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En quoi les médias se trompent et trompent sur Israël [Part 4/4]


En quoi les médias se trompent et trompent sur Israël [Part 4/4]

Par Matti Friedman —

Image à la Une : un combattant du Hamas à l’intérieur d’un tunnel à Gaza en août 2014, lors d’un reportage  de journalistes de Reuters (Mohammed Salem/Reuters)

En décrivant la réalité des combats de la Seconde Guerre mondiale, le critique américain Paul Fussell a écrit, que la presse était censurée et se censurait elle-même à un point tel que «pendant près de six ans, une grande tranche de la réalité, – peut-être entre le quart et la moitié – fut déclaré hors-limites, et le reste aseptisé et périphrasé fut présenté comme l’ensemble.» Au cours de la même guerre, des journalistes américains (principalement des magazines Henry Luce) avaient été engagés dans ce que Fussell a appelé le « Grand Hoax de Chine » des années d’information biaisée visant à dépeindre le régime vénale de Chiang Kai-shek comme un allié admirable de l’Occident contre le Japon.

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Chiang a été mis six fois en couverture de Time, mais la corruption et le dysfonctionnement de son gouvernement ont été soigneusement camouflés. Un Marine stationné en Chine avait été tellement déçu par le fossé entre ce qu’il a vu et ce qu’il a lu que lors de sa libération, il a déclaré [said], « Je suis passé à Newsweek. »

Les hallucinations journalistiques, en d’autres termes, ont un précédent. Elles ont tendance à se produire, comme dans le cas du Grand Hoax de Chine, lorsque les reporters n’ont pas la liberté d’écrire ce qu’ils voient, mais sont plutôt tenus de maintenir une «histoire» qui suit des lignes prévisibles.

Pour la presse internationale, les caractéristiques les plus laides de la politique et de la société palestiniennes sont pour la plupart intouchables parce qu’elles perturberaient l’histoire d’Israël, qui est l’histoire de l’échec moral juif.

La plupart des consommateurs de l’histoire d’Israël ne comprennent pas comment l’histoire est fabriquée. Mais le Hamas le sait. Depuis qu’il a pris le pouvoir à Gaza en 2007, le Mouvement de résistance islamique a fini par comprendre que de nombreux journalistes engagés dans un récit présentant les israéliens comme oppresseurs et les palestiniens comme victimes passives avec des objectifs raisonnables, ne s’intéressent pas aux informations contradictoires.

De ce fait, des porte-paroles du Hamas ont joué la carte de la confidence avec certains journalistes occidentaux que je connais personnellement, et ont fait passer l’idée que le groupe était en fait secrètement pragmatique avec une rhétorique belliqueuse, et les journalistes – avides de croire en cette confession, rejetant l’idée que ces gens pouvaient manœuvrer finement et avec ruse pour les tromper – ont gobé l’information.

Quand j’étais à l’AP, nous avons aidé le Hamas à faire passer ce point de vue avec une doctrine d’information classée comme « signes étonnants de modération » (précurseur direct à la thèse que les « Frères musulmans sont en réalité des libéraux » école qui a connu une brève vogue en Egypte). Dans l’une de mes histoires préférées, « Un Hamas plus tolérant » (11 décembre 2011), les journalistes avaient cité un porte-parole du Hamas qui informait les lecteurs que la politique du mouvement, est que « nous n’allons pas dicter quoi que ce soit à quiconque, » et un autre dirigeant du Hamas, affirmait que le mouvement avait « appris la nécessité d’être plus tolérant envers les autres. » Vers la même époque, j’ai été informé par les rédacteurs en chef du Bureau que notre journaliste palestinien à Gaza ne pouvait pas fournir une couverture critique du Hamas parce que cela le mettrait en danger.

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Le Hamas est aidé dans sa manipulation des médias par la vieille croyance du milieu, – une sorte de réflexe, –  qui pousse les journalistes à s’interdire de jamais mentionner l’existence d’autres journalistes. Dans un conflit comme le nôtre, cela finit par exiger des efforts considérables: Tant de photographes couvrent les manifestations en Israël et dans les territoires [sous autorité] palestinienne, par exemple, que l’un des défis pour toute personne prenant des photos est de garder les collègues hors du cadre. Que la présence d’autres photographes soit aussi primordiale pour l’histoire que celle des manifestants [arabes] palestiniens ou celle des soldats israéliens – ne semble pas être pris en considération.

Dans la bande de Gaza, on passe d’un détail curieux de la psychologie de la presse à une carence majeure. La stratégie du Hamas est de provoquer une réponse d’Israël en attaquant derrière le bouclier des civils palestiniens, entraînant des frappes israéliennes qui tuent des civils, puis d’avoir les victimes filmées par l’un des plus grands contingents de presse du monde, sous entendu que l’indignation résultante à l’étranger va émousser la réplique d’Israël.

C’est une stratégie impitoyable, d’une redoutable efficacité. Elle repose sur la coopération des journalistes. L’une des raisons de son bon fonctionnement est le réflexe que j’ai mentionné. Si vous signalez que le Hamas a une stratégie basée sur la co-optation des médias, cela soulève plusieurs questions difficiles, comme celle de la nature  exacte de la relation entre les médias et le Hamas ? Et la question de savoir si cette relation a corrompu les médias? Il est plus facile de laisser les autres photographes hors du cadre et laisser l’image raconter l’histoire: Voici des morts, et c’est Israël qui les a tués.

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Au cours des précédents combats à Gaza, le Hamas a appris que la couverture internationale du territoire pourrait être modelée selon ses besoins, une leçon qu’il a mise en oeuvre dans la guerre de cet été. La plupart des travaux de presse à Gaza est faite par des fixateurs, traducteurs et journalistes locaux, des gens qui n’osent naturellement pas froisser le Hamas, ce qui fait que le groupe trouve rarement nécessaire de menacer un Occidental.

Les Forces armées de l’organisation peuvent même disparaître.On peut faire confiance à la presse pour jouer son rôle dans le script du Hamas, au lieu de signaler qu’il y a un tel script. La stratégie du Hamas n’existe pas, selon le Hamas ou, comme diraient les journalistes, ce n’est «pas l’histoire. » Il n’y a aucune Charte du Hamas accusant les Juifs pendant des siècles de perfidie, ou appelant à les assassiner; ce n’est pas ça l’histoire. Les roquettes qui tombent sur les villes israéliennes sont tout à fait inoffensives; ce n’est pas l’histoire non plus.

Il est plus facile de laisser les autres photographes hors du cadre et de laisser l’image raconter l’histoire: Voici des personnes mortes, c’est Israël qui les a tuées.

Le Hamas a compris que les journalistes accepteraient tel quel, non seulement le bilan des morts civils rapporté par le Hamas – et relayé par l’ONU ou par ce qu’on appelle le «ministère de la Santé de Gaza, » un bureau contrôlé par le Hamas,-  mais feraient de ces chiffres le centre de la couverture médiatique.

Le Hamas a compris que les journalistes pourraient être intimidés si nécessaire et qu’ils ne dénonceraient pas l’intimidation dans leur reportage. Les organismes de presse occidentale ont tendance à ne voir aucun impératif éthique à informer les lecteurs des restrictions qui façonnent leur couverture des événements dans les états répressifs ou autres zones dangereuses.

A la suite de la guerre, on pouvait faire confiance à l’alliance ONG-ONU-médias pour galvaniser les organes de la communauté internationale contre Israël, et pour laisser le groupe djihadiste peinard.

Lorsque les dirigeants du Hamas ont sondé leurs actifs avant la série de combats de cet été, ils savaient que, parmi eux se trouvait la presse internationale. Le personnel d’Associated Press à Gaza pouvait assister à un lancement de fusée juste à côté de leur bureau, mettant en danger les journalistes et d’autres civils à proximité sans qu’aucun journaliste de l’Agence ne le signale, pas même dans ses propres articles reprenant l’affirmation par Israël, que le Hamas lançait des roquettes à partir de zones résidentielles. C’est un fait avéré. Ce qui s’est avéré aussi, c’est que des combattants du Hamas ont fait irruption dans le bureau de Gaza de l’Associated Press et ont menacé le personnel pour que l’Agence ne le signale pas.

Les cameramen attendant à l’extérieur de l’hôpital Shifa dans la ville de Gaza filmaient l’arrivée de victimes civiles et ensuite, au signal d’un fonctionnaire, éteignaient leurs caméras lorsque des combattants blessés et morts arrivaient, aidant le Hamas à maintenir l’illusion que seul des civils mouraient. (C’est un fait avéré; l’information provient de plusieurs sources ayant une connaissance de première main de ces incidents.)

Selon la confirmation de Colford, le porte-parole de Associated Press, [confirmed] des militants armés sont bien entrés dans le bureau de l’Agence à Gaza dans les premiers jours de la guerre pour se plaindre d’une photo montrant l’emplacement d’un lanceur de fusée, mais le Hamas avait affirmé que ces hommes « ne représentaient pas le groupe ».
Associated Press « ne rapporte pas beaucoup les interactions avec les milices, les armées, les voyous ou les gouvernements « , écrit-il. « Ces incidents font partie de la gageure de sortir les informations –  et ne constituent pas en soi des informations. »

Cet été, avec les Yézidis, les chrétiens et les Kurdes tombant aux mains des forces de l’islam radical non loin d’ici, la branche locale de cette idéologie lançait sa nouvelle guerre contre la dernière minorité prospère au Moyen-Orient. La presse occidentale, s’est présentée en masse pour la couvrir. Ce conflit comprenait des barrages de roquettes à travers Israël et la ligne de front fut délibérément établie à l’arrière des civils palestiniens, ce qui causa la mort de nombre d’entre eux.

Crétinisés pendant des années sur «l’histoire d’Israël» et habitués à leurs omissions de routine, confus sur le rôle qu’ils sont censés jouer, et cooptés par le Hamas, les journalistes ont décrit cette guerre comme un assaut féroce d’Israël contre des personnes innocentes.

Ce faisant, ce groupe de professionnels intelligents et généralement bien intentionnés a cessé d’être un observateur fiable pour devenir l’amplificateur de la propagande de l’une des forces les plus intolérantes et agressives sur terre. Et ça, comme on dit, c’est la vérité vraie.

* Cet article avait à l’origine indiqué que Gerald Steinberg, le Président  de l’ONG Monitor était américain. Il est né au Royaume-Uni et a été élevé aux Etats-Unis. Pardon pour cette erreur.

matti friedman

Matti Friedman

Traduction Europe Israël

© Copyright Europe Israël – reproduction autorisée avec mention de la source et lien actif

3ème partie ICI

2ème partie ICI

1ère partie ICI

 Précédents articles de l’auteur : Le guide d’un initié sur l’Histoire la plus importante sur terre

 

 







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  • 5 thoughts on “En quoi les médias se trompent et trompent sur Israël [Part 4/4]

    1. Robert Davis

      Les médias bien intentionnés? vous plaisentez! Ils suivent la ligne politique des gouvernements. En ce qui concerne Israel,la france qui a incité l’europe et même le monde grâce à ses mensonges puisque c’est tout ce qu’elle sait faire, veut un Israel faible et tout est bon pour l’affaiblir avec l’aide opportunisste de la gauche israélienne qui se moque des conséquences pourvu que cela leur rapporte pouvoir,places,commandes et autres avantages. La raison? je pense pour pouvoir MANIPULER les juifs,se servir d’eux en particulier comme BOUCS EMISSAIRES leur permettant de faire diversion lorsqu’ils font des âneries. 2000 ans de manipulations ne s’effacent pas si vite et peut-être même que psychologiquement ces politicards se disent qu’ils ne sont pas plus bêtes que les monarques d’antan… C’est si pratique pour les lâches.Un Israel FORT ne se laisserait pas faire et pourrait même les étriller alors que faible et en guerre PERPETUELLE (ce qu’ils appellent la paix…) ils peuvent continuer comme au « bon vieux temps ». Ajoutez la jalousie et cela devient machiavélique TYPIQUE de la politique française.

    2. Akerman Michel Netanya

      La presse européenne est subventionnée. Si elle s’écarte de la ligne politique du pouvoir en place, la sanction est immédiate : les subventions risquent d’être supprimées. Hors , en France, le Quai d’Orsay a TOUJOURS eu une politique antisioniste et la droite comme la gauche peuvent se donner la main, depuis de Gaulle c’est Israël qu’il faut condamner !
      Alors les « journalistes » jouent le jeu, Enderlin le faussaire de l’a pseudo mort d’Al Dura, en premier. Le Hamas n’a même plus besoin de menacer, les « journalistes » présents à Gaza ou en Israël ont bien appris la leçon, Reuters, CNN, France 2, BBC, tous appliquent les consignes des palestiniens, nouveau « résistants » face aux colons israéliens. La vérité est longue a faire surface mais cela viendra, c’est évident, mais quand ? L’Europe se croit-elle encore à l’abri des représailles des Islamistes ?

    3. Sandrine AARON

      CES MEDIAS JE LES HAIS CE SONT DES CRAPULES QUI MANTENT SUR ISRAEL C’EST A CAUSE D’EUX QUE LE MONDE EST CONTRE ISRAEL. CES SALAUPS LE PAYERONT TRES CHERS DE LA PART DE HASHEM ELOHIM

    4. FONTES

      Avec la traitrise de la France a l’egard d’Israel et de son peuple, je pense que que tous les juifs se trouvant dans ce lache pays, doivent rentrer en Israel le plus tot possible.Tous les juifs se trouvant dans les pays, dont les gouvernements sont contre le peuple juif, doivent rentrer en Israel le plus tot possible. Il faut que chaque juif ait la confience en Dieu Tout Puissant, et aussi la confience dans le gouvernement de la nation juive.- Le peuple Juif doit tout rentrer en Israel, pour qu’il puisse defendre la nation d’israel contre ceux qui veulent la detruire. – Que Le Dieu tout Puissant soit toujours avec Israel. Amen!

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