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Vivre à Jérusalem, quand nos soldats tombent au combat


Vivre à Jérusalem, quand nos soldats tombent au combat

 

L’un des très rares journaux norvégiens qui tienne une position amicale envers Israël m’a demandé de lui écrire pour lui décrire comment je poursuis mes activités quotidiennes, alors que le conflit à Gaza se poursuit.

Vais-je faire mes courses et est-ce que je me sens en sécurité ? Est-ce que je rends visite à mes amis ? Vais-je au restaurant et ainsi de suite ?

Répondre à ces questions m’a amené à faire plus attention à mes habitudes quotidiennes. A la différence d’avant, je me sens obligé, chaque heure, de jeter un œil à un site internet en hébreu qui m’apporte les dernières nouvelles mises à jour. Je m’inquiète de nos soldats et, en particulier, à propos d’un de mes étudiants qui a été mobilisé et qui se trouve dans ou près de la Bande de Gaza. Comme il ne peut pas utiliser son téléphone, il a trouvé une façon originale de me faire savoir qu’il va bien. Dès que je poste un article sur Facebook, il met un « j’aime » (« Like »).

Nous avons des relations avec ceux qui sont tombés ou sont blesses. J’ai très bien connu le Grand-Père de l’un des trois jeunes kidnappés et assassinés et depuis de nombreuses années. Durant les combats, le fils des amis de mon aîné a été gravement blessé au bras. Je ne connais pas ce garçon, mais je connais son père. Il y a quelques jours, la synagogue nous a informés qu’un soldat de notre quartier a été tué.

Nous avons subi un certain nombre d’alarmes à cause de tirs roquettes approchants, qui ont visé Jérusalem, mais cela m’inquiète moins. Je me rends dans les escaliers de la maison et y rencontre certains de mes voisins. Nous ne disposons pas de suffisamment de temps pour aller jusqu’à l’abri sécurisé de notre immeuble.

Le nombre des e-mails arrivés a grandement augmenté. Des amis et des contacts m’ont écrit de l’étranger, pour me décrire les incidents antisémites qui se donnent libre cours dans leur pays et les manifestations anti-israéliennes qui s’y déroulent, qui sont, en fait, des manifestations de soutien indirect pour le mouvement islamonazi Hamas. Pour m’aider à répondre aux questions des journalistes, j’ai passé une bonne partie de mon temps à analyser l’afflux de nouvelles.

Vie de voisinage dans les escaliers pendant les alertes.

J’ai aussi préparé le terrain pour de futurs articles concernant ce que nous avons appris au cours des dernières semaines, concernant l’Europe et sa population musulmane. Les problèmes ne concernent pas seulement l’antisémitisme croissant et la diffamation d’Israël, etc., mais l’apparition dans le domaine public de partisans de l’Islam génocidaire, dans les pays européens.

Jusqu’à présent, cette menace contre les Juifs et la civilisation occidentale a essentiellement trouvé son expression dans le départ de volontaires musulmans pour rejoindre le Jihad au Moyen-Orient.

Il y a des incidents qui se déroulent à ou près de Jérusalem. Dès le début du cessez-le-feu, un terroriste arabe a tué un Juif et blessés plusieurs autres avec un tractopelle. Un peu plus tard, un autre a tiré contre un soldat. Des groupes d’Arabes manifestent violemment, d’autres vandalisent des parties du réseau de tramway. J’entends parler de ces incidents, cependant, essentiellement par les médias. On lit aussi que des Arabes se réjouissent et se livrent à des célébrations victorieuses dès qu’une sirène se déclenche, nous avertissant que des roquettes du Hamas s’approchent de Jérusalem.

Des gens se précipitent dans l’escalier, à Tel Aviv, lors d’une alerte. D’autres consultent leur portable ou attendent

L’une de mes voisines du dessus sonne à ma porte. Elle est choquée par l’expérience antisémite vécue par une vieille dame de quatre-vingt-dix ans, membre d’une famille d’Antwerp, qui s’est fracturée une côte. Son fils a appelé la ligne d’urgence médicale, mais le médecin qui lui a répondu a refusé de venir. Il lui a asséné quelque chose comme : « Emmenez-la à Gaza quelques heures et la douleur passera ». Les médecins sont tenus de respecter le Serment d’Hippocrate – que ce docteur ne s’est pas gêné de briser. Je réfléchis à l’énorme contraste entre le médecin belge et les praticiens israéliens qui, depuis des années, ont soigné tant de Palestiniens, y compris des terroristes meurtriers. Ma voisine me dit qu’elle a trouvé cette histoire tout-à-fait incroyable. J’ai réagi en lui disant qu’en Europe en 2014, rien n’est incroyable.

Contrairement au Sud d’Israël, où la plupart des roquettes tombent, la vie quotidienne à Jérusalem est relativement normale. Au cours des deux dernières semaines, j’ai fréquemment mangé à l’extérieur en compagnie de personnes venues de l’étranger ou avec l’un de mes petits-enfants. Un soir, j’ai emmené ma petite-fille dîner. Elle revenait juste d’un camp d’été, où ils ont, également, été sous le coup des sirènes d’alerte. Je me limite à faire mes courses habituelles au supermarché.

Lorsque j’ai emmené la famille de mon fils aîné pour un repas à l’extérieur, mon belle-fille m’a parlé d’un de ses amis qui est allé présenter ses condoléances lors d’une visite à la mère d’un soldat tué.

La mère raconte : « Mon fils se tenait derrière un véhicule qui le protégeait. Une femme arabe est venue vers lui les mains en l’air. Il a décidé de la laisser passer. Pour que ce soit possible, on devait bouger le véhicule. La femme arabe est passée et à ce moment un sniper arabe a tiré et tué mon fils ». La mère conclut avec une profonde tristesse : « J’ai éduqué mon fils pour qu’il devienne un être humain digne et c’est pour ça qu’il a été tué ».

Vendredi soir, j’ai été invité par des amis à dîner en compagnie d’un dirigeant juif prééminent. L’une des invitées est une journaliste qui rédige pour un quotidien italien. Conséquences, pour elle, d’avoir dit la vérité sur la façon dont se comporte le Hamas, elle reçoit des menaces de mort d’Italie. Tous les huit, présents à cette table sommes d’accord : nous aboutissons à la conclusion, tôt ou tard, que les Accords d’Oslo de 1993 avec l’OLP représentent une erreur monumentale, de la part des dirigeants israéliens à l’époque.

Après la fin de Shabbat, je lis les nouvelles sur Internet, dans les medias européens et occidentaux. L’un des deux Grands-Rabbins des Pays-Bas, le Rabbin Binyomin Jacobs, a déclaré aux médias que de nombreux Juifs Néerlandais s’il y a ou non un avenir pour eux en Hollande. Lorsque j’étais étudiant, et qu’il était encore un enfant, je lui enseignais l’hébreu à l’école du dimanche. C’était une époque où les cercles dirigeants des Juifs Hollandais pensaient bâtir l’avenir de la communauté. Aujourd’hui, le communauté juive de Hollande s’interroge pour savoir si elle sera ou non détruite.

Par Manfred Gerstenfeld.

Le Dr. Manfred Gerstenfeld est membre du Conseil d’Administration du Centre des Affaires Publiques de Jérusalem, qu’il a présidé pendant 12 ans . Il a publié plus de 20 ouvrages. Plusieurs d’entre eux traitent d’anti-israélisme et d’antisémitisme.

Adaptation : Marc Brzustowski.

 

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  • 2 thoughts on “Vivre à Jérusalem, quand nos soldats tombent au combat

    1. FANNY

      Merci beaucoup pour cette analyse qui nous permet de connaître l’atmosphère qui règne à Jéruslaem et de savoir comment les réactions en Europe sont perçues là-bas

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