Moins de 200 survivants d’Auschwitz sont encore en vie aujourd’hui pour témoigner du cauchemar qu’ils ont vécu. Marceline Loridan-Ivens est l’une d’entre eux. Et elle était dans les studios de France Inter, hier, pour les 70 ans de la libération du camp de concentration et d’extermination.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle n’a pas un regard positif sur les leçons qu’on aurait pu tirer de cette période de l’Histoire. «On sait très bien pourquoi on a assassiné les Juifs», commence-t-elle. « C’est une vieille histoire qui date de 2000 ans. Il ne faudrait pas l’oublier ou faire croire que le monde a changé

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C’est d’ailleurs pour cette raison que la survivante de la seconde guerre mondiale n’a pas voulu avoir d’enfant. « Si c’est pour qu’il revive la même chose dans des conditions plus ou moins différentes…»

« Le monde n’a pas tellement changé, il est en train de changer dans le pire. Dans la barbarie la plus stupide, la plus totale, dans l’obscurantisme honteux dont nous devrions tous avoir honte… »

« Vous n’avez pas oublié le Grand Mufti de Jérusalem qui avait un signé un pacte avec Hitler pour exterminer les Juifs »

«Les Français seraient-ils en rue si les victimes avaient été juives ?»

Patrick Cohen, animateur de la matinale de France Inter, reste ensuite sans voix sur l’interrogation de Marceline Loridan-Ivens. «Vous croyez que les Français seraient descendus dans la rue si on n’avait tué que des Juifs il y a 15 jours (NDLR: lors des attentats de Paris)? Non.» Gros froid (et gros blanc) dans le studio.

L’animateur embraye ensuite sur le passé de son invitée, au caractère décidément bien trempé. «J’ai été sauvée d’un viol car un Allemand a dit à mon bourreau:On ne touche pas à cette sale race. ” Voilà comment j’ai été sauvée.»

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Aujourd’hui, la survivante tente de témoigner pour faire bouger les choses. «Mais je le fais sans illusion», précise-t-elle. «Je montre mon film dans les écoles (…). Des enfants claquent des doigts pendant la projection. J’essaye d’avoir une explication à la fin, mais personne ne parle. Je leur dis alors: “ Vous êtes des lâches ” .»

Un sacré petit bout de femme, cette Marceline Loridan-Ivens.