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La Turquie et l’UE : L’instant Kodak


La Turquie et l’UE : L’instant Kodak

Image à la Une : L’Europe rencontre la Turquie. Prenant la pose le 8 décembre 2014, de gauche à droite: Johannes Hahn, commissaire UE pour la politique européenne de proximité et l’élargissement des négociations; Volkan Bozkır, ministre turque des affaires européennes; Federica Mogherini, Haut représentant des Affaires étrangères et de la politique de sécurité ; Mevlüt Çavuşoğlu, ministre turc des Affaires étrangères; et Christos Stylianides, Commissaire européen de l’aide Humanitaire et de la crise du  Management. (Image source: EU)

A la vérité le long chemin parcouru par la Turquie depuis plus d’un demi-siècle pour remplir les conditions d’adhésion à l’UE, offre des volumes de livres d’images  avec des visages identiques sourire aux lèvres, qui pour la plupart ne sont plus en vie. Mais l’Union et le requérant savent tous deux  que la Turquie s’est égarée à des années lumières de l’UE en termes de culture et de socio-politique. La Turquie est parfois même hostile à l’Europe.

Tandis que les Européens perdaient leur temps dans l’illusion que les islamistes de Turquie étaient des réformateurs post-islamistes, pro-UE – la Turquie mettait en œuvre un plan non pour devenir un futur membre mais pour être le défi musulman face à ce que ses leaders en privé considéraient être la «chrétienté» hostile.

La Turquie, sous domination islamiste, a vivement prétendu vouloir l’adhésion à l’UE, alors qu’en réalité elle a un rejet profond de la culture «chrétienne»; et les dirigeants de l’UE ont fait comme si la Turquie rejoindrait un jour le club, tout en sachant qu’elle ne le ferait pas.

A en juger par le cliché féérique de l’instant-Kodak paru dans la presse la semaine dernière ainsi que par les déclarations connexes de l’Union européenne [UE] et des gros bonnets turcs, on pourrait être tenté de penser que les choses deviennent roses entre Ankara et Bruxelles. Les faits, comme souvent, sont très différents de ce que des visages souriants et un optimisme affiché révèlent.

Le 6 décembre, le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, accompagné de neuf membres du cabinet turc, a visité son homologue grec, Antonis Samaras, à Athènes, où les dirigeants de ces rivaux traditionnels de la mer Égée ont avec plaisir passé sous silence leurs différences majeures et exprimé leur soutien à des relations plus étroites.

Davutoglu a déclaré que la Turquie soutenait le retour des marbres du Parthénon à la Grèce. C’était charmant. Mais personne ne se soucie de savoir si la Turquie défend ou non le retour des marbres antiques. Et Samaras a déclaré qu’il soutenait la quête de la Turquie à l’adhésion à l’UE, dès lors qu’elle remplit les conditions d’entrée. C’était charmant aussi, sauf que la Grèce répète ce même discours depuis 1987 et que la Turquie remplit les exigences d’entrée depuis cette date.

Les deux dirigeants ont exprimé l’espoir que les pourparlers de réunification de l’île divisée de Chypre reprendraient bientôt, sachant probablement en leur for intérieur que même si les pourparlers reprenaient ils seraient rompus peu après. L’auteur doute sérieusement qu’un leader de l’un ou l’autre camp puisse se rappeler combien de tournées de négociations ont eu lieu depuis que la Turquie a envahi le tiers nord de l’île en 1974 en réponse à un coup d’Etat chypriote grec visant à annexer Chypre à la Grèce.

Pour sa part, M. Davutoglu a dit qu’ « il est très important que les cœurs et les esprits se rencontrent. » Mais en dehors de la sphère spirituelle de la rencontre des cœurs et des esprits, il y a la réalité. La Turquie a menacé d’envoyer sa marine en Méditerranée orientale si Chypre poursuivait ses plans d’exploration d’hydrocarbures conjointement avec Israël et l’Egypte. Les trois voisins méditerranéens ont ignoré la menace et poursuivent leur programme d’exploration.

Heureux d’une nouvelle détente – mais apparemment fausse – avec la Grèce, Davutoglu se précipita à Ankara pour accueillir une délégation d’éminences de l’UE pour un nouvel échange de plaisanteries: Federica Mogherini, Haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité; Johannes Hahn, commissaire européen pour les négociations de la politique européenne de voisinage et d’élargissement; et Christos Stylianides, le commissaire européen chargé de l’aide humanitaire et la gestion des crises. Un nouvel instant Kodak, sourires et échanges de futilités sur le thème de la photographie.

Après leurs entretiens, l’équipe turque a lancé un appel à l’UE pour que soit « rendu visible » le dialogue entre Ankara et Bruxelles en «invitant les dirigeants turcs, aux réunions de l’UE et qu’ils soient sur les photos de famille de l’UE».  L’Union devrait «trouver des formules pratiques pour inviter les dirigeants turcs à des réunions de l’UE pour qu’ils figurent sur des photos de famille de l’union d’une manière visible pour le public», a déclaré le ministre turc Volkan Bozkir UE le 8 décembre.

A la vérité le long chemin parcouru par la Turquie depuis plus d’un demi-siècle pour remplir les conditions d’adhésion à l’UE, offre des volumes de livres d’images  avec des visages identiques sourire aux lèvres, qui pour la plupart ne sont plus en vie. Mais l’Union et le requérant savent tous deux  que la Turquie s’est égarée à des années lumières de l’UE en termes de culture et de socio-politique. La Turquie est trop non-européenne en matière de culture politique ; parfois même hostile à l’Europe.

Juste une semaine avant que les gros bonnets de l’UE arrivent à Ankara, le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé les états [chrétiens] occidentaux de «ne pas nous aimer [nous les musulmans],» d’«aimer le pétrole, l’or, les diamants, et la main-d’œuvre bon marché du monde islamique», et de «nous vouloir [ nous les musulmans] morts et d’aimer voir nos enfants mourir.»

Au préalable, M. Erdogan avait déclaré publiquement à plusieurs reprises que la Turquie demanderait à devenir membre de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) plutôt qu’une adhésion à l’UE, si on lui en offrait l’opportunité. (Les Etats membres de l’OCS sont la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan – sans aucun doute mieux ajustés aux normes démocratiques de la Turquie.)

De la même façon, l’UE continue de jouer son rôle. « Nous avons décidé de faire cette visite en début de notre mandat afin de constater les bonnes mesures que le nouveau gouvernement turc a décidé de prendre dans le processus d’adhésion à l’UE, » selon l’euphémisme en partie compréhensible de Mogherini.

L’UE ne peut claquer la porte au nez de la Turquie pour de nombreuses raisons géopolitiques. Mais il faut se rendre compte qu’elle a, au cours de la dernière décennie, perdu la quasi-totalité de ses leviers pour orienter la Turquie vers des réformes pro-européennes. Tandis que les Européens perdaient leur temps dans l’illusion que les islamistes de Turquie étaient des réformateurs post-islamistes, pro-UE – la Turquie mettait en œuvre un plan non pour devenir un futur membre mais pour être le défi musulman face à ce que ses leaders en privé considéraient être la «chrétienté» hostile.

Aujourd’hui, seul un tiers des Turcs disent partager les mêmes valeurs « que l’Europe chrétienne. » Près de 80% d’entre eux disent qu’ils ne voudraient pas avoir un chrétien comme voisin.

La Turquie apparaît au 154e rang  du classement mondial de la liberté de la presse, selon Reporters sans frontières.

Dans le courant de l’année, Freedom House, un prestigieux institut pro-liberté, a classé la Turquie dans la catégorie des pays qu’il qualifie de « non libre. » La Turquie, derrière la Russie, occupe le deuxième rang des violations des libertés civiles, selon la Cour européenne des droits de l’homme. Toujours derrière la Russie, la Turquie possède la deuxième plus grande force de police au monde, avec 475 policiers pour 100 000 habitants.

La Turquie sous domination islamiste a vivement prétendu vouloir adhérer à l’UE, alors qu’en réalité elle déteste profondément sa culture «chrétienne»; et les dirigeants de l’UE ont fait comme si la Turquie rejoindrait un jour le club, tout en sachant qu’elle ne le ferait pas.

Ironiquement, juste la veille de l’arrivée à Ankara de la délégation de l’UE, l’écrivain turc Orhan Pamuk, qui avait remporté le prix Nobel de littérature en 2006, a dénoncé ce qu’il a appelé un climat de «peur» dans son pays. Quelques années plus tôt, il avait affirmé que les «post-islamistes» conduiraient la Turquie dans l’UE.

Burak Bekdil
14 décembre 2014
Burak Bekdil, basé à Ankara, est un chroniqueur turc pour le quotidien Hürriyet et membre du Middle East Forum.

http://www.gatestoneinstitute.org/4950/turkey-eu

Traduction Europe Israël

© Copyright Europe Israël – reproduction autorisée avec mention de la source et lien actif

 

 

 







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  • 3 thoughts on “La Turquie et l’UE : L’instant Kodak

    1. Laurence

      Et l’Europe ose poser à coté d’un pays totalitaire , ose donner des leçons à Israel seul pays démocratique dans tout le moyen orient

      J’ai honte d’avoir voulu une Europe !!!!!!!!!!!!!!!!
      A cause de cette europe qui tolère l’intolérable et qui condamne la vertue !!!!!!!!!!!

      MONDE POURRI !!!!!!!!!!!!!

    2. dorylée50

      Ils et elle n’ont pas honte de poser aux côtés de représentants d’un pays qui occupe militairement un État membre de la communauté européenne. Quand on pense que ces gugusses nous dirigent !!!!

    3. Frahenjac

      Les Mecs sur la photo semblent heureux, « on » leur a fait cadeau d´une nouvelle poufiasse ! De la brune à la blonde, chacune aussi dégueulasse que l´autre…
      pas appétissante du tout !

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