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« Casser l’image » des jihadistes avec des… chaussures


« Casser l’image » des jihadistes avec des… chaussures

D’un regard noir, le jihadiste fixe les habitants de Bagdad l’air menaçant, toutes dents dehors. Mais personne ne risque de mourir ou de se faire enlever : Sa tête est une semelle, sa barbe un lacet, ses dents une fermeture Éclair. Ce jihadiste de bric et de broc est une création de l’artiste irakien Akeel Khreef, qui transforme des chaussures disloquées en représentation de la « laideur » du groupe État islamique (EI), qui a multiplié les atrocités à travers son pays : par ses exactions, l’EI, qui a lancé en juin une fulgurante offensive en Irak et s’est emparé de la deuxième ville du pays, Mossoul, a répandu la peur et chassé de chez elles des centaines de milliers de personnes. Les jihadistes s’en sont pris particulièrement aux minorités ethniques, religieuses et sexuelles, ont vendu des femmes et des enfants comme esclaves sexuels et détruit des sites historiques.

« Je voulais dépeindre l’étendue des crimes, de la laideur des actes des membres de cette organisation », explique cet homme de 35 ans, qui est aussi professeur en ingénierie architecturale. Et il veut dénoncer ces malheurs en brocardant les jihadistes. Pour cela, la matière première n’a pas été choisie au hasard : « Wajeh al-kundara », littéralement « Face de chaussure », est l’une des insultes préférées des Irakiens. « Quand vous regardez mon travail, vous voyez que ce n’est fait que d’ordures et de chaussures usées, mais aussi qu’ils ont l’air de malades sanguinaires », explique l’artiste.

Rappelons qu’en Irak, comme dans tout le Moyen-Orient, il est offensant de seulement montrer la semelle de sa chaussure à quelqu’un. Les souliers ont une longue histoire de protestation dans le pays, en particulier depuis qu’un journaliste a lancé une chaussure sur le président américain Georges W. Bush lors d’une conférence de presse après l’invasion américaine de l’Irak en 2003.

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Leur « faire honte »

« Je ne chasserai pas (l’EI) de mon pays avec cette œuvre… Mais je suis sûr que ça leur fera honte », assène Akeel Khreef. D’ailleurs, plusieurs responsables américains ont évoqué l’idée de casser « l’image » des jihadistes, de leur invincibilité, mais cela peut aussi bien passer par l’art et l’humour que par les armes.

Pour ses créations, M. Khreef fouille dans les ordures et achète de vieilles chaussures dans des échoppes. « La personne la plus importante dans ma vie, c’est le cordonnier », reconnaît-il. Ses œuvres s’adressent particulièrement aux personnes déplacées par l’EI. « Je veux montrer (le groupe extrémiste) sous sa forme la plus laide pour réconforter ceux qui ont dû quitter leur maison, pour leur dire : il n’y a pas que les soldats qui sont à vos côtés. »

Mais la fresque à laquelle il travaille ne pointe pas seulement du doigt les « daechis » du front, explique-t-il en détournant l’acronyme arabe de l’EI, Daech. « Cela représente les daechis qui vivent parmi nous, et pas juste les terroristes. » Pour lui, un « daechi », c’est « n’importe quel homme qui n’aime pas son pays, qui n’aime pas le bien, qui croit en la mort, qui rejette l’autre et qui est prêt à tuer si vous n’êtes pas d’accord avec lui ». Ces propos résonnent particulièrement alors que l’EI s’est en partie appuyé sur les divisions confessionnelles qui gangrènent l’Irak pour s’assurer le soutien d’une partie de la minorité sunnite, qui s’estime discriminée et marginalisée par le pouvoir, dominé par les chiites.

Quant à une possible vengeance des jihadistes s’ils tombaient sur son œuvre, Akeel Khreef n’a pas peur : « La mort est partout », et si le pire devait arriver, « au moins, je mourrais en croyant à une vraie cause ».

Illustration : Akeel Khreef montrant ses œuvres, des chaussures usagées figurant les jihadistes de l’EI…Sabah Arar/AFP

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Source : L’Orient-le-Jour, par Ammar KARIM

 





Psychosociologue, consultant sur les questions de conflits, crises, violences et débriefing dans tous les secteurs où ces problèmes se posent.



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