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Apartheid : le réquisitoire de Goldnadel


Apartheid : le réquisitoire de Goldnadel

FIGAROVOX CHRONIQUE – Notre chroniqueur revient sur la polémique suscitée par les propos de Manuel Valls sur l’ «apartheid» qui sévirait en France.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est secrétaire national à l’UMP chargé des médias. Il préside par ailleurs l’Association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l’actualité pour FigaroVox.

J’aurais bien aimé m’être trompé. Avoir eu tort de voir dans la marche du 11 janvier une procession émotionnelle insuffisante. À m’être fourvoyé en me plaignant ne pas entendre évoqués à voix hautes les sujets qui fâchent. D’avoir exagéré en n’espérant plus cette révolution copernicienne des esprits issue de la tragédie.

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Mais la grand-messe est finie. Ite missa est. Et elle a été mal dite. Parce que la religion idéologique responsable du drame domine encore les églises politiques et les cathédrales médiatiques. Et ce sont les mots de sa liturgie qui s’imposent encore à la réalité subjuguée. Dans un monde gouverné par le réel, ce sont les mots «intégration ratée», fille d’une «immigration incontrôlée» qui auraient dû être prononcés sans crainte d’excommunication. Et puis aussi «racisme anti-occidental de l’ islam radical». Mais ce fut «apartheid» qui fut trouvé. À quelques jours des drames.

Le fait, désespérant, qu’il soit sorti de la bouche d’une des têtes les mieux faites et les plus déterminées à combattre le mal, montre à quel point l’idéologie victimaire qui aura décérébré les esprits depuis quatre décennies aura perverti les inconscients.

De grâce, que la gauche morale ne tente pas, comme elle a déjà commencé de le faire, d’esquiver le débat en prétextant qu’il ne s’agit que d’un mot. Pas elle, qui aura passé le plus clair de son temps à instruire des procès lexicaux: pour un Kärcher, une civilisation supérieure, ou un homme africain.
Oui, les mots parlent, ils disent ce que nous sommes et où nous en sommes. Surtout lorsqu’ils tombent de haut en des moments cruciaux.

Nous devions sortir impérativement d’une époque quarantenaire maudite qui aura empêché de remédier à la réalité, par des comparaisons oiseuses avec des crimes historiques commis en d’autres lieux et en d’autres temps. Sans rapports aucuns avec cette réalité. L’époque stupide et indécente du CRS SS et du parallèle scabreux entre l’expulsion des sans-papiers et le racisme hitlérien. Ces mots avaient une funeste cause: une mauvaise conscience pathologique issue des crimes qu’aurait commis l’homme blanc envers l’Autre: le noir, puis le juif, puis l’arabe. Dès lors, l’idée que le bourreau blanc chrétien puisse être une victime de cet autre devenait insupportable. Il fallait en sortir pour se colleter au réel cruel: l’Autre peut-être coupable et le français occidental, innocente victime.

Voilà pourquoi, la référence expresse aux crimes d’État commis par l’État blanc sud-africain à l’encontre des noirs, parqués de force, privés de droits civiques est une faute historique, psychologique et politique, à mes yeux d’autant plus tragique qu’ elle émane d’un homme au sujet duquel j’écrivais encore il y a huit jours qu’il était bien plus courageux que bien des hommes de droite. Et quand bien même la référence historique serait seulement malencontreuse, que l’explication ethnique et sociale du drame français par le sort misérable réservé aux banlieues est fausse, injuste et grosse des mêmes drames que la culpabilisation inepte des Français vient précisément de générer.

Déjà les professionnels de la victimisation, les docteurs Diafoirus de la sociologie bourdivine et de l’histoire revisitée ont redressé leurs têtes, quinze jours enfouies dans le sable des décombres de leurs inepties. Comme un Gérard Noiriel qui dans le Monde, surfant sur l’apartheid, replace voluptueusement l’islamophobie ségrégationniste dans le droit-fil de l’antisémitisme franchouillard.

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S’il existe des «ghettos» (décidément on ne sort pas du vocabulaire historique fallacieux) c’est parce que, coûte que coûte, les gens qui se ressemblent cherchent à se rassembler. C’est aussi parce que les dissemblables et menacés cherchent, coûte que coûte, à s’en sauver. Et s’il faut mener «une politique de peuplement», elle consiste avant tout à empêcher, coûte que coûte, des peuplements nouveaux que le pays ne peut plus surmonter. Quant au misérabilisme appliqué à la banlieue, il n’existe que dans l’imaginaire de la gauche victimaire. Si une discrimination a pu être appliquée ces dernières années, elle était positive au regard des millions déversés, qui en équipements urbains collectifs à faire rougir de jalousie les provinces éloignées, qui dans les poches des associations ou des «animateurs». Et cette politique aurait pu être plus efficace, si, précisément, au plan culturel on ne s’évertuait pas à persuader ses bénéficiaires qu’ils demeurent, envers et contre tout, les victimes d’une France rance et ségrégationniste.

La veille de la sortie de route de son premier ministre, le président déclarait que la France devait être fière de ce qu’elle était. La preuve est donc faite de ce qu’une société psychologiquement malade peut être à la fois masochiste et schizophrène. Mais les mots publics existent sous la maîtrise des maîtres de l’idéologie qui continuent de contrôler le monde virtuel. Raison pourquoi le mouvement issu de la gauche communiste grecque ne sera pas nommé «d’extrême gauche» mais seulement «radical» ou à «gauche de la gauche».

Comme je l’écrivais récemment dans ces mêmes colonnes: dans le planisphère politique d’une France gauchisante qui n’aura jamais voulu instruire le procès du communisme, l’extrémité n’a qu’un seul bout: à droite. Pas question de faire peur avec Syriza. Il y a populisme gentil et populisme méchant. Surtout ne pas mélanger les torchons noirs avec les serviettes rouges.

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Tant que ne sera pas mené le procès de l’islam radical, de son racisme antifrançais, antichrétien et antisémite, au lieu de celui du pays qui en est la victime, la culture intensive de l’auto- flagellation continuera à semer ses graines assassines.

Gilles William Goldnadel © Publié le 26/01/2015







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  • One thought on “Apartheid : le réquisitoire de Goldnadel

    1. Jacques

      Entièrement d’accord avec vous, M. Goldnadel. Je pensais justement à cette phrase tout récemment : « qui se ressemble s’assemble ».

      S’il existe un apartheid en France aujourd’hui, il frappe plutôt les gens « normaux », surtout ceux non issus de l’immigration extra-européenne, voire les non-musulmans, dans de plus en plus de quartiers dits « sensibles », et pas l’inverse !

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