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La France n’a pas été à la hauteur de la bonne affaire de Napoléon


La France n’a pas été à la hauteur de la bonne affaire de Napoléon

La présence de Mahmoud Abbas à la marche contre le terrorisme à Paris était obscène. Mais il est intéressant de noter la raison pourquoi il était là. Voici l’histoire : Après que le gouvernement Français a commencé à envoyer des invitations aux dirigeants du monde à participer à la manifestation contre la terreur, le conseiller à la sécurité nationale de Hollande, Jacques Audibert, a contacté son homologue israélien, Yossi Cohen et lui a dit que Hollande préférerait que Netanyahou s’abstienne de venir, a dit la source.

Audibert a expliqué que Hollande voulait que l’événement mette l’accent sur la démonstration de solidarité avec la France et à éviter quoi que ce soit de susceptible de détourner l’attention sur d’autres questions controversées, comme les relations entre Juifs et musulmans ou le conflit israélo-arabe-palestinien. Audibert dit que Hollande espère que Netanyahou comprendra les difficultés que son arrivée pourrait poser et annoncerait qu’il n’assistera pas.

Un message similaire a été envoyé à Abbas, et tous deux ont convenu qu’ils ne viendraient pas.

D’une part, je peux voir le point de vue de Hollande. Il voulait que l’événement ne soit que sur la France, rien d’autre.

D’autre part — et je suis sûr que Hollande ne veut pas le voir de cette façon, mais c’est au moins en partie à cause des Juifs, et du Premier ministre israélien qui a la responsabilité du peuple juif, pas seulement des Israéliens. Et peut-être qu’il a soupçonné que Netanyahu pourrait suggérer aux Juifs Français d’envisager leur alyah (ce qui bien sûr, il a fait).

En tout état de cause, Netanyahu a changé d’avis et a décidé qu’il viendrait.

Les cyniques suggèrent que c’est parce qu’il ne voulait pas être éclipsé par Naftali Bennett et Avigdor Lieberman, mais il est également possible qu’il s’est rendu compte plus tard que sa responsabilité de parler pour le peuple juif a substitué son désir pour de bonnes relations avec Hollande (qui, après tout, venait de faire voter une résolution anti-israélienne au Conseil de sécurité de l’ONU).

Hollande était apparemment furieux et pour « équilibrer » contrebalancer la présence de Netanyahu, il a invité Abbas. Et quand Netanyahu a parlé à la Grande Synagogue de Paris ce soir-là, Hollande se leva et quitta les lieux.

Il s’agit d’un nouveau chapitre dans la relation longue et non-amicale entre la France et ses Juifs. Quand Napoléon a offert l’émancipation des Juifs au début du XIXe siècle, il a eu des aussi des exigences. Il décréta qu’ils pouvaient vivre en dehors des ghettos, il a supprimé les autres restrictions et a même fait du judaïsme, une des religions officielles de la France (les autres étaient le catholicisme et plusieurs formes du protestantisme). En retour, il s’attendait à ce que les Juifs vivant en France ne se considéreraient plus comme un peuple distinct. Ils seraient des Français dans tous les sens du terme, des français et des françaises pratiquant le judaïsme.

Mais la France n’a pas été à la hauteur de la bonne affaire de Napoléon. Les attitudes anti-juives sont restées et quand Alfred Dreyfus — un officier de l’armée, un patriote Français qui se trouvait être juif — a été faussement accusé de trahison en 1894, la mise en place de la dissimulation des preuves contre le véritable traître, Ferdinand Esterhazy et les accusations forgées et le châtiment draconien de Dreyfus.

« La rue » Française bouillonnait avec une agitation antijuive. En effet, l’affaire Dreyfus a été une motivation majeure pour Theodore Herzl pour qui le problème juif en Europe ne se résoudrait pas au sein de ses frontières.

Herzl a été tellement touché par l’affaire Dreyfus, qu’il avait prédit l’Holocauste venir : « Je ne peux pas imaginer quel aspect et la forme que cela prendra. S’agira-t-il d’expropriation par une force révolutionnaire d’en-bas ? S’agira-t-il de proscription par quelque force réactionnaire d’en haut ? Nous banniront-ils ? Nous tueront-ils ? Je m’attends à toutes ces formes et à d’autres. »

Le Comportement de la France pendant la seconde guerre mondiale, lorsque les fonctionnaires de Vichy ont collaboré avec les Nazis dans l’envoi des Juifs à la mort, ce n’était pas exemplaire non plus, même si bien sûr il y avait beaucoup de gens Français qui n’ont pas coopéré (comme il y avait eu les fameux « Dreyfusards » comme Emile Zola). Néanmoins, les Juifs Français savaient et savent aujourd’hui, qu’ils ont un peu moins de filiation en tant que « Français », quand les jeux sont faits.

Les récentes violences anti-juives — l’enlèvement, la torture et le meurtre d’Ilan Halimi, la foule attaquant des synagogues, le viol d’une femme dans sa maison et ce qui a été dit du fait que c’était parce qu’elle était juive, les meurtres commis à l’école juive de Toulouse, le meurtre d’hier de quatre Juifs à un supermarché casher et peut-être surtout, la dégradation quotidienne de la situation des Juifs qui ont peur de porter des kippot ou d’aller aux synagogues, qui sont insultés, frappés dans les rues, a convaincu les Juifs Français que la République ne peut pas ou ne les protégera pas.

Hollande est apparemment insulté par le fait que les Juifs ne font pas confiance ni à l’État, ni à lui personnellement, tant et si bien qu’ils en appellent au chef de l’Etat juif (Netanyahu qui a suscité des applaudissements (vidéo) quand il entra dans la synagogue) pour les aider et peut-être leur fournir un lieu de refuge.

En outre, Hollande est probablement inquiet pour la France qui perd ses Juifs qui sont des représentants de la capitale intellectuelle et financière.

Il y a aussi une défaite psychologique/politique lorsqu’il devient manifeste que la République est apparemment incapable de maintenir son principe fondateur, l’idée de « Liberté, Egalité et Fraternité » pour tous les membres du peuple français, quelle que soit leur religion ou leur origine ethnique. Le Premier Ministre Français, Manuel Valls, a dit ceci :

« Si 100 000 habitants Français d’origine espagnole devaient quitter, je ne dirais jamais que la France n’est plus la France. Mais si 100 000 Juifs quittent, la France ne sera plus la France. La République Française sera jugée pour cet échec. »

Je peux sympathiser avec Valls. Mais combien de chances devraient (encore) donner les Juifs à la France, avant de décider qu’il est temps pour eux de partir ?

Illustration : Napoléon stellt den israelitischen Kult wieder her, 30. Mai 1806.jpg

Source : Par Vic Rosenthal, © Copyright malaassot.com

 





Psychosociologue, consultant sur les questions de conflits, crises, violences et débriefing dans tous les secteurs où ces problèmes se posent.



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