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Islam et Occident : qui sommes-nous ? Identité, grégarité, laïcité.


Islam et Occident : qui sommes-nous ? Identité, grégarité, laïcité.

OPINION

La Oumma Islamiyya, la « nation de l’Islam » comme elle se définit volontiers et comme il convient de la considérer, pose devant l’Occident, notamment l’Europe et surtout la France, un miroir qui les oblige à s’interroger « qui suis-je ».

Or, le travail de sape effectué depuis de décennies, des deux côtés de l’Atlantique, sur l’identité collective occidentale, sa culpabilisation obsessionnelle, la déconstruction méthodique des éléments de langage permettant de se définir et forcément par opposition à d’autres, rendent la réponse quasiment impossible faute de mots pour le dire.

C’est donc par le négatif que certains tentent la définition ; nous sommes, disent-ils, par exemple, laïcs. Affirmation approximative et hasardeuse mais surtout ridicule ; la laïcité est, d’abord et surtout, une absence de religion ; la comparer à l’Islam c’est opposer absence et présence, le vide et le plein ; comparaison perdante par définition.

Aucun laïc ne résisterait longtemps à une ferveur religieuse ; la laïcité suppose tolérance et modération ; personne ne saute donc comme un cabri en criant « laïcité, laïcité chérie » ; alors que des foules immenses proclament « allahou akbar ».

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La laïcité est un marqueur identitaire strictement individuel ; il ignore notre pulsion grégaire. Alors que la religion relève du collectif. Et notamment l’Islam, religion, civilisation et nation à la fois. C’est là où se situe la faiblesse de l’Occident face à la Oumma.

Car, tout se joue entre l’individu et le collectif.

Humains, nous sommes une espèce grégaire. C’est même la condition de notre survie, nous qui sommes dépourvus des défenses naturelles, de la musculature, de l’épaisse fourrure, de la dentition acérée et de la rapidité d’éclair qui assurent la survie d’autres espèces.

Pourtant, malgré ces faiblesses, notre réussite est insolente, débarrassés que nous sommes de tous nos prédateurs au point, d’ailleurs, de devenir nos propres prédateurs…

Cette survie est évidemment la conséquence de notre fonctionnement en groupe, en grappe, en bande, en collectif, compagnie de chasse, tribu, nation ; en société organisée, structurée, hiérarchisée, coordonnée ; le tout grâce à un langage évolué et compréhensible de tous les individus permettant d’échanger, au sein du collectif, mots d’ordre, informations, idées et concepts.

L’histoire de la tour de Babel ne dit rien d’autre : pour empêcher les humains de grimper jusqu’à lui le Dieu du testament hébraïque n’a rien eu d’autre à faire que de leurs infliger 70 langues différentes, les empêchant de se comprendre…

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La pulsion grégaire est donc consubstantielle à notre survie, elle est inscrite dans notre logiciel, dans l’ADN mental de l’espèce humaine puisque c’est elle qui assurait son existence depuis les premiers humanoïdes il y a de millions d’années voire depuis les primates qui, parait-il, nous précédaient.

Nous en sommes donc imprégnés jusqu’à la moelle. A l’instar de certains insectes dont l’individu se confond avec le collectif au point de se sacrifier pour lui, nous en avons un besoin vital ; l’individu livré à lui-même vit, souvent à son insu, dans un état permanent de manque, à la recherche du collectif protecteur et nourricier.

Or, sous nos latitudes et depuis plusieurs générations le « progrès » scientifique et technologique induit des évolutions de société et de mœurs qui inspirent à l’individu l’illusion de pouvoir s’affranchir du collectif.

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C’est ainsi que l’on s’interdit d’interdire, alors que la survie du collectif réside précisément en son pouvoir d’interdire. C’est ainsi que l’individu roi, hédoniste, vénal, capricieux, irresponsable, consumériste et fier de l’être, rouage infinitésimal de la machine économique, coupe la branche collective qui le porte en lui refusant toute allégeance. Jusqu’à lui refuser le don vital qui consiste à engendrer des générations futures.

L’affaiblissement suicidaire du collectif auquel nos frères occidentaux œuvrent de toutes leurs forces sonnant in fine le glas des individus qui le composent, et la nature ayant horreur du vide, rien d’étonnant qu’une Oumma ayant conservé intacte son identité grégaire et en conséquence ses réflexes collectifs de survie s’engouffre dans la brèche.

Heureusement d’ailleurs tant la perspective d’un Occident qui se ressaisirait à temps pour se refaire une raison d’être collective, pour se reforger une identité autour d’une civilisation commune, semble utopique.

Et tant pis pour les arguties crypto-marxisantes qui voudraient que l’on arrose d’argent les quartiers dits « difficiles » : c’est la misère identitaire, et non économique ou sociale, qui les expédie en Djihadie; c’est la pulsion grégaire, et non une fervente foi religieuse, qui poussent des jeunes musulmans d’Europe, de souche ou d’adoption, à embrasser ce que les militaires appellent « l’esprit de corps » ; à se battre voire se sacrifier en Syrie et en Irak.

Ne nous faisons pas d’illusions : l’instinct de la troupe étant à l’œuvre et non la foi, ils ne sont pas fondamentalement différents de la génération qui s’engagea dans les « brigades internationales » en Espagne pendant les années 1930.

Ni d’ailleurs, aussi hors sujet que cela puisse paraitre, des jeunes qui s’agglutinent à la tribune « Boulogne » lors des matchs du PSG alors qu’aucun intérêt matériel ne les motive à soutenir une équipe plutôt qu’une autre, à s’égosiller, voire à s’en prendre manu militari à l’équipe adverse. (Oui, le même raisonnement pourrait se tenir avec l’Olympique de Marseille, ne faisons pas de jaloux).

Cherchez la motivation des apprentis djihadistes dans la pulsion grégaire, le réflexe identitaire, la chaleur du troupeau. Cherchez la sublimation d’une détresse psychologique individuelle en quête idéologique et spirituelle collective.

Personnellement je ne donnerais pas cher pour la peau d’un Occident qui trouve son identité collective ringarde au point de la jeter par-dessus bord.

Il est en effet à craindre qu’à terme les cris de ralliement individualistes qui sont la laïcitude, ainsi que ses sœurs libertude, égalitude et fraternitude, ne finissent à la corbeille de l’Histoire sous les coups de boutoir d’une Oumma Islamiyya qui les ignore, ne reconnaissant que la pulsion grégaire du collectif.

© Kalman Schnur  pour Europe Israël     mars 2015





Journaliste québécois, pro-atlantiste, pro-israélien,pro-occidental



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  • 2 thoughts on “Islam et Occident : qui sommes-nous ? Identité, grégarité, laïcité.

    1. Alauda

      « L’histoire de la tour de Babel ne dit rien d’autre » : le roi-chasseur commanditaire de sa construction serait mort d’une piqure de moustique dans le nez 🙂

      Se méfier de « la pulsion grégaire du collectif » qui débouche sur la tyrannie. L’histoire se répète.

    2. Maitre Huineng

      En tout que fervent bouddhiste, je déclare : « laïc cela signifie qu’on est sur le chemin de l’Eternel, et religieux sur le chemin de la guerre « .

      Jésus et Bouddha étaient de grands enseignants laïcs quand ils déclaraient « Je ne demande à personne de me croire  » (Jésus)  » Par respect pour moi, ne croyez pas ce que je vous enseigne mais cherchez à le vérifier par vous-mêmes » ( Bouddha) …

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