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L’Islam radical à nos portes : Jérusalem en Débat avec vous


L’Islam radical à nos portes : Jérusalem en Débat avec vous

Une soirée de réflexion, animée par le journaliste Stephane Amar, sur le Continuum de l’Islam à travers le temps et ses formes radicales actuelles.

Le Centre Communautaire Francophone Emouna Shelema (du Rav Ben-Yishaï), a invité le 27 décembre deux auteurs de livres en parution récente ou imminente :

  • Le Dr Yehuda Djaoui, auteur de 8 livres sur le sujet, refait le parcours de ce choc des civilisations, dans son dernier ouvrage : « Amnésie Internationale. Israël, la Mémoire du Monde », Editions Persée, Aix-en-Provence, octobre 2014.
  • Marc Brzustowski, co-auteur (avec Gilles Falavigna) de : « Daesh et  Hamas, les deux visages du Califat », en parution imminente aux Editions Dualpha, montre les similitudes entre deux entités, alors que l’Occident feint de ne pas comprendre que les méthodes employées à Joué-les-Tours ou Nantes sont copiées-collées sur celles utilisées par les adeptes du Hamas à Jérusalem…

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« L’Etat Islamique menace- t-il le Monde Libre ? » était le titre de cette rencontre riche en questions, au centre communautaire francophone de Jérusalem.

Stéphane Amar.

Pourquoi l’Occident ne cherche t-il pas à se rapprocher d’Israël face à cette menace globale ? en a été, implicitement, la question subsidiaire, tout au long de ces discussions, en compagnie de l’ancien Ambassadeur Daniel Gal (il a officié en Europe, en Afrique, en Asie et sur le continent américain jusqu’à sa retraite) et de plusieurs personnalités de la communauté.

Yéhouda Djaoui

Le Dr. Yéhuda Djaoui (« Amnésie Internationale ») retrace l’émergence de l’Islam dans la Péninsule arabe du 7ème siècle. Sa Genèse se déroule à la Mecque, où Mahomet, orphelin, appartient à une puissante tribu, face aux Polythéistes bédouins, autour de la Ka’aba, la pierre noire, sorte de météorite taillée qu’on dit présente depuis Adam et Eve. Apparue bien avant l’Islam, elle devient comme le symbole supraphysique de l »’élection » musulmane.

Mahomet va d’abord tâcher de se rallier les tribus juives de Médine (dont les Qoraychites), en prophétisant ses « Révélations », comme issues d’un corps de doctrine cohérent, prolongeant et achevant toutes les autres. La Kibla, la prière se fait alors en direction de Jérusalem, de façon à démontrer le Monothéisme de son enseignement et la parfaite continuité entre sa version et celle des Juifs et des Chrétiens.

Ce n’est que devant l’échec de sa prédication qu’il choisira de se tourner vers la Mecque, mais c’est aussi, déjà, en soi, une déclaration de guerre théologique aux « Gens du Livre » qui refusent de l’écouter.

Il divise le monde entre le Chaos (Al Jahiliya) qui le précède et la Révélation, dont il est l’unique porteur et confident. Ce qui sous-entend qu’il n’a jamais rien existé avant l’Islam et que tous ceux qui ne s’y joignent pas vivent encore sous l’empire du Chaos, comme avant le Big Bang. Ainsi, les Musulmans continuent-ils de percevoir ceux qui ne partagent pas leur vision du monde comme des Primitifs.

Après dix ans de « trêve » (le traité de Hudaybiya -dont on retrouve le modèle dans les Accords d’Oslo-) avec les tribus, dès qu’il aura réuni des forces suffisantes, Mahomet marche sur Médine et razzie la ville. Avec ses compagnons, Mahomet décapite lui-même un nombre incalculable d’hommes des tribus juives (évalués entre 700 et 900) et réduit en esclavage femmes et enfants.

Puisque le prophète est le « modèle parfait », dans tous les écrits qui s’ensuivent et comme lui-même n’a jamais rien transcrit de sa main (considéré illettré), comment ne pas voir dans cette geste originelle le scénario, mot à mot, du modèle reproduit par les Jihadistes de Daesh, de nos jours ?

Les tribus juives se réfugient à Kaybar (un oasis), où se déroule une nouvelle bataille à l’issue dramatique pour l’avenir des relations de domination : Mahomet proclame la confiscation des terres et des biens des Juifs et des Chrétiens, et décrète leur humiliation,par la relégation au statut de « Dhimmi », soumis à la Jeziya, mais, surtout, au bon vouloir et à la tyrannie de leurs maîtres.

Ali était son dauphin et aurait dû prendre sa suite, mais c’est, en fait, Hussein qui s’impose. Première rupture et naissance du Chi’isme.

[Othman ira jusqu’à détruire par le feu les seules retranscriptions des paroles du prophète sur le parchemin de peaux animales].

Ses successeurs, les trois premiers Califes, se lancent à la conquête du monde environnant, qu’ils colonisent : Palestine, Syrie, Irak, Iran, Afghanistan (à partir de 637) ; le Maghreb, dès 640, puis les marches de l’Europe continentale, par la Sardaigne, la Sicile, l’Espagne et la Provence, dès 712 et jusqu’en 732, où les forces islamisatrices sont stoppées à Poitiers.

Dès lors, perdurera, dans la législation musulmane, la distinction entre terres conquises et terres à conquérir : Dar-al-Islam/Dar al-Harb (terre de la guerre). Toute région précédemment conquise, même en cas de retrait et de défaite cinglante des hordes islamiques, appartient, de jure, à la première catégorie (à savoir, toute l’Espagne et le Sud de la Loire… jusqu’à Joué-les-Tours- ?-, tout Israêl, etc.).

Pour compléter le tout, la construction de mosquées signe, non pas seulement, le droit de « pratiquer sa religion », selon la distinction « mécréante », entre sphère publique et sphère cultuelle/privée, à l’européenne, mais bien l’édification du territoire en tant que « Dar-al-Islam ». Ne pas le savoir ou faire semblant de ne pas le reconnaître, et alors que ces édifices sont construits, pour partie (30%) avec des fonds publics des institutions « laïques », revient à « rendre les armes et à se soumettre », selon la volonté du Calife.

L’exposé se poursuit, par la « Reconquista »- recolonisation européenne, qui n’est pas exempte de cruauté, dans cette sorte de fascination en miroir, entre Chrétienté et Islam, jusqu’à l’érosion de l’Empire Ottoman, au XIXème siècle, puis son effondrement, lorsqu’il est, notamment vaincu, en décembre 1917, à Beer-Sheva par le Général Allenby, un mois après la Déclaration Balfour. Cette saga prend un nouveau tour, lors des accords secrets Sykes-Picot, où Français et Anglais dessinent l’avenir du Moyen-Orient « à la règle », en centralisant autour de grands états géographiques des groupes ethniques et claniques qui n’ont presque rien à partager et qui ne manqueront pas de l’affirmer, au décours des « Printemps Arabes »…

Dès lors, on comprend que le flux et le reflux des conflits, renaissance d’Israël ou pas, n’a jamais cessé depuis cette époque, entre autres, entre Sunnites et Chi’ites. Lorsqu’on forme des coalitions pour résoudre « une fois pour toutes » des problèmes d’insurrection « novice », comme celle de l’Etat Islamique, sorte de « lapin de 6 semaines », sorti du chapeau de nos médias, on n’a rien saisi d’une géopolitique ou « métapolitique » globale, qui s’étend depuis l’an 622 de l’Hégire.

Marc Brzustowski, situant son propos, avec son coateur Gilles Falavigna, retrace la simultanéité troublante des deux guerres, déclenchées l’été dernier, à Mossoul comme à Gaza.

Les divergences entre les protagonistes, contre l’Etat d’Israël ou contre l’Irak et la Syrie, états morcelés et à la centralité de plus en plus inexistante, relèvent essentiellement des objectifs de leurs parrains ou facilitateurs : la guerre de Gaza n’est, en rien, un conflit « israélo-arabe », ni même un conflit « israélo-palestinien », mais bien un accrochage indirect, par milice interposée, entre l’Etat Juif , d’une part, et, de l’autre, la Turquie, le Qatar et l’Iran, qui soutiennent à bout de bras le Hamas.

Ailleurs, au Levant, au contraire, ces « alliés de circonstance » contre l’Etat hébreu, s’affrontent à mort pour l’hégémonie régionale.

Qu’est-ce qui peut bien expliquer une durée aussi longue de 51 jours, dans la guerre de cet été, lorsqu’Israël préfère mener des guerres-éclairs ?

Deux phénomènes sont essentiels à ce sentiment de « résilience » relative des groupes islamistes, qui se lancent dans des conflits asymétriques :

- d’abord, le danger tactique des incursions par les tunnels, entre 2001 et 2006, s’est transmuté en menace stratégique, à partir de l’enlèvement du Sergent Guilad Shalit.

- la guerre diplomatique entre Israël & Egypte, d’une part, Hamas, Turquie, Qatar, avec le renfort improvisé de John Kerry, de l’autre, retarde, voir suspend les avancées sur le terrain.

Le Ministère de la Défense a t-il su tirer le meilleur parti possible des avertissements répétés des renseignements, des généraux responsables de la sécurité du Sud ? Ou a t-il continué d’évacuer d’un revers de main cette possibilité, si difficile à contenir ? Visiblement, la réponse à ce défi est demeurée évasive et n’a sérieusement commencé à être pris en compte que très tardivement, alors que des solutions techniques lui étaient présentées dès… 2003, par l’Institut Géologique israélien.

Une guerre préventive était-elle possible ou nécessaire ? Ce n’est, finalement, qu’à l’occasion de l’enlèvement de 3 adolescents, le 12 juin, puis de l’escalade qui n’a pas cessé de monter en puissance, depuis lors, qu’Israël envisage de « faire le travail » de déminage qui s’impose, au fur et à mesure des violations répétées des « trêves » par le Hamas.

Ainsi, semble t-il, le Hamas, à plusieurs reprises, a conservé l’initiative, alors que Tsahal ne faisait que répliquer, allant de surprise en surprise, y compris lors de l’opération terrestre, déclenchée le 17 juillet. Puisque toute la logistique se trouve dissimulée en souterrains, les résultats deviennent plus inégaux pour l’aviation, l’artillerie et même l’infanterie dépêchée sur place.

Les 32 tunnels d’attaque finiront par être jugulés, au prix de 66 soldats tués en action et de 12 trêves, toutes violées par le Hamas, à la faveur d’un « Plan Kerry » de cesser-le-feu confus, qui semble s’aligner sur les intérêts des parrains du Hamas, Turquie et Qatar, alors qu’Israël et l’Egypte font bloc contre les pressions.

Cette guerre est gagnée par l’Etat hébreu, si on se fie à l’attestation que les conditions du cessez-le-feu proposé par le Caire, le 15 juillet, sont acceptées telles quelles, le 26 août, après un dernier Baroud d’honneur, très vraisemblablement déclenché par les exigences du Qatar, qui fait pression sur Khaled Mesha’al, hôte de marque à Doha et prisonnier doré de la voix de son maître.

Le Qatar semble bien avoir sacrifié le Commandant en chef de la branche armée du Hamas, Mohammed Deif, dont la mort ne fait de doute que dans le cadre de la propagande. 3 de ses lieutenants, dont son dauphin supposé, le suivent, et le Hamas ne nie pas cette fois, qu’ils ont été éliminés.

Qu’est-ce qui unit et sépare ces mouvements terroristes, si on tient compte de la perception contrastée (ou de la myopie) que tient absolument à en conserver l’Occident ?

Le Hamas est la branche palestinienne des Frères Musulmans, dont la filiale internationale qui choisit l’action ouverte, rejoint Al Qaïda, à partir de l’assassinat d’Anouar El Sadate, en octobre 1981 (commis par le Jihad Islamique égyptien, autour d’Ayman Al Zawahiri et plusieurs autres futurs cadres d’al Qaïda).

L’Etat Islamique est le mouvement dissident d’al Qaïda, qui croit reconnaître, dans le retrait occidental d’Afghanistan (Khorasan) et d’Irak (Al Jazira), le soulèvement anti-Assad en Syrie (al-Sham), le signe annoncé par le Prophète de la « Bataille de la Fin des Temps ». Elle signifie encore que, contrairement aux Frères Musulmans et al Qaïda, il est aussi temps de régler leur compte aux mécréants Chi’ites (Iran), au même titre qu’aux autres « ennemis de l’Islam » véritable. S’engage alors une concurrence sans merci entre les diverses tendances extrémistes de l’Islam pour parvenir à la restauration du « Califat », à partir de ces centres névralgiques du Monde arabo-musulman.

Dès la « réconciliation » palestinienne d’avril 2014, assortie de complots divers, menés, généralement, depuis Istanbul, par Salah el-Arouri (échangé contre Shalit), la porte semble entrebaîllée aux tentatives de « 3ème Intifada », autour des Lieux Saints de Jérusalem. Elles concrétisent la promesse faite par Youssouf Al Qaradawi, au Caire, en 2011, que « bientôt » Al Quds-Jérusalem serait le centre d’un Califat mondial des « Etats-Unis Arabes ».

Dès lors, à des rythmes différents et selon des stratégies diversifiées, le Jihad, 6ème pilier collectif de l’Islam, essaie de cimenter l’Oumma et de soulever les masses musulmanes en Europe, comme s’y emploient le NPA trotskiste et les pro-Palestiniens, tout au long de l’été, en concentrant leurs forces contre les Synagogues de la Roquette, de Sarcelles, etc.

Reste entière la question de la cécité volontaire de l’Occident qui, quant à lui, refuse de lire le message sur le mur et d’admettre les raisons de la légitime défense d’Israël, dans cet environnement mouvant et hostile.

Plusieurs interprétations se chevauchent, dont celle de Léon « Manitou » Ashkenazi, évoqué par le journaliste Stéphane Amar, disant qu’avec l’Islam, Israël a un conflit de Terre (territoires), alors qu’avec la Chrétienté, le conflit concerne « le Ciel ». A travers le monde arabe, l’Occident tente t-il d’achever une tâche demeurée en suspens, lors de la Shoah, tout en s’exonérant de sa propre responsabilité ?

Itzhak et Ishmaël ont-ils encore la moindre chance de se réconcilier sur le tombeau de leur père commun, comme l’annonce la prophétie ?

La partie n’est pas tout-à-fait perdue, d’une éventuelle « rédemption » de long terme, si on veut en croire qu’il demeure des « Ishmaélites » fréquentables, tels que les Kurdes, en passe de fonder un jour leur Etat, une sorte de « Second Israël », avec Kirkouk pour capitale. Ou si on interprète, sur le long terme, les résultats des divers processus de paix réussis, jusqu’à présent, avec l’Egypte et la Jordanie, à l’inverse des accords jamais respectés par les Palestiniens, en proie à leur « mission historique », sous la pression des islamismes décomplexés de ce début de XIXè siècle…

Bien des questions ont pu être explorées, lors de cette soirée au Centre yérosolomitain, sans certitude sur le caractère changeant des réponses formulées.

Les deux livres qui creusent ces propos sont disponibles ou en voie de l’être, dans les tout prochains jours :

Yéhouda Djaoui : Amnésie Internationale. Israël, la Mémoire du Monde, Editions Persée, Aix-en-Provence, octobre 2014.

Marc Brzustowski-Gilles Falavigna : Daesh & Hamas, les deux visages du Califat, Paris, Editions Dualpha, janvier 2015.

Voir les PDF : Daesh & Hamas, les Deux Visages du Califat

PDF - 221.8 ko

Annonce de parution : État islamique… Daesh… : la terreur à nos portes ? La problématique est globale, planétaire. Le malentendu l’est autant .

PDF - 133.9 ko

 

http://www.jforum.fr/forum/israel/article/l-islam-radical-a-nos-portes-en







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