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ALYAH « j’ai l’honneur de pouvoir apporter ma pierre à l’édifice israélien.» par Niko Gewelbe – 28 ans [KISSRAEL]


ALYAH «  j’ai l’honneur de pouvoir apporter ma pierre à l’édifice israélien.» par Niko Gewelbe  – 28 ans [KISSRAEL]

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Europe-Israel.org et les chroniqueurs de KISSRAEL vous proposent de découvrir plusieurs récits authentiques d’Alyah. Nous avons pensé utile de laisser parler les juifs de France qui ont décidé de venir s’installer en Israël. Ils sont tous de parfaits anonymes, des juifs du quotidien, ils ont pu être nos camarades de classe, un collègue de travail, un membre de notre famille. Ils ont tous décidé de mettre fin à 2000 ans d’exil. Voici le quatrième récit d’Alyah, lequel j’espère. vous apportera l’espoir nécessaire à la finalisation de votre projet.
Reuven Tal pour KISSRAEL.

Je m’appelle Niko, j’ai fait l’alyah il y a 10 ans, quand j’en avais 18, juste après mon bac.

On habitait les Yvelines, pas vraiment Paris, pas vraiment la campagne, un entre-deux pas désagréable, des beaux pavillons a 15min en RER des Champs-Elysees. Un père juif ashkénaze, avocat, bobo de mai 68, une mère chrétienne sicilienne de droite, professeur d’italien a l’université. ma soeur et moi avons grandi dans le respect de tous les cultes en faisant Noël et Hanouka, écoles privées catholiques la semaine, mouvement de jeunesse juif le week-end. C’est même ma mère qui a insisté pour qu’ on aille au Talmud et aux EEIF. On allait a la synagogue plus pour s’imprégner que pour observer et le cochon était d’office dans le frigo familial. Bref, une famille parisienne très patchwork, républicaine et assimilée.

A l’âge de la Bar-Mitzvah, grâce aux EEIF, je me suis tourné un peu plus vers le judaïsme: syna le vendredi soir, mais pas vraiment plus que ça. Mais surtout, pour la première fois, mon père m’a amené en Israël. A signaler: en plus de toujours beaucoup parler de religions et de Mai 68, l’autre grand sujet familial a toujours été Israel et le sionisme.

A 14 ans, dans ma belle pension catholique huppée, en rentrant dans ma chambre, j’ai découvert des croix gammées partout sur mon armoire, sur mon mur avec des insultes antisémites. En premier lieu, ça m’a étonné, je ne racontais pas vraiment que j’étais a moitié juif, mangeait du cochon a la cantine et j’ai un nom de famille allemand mais pas vraiment Goldstein.

 

Ensuite je me rappelle avoir beaucoup pleuré et entre deux sanglots, j’ai pensé a l’histoire de Dreyfus: “Même si tu oublies toi-même que tu es Juif, quelqu’un un jour viendra te le rappeler”, que si on était sous les nazis, moi aussi je serais pris, comme les autres; et plein d’autres idées ashkénazes louphoques du genre. Je ne m’étais rarement senti aussi Juif et ça faisait un peu peur. Vers 15 ans, fort de centaines de discussions sur Israël et d’une envie de faire plus, je m’engage, en plus des EEIF, au mouvement de jeunesse du Likud: le Betar.

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Moins attiré par le coté coup de poing, plus par discuter, s’engueuler, argumenter dans les amphis de fac aux réunions pro-palestiniennes, ça a été une très bonne école!

Je suis devenu Madrih (chef de section) et naturellement, après avoir autant prôné l’Alyah, à l’âge de 18ans après un Bac L, je me suis décidé a faire moi-même le grand pas. J’ai eu la chance de faire partie des “avions d’Alya” de Sharon en 2005: “Décollez Français, atterrissez Israélien” on recevait la teudat zeut (carte d’identité) et tous les papiers directement dans l’avion. Je m’étais inscrit au programme de classes préparatoires pour immigrants a l’Université de Tel-Aviv et nous résidions dans les dortoirs de l’Université sur le Campus Einstein. Je me rappelle beaucoup plus du chemin en taxi, de l’aéroport a l’Université, que du vol lui-même: Les réverbères au loin de Tel-Aviv se rapprochant, autant de lumières que de nouvelles promesses.

 

Les dortoirs, bien entendu étaient, a l’époque, totalement insalubres et nous dormions a 2 par chambres mais nous avions 18 ans et étions bien trop heureux de cette nouvelle vie pour y faire attention. Je ne parlais absolument pas hébreu, le lisais a peine et n’avait jamais été mis au courant que l’écriture cursive différait de ce qu’on lisait a la synagogue, bref je commence le niveau Alef. Ma petite soeur, Camille, m’a rejoint un mois plus tard et continuée son lycée a la Havat HaNoar Hatzioni a Jerusalem. Un an plus tard et après un petit boulot de cuistot dans un café, je suis rentrée a l’armée dans la prestigieuse unité Golani.

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Être soldat combattant sans parents sur place, c’est pas une partie de pique-nique. Être soldat combattant pendant une guerre, ça t’enseigne plus sur devenir un homme que ta Bar-Mitzva. Après l’opération “Plomb durci” a Gaza, je suis rentré dans le programme de conversion de l’armée, qui a été crée, et c’est important pour la suite , par le Général Stern et y suis devenu officiellement Juif. C’était le plus beau cadeau que l’armée pouvait me faire après ces dures années de service et une des périodes les plus importantes de ma vie. Ma petite soeur, elle, la même année, s’est convertie dans une localité de Judée-Samarie, Shavey Shomron et je pense qu’elle en a beaucoup plus bavée que moi. D’ailleurs, « félicitations soeurette ».

L’expérience de l’armée m’a conféré un amour sans fin pour les soldats sans famille et il était tout a fait naturel par la suite de contribuer a la création d’une association formidable du nom de “Akh Gadol” (grand frère) ou d’anciens soldats sans famille s’occupent aujourd’hui, quelques années plus tard, de centaines de soldats dans ce cas. Oui, nous sommes une grande famille. L’association a reçu le prix d’excellence du Président Shimon Peres et compte dans son Board des personnalités tels que l’ancien général en chef de l’état major Shaul Mofaz et le Rav Lau.

« Aujourd’hui je suis Président du Likud Francophone »

Toujours féru de politique, je me suis inscris dès ma sortie de l’armée en Sciences-Po et Communication a Bar-Ilan ou, avec un petit groupe d’amis, nous avons redonné un souffle au club universitaire du Likud. J’ai travaillé au bureau des étudiants durant tout mon parcours universitaire et petit a petit, j’en suis devenu le Directeur. Ensuite, le fantastique Dr. Navon m’a confié les rênes de sa campagne pour les élections primaires du Likud pour la 19e Knesset. J’étais dans la cour des grands et je lui suis toujours énormément reconnaissant de m’avoir mis le pied a l’étrier.

En 2014, un ami me prévient qu’il y a une place a pourvoir chez un député, j’y suis pris et me retrouve a la Knesset pour travailler pour… le Général Stern, vous vous souvenez? J’ai eu la chance chez Stern de pouvoir écrire des parties de lois sur la réforme de la Conversion et du service militaire des orthodoxes qui sont deux des sujets les plus sensibles de la politique israélienne. En tant que converti, combattant, réserviste, a une échelle personnelle, c’est sûrement une de mes plus belles victoires a ce jour. Ces moments ou j’ai l’honneur de pouvoir apporter ma pierre a l’édifice sont définitivement ceux ou je me sens le plus Israélien.

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Aujourd’hui je suis Président du Likud Francophone et Porte-parole au sein du parti du Premier Ministre Netanayahu pour les francophones. A ceux qui me disent que je suis bien jeune pour ce genre d’activités, je réponds que je suis heureux de bénéficier de toute cette énergie juvénile pour continuer a servir ce magnifique pays du mieux possible et que chez nous, un général est vieux a 45 ans. J’aspire a investir mon temps et cette énergie a améliorer les conditions d’intégration des Olim de France.

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Pour résumer sur l’Alya, je pense que ce n’est pas pour tout le monde, c’est une terre paradoxale, pleine de contrariétés, dure, avec elle-même et avec les autres, une vraie adolescente. Mais pour ceux qui savent la comprendre et lui parler, ils y découvriront un foyer au vrai sens du terme, chaleureux, embrassant, tata Rachel arrêtes, le seul endroit du monde ou il n’auront pas a avoir peur d’etre Juif, ni pour eux, ni pour leurs enfants.

Niko Gewelbe pour KISSRAEL

 

 







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  • 3 thoughts on “ALYAH « j’ai l’honneur de pouvoir apporter ma pierre à l’édifice israélien.» par Niko Gewelbe – 28 ans [KISSRAEL]

    1. bouvard

      bravo en franchissant le rubicon tu es devenu un grand, je ne suis pas juive et trop agée pour le devenir et faire l’alyah, je le regrette celà m’a toujours attirée mais peut-être le manque d’impulsion a fait que j’en sois restée là mais tu as bien fait encore BRAVO A TOI paule

    2. TRUDELLE Jean-Claude

      Je soutiens cette position de courage mis en oeuvre. Bien que non-juif (encore que ma grand’mère paternelle l’était sans doute) j’envisage d’émigrer en Israël mais la perspective, évoquée hier soir sur I24News au vu des sondages, d’une victoire du bloc anti Likoud et surtout Bibi m’a singulièrement refroidi.
      Mais rien n’est encore joué eu égard au nombre d’indécis…

    3. Schlomo Hamelekh-Europe-Israël.org

      TRUDELLE Jean-Claude
      C’est de gens lucides du danger que font courir le bloc anti Likoud et surtout Bibi, autant dire le bloc anti-national, qu’il faut en Israël. Venez, on a besoin de vous !

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