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En quoi les Média se trompent et trompent sur Israël. Par Matti Friedman [Part 1/4]


En quoi les Média se trompent et trompent sur Israël. Par Matti Friedman  [Part 1/4]

 « Les informations nous en disent moins sur Israël que sur ceux qui les écrivent »  nous dit un ancien reporter d’agence de presse.

 Image à la Une : Un rassemblement en soutien au Djihad  Islamique à l’Université  Al-Quds à Jerusalem Est, en novembre 2013 (Par Matti Friedman)

 Pendant la guerre de Gaza cet été, il est devenu clair que l’un des aspects les plus importants et le moins couvert du conflit sur-médiatisé entre juifs et arabes a été la presse elle-même. La presse occidentale est devenue moins un observateur de ce conflit qu’un acteur, un rôle qui a des conséquences pour les millions de gens qui essaient de comprendre les événements actuels, y compris les responsables politiques qui dépendent des récits journalistiques pour appréhender une région où ils cherchent constamment, sans y parvenir à intervenir de façon productive.

Un essai que j’ai écrit pour Tablet sur ce sujet à la suite de la guerre a suscité un vif intérêt [essay I wrote for Tablet ]. Dans cet article, basé sur mes expériences entre 2006 et 2011 en tant que journaliste et rédacteur en chef au bureau de l’Associated Press à Jérusalem, l’une des plus grandes agences de presse mondiales, j’ai souligné l’existence d’un problème et j’en ai discuté en termes généraux. A l’aide de chiffres portant sur les dotations en personnel, j’ai illustré l’attention disproportionnée des médias consacrée à ce conflit par rapport à d’autres évènements, et j’ai donné des exemples de décisions éditoriales qui semblaient être motivées par des considérations idéologiques plutôt que journalistes. J’ai suggéré que l’effet cumulatif contribuait à créer une histoire manifestement trop simpliste, – une sorte de jeu moderne de la morale dans lequel les Juifs d’Israël sont présentés, plus que tout autre peuple sur terre, comme l’exemple de l’échec moral. C’est un mode de pensée qui puise ses racines profondes dans la civilisation occidentale.

Mais comment, précisément, ce modèle de pensée se manifeste-t-il dans le fonctionnement ou le mauvais fonctionnement au jour le jour, de la presse corporative? Pour répondre à cette question, je veux explorer la façon dont la couverture de la presse occidentale est formée par des circonstances uniques ici en Israël et aussi par des défauts affectant les médias au-delà des limites de ce conflit. Ce faisant, je m’appuierai sur mes propres expériences et celles de collègues. Celles-ci bien qu’évidemment limitées sont malgré tout, selon moi, représentatives.

Je vais commencer par une simple illustration. La photo [présentée à la Une], ci-dessus est celle d’un rassemblement d’étudiants qui a eu lieu en novembre dernier à l’Université Al-Quds, une institution palestinienne connue à Jérusalem-Est. Le rassemblement, soutenant le groupe fondamentaliste l’armée du Djihad islamique, montre une sélection d’acteurs jouant le rôle de soldats israéliens morts et une rangée d’hommes masqués dont le salut avec le bras tendu a été repris par les quelques centaines d’étudiants présents. Des rassemblements similaires ont lieu régulièrement sur le campus.

Je n’utilise pas cette photo pour dire que les palestiniens sont des nazis. Les palestiniens ne sont pas des nazis. Ils sont, comme les Israéliens, des êtres humains aux prises avec un passé et un présent difficiles qui sont parfois laids. Je la présente maintenant pour une raison différente.

Un tel événement dans une institution comme l’Université Al-Quds, dirigée à l’époque par un professeur modéré bien connu, et ayant des liens avec des institutions sœurs en Amérique, indique quelque chose sur l’atmosphère qui souffle désormais dans la société palestinienne et dans le monde arabe. Le rassemblement est intéressant pour la connexion visuelle qu’il fait avec l’Islam radical ici et ailleurs dans la région; une image de ce genre pourrait aider à expliquer pourquoi de nombreux Israéliens parfaitement rationnels craignent de retirer leur armée de Jérusalem-Est ou de Judée-Samarie, même s’ils détestent l’occupation et souhaitent vivre en paix avec leurs voisins palestiniens.

Les images de la manifestation sont, comme les éditeurs de photos aiment le dire, «fortes». Le rassemblement avait, en d’autres termes, tous les éléments nécessaires pour un reportage magistral.

L’événement s’est déroulé à quelques minutes en voiture des maisons et des bureaux de centaines de journalistes internationaux basés à Jérusalem. Les journalistes étaient au courant :
L’important bureau de l’Associated Press à Jérusalem, par exemple, qui peut produire plusieurs reportages en moyenne par jour, était en possession de photos de l’événement, y compris celle ci-dessus, un jour plus tard. (Les photographies ont été prises par quelqu’un que je connais qui était sur le campus ce jour-là, et je les ai envoyées au bureau moi-même). Les directeurs de la rédaction de Jérusalem ont décidé que les images et le rassemblement, n’étaient pas dignes d’intérêt, et la manifestation fut juste mentionnée par l’Associated Press des semaines plus tard quand le bureau de l’agence de Boston rapporta que l’Université Brandeis avait coupé les liens avec Al-Qods après cet incident. Le jour où l’Agence de Presse décida de négliger ce rassemblement, le 6 Novembre 2013, ce même Bureau publia une information sur l’engagement du Département d’État des États-Unis à fournir une augmentation de financement mineure pour l’Autorité palestinienne; cette information était digne d’intérêt.

C’est la norme. Pour en offrir une autre illustration, la construction de 100 appartements dans une colonie juive est toujours une information majeure; la contrebande de 100 roquettes sur Gaza par le Hamas est, à de rares exceptions près, complètement écartée des informations.

Le ‘pipeline’ d’informations en provenance d’Israël n’est pas seulement rouillé et fissuré, mais intentionnellement obturé.

Je mentionne ces exemples pour démontrer le genre de décisions prises régulièrement dans les bureaux de presse étrangère couvrant Israël et les territoires palestiniens, et pour montrer la manière dont le pipeline de l’information de ce lieu n’est pas seulement rouillée et biaisé, ce qui est habituellement le cas dans le monde des médias, mais qu’il est  intentionnellement obturé.

Il y a des explications banales à ces problèmes de couverture -les reporters sont pressés, les directeurs de rédaction sont surchargés et distraits. Ce sont des réalités, qui peuvent expliquer de petites erreurs et des accidents comme des titres mal conçus, c’est pourquoi ces détails ne me frappent généralement pas comme importants ou dignes d’analyses. Certains disent que les amplifications et les omissions sont les résultats inévitables d’une tentative honnête de couverture des événements dans un environnement de reportage difficile et parfois dangereux, ce que moi aussi, j’ai d’abord cru.

Quelques années de pratique ont changé mon état d’esprit. Ces excuses ne peuvent expliquer pourquoi les mêmes exagérations et omissions se répètent encore et encore, pourquoi elles sont communes à tant d’organes de presse, et pourquoi la simple «histoire d’Israël» trouvée dans presse internationale est si étrangère à ceux qui sont au courant du contexte historique et régional des événements dans ce lieu. L’explication est ailleurs.

MATTI FRIEDMAN30 novembre 2014
Traduction Europe Israël

 Pour lire la suite : En quoi les Média se trompent sur Israël. Par Matti Friedman [Part 2]

Précédents articles de l’auteur : Le guide d’un initié sur l’Histoire la plus importante sur terre

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  • 7 thoughts on “En quoi les Média se trompent et trompent sur Israël. Par Matti Friedman [Part 1/4]

    1. Robert Davis

      Quand on a la prétention d’expliquer,il faut d’abord comprendre soi-même et quand on parle de « colonies » et ‘d »occupation » vous montrez que vous n’avez RIEN compris. Attendez qu’il y ait un ou quelques attentats contre ces journalistes de l’afp et vous verrez comme ils changeront VITE de discours. Vous trouverez bien une autre SALADE pour nous « expliquer » ça sûrement…Il ne faudra pas nous dire qu’ils sont surtout lâches car cela ça fait longtemps que NOUS on l’a compris. Vous c’est une autre affaire.

    2. Sandrine AARON

      LES PALESTINIENS SONT DES NAZIS ET VEULENT DETRUIRE ISRAEL. IL NE FAUT PAS DE FAIRE DE CONCESSION TERRITORIALE. DIEU PROTEGE ISRAEL ET LA CONGREGATION CHRETIENNE SIONISTE LA SOUTIENNE COMME UNE MAMAN QUI RECONFORTE SON ENFANT.

    3. dorylée50

      On croirait revoir les SS du mufti de Jérusalem. On va sans doute nous expliquer que ce salut n’est pas nazi. C’est sans doute une blague de potache comme l’agression de la fillette juive à Lyon par 2 gamins musulmans  » en guerre contre les Juifs  » …

    4. Marc guedj

      Les News à Canal: une cata !
      La chaîne de télévision payante Canal Plus a lancé une grande campagne promotionnelle d’abonnement pour tenter de récupérer des clients, partis ailleurs…Mais on doute que la qualité des news de la chaîne favorisent cette tentative de redressement.
      Je prends pour démonstration ce qui s’est passé, aujourd’hui :
      D’abord le Grand Journal de 19h15 ;un sujet sur Israël avec un vieux palestinien frappé et jeté à terre par Tsahal, suivi par l’information du décès d’un responsable palestinien, pendant une manifestation, laissant volontairement planer le doute entre une mort par crise cardiaque ou beaucoup plus grave…On ne peut rêver plus grand équilibre de l’information.
      Dans ce même journal, l’animateur De Caunes, reconnu pour la médiocrité e ses interventions, sauf quand il faut le pite! , s’adresse à un otage libéré  » Comment avez-vous fait pour tenir aussi longtemps ?Vous aviez des TRUCS ? » La question est tellement tombée à plat que l’ex otage s’est cru obligé de sortir un « gri-gri!.
      Dans le contexte de la libération de Lazarevitch le dernier otage français et on se demande ce qui permet de l’affirmer, le journaliste karim Risssouli dont ne peut nier qu’il travaille pour sa cause s’adresse à l’otage  » à l’époque vous êtes vous senti gêné d’être devenu un objet de communication entre les mains du Président Sarkozy ( qui l’avait accueilli à laéroport). Cette question vicieuse mis hors de lui KOUCHNER, à l ‘époque, ministre de Sarko et qui l’a, sans doute beaucoup regretté. »
      Le climat est loin de se détendre avec la spécialiste de la question qui n’en finit pas Natacha Polony, éditorialiste au Figaro et on se demande ce qu’elle fait là, lorsqu’elle interroge Stephane Le Foll sur la loi Macron, trs controversée. La Rousse se fait renvoyer dans les cordes, sans ménagement et son sourire qui se veut désarmant ne fait qu’énerver, un peu plus, le porte-parole du gouvernement qui trouve que ,décidément, les questions dans ce Grand Journal n’ont vraiment rien de grandiose…
      Peut-être allons-nous être un peu plus cool avec la Grande Edition , présentée par un certain Ali adou qui a deux caractéristiques. Au cours d’une seule émission, il rit, à gorge déployée et souvent, il est le seul sur les blagues, les plus creuses de ses camarades plateau.
      L’autre travers de Badou n’est pas trs confraternel et témoigne de son obsession de mettre son grain de sel ou de Harissah en permanence. Il ne peut s’empêcher de commenter, d’interroger, de couper la parole à ses journalistes qui ont parfois du mal à retrouver le fil de leur pensée, quand adou, dans on lancement, ne dit pas, avant même la diffusion du sujet ce qu’il y a dedans ! Une calamité !
      Et ce n’est pas les beaux yeux et les belles tenues de la spécialiste du décryptage des images qui peuvent inverser ce sentiment d’une émission, sans queue, et surtout sans tête !
      Dans ce tableau, très sombre, pour les news de Canal l’arrivée, quand même, le soir de Victor Robert,UN véritable journaliste, sobre, précis et visiblement honnête Mais qui, à lui seul, ne peut renverser le cours de la guerre médiatique qu’ est en tain de perdre CAnal Plus…;;
      Marc Guedj :

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