la France à l’Allemagne et la possibilité que la France a donné à l’Allemagne de concentrer plus de troupes à l’Est en garantissant le calme à l’Ouest a permis un prolongement de la guerre qui a fait des millions de morts.

VI – POIDS DU MANQUE D’ACTION OU DE L’ACTION TARDIVE DES ALLIES OCCIDENTAUX DANS LA GUERRE

Chaque année additionnelle de conflit a coûté en moyennes 1 350 000 vies juives et globalement 10 millions vies. La prolongation du conflit est une responsabilité qui doit être partagée entre la France, le Royaume-Uni et les États-Unis.

Les victimes de la guerre sur le front européen s’élèvent à 46.3 millions de morts dont 37.1 millions civils et militaires dans le camp allié en incluant les victimes de la Shoah. Ces 37.1 millions comprennent près de 27 millions de citoyens de l’URSS civils et militaires et 6 millions de juifs soit 86.5% des pertes dans le camp allié sur le front européen.

Les États-Unis, le Royaume-Uni et la France n’ont perdu ensemble que 1 286 000 personnes soit seulement 2.8% des pertes civiles et militaires de la guerre en Europe.  Cette volonté de s’épargner aura coûté à l’Europe des millions de morts. L’Allemagne a représenté l’horreur mais la France, le Royaume Uni et les États-Unis ont représenté l’égoïsme porté à l’extrême et les deux se sont combinés pour amplifier les effets meurtriers de la guerre.

VII – GUERRE : LES VERITABLES COMBATTANTS ET LES VICTIMES

Alliés et assimilés Militaires Juifs Civils non juifs Total
URSS 11 000 000 1 100 000 14 900 000 27 000 000
ETATS UNIS -Front Européen 300 000     300 000
ROYAUME UNI-Europe 383 000   68 000 451 000
PAYS BAS 8 000 100 000 89 000 197 000
BELGIQUE 12 000 29 000 52 000 93 000
CANADA 45 000     45 000
AUSRALIE – Front européen 30 000     30 000
POLOGNE 240 000 3 000 000 3 000 000 6 240 000
YOUGOSLAVIE 446 000 63 000 514 000 1 023 000
SOUS-TOTAL 12 464 000 4 292 000 18 623 000 35 379 000
SOUS – TOTAL incluant toutes les victimes de la Shoah 12 464 000 6 009 000 18 623 000 37 096 000
URSS % pertes des alliés 88% pertes     73% pertes
Axe et assimilés        
ALLEMAGNE-AUTRICHE 5 260 000 265 000 1 900 000 7 425 000
ROUMANIE 300 000 287 000 64 000 651 000
HONGRIE 300 000 590 000 80 000 970 000
BULGARIE 22 000     22 000
TCHECOSLOVAQUIE 24 000 142 000 205 000 371 000
FINLANDE 84 000     84 000
ALBANIE 28 000     28 000
ESPAGNE (Front russe) 12 000     12 000
GRECE 20 000 67 000 220 000 307 000
France 212 000 77 000 367 000 656 000
Norvège 3 000 1 000 6 000 10 000
Luxembourg   2 000 1 000 3 000
Danemark 2 000   1 000 3 000
Pays Baltes   280 000 140 000 420 000
SOUS-TOTAL 6 267 000 1 717 000 2 984 000 10 962 000
SOUS-TOTAL excluant les victimes de la Shoah celles de l’axe 6 267 000 2 984 000 9 251 000
TOTAL 18 731 000 6 009 000 21 607 000 46 347 000
URSS ET SHOAH % pertes du camp allié 86.5% pertes

 

L’URSS a subi 88% des pertes militaires du camp allié et a de fait mené et gagné pratiquement seule la guerre avec le soutien secondaire des autres alliés. Avec près de 27 000 000 de morts civils et militaires l’URSS a subi 73% des pertes du camp allié en Europe. Les 2/3 du peuple juifs européen a été exterminé par les allemands laissant indifférents les États Unis et le Royaume Uni.

La population juive européenne comptait 12 100 000 de personnes en 1880 et déjà les pogroms avaient entrainé un départ massif vers les États Unis et la Palestine. Ainsi en 1939 la population juive ne comptait plus que 9 600 000 personnes. La Shoah a entrainé la disparition de 6000 000 de juifs et l’antisémitisme rémanent après la guerre dans les pays dans lesquels les juifs vivaient ont amené les rescapés à quitter l’Europe qui ne comptait plus que 1 425 000 juifs en 2010.

En un siècle l’antisémitisme européen a entraîné la mort ou le départ de 88% de la population juive ; il s’agit d’un marqueur indiquant du véritable niveau de civilisation en Europe.

VIII – INFORMATIONS RECUELLIES PAR LES SERVICES SECRETS BRITANNIQUES

A partir de Juin 1941 (c’est à dire le mois du démarrage de l’opération Barbarossa), les britanniques mirent en place un certain nombre de méthodes permettant de déchiffrer les messages allemands. Une attention particulière fut donnée par les britanniques aux messages de l’Ordnungspolizei, de l’Abwehr, de la GESTAPO ou du Sicherheitdienst ou SD, ce qui leur permit d’être informés des opérations d’extermination des Einsatzgruppen en URSS et du démarrage de la Shoah. Les Britanniques interceptaient les statistiques d’extermination envoyées des camps de Dachau, Buchenwald, Auschwitz et de sept autres camps.

Parmi les documents déchiffrés il existe le mémorandum d’une conversation entre Adolf Hitler et le grand Mufti de Jérusalem Hadj Amin Al-Husseini le 28 novembre 1941. Hitler lui avait expliqué que le but de l’Allemagne était l’extermination des juifs en Europe et au moyen Orient ; il utilisait le mot « Vernichtung » (destruction).

Par ailleurs les renseignements sur « l’extermination de masse des juifs » étaient confirmés par la transcription par les Britanniques des conversations des prisonniers allemands. Les Juifs étaient clairement considérés comme l’ennemi suprême de l’Allemagne au travers des informations obtenues qui confirmaient ce qu’Hitler avait écrit et déclaré.

Exemple de message statistique intercepté le 11 janvier 1943 à 10h05 et envoyé au SS Obersturmbannfuhrer Heim :

Rapport de quinzaine et de fin d’année

Camp Quinzaine au 31.12.1942 Total 1942
L= Lublin 12 761 24 733
B=Belzec 0 434 508
S=Sobibor 515 101 370
T=Treblinka 10 335 713 555
Total 23 611 1 274 166

 

L’extermination des Juifs constituait pour les services de renseignements des pays alliés un élément secondaire de la guerre à ne pas prendre en compte pour ne pas se déconcentrer de l’objectif majeur : la victoire contre l’Allemagne.

Il était considéré que l’extermination des juifs prendrait fin avec la guerre sans prendre en compte la vitesse d’extermination et leur faible nombre.

IX – INFORMATION ET ACTION DU COI ET DE L’OSS (États-Unis)

Le service de renseignements pour l’étranger a été confié au COI créé en août 1941 (Coordinator of Information) puis à partir de juin 1942 au nouvel organisme OSS (Office of Strategic Services) qui deviendra après la guerre la CIA. Le COI puis l’OSS ont commencé à utiliser les sources d’information diplomatiques et le témoignage de réfugiés. A la fin d’août 1941 l’ambassadeur du Mexique à Lisbonne J.M. Alvarez de Castillo leur indiqua :

« Presque tous les matins dans les villes russes occupées par les troupes de l’Axe, des hommes et des femmes accusés d’avoir commis des actes de sabotage au cours de la nuit sont exécutés par des escadrons militaires. Ces assassinats de masse d’hommes et de femmes innocents et sans défense sous le faux prétexte d’acte de sabotage montrent l’état moral ou plutôt amoral du Reich ».

Le 28 juin 1942 l’OSS reçut une lettre de témoignage de Lisbonne disant : « L’Allemagne ne persécute plus les Juifs, elle les extermine. La nouvelle politique raciste dont la cruauté froide et calculée surpasse celle de Magdebourg ou de Carthage, me fut révélée par un officier britannique qui avait échappé à l’enfer du ghetto de Himmler à Varsovie…. »

Le consul chilien à Prague Gonzalo Montt Rivas fournit de nombreux renseignements sur les mesures prises contre les Juifs. En Novembre 1941 Montt résuma la politique nazie en ces termes :

« Le triomphe allemand débarrassera l’Europe des Juifs. Ceux qui s’en sortiront seront certainement déportés en Sibérie… »

Abraham Duker et Charles Irving Dwork du Service R&A (Research & Analysis) de l’OSS avaient constitué un dossier complet sur la Shoah. Ce dossier appelé « Collection Duker-Dwork » est conservé aux Archives Nationales des États-Unis. Duker et Dwork furent choqués par le manque d’intérêt de l’OSS pour la Shoah et étant juifs ils craignaient de se voir reprocher d’attacher une trop grande attention à ce sujet en opposition aux règles qui leur étaient imposées.

X – L’APPEL DE GERHART RIEGNER

Dessin David Olere

En 1942 divers rapports sur la Shoah en cours d’exécution furent envoyés à des personnalités juives résidant en Suisse. Eduard Schulte en fit un rapport qu’il remit au représentant du Congrès juif mondial à Genève : Gerhart Riegner.

Au début du mois d’août 1942, Gerhart Riegner envoya par câble des détails précis sur la Shoah aux diplomates anglais et américains en poste à Genève et aux représentants du congrès juif mondial.

Contenu du câble:

« Reçu nouvelle alarmante qu’au quartier général du Führer discussion et examen d’un plan selon lequel après déportation et concentration à l’Est tous les Juifs des pays occupés ou contrôlés par l’Allemagne représentant trois et demi à quatre millions de personnes doivent être exterminés d’un seul coup pour régler définitivement la question juive en Europe. Exécution prévue pour l’automne méthode à l’examen y compris l’acide prussique. Transmettons l’information sous toute réserve son exactitude ne pouvant être confirmée.

Informateur considéré comme ayant des liens étroits avec les plus hautes autorités allemandes et comme communiquant nouvelles en général fiables. »

Ce câble fut transmis aux gouvernements du Royaume Uni et des États-Unis. Le Comité international de la Croix rouge confirma les informations sur la base de ses propres sources au Consul américain à Genève en Octobre 1942.

Le sous-secrétaire d’État Sumner Welles, un important conseiller du Président Roosevelt, ordonna une enquête. Le 22 Octobre le représentant du sous-secrétaire d’État, rencontra Riegner qui lui remit un rapport de 30 pages issu de plusieurs sources. Le rapport indiquait que 4 millions de juifs que les allemands affamaient et réduisaient en esclavage seraient exterminés.

L’enquête demandée par le Département d’État confirma l’exactitude des informations et une conférence de Presse fut tenue en novembre 1942. Le préposé américain aux réfugiés du département d’État Robert Borden Rams se plaignit de la conférence de presse qui soulignait l’importance de la Shoah au détriment du seul objectif à considérer : « la Victoire sur l’Allemagne ».

XI – JAN KARSKI : TEMOIGNAGE DEVANT LE MONDE

Dessin David Olere

En Octobre 1942 Jan Karski s’introduisit à plusieurs reprises dans le Ghetto de Varsovie puis dans le camp d’Izbica Lubelska près du camp de Belzec.  Il se chargea de recueillir des informations sur la situation des juifs en Pologne afin de les transmettre à l’Ouest. Dans le ghetto il fut guidé par un membre d’une organisation sioniste et par un membre du Bund (Union socialiste Juive).

Le représentant du Bund lui déclara : « Vous les Polonais vous avez de la chance. Beaucoup d’entre vous souffrent ; beaucoup meurent mais votre nation vivra après cela. Après la guerre il y aura de nouveau la Pologne. Vos villes seront reconstruites et vos plaies finiront par cicatriser. De cet océan de larmes, de souffrances et d’humiliation il se relèvera, ce pays qui a été pour nous aussi une patrie. Seulement nous les juifs, nous ne serons plus là. Notre peuple tout entier aura disparu. »

« …Trois millions de Juifs Polonais sont condamnés à l’extermination, ainsi que d’autres venus de toute l’Europe. Ni la résistance polonaise, ni la résistance juive ne sont en mesure se s’y opposer. Toure la responsabilité repose sur les puissances alliées. Une aide effective ne peut être apportée aux juifs que de l’extérieur…. »

C’est le message que Jan Karski devait transmettre au monde libre.

En Janvier 1943 Jan Karski se rendit à Londres et rencontra Anthony Eden (Foreign Minister), Arthur Greewood, Lord Selborne, Lord Cranborne, Hugh Dalton….

En juin 1943 Jan Karski fut envoyé aux États-Unis pour y continuer sa campagne d’information. Le 28 Juillet 1943, il rencontra longuement le Président Franklin Roosevelt qui posa notamment des questions sur les méthodes nazies utilisées contre les Juifs.

Jan Karski ignorait que les gouvernements britannique et américain étaient déjà parfaitement au courant de la situation qu’il décrivait du fait des nombreux rapports du MI-6 et de l’OSS et du Rapport de Gerhart RIEGNER d’août 1942 confirmé par le Département d’État et le Comité International de la Croix Rouge.

Reproduction autorisée avec la mention suivante:

© Didier Bertin pour Europe Israël News – 12 mars 2015

 





Journaliste québécois, pro-atlantiste, pro-israélien,pro-occidental



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  • 6 thoughts on “La responsabilité des puissances occidentales dans la shoah

    1. Marie

      On a envié de vomir en lisant la saloperie de l’Europe et des USA
      On souhaite qu’un jour ces pays subissent la destruction nucléaire

    2. mia vossen

      D’après mes connaissances, le peuple juif est le seul à avoir toujours protégé veuves, orphelins, esclaves et étrangers. Cela n’empêche que tous les êtres humains sont capables de commettre des horreurs – il y en a dans la Bible aussi – et j’ignore malheureusement comment changer … notre nature!
      NB. Les horreurs dans la Bible, certains osent en parler comme s’il s’agissait d’actions actuelles alors que les autres peuples de l’époque n’étaient pas des anges. Les faits historiques doivent être mis dans leur contexte! En 2015, on peut observer la différence entre Israël et ses voisins…

    3. mia vossen

      D’accord, Nemo, mais on y raconte aussi des éléments de l’histoire, histoire vraie ou mythes, et ce n’est pas du Matthieu Ricard…
      Et je répète mon admiration sans bornes pour le peuple juif… dont je ne fais malheureusement pas partie.

    4. Nemo

      C’est beaucoup mieux que du Matthieu Ricard car cela fait plus de 2000 ans que c’est un succès mondial ….
      Bien à vous.

    5. c.i.a.

      Religieusement religieux a l’epoque, le Pape n’ a certainement pas aider , a prendre une decision rapide.
      Mais il etais possible de bombarder par b-25 mitchel les camps, mais n’ a pas ete faite a cause des »domages collateraux »!

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