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La guerre à Gaza et ses enseignements. Par Daniel Pipes


La guerre à Gaza et ses enseignements. Par Daniel Pipes

Image à la Une : Le Dôme de fer en action. Mission : protéger les israéliens

Au moment où les opérations israéliennes contre le Hamas touchent à leur fin, voici sept points de réflexion à propos de ce conflit qui a duré un mois :

Bouclier antimissile. La superbe performance du Dôme de fer, ce système de protection permettant de détruire pratiquement toutes les roquettes lancées par le Hamas contre des vies ou des biens, a des répercussions militaires majeures pour Israël et pour le monde. Son succès indique que « Star Wars » (surnom que certains détracteurs malveillants lui avaient donné lors de sa mise en place en 1983) peut effectivement protéger contre les roquettes et missiles de courte portée voire aussi de longue portée, modifiant ainsi potentiellement la façon dont désormais on fera la guerre.

Tunnels. Creuser des tunnels sous les lignes ennemies est une tactique qui n’est pas neuve. Par le passé, elle a eu un certain succès comme lors de la Bataille de Messines en 1917, quand les mines britanniques ont tué 10.000 soldats allemands. Si l’Armée de défense d’Israël (Tsahal) connaissait l’existence des tunnels du Hamas dès avant le début des hostilités, le 8 juillet, elle n’a cependant pas réussi à connaître leur nombre, leur longueur, leur profondeur, leur qualité de construction ou encore leur sophistication électronique. Comme l’a écrit le Times of Israel, Jérusalem a rapidement réalisé que « la suprématie d’Israël dans les airs, sur terre et sur mer ne s’est pas reflétée sous la terre. » Tsahal a donc besoin de temps supplémentaire pour établir sa domination souterraine.

Consensus en Israël. La barbarie obstinée du Hamas a créé un consensus rare parmi les juifs israéliens en faveur de la victoire. Cette quasi-unanimité renforce l’autorité du gouvernement dans ses relations avec les puissances étrangères (ainsi le Premier ministre Netanyahou a admonesté le gouvernement américain en lui disant de ne plus jamais le remettre en cause) mais elle va aussi probablement déplacer le centre de gravité de la vie politique intérieure israélienne résolument vers la droite, au profit du camp nationaliste.

Réponse du Moyen-Orient. À l’exception des États protecteurs du Hamas (la Turquie, le Qatar et l’Iran), les terroristes islamistes n’ont pratiquement trouvé aucun soutien parmi les gouvernements de la région. Exemple frappant, le roi Abdallah d’Arabie Saoudite a dit au sujet du Hamas qui tue les Gazaouis : « Il est honteux et scandaleux de voir ces terroristes en train de (mutiler les corps d’innocents et de se vanter publiquement de leurs actions) au nom de la religion. » C’est qu’il connaît parfaitement son ennemi mortel.

 HamasSaoudEn des temps meilleurs : Ismaïl Haniyeh (à gauche) et  (au centre)  Khaled  Meshaal  du Hamas à Djeddah, en 2007, en compagnie du roi d’Arabie Saoudite, Abdallah.

Antisémitisme en hausse. L’antisémitisme s’est manifesté particulièrement en Europe mais aussi au Canada et en Australie, principalement dans le chef des Palestiniens et des islamistes ainsi que de leurs alliés d’extrême gauche. Selon toute probabilité, cette réaction va provoquer la hausse de l’immigration des juifs vers leurs deux refuges traditionnels que sont Israël et les États-Unis. Par contraste, les musulmans au Moyen-Orient se sont tenus tranquilles, à l’exception des Turcs ainsi que des Arabes vivant sous contrôle israélien.

Contrastes entre élites et populations. Ce n’est pas tous les jours que le Secrétaire général des Nations Unies et les 28 ministres de l’Union européenne soutiennent Israël contre un ennemi arabe. C’est pourtant ce qui est arrivé. Au congrès américain, le Sénat a approuvé à l’unanimité et la Chambre à 395 voix contre 8 un budget supplémentaire de 225 millions de dollars pour le programme du Dôme de fer. En revanche, dans le grand public, le sentiment pro-israélien a diminué presque partout (mais pas aux États-Unis). Comment expliquer cette disparité ? Mon idée c’est que, alors que les dirigeants pensent à ce qu’ils feraient face à un ennemi lançant des roquettes et creusant des tunnels, la population, elle, se focalise sur les photos d’enfants morts à Gaza.

Enfants morts. Et c’est ici qu’on arrive à l’aspect le plus complexe, le plus paradoxal et le plus étrange de ce conflit. En raison de l’avantage écrasant dont Tsahal bénéficie par rapport au Hamas sur le terrain militaire, leur confrontation s’apparentait plus à une opération policière qu’à une guerre. Ainsi les responsables israéliens ont surtout été jugés sur la clarté des déclarations publiques de leurs dirigeants, sur l’usage judicieux de la force et sur leur traitement des preuves. Par conséquent, l’attention des médias s’est systématiquement détournée de la sphère militaire pour se concentrer sur des questions de proportionnalité, de morale et de politique. La plus grande arme stratégique dont use le Hamas pour nuire à la réputation d’Israël et l’ostraciser, ce ne sont ni les roquettes ni les tunnels mais bien les photos de civils morts prétendument tués par Tsahal.

Cela conduit à une situation étrange dans laquelle le Hamas recherche la destruction des biens palestiniens, force les civils à endurer les blessures et la mort, fait gonfler le nombre de blessés et peut même intentionnellement attaquer son propre territoire – alors que Tsahal assume des morts gratuites pour épargner des maux aux Palestiniens. Le gouvernement israélien va même plus loin puisqu’il fournit des soins médicaux et de la nourriture et envoie des techniciens au cœur de la tourmente pour s’assurer que les Gazaouis continuent à recevoir de l’électricité gratuitement.

 camionsDurant les hostilités, des camions chargés de nourriture, de médicaments et d’autres provisions allant d’Israël à Gaza par le point de passage de Kerem Shalom.

C’est une guerre bien curieuse que celle où l’on voit le Hamas glorifier la misère des Palestiniens et Israël faire de son mieux pour permettre à ses ennemis de garder une vie normale. C’est en effet étrange mais c’est le propre de la guerre moderne, dans laquelle un éditorial compte parfois plus que des balles. En termes clausewitziens, le centre de gravité de la guerre s’est déplacé du champ de bataille vers les relations publiques.

Tout compte fait, les forces civilisées et morales d’Israël se sont bien tirées d’affaire dans ce face-à-face avec la barbarie. Mais cela ne suffira pas à empêcher, à long terme, un nouvel assaut.

 

Par Daniel Pipes
National Review Online
9 août 2014

http://fr.danielpipes.org/14746/guerre-gaza-enseignements

Version originale anglaise: Lessons of the War in Gaza
Adaptation française: Johan Bourlard







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  • One thought on “La guerre à Gaza et ses enseignements. Par Daniel Pipes

    1. patricia

      Qu Israel se prepare egalement à faire la guerre aux medias. Si ils sont forts militairement qu ils le soient aussi en communication.

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