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L’antisémitisme antisioniste « justicialiste » des djihadistes et des intellectuels de gauche


L’antisémitisme antisioniste « justicialiste » des djihadistes et des intellectuels de gauche

Les assassins islamistes s’érigent en justiciers vengeurs de leur prophète caricaturé et de l’ensemble des musulmans supposés insultés par la libre expression et la libre pensée. Mais plus largement, ils se fantasment comme le bras d’une justice divine et guerrière luttant contre tous les « infidèles » et les tenants d’un Occident « impie ». Les juifs du monde entier sont alors aujourd’hui les victimes à la fois d’une haine anti-judaïque ancestrale, d’un antisionisme soi-disant solidaire des « frères palestiniens » et d’un anti-occidentalisme délirant.

L’antisémitisme prend en effet différentes formes et peut être développé par différents acteurs: de l’antijudaïsme religieux à l’anticapitalisme, et comme le rappelait récemment Robert Badinter, après l’antisémitisme nationaliste et l’antisémitisme racial, s’y ajoute aujourd’hui un nouvel avatar « dissimulé sous le terme d’antisionisme » (voir son article dans Le Monde du 13 février 2015). L’antisémitisme politique a toujours consisté en une instrumentalisation et une exacerbation de sentiments anti-juifs diffus au sein des sociétés en les combinant avec des problèmes politiques d’identité nationale et/ou culturelle (immigration massive, menace de guerre extérieure, risque de perte de la souveraineté nationale), et/ou de justice sociale (intégration, redistribution, participation).

Ainsi, l’antisionisme met aujourd’hui un coup de projecteur sur une autre dimension de l’antisémitisme: celle de l’islamisme radical mais hélas également celle de certains « intellectuels de gauche » en défense des opprimés et des exclus, et de populations qui se déclarent musulmanes ou qui se sentent obligées d’être solidaires avec les musulmans (notamment parmi les immigrés et surtout les Français de première ou seconde génération issus de l’immigration maghrébine et africaine).

Conflit des mémoires et des discriminations, perception distordue du racisme par rapport au nombre réel bien supérieur des insultes et des agressions antisémites (augmentation de 91% des actes antisémites en France en 2014 par rapport à l’année antérieure). Ressentiment et sentiment d’une injustice faite aux Français musulmans par rapport aux Français juifs qui seraient prétendument privilégiés, avec en filigrane ce vieux mythe tenace du lien entre « le » juif et l’argent. Et toujours cette évocation récurrente d’un État d’Israël dont on remet en cause le droit à l’existence parce que présenté exclusivement comme colonisateur.

L’antisémitisme antisioniste entre en effet en congruence particulière avec le populisme justicialiste: réclamation de la justice tous azimuts pour « les petits, les dominés, les discriminés, les exclus » contre « l’impunité des privilégiés, des élites, des dominants, des bénéficiaires de la mondialisation ».

Grâce à la figure victimaire du Palestinien, la chaîne de causalité diabolique (selon l’expression de Léon Poliakoff) va se tisser des banlieues françaises peuplées « d’Indigènes de la République » aux pays latino-américains « dominés par l’impérialisme des Etats-Unis » et plus généralement à tous ceux qui accusent les « Occidentaux » de tous les maux. La figure honnie du juif redevient alors « l’ennemi du peuple », de tous les peuples en lutte pour leur libération de la « domination ».

Cette notion « d’impunité » s’est diffusée à partir de l’Argentine notamment, au départ à propos de la question de la justice pour les crimes des dictatures, s’étendant dans les années 2000 aux « crimes économiques ». Populi-thème puissant, il promeut la « justice populaire » et incite à l’émergence de « justiciers ». C’est dans cette logique que les attentats du 11 septembre 2001 ont pu donner lieu à des sentiments de revanche, voire à des expressions de joie dont les moins virulentes se présentaient comme de la « compréhension » à l’égard de l’humiliation prétendument subie par les populations musulmanes à travers le monde et tout particulièrement dans les territoires occupés par Israël. Ce sont des expressions de solidarité de même type que l’on a vu chez ces enfants et ces jeunes refusant ou sifflant la minute de silence dans les écoles après les attentats à Charlie et à l’Hyper Cacher. Et on a vu se reproduire des phénomènes similaires à Copenhague avec les signes de respect, voire d’admiration exprimés à l’égard de l’assassin.

La mouvance contestataire et conflictuelle, qui s’est cristallisée notamment à travers le mouvement des Indignés, a ainsi mis au centre de son indignation la question palestinienne, comme l’a exposé Stéphane Hessel dans son opuscule Indignez-vous! en 2011: « aujourd’hui, ma principale indignation concerne la Palestine, la bande de Gaza, la Cisjordanie. Le conflit est la source même d’une indignation. » Et l’on avait vu en janvier 2009 après l’offensive israélienne sur la bande de Gaza et l’interview donnée par Chavez à la chaîne Al Jazeera, d’une part, des portraits de Chavez brandis à Gaza comme le symbole du combat antisioniste contre l’impérialisme, et d’autre part, des slogans en faveur du Hamas et du Hezbollah lancés à Caracas à la même époque en symbole de la résistance à cet ennemi commun. La stigmatisation des juifs se banalise, d’abord à travers un antisémitisme « soft »: allusions à une prétendue « influence juive » ou « à ceux qui ont tué le Christ » comme a pu le faire Chavez dans des shows télévisés, jeux de mots nostalgiques de la Shoah, blagues anti-juives relevant de la haine d’individus formant une prétendue race et non de l’humour sur une religion ou une culture.

D’autre part, des « incivilités » anti-juives se multiplient: insultes et molestations dans les écoles, slogan « mort aux juifs » lancé dans des manifestations, profanations de tombes. Et puis des « justiciers » anonymes radicalisés, plus ou moins solitaires, passent à la célébrité médiatique par une action d’éclat meurtrière qui se veut héroïque.

Ces dérives assassines doivent bien sûr être combattues par des politiques résolues de sécurité et de répression mais c’est toute cette mentalité justicialiste revancharde et fascinée par la violence « révolutionnaire » qu’il faut contrer politiquement, socialement, culturellement. Ce qui n’est pas une mince affaire non plus.

Renée Fregosi

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  • 3 thoughts on “L’antisémitisme antisioniste « justicialiste » des djihadistes et des intellectuels de gauche

    1. DOUMBIA

      Je cherche à mieux comprendre l’association juive française pour la paix ? a-t-elle un intérêt ? le concept du vivre ensemble permet-il de lutter contre la violence ou sommes-nous condamnés à vivre les uns contre les autres car les êtres humains athés ou de différentes confessions religieuses ne se comprennent pas et il donc serait impossible de vivre la vie ensemble ?

    2. Nemo

      Bonjour Dumbia,
      Cette association groupusculaire qui se prétend athée et dont le nombre de membres juifs doivent à mon avis se compter sur le doigt d’une main, n’a rien trouvé de mieux à faire que mener un combat pour la libération d’un terroriste condamné à perpète par la justice française.
      A partir de là, dans le contexte actuel, c’est vous voyez s’il est pertinent ou non de vous y intéresser, mais à mon avis c’est se fourvoyer.

      Pour que le « concept » de vivre-ensemble fonctionne, il faut que chaque citoyen respecte les lois de la République.
      L’antisémitisme étant un délit en soi et une circonstance aggravante dans certains cas (entres autres bien sûr), les justiciables doivent en répondre devant les tribunaux. C’est simple comme bonjour.

    3. sarah

      Houellebecq dans le Point la semaine dernière : Nous avons trouvé les coupables de la résurgence et de la montée de l’antisémitisme avec son corollaire d’attentats en France : Plenel, Besancenot …. Tout est dit et bien dit.

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