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« Les nouvelles passions antijuives », par Pierre-André Taguieff


« Les nouvelles passions antijuives », par Pierre-André Taguieff

Les « Mort aux Juifs ! » entendus ces derniers jours et les tentatives d’attaque contre les synagogues vous surprennent-elles ?

À vrai dire, non. L’analyse de l’évolution des faits antijuifs (violences et menaces confondues), recensés en France de 1998 à 2013, montre une augmentation brutale de la judéophobie au début des années 2000, avec des pics en 2000, 2002, 2004, 2009 et 2012. Le plus simple est de considérer l’évolution des totaux annuels des faits antijuifs (actions violentes, injures, menaces, etc.). Alors qu’en 1999, on en dénombrait 82, en 2000 ils s’élevaient à 744, en 2002 à 936, à 974 en 2004, 815 en 2009, 615 en 2012, et, après une baisse en 2013 (423), une hausse prévisible en 2014. Posons le problème à travers une brève comparaison historique.

Si, en 1886, Édouard Drumont dénonçait une « France juive » qui n’existait que dans ses fantasmes, peut-on aujourd’hui, en 2014, dénoncer une « France antijuive » dont la réalité semble être attestée par un grand nombre d’indices de diverses catégories, allant des rumeurs, des injures et des menaces antijuives à des agressions physiques et des attentats meurtriers visant des Juifs en tant que tels ?

La réponse qui me paraît la plus conforme aux faits est la suivante : La France n’est pas devenue ou redevenue antijuive, mais il y a une France antijuive dans la France contemporaine.

Une nouvelle France antijuive, qui ne doit pas être confondue avec celle dont la publication de La France juive de Drumont manifestait naguère l’existence. À la fin du XIXe siècle, l’antisémitisme catholico-nationaliste théorisé par Drumont était devenu une force politique et culturelle, installée dans la plupart des lieux de pouvoir et des réseaux d’influence.

Au début du XXIe siècle, la situation est fort différente. On n’observe plus un mouvement explicitement antisémite, utilisant publiquement l’antisémitisme comme un drapeau. Mais l’on constate l’existence de mobilisations antijuives non revendiquées comme telles ainsi qu’une tentation antijuive touchant plus particulièrement divers milieux sociaux et culturels. Dans tous les cas, l’engagement en faveur de la « cause palestinienne », par ses ambiguïtés, apparaît comme le principal moteur de la nouvelle judéophobie qui, des lendemains de la guerre des Six-Jours (juin 1967) à ceux de la deuxième Intifada (commencée fin septembre 2000), s’est lentement constituée sur la base d’une islamisation croissante de la guerre contre Israël et le sionisme.

Depuis la fin des années 1960, la haine des Juifs est portée par l’antisionisme radical ou absolu, mélange d’hostilité systématique à l’égard d’Israël, quelle que soit la politique du gouvernement en place, et de compassion exclusive pour les Palestiniens, quoi qu’ils puissent faire (actions terroristes comprises). Le propalestinisme inconditionnel est désormais le principal vecteur de la haine des Juifs dans le monde. C’est pourquoi il n’y a pas à s’étonner devant les récentes manifestations dites propalestiniennes qui réveillent et révèlent les passions judéophobes.

Peut-on parler d’un antisémitisme à la française?

Plutôt que de « nouvel antisémitisme », je préfère parler, pour éviter certaines équivoques, de « nouvelle judéophobie » ou de nouvelle vision antijuive, dont le noyau dur est constitué par l’antisionisme radical et démonologique. Dans ce nouveau cadre idéologique, les Juifs ne sont plus diabolisés en tant que « Sémites », mais en tant que « sionistes ». L’objectif des nouveaux antijuifs est l’élimination de l’État juif, au terme d’un processus de délégitimation et de criminalisation de ce dernier. Ce qui est spécifique à la France d’aujourd’hui dérive du fait qu’y coexistent des populations respectivement juives et musulmanes les plus importantes en nombre d’Europe. Leurs affrontements symboliques mimant le conflit israélo-palestinien, qui relèvent surtout d’une guerre civile verbale, sont à la fois plus visibles et plus intenses qu’ailleurs. La nouvelle vulgate antijuive qui s’est installée durablement en France et dans d’autres pays européens peut se résumer par l’articulation de trois caractéristiques négatives attribuées aux « Juifs » ou aux « sionistes », ces dénominations conventionnelles étant choisies selon les circonstances :

1°) Ils sont « dominateurs » en Occident (« Ils ont tout » ; « Ils ont le pouvoir » ; « Ils dirigent l’Amérique ») ;

2°) Ils sont « racistes », en particulier au Proche-Orient, où ils se comportent « comme des nazis » avec les Palestiniens, victimes d’un « génocide » en cours de réalisation ;

3°) Ils exercent une puissante influence occulte et complotent partout dans le monde : ils ont organisé les attentats du 11-Septembre, ils poussent à la guerre (la seconde guerre d’Irak serait le fruit d’un « complot américano-sioniste »), ils veulent déclencher une guerre préventive contre l’Iran, et, d’une façon générale, ils manipulent la politique internationale. Cet ensemble de thèmes d’accusation et de stéréotypes négatifs s’inscrit dans une vision du monde structurée par la concurrence des victimes, qui permet d’identifier « le Juif » ou « le sioniste » comme le rival, l’imposteur et l’ennemi. Accusés de monopoliser abusivement le statut de victime et, corrélativement, d’occulter l’existence d’autres groupes de victimes, les Juifs sont construits comme un peuple-bourreau, nazifié sans vergogne, sur lequel se fixe l’hostilité.

Et le peuple juif est choisi parce qu’il a déjà fait l’objet d’hostilités et d’accusations délirantes dans l’histoire. Entretenue et intensifiée par divers appareils (officines de propagande, associations pseudo-culturelles, micro-partis politiques, réseaux sociaux, etc.), la haine qui vise les Juifs aujourd’hui est fortement idéologisée, mais elle n’est pas pour autant explicite. Car elle n’apparaît guère dans l’espace public que sous la forme de déclarations virulentes contre Israël et le sionisme ou les sionistes, catégories d’usage polémiques dont les frontières sont indéfiniment extensibles.

Cet antisémitisme, exacerbé par la situation à Gaza, n’est-il pas aussi l’expression d’une immense frustration ressentie par des jeunes d’origine musulmane socialement marginalisés ?

Certes, c’est là un facteur explicatif partiel, mais expliquer ainsi les violences antijuives ne doit pas revenir à les relativiser ou à les minimiser, encore moins à les justifier. Recourir ainsi aux frustrations sociales, c’est donner dans la culture de l’excuse, qui alimente la pathologie sociale qu’on déplore par ailleurs.

Simplifions le tableau. On peut distinguer aujourd’hui trois France qui sont à la fois étrangères et hostiles les unes aux autres : La France urbaine des élites mondialisées, la France périphérique des classes populaires (comprenant une partie importante des classes dites moyennes) et la France des banlieues (des quartiers populaires ou des cités) où se concentrent les populations issues de l’immigration. Le sentiment d’aliénation affecte particulièrement les citoyens qui habitent la France périphérique, et qui se perçoivent avant tout comme Français. Ils se sentent méprisés par les élites nomades vivant dans un monde post-national, abandonnés ou négligés par la classe politique tournée vers l’Europe et en situation de concurrence avec les immigrés venus du Maghreb ou d’Afrique sub-saharienne, perçus par certains comme une menace (« invasion », « colonisation », etc.).

Ce sentiment d’aliénation constitue certainement l’une des plus fortes motivations du vote en faveur du FN. Mais il peut également favoriser des sentiments de méfiance et d’hostilité, colorés de jalousie sociale et de ressentiment, vis-à-vis des Juifs, perçus comme un peuple d’élite méprisant et dominant le peuple français. La haine du capitalisme et de la finance, entretenue par des démagogues de droite comme de gauche, se traduit souvent par la haine des Juifs, ces derniers paraissant donner un visage à la finance anonyme et vagabonde. Quant à la population des banlieues dont la culture est musulmane et la jeunesse fortement touchée par l’échec scolaire, le chômage et la marginalisation sociale, ce qui la fait basculer parfois dans la délinquance (qui alimente elle-même les passions anti-immigrés), elle est particulièrement sensible à la propagande antisioniste et à l’endoctrinement islamiste, où la haine des Juifs joue un rôle majeur. C’est dans cette troisième France que se trouve le terreau des nouvelles passions antijuives, ainsi que l’armée de réserve du militantisme judéophobe. La « cause palestinienne » y a trouvé ses adeptes les plus inconditionnels, ses militants les plus fanatiques, qui se disent en guerre contre le sionisme. En outre, nombre de jeunes issus de l’immigration de culture musulmane nourrissent un fort ressentiment à l’égard des Juifs comme tels, qui selon eux dirigent tout et prennent toutes les places, comme à l’égard de ceux qu’ils perçoivent comme des Gaulois, les Français de souche, par lesquels ils se sentent rejetés ou discriminés et qu’ils perçoivent comme les responsables de leurs échecs sociaux. Dès lors, la judéophobie et la gallophobie s’entremêlent, alimentant une culture de révolte et de rébellion qui s’exprime par des agressions verbales ou physiques, ainsi que par des émeutes. Le poison idéologique déversé dans l’opinion par les théoriciens gauchistes de la culture de l’excuse (sociologues, journalistes, magistrats engagés à l’extrême gauche) touche particulièrement certains jeunes des banlieues, les conduisant à se croire tout permis. Ce sentiment d’une absence de limites aux expressions de la haine et du ressentiment est entretenu et renforcé par la conviction que la cause palestinienne, qu’ils ont faite leur, est la cause suprême, une cause absolue capable de tout justifier, de tout transfigurer, y compris les formes terroristes ou djihadistes de la résistance au sionisme, monstre diabolisé.

Êtes-vous inquiet?

Je suis inquiet depuis la fin des années 1980, lorsque j’ai commencé à analyser ce que j’ai appelé la « nouvelle judéophobie », peu après la création du Hamas (décembre 1987), qui a donné une figure organisationnelle à l’islamisation de la « cause palestinienne ». Faut-il rappeler l’article 13 de la charte du Hamas, rendue publique le 18 août 1988  « Il n’y aura de solution à la cause palestinienne que par le djihad. »

Cette islamisation djihadiste a pour effet de transformer un conflit politique et territorial en une guerre sans fin, alimentée par des passions ethnico-religieuses interdisant la recherche du compromis qui seul peut garantir une paix non précaire entre Juifs et arabo-musulmans. Cette paix est pourtant la condition nécessaire d’une lutte efficace contre l’actuelle vague antijuive. Mais elle est peu probable : Les chances d’aboutir à un accord à moyen terme me paraissent de plus en plus minces. D’où mon pessimisme.

Ce que peuvent faire les chercheurs, les universitaires et plus largement les intellectuels, plutôt que s’indigner et condamner rituellement, c’est analyser le plus précisément possible le phénomène complexe et évolutif qu’est la judéophobie contemporaine, qu’on appelle encore couramment « antisémitisme », avec le souci d’en identifier les causes, lesquelles sont multiples et en interaction. Ce qui rend redoutable une telle tâche, c’est que la nouvelle judéophobie se caractérise notamment par sa diffusion planétaire, qui lui fait perdre une grande partie de ses traits nationaux.

Dès lors, il est difficile de définir un programme strictement national de lutte contre les formes nouvelles de la haine des Juifs.

 

INTERVIEW par Richard Bellet – Le Journal du Dimanche : Pierre-André Taguieff, directeur de recherche au CNRS, a travaillé sur l’antisémitisme et le communautarisme. Il décrypte les débordements en marge des manifestations pro-palestiniennes en France.





Psychosociologue, consultant sur les questions de conflits, crises, violences et débriefing dans tous les secteurs où ces problèmes se posent.



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  • 5 thoughts on “« Les nouvelles passions antijuives », par Pierre-André Taguieff

    1. Mercedes Obadia

      Je diffuse l’article de Pierre Jourde du 24 juillet 2014 à « Le Monde.fr ». J’y apporte au préalable mon opinion.
      Non M. Jourde, ces manifestants ne savent rien de tout ce que vous évoquez. Non ils ne savent même pas pour quoi ni pour qui ils manifestent réellement. Ils ont l’alibi et, comme vous le dites si bien, uniquement « par bonne vieille haine du juif ».
      Non, ils ne comprennent rien à tous ces commentaires si bien rédigés et qui ne concernent qu’une minorité cultivée et pragmatique de pro palestiniens.

      Les civils de Gaza méritent un autre destin que ce choix lamentable et sans autre alternative qui leur est imposé par le Hamas: mourir ou mourir, si ce n’est par le feu de Tsahal alors comme boucliers humains du Hamas. Nous n’allons pas épiloguer sur le sujet, tout le monde sait mais tout le monde se tait. Dommage, il y aurait eu de bonnes raisons de manifester contre le Hamas…

      M. Khaled Mechaal refait surface: vous voila revenu sur la scène! Pas trop fatigué? Comment vous sentez-vous dans vos jets privés et dans vos hôtels 5 étoiles du Qatar pendant que vos frères de Gaza se font tuer et qu’ils n’ont plus de maisons? Dites-nous: que ressentez-vous quand vous vous délectez dans les restaurants de luxe pendant que vos frères de Gaza n’ont plus rien à manger? Racontez-nous: que vous dit votre conscience quand vous instrumentez vos frères de Gaza pendant que vous vous vautrez dans ce faste et cette magnificence du Qatar?
      Quel type de leçon et d’exemple donnez-vous à votre peuple?

      « Non à un cessez le feu sans condition, nous ne voulons pas être dupés »…Qui a dupé l’autre M. Khaled Mechaal? Israël a fourni des milliers de tonnes de béton à Gaza pour reconstruire sa ville, ses maisons, ses écoles, ses hôpitaux, ses routes. Mais ce béton vous l’avez utilisé pour construire, des années durant, des tunnels meurtriers conduisant jusqu’en Israël pour commettre des attentats sans précédent. C’est bizarre, le monde entier appelle à un cessez le feu mais personne ne parle de ces tunnels. C’est bizarre, le monde entier condamne Israël, mais personne ne fait allusion à ces tunnels. Quel vacarme aurait fait ces mêmes tunnels si Israël les avaient construits contre Gaza?….

      Juste une question: si Israël avait bâti ces mêmes tunnels jusqu’à Gaza dans le but d’exterminer les gazaouis, qu’auriez-vous fait? Vous les auriez fait sauter de la même façon mais à une différence près: sans vous demander comment éviter les civils israéliens. Vous auriez fait sauter ces civils avec un plaisir sadique non dissimulé.
      Si Israël envoyait des roquettes sur Gaza depuis plus de 10 ans, qu’auriez-vous fait?
      Et dans ces rôles inversés que l’on pourrait imaginer, tous ces manifestants pro palestiniens se retrouveraient hélas au chômage….

      Désolée de vous avoir incommodé dans vos 5 étoiles du Qatar M. Mechaal. Je vais vite remettre un peu d’ordre: voulez-vous un cigare et du champagne?

    2. Mercedes Obadia

      « Le juif, coupable universel, par Pierre Jourde
      Le Monde.fr
      lundi 14 juillet 2014
      Depuis l’entrée de Tsahal dans la bande de Gaza, les médias parlent benoîtement d’ »importation du conflit », de « violences intercommunautaires ». Elles sont tout de même un peu à sens unique, les violences « intercommunautaires ». Cela consiste, en gros, à ce que des jeunes gens d’origine arabo-musulmane s’en prennent à des juifs, manifestant par là leur soutien à leurs « frères » palestiniens opprimés. Ils n’ont d’ailleurs pas attendu le conflit de Gaza pour pratiquer ce sport, et l’agression ou l’injure adressée aux juifs est devenue un phénomène récurrent.
      La mort de centaines de femmes et d’enfants palestiniens est un désastre humain qui doit susciter en tout homme l’horreur et la compassion. En conséquence de quoi, il est légitime d’aller casser la figure à un juif de France qui n’y est pour rien. Sans doute parce que ces gens-là, c’est bien connu, forment un lobby. Tout juif est complice.
      Que soutiennent-ils, en tant que quoi manifestent-ils, ceux qui cassent du juif, et ceux qui manifestent contre l’opération israélienne ?
      Soutiennent-ils le Hamas ? Savent-ils que les textes de référence de ce mouvement n’ont rien à envier à ceux du Parti nazi ? Que son objectif déclaré est de tuer les juifs et de détruire Israël ? Veulent-ils qu’Israël reçoive éternellement ses missiles sans réagir ? Savent-ils que l’intrication des combattants et des civils est telle, à Gaza, que faire le tri lors d’une opération militaire est d’une extrême difficulté ?
      Réagissent-ils en tant qu’Arabes ? Mais ils sont français, et en quoi un Français est-il impliqué dans un conflit international, sinon au nom de la justice universelle ? Réagissent-ils alors au nom de la justice universelle ? En tant qu’êtres humains ? Mais alors, pourquoi ne se révoltent-ils pas quand on massacre les Indiens du Chiapas, les Tibétains ? Pourquoi les centaines de milliers de morts, les inconcevables cruautés perpétrées au Darfour ne les jettent-ils pas dans les rues ? Tout de même pas parce qu’elles sont le fait des milices d’un régime islamiste ? Pourquoi ne trouvent-ils pas étrange que les communautés juives aient quasiment disparu de tous les pays arabes, après persécutions et spoliations ? Pourquoi ne réclament-ils pas, au nom de la justice, le droit au retour des juifs chassés ?
      PROPAGANDE PARANOÏAQUE
      S’ils réagissent en tant qu’Arabes, où étaient-ils quand les Syriens ou les Jordaniens massacraient dix fois plus d’Arabes, palestiniens ou non, que Tsahal ? Savent-ils que l’un des rares endroits du Moyen-Orient où les Arabes bénéficient de droits démocratiques, c’est Israël ? Savent-ils que, pour la liberté, la démocratie, les droits de l’homme, il vaut infiniment mieux être arabe en Israël que juif dans un pays arabe, et, à bien des égards, qu’arabe dans un pays arabe ?
      Savent-ils qu’Israël soutient financièrement la Palestine, soigne les Palestiniens dans ses hôpitaux ? Que les deux millions d’Arabes israéliens ont leurs députés ? Savent-ils que, si la haine antijuive et le négationnisme se déchaînent dans les pays arabes, attisés par une propagande paranoïaque, qui n’hésite pas à faire usage du faux antisémite des Protocoles des Sages de Sion, la réciproque n’est pas vraie ? Que si de nombreux Israéliens défendent les droits des Arabes, rarissimes sont les Arabes qui défendent des juifs ?
      Réagissent-ils en tant que communauté opprimée ? Mais alors, pourquoi les Noirs de France ne s’en prendraient-ils pas aux Arabes qui les exterminent au Soudan ? Pourquoi la communauté indienne ne manifesterait-elle pas contre les régimes arabes du Golfe qui traitent leurs « frères » comme des esclaves ? Voilà qui mettrait de l’ambiance dans la République !
      Réagissent-ils en tant que musulmans ? Mais où étaient-ils quand on les massacrait en Bosnie, en Tchétchénie, en Inde ? Leur silence ne s’explique tout de même pas parce que les massacreurs n’étaient pas des juifs, n’est-ce pas ? Savent-ils que les musulmans d’Israël pratiquent librement leur culte ? Que l’université hébraïque de Tel-Aviv abonde en jeunes filles voilées ? Combien de juifs en kippa au Caire, à Damas, à Bagdad ? L’exigence de justice est-elle à sens unique ?
      On finit donc par se dire que ces manifestations, les violences et les cris de haine qui les accompagnent ne sont motivés ni par la compassion envers les victimes palestiniennes, ni par le souci de la justice, ni même par la solidarité religieuse ou communautaire, mais bien par la bonne vieille haine du juif. On peut massacrer et torturer à travers le monde cent fois plus qu’à Gaza, le vrai coupable, le coupable universel, c’est le juif.
      Une poignée de juifs qui transforment un désert en pays prospère et démocratique, au milieu d’un océan de dictatures arabes sanglantes, de misère, d’islamisme et de corruption, une poignée de juifs qui, en outre, décident de ne plus être victimes, voilà qui est insupportable. Il faut donc bien que les juifs soient coupables, sinon où serait la justice ? »

      Pierre Jourde, romancier, critique littéraire, professeur à l’université de Grenoble-III

    3. Robert Davis

      L’analyse est bonne comme toujours pourrait-on dire et en résumé : 1. jalousie sociale des mus et sans doute de l’extrême gauche 2. le tout gribouillé du poison idéologique de la gauche nazie. A cela pour une fois vous faites allusion à un traitement qui dites-vous a échoué (et pour cause…) à savoir le compromis autrement dit l’apaisement! Le traitement de cette pathologie politique ne peut pas être le compromis ni l’apaisement mais la GUERRE! Plus vite on s’y prend moins elle sera coûteuse. Il faut construire une société à DEUX COMPOSANTES, tout ce que que refuse la gauche mais qui est pourtant LA solution car elle pénalisera tellement cette alliance nazie entre les mus et l’extrême gauche qu’elle menera à leur défaite en particulier ECONOMIQUE puisque c’est elle qui les motive : « vous vous sentez délaissés(on ne fait pas assez …pour eux!) eh bien vous n’aurez plus rien du tout et CREVEZ la bouche ouverte. Oui c’est,la GUERRE! Ils la perdront et se coucheront. Mettons les dans des favelas et dans des bagnes jusqu’à ce que mort s’en suive. Voila un remède que la gauche n’aime pas,elle préfère attendre,quoi? Godot?

    4. Robert Davis

      J’ai examliné la situation sous l’angle GLOBAL mais sous l’angle purement Juif comme le disait le précédent commentateur bien sûr, le rôle du Juif dans cette situation est celui du bous émissaire! Séparer dans les villes et sur tout le teritoire les riches de certains pauvres,les mus et l’extrême gauche nazie que je propose de mettre dans des quartiers infâmes POUR QU ILS COMPRENNENT CE QU ILS MERITENT, c’est difficile,alors entretemps puisque cela finira ainsi de toutes manières,on s’en rend aux…Juifs!

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