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Egypte, Israël et le Hamas — L’Impossible Equation


Egypte, Israël et le Hamas — L’Impossible Equation

Le cycle de violence de Juillet 2014 entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza a pris l’Égypte par surprise. En effet, depuis son investiture en tant que président de l’Egypte, le 8 Juin 2014, le Field-Maréchal Abd el Fattah el-Sisi portait principalement son attention sur les premiers points de son ordre du jour politique, à savoir les problèmes intérieurs, les réformes économiques, les troubles sociaux et les activités subversives des Frères musulmans et les attaques terroristes contre ses forces armées dans le Sinaï, dans le désert occidental, au Caire, et d’autres localités à travers l’Egypte.

Le président Sisi a commencé son mandat en invitant les égyptiens à travailler plus fort. Il a demandé aux égyptiens se réveiller à 5 heures du matin et a demandé à ses ministres de donner l’exemple en arrivant à leurs bureaux à 7 heures du matin. Sisi a poursuivi une campagne personnelle  pour encourager une moindre consommation de carburant et a pris part à un surprenant marathon de 20 kilomètres en vélo, vêtu de vêtements de sport et suivi par ses ministres, des acteurs, des chanteurs, des militaires et la police.

Sans précédent dans l’histoire moderne égyptienne, Sisi a annoncé qu’il faisait don de la moitié de son salaire et la moitié de ses biens personnels, y compris son héritage, pour aider l’économie égyptienne, annonce suivie immédiatement d’une contribution de 140 millions de dollars pour les Forces armées égyptiennes. Sisi a même plafonné le salaire maximum du secteur public à près de 6000 $.

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Dès les premiers jours de sa présidence, Sisi s’est aventuré sur un « champ de mines » où peu de présidents égyptiens avant lui avaient osé entrer – diminuant les subventions sur les produits alimentaires de base, les matières premières et l’énergie. Sisi a augmenté les prix du carburant de près de 80 pour cent en prélude aux baisses de subventions qui absorbaient près d’un quart du budget de l’Etat. Au cours des dix dernières années, l’Égypte a dépensé 96 milliards de dollars en subventions pour l’énergie. En augmentant le prix du carburant, l’Égypte espère économiser près de 65 milliards de dollars qui profiteront à des services tels que la santé et l’éducation. Sisi a également augmenté les taxes sur l’alcool et les cigarettes, a imposé de nouvelles taxes foncières, et prévoit d’introduire un nouveau système de taxes à la valeur ajoutée. (TVA)

Les décisions de Sissi ont été accueillies avec colère. Les protestations ont éclaté après les annonces. Des dizaines de conducteurs et de passagers ont bloqué la route dans une banlieue du Caire où réside la classe moyenne, à Choubra el-Kheima. Le Président Sisi a défendu la décision d’augmenter les prix des carburants en disant que c’était une «potion amère» qui avait «50 ans de retard.» Il a appelé les Egyptiens à faire des sacrifices, en promettant de remettre à flots, une économie dont le développement avait été des plus lents pendant deux décennies et décrivant l’augmentation des prix de l’énergie comme le seul moyen d’éviter à la nation de « se noyer dans la dette. » Sisi a averti les égyptiens de s’attendre à plus de douleur au cours des deux prochaines années à cause des problèmes économiques qui se sont accumulés au cours des quatre dernières décennies et qui doivent être jugulés.

Le Président Sisi a continué à se concentrer sur la stabilisation du front intérieur avec une campagne contre les terroristes dans le Sinaï et à l’intérieur de l’Egypte. Sisi est bien conscient que son régime demeure une cible pour les frères musulmans et d’autres organisations visant à déstabiliser le régime et créer le chaos afin de revenir à un État musulman régi par la charia. Dans une des rares interviews où il apparaît en personne, Sisi a dit qu’il avait survécu à deux tentatives d’assassinat et son ministre de l’Intérieur avait été la cible d’un attentat suicide à la voiture piégée. En conséquence, le gouvernement de Sisi continue à chasser impitoyablement les dirigeants, les militants et les militants de base des Frères musulmans tout en essayant de promouvoir le processus de reconstruction les piliers législatifs de la vie parlementaire égyptienne.

L’attitude de Sisi envers les Frères musulmans l’a conduit à se brouiller avec les promoteurs régionaux de l’organisation: la Turquie, le Qatar et l’émanation palestinienne des Frères musulmans, le Hamas. Son bras de fer avec l’administration Obama et sa répression brutale contre les Frères musulmans ont créé des tensions accrues et une grave crise de confiance entre Sisi et l’administration américaine. Face à cette situation géo-politique et confronté à des sanctions par les États-Unis, Sisi a entamé les premières démarches d’un réchauffement des relations militaires avec la Russie, la consolidation des relations de  l’Egypte avec les monarchies arabes du Golfe (à l’exception du Qatar), et initié un rapprochement avec l’Ethiopie afin de trouver un compromis sur la question épineuse du barrage Renaissance qui doit être construit sur le Nil Bleu.

Au cours de la dernière année, la question du conflit israélo-arabe n’était pas au centre de l’attention du régime égyptien. Le seul lien était en relation avec les événements dans le Sinaï. Israël a été assez clément pour permettre le déploiement des forces égyptiennes dans le Sinaï bien au-delà ce qui a été convenu dans les Accords de Camp David. La coopération de renseignement s’est poursuivie et a permis une confrontation violente avec les djihadistes dans la péninsule du Sinaï. Pour la première fois il y avait une convergence d’intérêts entre Israël et l’Egypte sur la situation dans le Sinaï et en particulier dans la bande de Gaza.

Contrairement aux Frères musulmans qui étaient l’une des priorités de l’administration Sisi, le Hamas était un élément «laissé de côté» pour être pris en charge à un stade ultérieur, après mûres délibérations et décisions dans les couloirs du ministère égyptien de la justice et dans les tribunaux. Le Hamas a été désigné comme collaborateur des Frères musulmans et accusé de participation à des opérations terroristes contre des cibles égyptiennes à l’intérieur de l’Egypte et dans le Sinaï ainsi que d’hébergement de groupes terroristes et de dirigeants des Frères musulmans à l’intérieur de la bande de Gaza. Le Hamas a même été désigné comme une organisation terroriste, ses avoirs gelés et ses activités à l’intérieur de l’Egypte interdites. L’Egypte a détruit la plupart des tunnels creusés le long de la frontière de 11 kilomètres entre Gaza et l’Egypte (tunnels qui ont assuré la circulation des armes et des marchandises dans l’enclave du Hamas) et a fermé le point de passage de Rafah qui relie les habitants de Gaza au reste du monde.

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Tel était le contexte, à la veille de l’opération israélienne «Bordure de protection» contre le Hamas. En Juillet 2014, l’Égypte était exaspérée  par le Hamas et ses commanditaires régionaux,  en colère contre les États-Unis et occupée à la stabilisation de la scène nationale contre la poursuite des activités terroristes initiées par les Frères musulmans et les factions djihadistes qui s’entraînaient dans la bande de Gaza, en liens très spéciaux avec le Hamas qui leur accordait un havre de  paix et de sécurité dans l’enclave de Gaza.

Les relations venimeuses entre Sisi et le Hamas ont compliqué les efforts pour mettre fin à la dernière série de heurts armés entre Hamas et Israël. Contrairement à ses prédécesseurs, Sisi a choisi d’imposer au Hamas les conditions de l’Egypte pour un cessez-le feu, plutôt que d’adopter l’attitude de son prédécesseur qui a conclu un accord en 2011 ce qui a entraîné la libération de Gilad Shalit, le soldat israélien détenu en captivité par le Hamas; et en 2012 un cessez-le feu qui a duré jusqu’à la fin de Juin 2014 (6)

En conséquence, le Hamas a rejeté cette ouverture, et a essayé de contourner l’Egypte en encourageant et en s’engageant dans une voie de médiation alternative par l’entremise de la Turquie et du Qatar, de quoi enflammer la colère du Caire et sa décision de ne pas changer d’un iota sa proposition officielle au Hamas. Même l’invasion terrestre israélienne n’a pas modifié l’attitude ferme adoptée par le président Sisi, qui s’est pourtant permis une critique ouverte et dure à l’égard d’Israël.

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Cette tension entre l’attitude négative de Sisi et l’approche punitive à l’égard du Hamas, d’une part, et d’autre part, son besoin de satisfaire l’opinion publique égyptienne pro-palestinienne a été évidente dans l’écart entre la politique de l’Égypte et ses déclarations. Alors que le passage de Rafah est resté fermé la plupart du temps, avec seulement des ouvertures temporaires au cours de ces derniers jours pour permettre l’entrée de l’aide et la sortie des habitants de Gaza blessés, les responsables égyptiens ont publiquement condamné les « atrocités » d’Israël et demandé une cessation des hostilités. Le porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères a déclaré que le Caire était « avec le peuple palestinien, qui paie le prix des dangers et des attaques brutales » et a accusé Israël de « bafouer les règles du droit international. »

Une défaite du Hamas est sans doute ce que le président Sisi souhaite le plus. Une telle défaite aurait très probablement des effets sur la campagne en cours de l’Egypte contre le terrorisme. D’autre part, un Hamas victorieux ou même partiellement affaibli aurait des conséquences désastreuses pour la stabilité du régime égyptien car il serait un modèle pour tous ceux qui souhaitent voir la fin de la présidence Sisi en Egypte, que ce soit les Frères musulmans ou toutes les autres organisations affiliées ou non à Al-Qaïda. Les djihadistes ainsi que le Hamas se rendent compte maintenant qu’ils sont confrontés non seulement à un ennemi israélien, mais à une coalition israélo-égyptienne qui a décidé d’éradiquer leur présence. C’est pourquoi il est dans l’intérêt national à la fois de l’Egypte et d’Israël de soumettre le Hamas et de lutter pour les conditions d’un cessez-le feu permanent.

 Col. (ret.) Dr. Jacques Neriah, analyste spécialisé dans le Moyen Orient  pour Jerusalem Center for Public Affairs, a été conseiller de la politique étrangère au Cabinet du Premier ministre Yitzhak Rabin et délégué pour l’évaluation des services de renseignements auprès de l’armée israélienne.

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Traduction Europe Israël

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  • 4 thoughts on “Egypte, Israël et le Hamas — L’Impossible Equation

    1. Men

      Je découvre à travers l’article, que le président Sisi est un homme intelligent, intègre et visiblement « droit dans ses bottes ». C’est certainement une excellente recrue pour toute l’Egypte car il a assurément beaucoup de sagesse. J’espère que le pays d’Egypte est conscient de la valeur de son président.
      Dommage cependant qu’il ne soit pas complètement du côté israélien car il aurait été un allié de qualité.

      En revanche, je lui souhaite aussi une longue vie car dans ces régions là, on n’aime pas trop les gens qui manifestement sortent du lot par leurs talents ou leur sagesse et malheureusement, certains minables cherchent alors à attenter à leur vie. 🙁

    2. Pilou

      L’histoire nous apprend à être prudent avec ces soudains  » amis  » médiatiques, à l’endroit d’Israël.

      Que ce soit de Sisi, qui espère qu’Israël fasse la  » job  » de bras dans la Bande de Gaza ou de Kerry qui n’a d’autre ambition, qu’un Prix Nobel de la paix au risque d’une soumission de paix, de l’État juif.

    3. Men

      C’est clair qu’il faille relativiser mais ce que je voulais dire, c’est que si les dirigeants des pays arabes étaient aussi intègres que lui et surtout moins cupides, le M-O n’en serait certainement pas là et il y aurait beaucoup plus de vraies démocraties dans le monde musulman.
      Ceci dit, comme dit Pilou, la prudence reste de bon ton.

      Par contre s’agissant de Kerry, j’étais toujours pensé que c’était un incompétent total et surtout un arriviste.

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