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Qui êtes-vous Yéhouda Glick ?, par Laly Derai


Qui êtes-vous Yéhouda Glick ?, par Laly Derai

Alors que Yéhouda Glick était toujours dans un état grave, une semaine après l’attentat dont il a été victime, le voile se lève peu à peu sur cet homme injustement qualifié par les médias « d’extrémiste de droite fanatique » et dont le seul « crime » est d’avoir lutté pour la souveraineté d’Israël sur le Mont du Temple.

Le 29 octobre, alors qu’il venait de terminer une conférence sur le combat qu’il mène depuis plus de six ans, à savoir la liberté de culte sur le mont du Temple, Yéhouda Glick a été pris pour cible par un terroriste du djihad islamique qui a tiré sur lui trois balles quasiment à bout portant.

Qui est Glick ?

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Un « extrémiste de droite fanatique » ou un homme désireux de faire respecter le droit pour un Juif de prier où bon lui semble ?

Pourquoi la police a-t-elle classé les nombreuses plaintes qu’il a déposées pour menaces de mort à son encontre ?

En quoi l’Autorité palestinienne est-elle impliquée dans cette tentative d’assassinat ?

Quelques éléments de réponse dans ce dossier.

Si la police avait pris au sérieux les menaces de mort prononcées à l’encontre de Yéhouda Glick, il n’aurait pas été aujourd’hui entre la vie et la mort. C’est en tout cas ce qu’affirment ses proches. Il y a deux mois, le 31 août, Glick écrivait une lettre au commandant des forces de police à Jérusalem, dans laquelle il affirmait que ses jours, et ceux de tous ceux qui luttent pour le droit de prier sur le mont du Temple, étaient en danger. Dans sa lettre, Glick décrivait comment des musulmans radicaux avaient ouvert des pages Facebook, ornées de sa photo, entourée d’une cible rouge, appelant clairement à son élimination.

Difficile de rater Yéhouda Glick : Sa barbe rousse est reconnaissable entre toutes…

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La police, qui est capable de découvrir en quelques minutes l’adresse IP et l’identité de tout provocateur sur le net, n’a pas utilisé cette technologie dans ce cas.

Ce n’est pas la première fois que Glick se plaint à la police d’être menacé. Et pourtant, à chaque fois, la police a fermé le dossier, prétextant le « manque d’intérêt du public ». Aujourd’hui, la famille et l’entourage de Yéhouda Glick affirment que s’il avait obtenu la garde rapprochée qu’il méritait, Mouataz Hidjazi n’aurait peut-être pas pu l’attendre aux pieds du centre Bégin et lui tirer dessus.

Face à ces accusations, le commandant des forces de police, Yo’hanan Danino, a souligné que la police n’avait pas en sa possession de renseignements concernant d’éventuelles menaces concernant Glick. « Les événements qui secouent la capitale sont graves, mais ne constituent pas une nouvelle Intifada », a déclaré Danino.

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Le Président de la Knesset, Youli Edelstein, n’a pour sa part pas attendu davantage pour imposer une escorte de gardes du corps au député Likoud Moché Feiglin, lui aussi ardent défenseur de la montée sur le Har Habayit.

 Un bras de fer vieux de six ans

 Voici maintenant près d’une décennie que Yéhouda Glick est devenu le symbole de la montée sur le mont du Temple. Cet ancien porte-parole du ministère de l’Intégration, qui a démissionné suite à l’adoption du plan de retrait unilatéral de la bande de Gaza, en 2005, a ensuite dirigé l’Institut du Temple.

C’est en 2008 que commence son bras de fer avec la police lorsque le 15 octobre, il est arrêté alors qu’il tente de faire pénétrer sur le Har Habayit un livre sur lequel il a recopié quelques versets du Tana’h. Le juge Maurice Ben Attar rejette la demande des autorités de l’éloigner du Mont. Quelques mois plus tard, en janvier 2009, la police essaie à nouveau de se débarrasser de la présence de Glick sur le Har Habayit. Néanmoins, un recours à la Cour suprême conduit la police et Glick à un arrangement : Il lui sera permis de rentrer sur le Har selon certaines directives. Mais Glick ne se soumet pas au diktat et quelques mois plus tard, il se filme en train de prier pour la libération de Guilad Shalit et Jonathan Pollard.

Il est donc à nouveau éloigné du lieu saint, mais dépose un nouveau recours à la Cour suprême, qui ordonne à la police d’être plus précise dans ses directives et de lui permettre de monter sur le Har Habayit. La police se faisant attendre, Glick dépose une nouvelle requête qui se solde par un arrêté du juge Élyakim Rubinstein qui déclare en substance qu’il refuse de se prêter au jeu du chat et de la souris entre les deux parties.

En décembre 2009, Glick filme le point de passage vers le Har Habayit sur le pont des Maghrébins, où les Juifs et les touristes sont séparés en deux groupes, les Juifs étant soumis à une recherche minutieuse dans leurs affaires personnelles, pour s’assurer qu’ils ne portent pas sur eux le moindre objet lié de près ou de loin à la prière. La police place Glick en état d’arrestation, mais les juges ordonnent sa libération et enjoignent la police de le laisser filmer ce que bon lui semble. Le scénario se répète une seconde fois, quelques semaines plus tard.

Les tentatives de Glick de légitimer le culte juif sur le Mont du temple se poursuivent jusqu’en février 2011, date à laquelle la police ordonne son éloignement du Har Habayit pour deux années, après qu’il a été filmé en train de réciter une prière sur le mont. Glick est arrêté à nouveau en octobre 2013, mars et septembre 2014. Par deux fois, il lance une grève de la faim pour lui permettre de retourner sur le Har Habayit : La première dure douze jours, la seconde, l’été dernier, en dure 53.

 Appels à la violence et condoléances à la famille du meurtrier

Le 10 octobre dernier, lors d’une conférence sur « la défense d’Al Qods et Al Aqsa », organisée par l’Autorité palestinienne près de Ramallah, le président de l’Autorité palestinienne, Abou Mazen, avait déclaré : « Nous sommes tous appelés à nous tenir à l’avant-garde d’Al-Aqsa. Ce sont les membres du Fatah qui devraient mener ce combat. Le Fatah, fondé en 1965, a pour mission de libérer les territoires et défendre les lieux saints. Il ne suffit pas de nous écrier que les colons arrivent. Nous devons plutôt les empêcher d’entrer dans Al-Aqsa et nos mosquées de quelque manière possible. Ils ne doivent pas y entrer et les profaner. Nous devons leur faire face, la poitrine exposée, et défendre les lieux saints ».

Cet appel à « protéger les lieux saints de quelque manière possible, la poitrine exposée » et à « empêcher les colons » d’entrer dans Al Aqsa, la télévision officielle palestinienne l’a diffusé pas moins de 19 fois durant la semaine qui a précédé la tentative de meurtre…

Abou Mazen et son parti, le Fatah, diffusent des messages de la même teneur depuis maintenant plusieurs semaines. Dépités que le conflit israélo-palestinien ne passionne plus le monde musulman comme c’était le cas jusqu’à présent, ils ont décidé de sortir du coffre-fort leur trésor : Al Qods, Jérusalem.

Alerter le monde arabe et musulman sur la « menace » qui pèse sur Al Aqsa est sans doute un de leurs derniers recours…

D’ailleurs, après l’élimination de Mouataz Ibrahim Hidjazi par les forces spéciales de la police, Abou Mazen a écrit une lettre de condoléances à la famille du terroriste : « Nous avons appris avec colère l’élimination criminelle du Chahid (martyr), tombé pour la défense des lieux saints, Mouataz Ibrahim ‘Hidjazi, par les milices meurtrières et terroristes de l’armée d’occupation israélienne », pouvait-on y lire.

Le lendemain de la tentative d’assassinat, le Fatah glorifiait lui aussi le « martyr » ’Hidjazi, et le félicitait d’avoir porté atteinte à « l’abject Glick ».

Le conseiller d’Abbas et membre du comité directeur du Fatah, Sultan Abou El Inin, a lui aussi félicité le terroriste, « responsable de l’attaque contre le sioniste extrémiste Yéhouda Glick, ingénieur de la conquête d’Al Aqsa, alors qu’il sortait d’une conférence portant sur le soi-disant Temple ».

Mais Pazit Rabina, analyste à l’hebdomadaire Makor Richon, propose une autre explication à la vague de violences qui frappe Jérusalem : « Nous pouvons continuer à nous contenter des explications classiques, selon lesquelles il s’agit là d’un nouveau cycle à placer dans le cadre du gel des négociations entre Israël et Palestiniens. Mais nous pouvons aussi essayer de comprendre que le Moyen-Orient a changé et que tout ce que nous savons sur cette région n’est plus valable. Voici quatre mois seulement que Abou Bakhar Al Bagdadi a pénétré dans la grande mosquée de Moussoul et annoncé la création du nouveau califat islamique. Mais le narratif de Daech doit aujourd’hui affronter un narratif bien plus ancien, celui des Frères musulmans, qui voit en Jérusalem la capitale du califat islamique. De ce point de vue-là, il est possible, et il est nécessaire, de voir dans la flambée de violence actuelle l’expression de la compétition qui se développe entre les deux califats islamiques, l’État islamique, dont la capitale est Raqa, en Syrie, et le Califat des Frères islamiques, dont la capitale est Jérusalem.

Israël et l’Occident n’ont pas encore digéré la montée de Daech et a fortiori l’éventualité qu’à Jérusalem, des bourgeons de califat concurrent sont peut-être en train de fleurir…

Source : Hamodia, par par Laly Derai





Psychosociologue, consultant sur les questions de conflits, crises, violences et débriefing dans tous les secteurs où ces problèmes se posent.



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