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La CIA et la torture : pour en finir avec le manichéisme. Par G.W. Goldnadel


La CIA et la torture : pour en finir avec le manichéisme. Par G.W. Goldnadel

FIGAROVOX/CHRONIQUE – Alors que le quotidien Libération dénonce les «tortionnaires» Georges W. Bush et Dick Cheney, Gilles-William Goldnadel tente de resituer cette polémique dans toute sa complexité.

Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est secrétaire national à l’UMP chargé des médias. Il préside par ailleurs l’Association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l’actualité pour FigaroVox.

La semaine écoulée, dans le domaine de la politique internationale, aura été bien vertueuse.
Elle a essentiellement consisté à reproduire les commentaires repentants des démocrates américains quant aux méthodes brutales utilisées par la CIA au le lendemain du 11 septembre 2001. En ce qui concerne les républicains, les téléspectateurs français n’ont eu droit qu’à l’intervention du sénateur McCain, héros du Vietnam, tout aussi sévère envers l’agence de renseignements.

Ceux qui ne lisent pas la presse anglo-saxonne ont dû attendre jusqu’au samedi 13 décembre pour découvrir une situation plus complexe et des commentaires plus perplexes.
Ceux qui connaissent, et ils sont de plus en plus nombreux, le caractère monolithique du moralisme de l’information à la française l’avaient évidemment pressenti.

Mais il a donc fallu l’excellente chronique publiée dans ces colonnes par Laure Mandeville, correspondante duFigaro à Washington, pour le constater.

C’est ainsi par exemple que le philosophe politique Joshua Mitchell, professeur à l’université de Georgetown, croit devoir déceler sous cette repentance obamanienne une manière de puritanisme qui ferait que «la confession serait bonne pour l’âme»: «ce désir de repentance s’explique moins par le désir de transparence à l’œuvre dans le système démocratique que par la tradition religieuse puritaine de l’Amérique et son obsession de pureté».
On n’est évidemment nullement obligé de souscrire à ce décryptage universitaire.

Au-delà de la dénonciation compréhensible de méthodes fort condamnables, un être plus prosaïque pourrait voir sous ce grand déballage public si impitoyable envers la CIA versus Djihad, l’habituel «libéralisme» dont Hollywood, qui a consacré une grande partie de sa production filmographique à imaginer des complots fomentés par la Centrale contre des individus sans défense, est l’incarnation la plus emblématique.
Libéralisme, teinté, s’agissant d’Obama, d’une manière de néo tiers-mondisme qui a prouvé son efficacité, à la façon dont la politique des États-Unis a été inefficace contre l’islamisme en Afghanistan, en Libye, en Égypte, en Irak et en Syrie.

Le même professeur de Georgetown relève qu’«une partie de l’Amérique représentant plutôt la tradition réaliste» est préoccupée par la question de la sécurité nationale et qu’elle comprend que «ce désir de pureté excessif» est dangereux. «Les sociétés européennes savent qu’il y a toujours une part de noirceur dans le pouvoir, d’où leurs accusations légitimes d’hypocrisie».
Joshua Mitchell s’inquiète donc «du coup que ces révélations porteront aux institutions comme la CIA» et la manière dont les adversaires du pays utiliseront cet affaiblissement.

D’autres critiques américains de l’exercice de contrition démocrate se font encore plus mordants. Alors que l’éditorialiste du Washington Post, Philippe Kennicott déplore «un exercice creux», l’éminent politologue Larry Sabato dénonce «un élément partisan dans le déballage orchestré par les démocrates du Sénat, qui vise l’administration Bush et (dont je) doute qu’ils auraient fait la même chose pour une administration démocrate».
Surtout, Sabato s’inquiète «de la naïveté du procédé», qui sera «récupéré par les ennemis de l’Amérique». «Entendre les Chinois et les Russes attaquer les États-Unis alors qu’ils sont les maîtres de la torture est dérangeant! L’État islamique utilisera aussi nos confessions pour justifier sa barbarie».

Et la correspondante de notre journal à Washington de citer encore «une source française» qui relève le «caractère singulier, presque masochiste, d’une confession livrée alors que la bataille continue de faire rage».
Il est vraiment dommage que cette source nationale n’ait pas irriguée de sa fraîcheur la réflexion médiatique hexagonale. Il est surtout révélateur que seul le prêt-à-penser démocrate ait été livré, frais de port inclus, au consommateur d’informations français.

Peut-être que si celui-ci avait entendu d’autres sons d’autres cloches, certains commentateurs français, auraient pu se libérer des entêtants parfums d’encens qui ont empli les temples de l’information et les grand-messes des reportages.

À l’exception de l’exercice assez convenu, encore que justifié, consistant à reprocher les zigs et les zags deMarine Le Pen sur la question de la Question, il ne s’est trouvé sur les rives de la Seine aucun commentateur qui ait eu le courage ou l’intelligence d’autres sur le Potomac.
Était-ce donc si difficile de s’interroger, ne serait-ce que sur l’étrange timing du présent exercice de repentance historique sur des excès passés, alors que les djihadistes torturent aujourd’hui chaque jour à tour de bras, quand ils ne scient pas le cou de leurs victimes ?

Était-ce donc si difficile de s’interroger sur cette propension de l’Occident crépusculaire à préférer incarner le mal plutôt que de le combattre ?

Dans un domaine voisin, est-il permis de s’interroger sur l’interdiction, sous peine d’être convaincu d’amalgame islamophobe, de se poser des questions sur le manque d’esprit critique de certains représentants de l’islam à l’égard des djihadistes et du terrorisme ?

C’est ainsi que le quotidien «20 minutes» daté du 14 décembre révèle les propos du président de l’Union des Musulmans de Lunel, qui gère la mosquée de cette ville méridionale d’où sont partis une dizaine de djihadistes, dont la moitié ne reviendront jamais. Loin de vouloir s’excuser, le représentant considère François Hollande comme le principal fournisseur de la plus grosse filière djihadiste.

La veille, Le Monde, évoquant un «déni», citait le même édile: «qui réclamerait à une synagogue de rendre des comptes sur des franco-israéliens partis servir dans l’armée israélienne ? Et il faudrait que nous nous excusions»?
La pression morale médiatique et intellectuelle ne doit pas être bien forte pour que Tarik Ramadan, ordinairement soucieux de respectabilité jusqu’à poser chacun de ses mots avec une précision d’orfèvre, s’est senti autorisé à moins de pondération. C’est ainsi que le site du Secours Islamique «Katibin» rapporte que «face aux questions faussement naïves de la journaliste Audrey Crespo-Mar (LCI)» la coqueluche talentueuse de nombreux musulmans de France «est restée sur ses positions et a vanté les actions du Hamas, tout en condamnant l’appellation d’ «organisation terroriste», plus spécifique à l’État criminel». Déjà, la secrétaire nationale de l’UMP, Salima Saa avait dénoncé les propos de Ramadan, qualifiant Mohamed Merah «d’enfant désoeuvré,… affectueux,… pas habité par les pensées racistes antisémites… victime d’un ordre social qui l’avait déjà condamné à la marginalité.»

Mais soyons justes envers ces représentants ou porte-parole d’un certain islam de France: tout ce qui vient d’être cité est, chaque jour, véhiculé par les représentants ou les porte-parole d’une certaine extrême gauche bien en cour médiatique.
Le combat contre le racisme et l’antisémitisme, une cause nationale de gauche ?

Vraiment? Pour rester sur cette même thématique de l’esprit critique médiatique, du racisme et de l’extrême gauche, les dernières éructations de Jean-Luc Mélenchon à propos d’une députée allemande qualifiée «de caricature de boche de bandes dessinées» et qui n’ont pas donné lieu à de grandes condamnations, en disent long sur la morale sélective de l’antiracisme de pacotille.

Je n’ose imaginer, à notre époque si policée, le sort d’un tribun de droite qui aurait évoqué «une caricature de Juif ou d’Arabe».

J’hésite entre la décapitation publique ou le supplice du pal. Pourquoi d’ailleurs choisir ?

 
Gilles William Goldnadel ©

 Source







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  • 2 thoughts on “La CIA et la torture : pour en finir avec le manichéisme. Par G.W. Goldnadel

    1. yoniii

      hi

      ci jiond une reponse qui dit clairement que combattre ses ennemi de face et de front et le meilleurs garant de votre securité
      le reste c’est du vent
      *

      http://koide9enisrael.blogspot.fr/2014/12/une-etude-revele-que-les-demolitions.html

      Une étude révèle que les démolitions des maisons des terroristes entrainent une « diminution significative » des attaques…

      Une nouvelle étude montre que la politique israélienne concernant les démolitions des maisons des terroristes diminue efficacement le nombre d’attaques terroristes. L’étude a été menée par des chercheurs de la Northwestern University et l’Université hébraïque de Jérusalem. les résultats complets seront publiés dans le numéro de Janvier de la revue Journal of Politics. Selon l’étude, la démolition des maisons des terroristes palestiniens entraine une diminution significative immédiate du nombre d’attentats-suicides…

      by

    2. Robert Davis

      La différence entre les Juifs français qui s’egagent dans l’armée israélienne et les djihadistes c’est que les premiers se battent pour un Etat qui se DEFEND alors que les maghrébins se battent pour un IMPERIALISME ARABE qui veut cumuler tous les territoires du monde. En dehors de l’arabie TOUS LES ARABES SONT DES COLONS y compris au maghreb.

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